Soldat John George Pattison, VC

Bannière avec deux photos: une montrant une photo de la bataille de la crête de Vimy qui transitione vers une image plus contemporaine montrant le mémorial de VimyPour souligner le deuxième jour de la bataille de la crête de Vimy, le 10 avril 1917, le blogue de Bibliothèque et Archives Canada retourne à la série Centenaire de la Première Guerre mondiale : Hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria. Nous y traçons un profil de chacun des récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria (VC) et le publions 100 ans, jour pour jour, après qu’ils aient réalisé les actions à la source de leur distinction. Aujourd’hui, nous présentons l’histoire du soldat John George Pattison, le quatrième soldat canadien ayant combattu à la bataille de la crête de Vimy à se voir décorer de la Croix de Victoria, après le capitaine Thain Wendell MacDowell, le soldat William Johnstone Milne et le sergent suppléant Ellis Wellwood Sifton.

Photographie en noir et blanc d’un soldat assis tenant un bâton et regardant directement le photographe.

Le soldat John George Pattison, VC (MIKAN 3219808)

Le soldat Pattison naît le 8 septembre 1875 à Woolwich, en Angleterre. Il immigre au Canada en 1906, à 40 ans, et s’enrôle dans le Corps expéditionnaire canadien à Calgary, en Alberta, le 6 mars 1916.

Photographie en noir et blanc montrant deux soldats qui se tiennent l’un à côté de l’autre devant une automobile.

Le soldat John George Pattison, VC et clairon, sans date (MIKAN 3219809)

Il y a 100 ans aujourd’hui, le deuxième jour de la bataille de la crête de Vimy, le soldat Pattison et le 50e bataillon subissaient les tirs nourris d’une mitrailleuse allemande qui infligeait de multiples pertes. Saisissant sa chance, le soldat Pattison s’avance seul, saute d’un trou d’obus à un autre, pour se rendre jusqu’à 30 verges de la mitrailleuse ennemie. La citation visant à lui décerner la Croix de Victoria relate ce qui suit : « Se trouvant à bonne distance, il a lancé des bombes sur le poste de mitrailleuse et a réussi à tuer des servants et à en blesser d’autres. Puis, il donna l’assaut à la baïonnette aux cinq servants qui restaient. Il n’y a aucun doute que la bravoure et l’esprit d’initiative du soldat Pattison ont permis aux Canadiens de maîtriser la situation et de continuer l’avance ». (London Gazette, no 30215, 2 août 1917)

Le soldat Pattison meurt au combat sept semaines plus tard, le 3 juin 1917, pendant l’attaque d’une centrale électrique détenue par les Allemands, près de Lens, en France. Il est enterré au cimetière militaire de La Chaudière situé tout près. Un pont à Calgary, en Alberta, et un sommet de montagne dans le parc national Jasper portent son nom pour honorer sa mémoire.

Bibliothèque et Archives Canada possède le dossier de service du soldat John George Pattison.

Ressources connexes

Le capitaine Thain Wendell MacDowell, le soldat William Johnstone Milne et le sergent suppléant Ellis Wellwood Sifton

Bannière avec deux photos: une montrant une photo de la bataille de la crête de Vimy qui transitione vers une image plus contemporaine montrant le mémorial de VimyLe blogue de Bibliothèque et Archives Canada retourne à la série Centenaire de la Première Guerre mondiale : Hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria. Nous y traçons un profil de chacun des récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria (VC) et le publions 100 ans, jour pour jour, après qu’ils aient réalisé les actions à la source de leur distinction. Aujourd’hui, nous présentons les histoires de trois militaires canadiens qui ont reçu la Croix de Victoria pour leurs actions menées le premier jour de la bataille de la crête de Vimy.

Le 9 avril 1917, le capitaine Thain Wendell MacDowell de Lachute (Québec) et deux estafettes, les soldats James T. Kobus et Arthur James Hay, se retrouvent séparés de leur unité pendant l’assaut d’une position allemande. Le capitaine MacDowell détruit une mitrailleuse et il en met une autre hors d’état de nuire. Appuyé par les soldats Kobus et Hay, le capitaine MacDowell pénètre dans un abri et convainc alors les soldats allemands que tous les trois font partie d’une force de loin plus imposante. Deux officiers et soixante-quinze soldats se rendront au capitaine MacDowell et aux soldats Kobus et Hay. Les trois hommes maintiennent la position pendant cinq jours en attendant la relève (London Gazette, le 8 juin 1917, no 30122, p. 5702, en anglais seulement). Déjà membre de l’Ordre du service distingué (D.S.O.), le capitaine MacDowell sera promu au grade de major, avant d’être nommé lieutenant-colonel du « Frontenac Regiment » à Napanee (Ontario). Il meurt à Nassau, aux Bahamas, le 29 mars 1960, et sa dépouille repose à Brockville (Ontario).

Photographie en noir et blanc de deux hommes en uniforme, debout dans un champ.

Le lieutenant-colonel C.M. Edwards, D.S.O., et le major T.W. MacDowell, V.C., D.S.O., 38e Bataillon, octobre 1917 (MIKAN 3521126)

Page dactylographiée des comptes rendus de la journée, entre 8 h 45 et 18 h 5. Dans le compte rendu débutant à 11 h, on peut lire ce qui suit :

Seconde page du rapport sur les opérations du 38e Bataillon d’infanterie canadien, du 9 au 13 avril 1917, extraite du journal de guerre (en anglais seulement), 38e Bataillon d’infanterie canadien, avril 1917, page 34, (MIKAN 1883252)

Le soldat William Johnstone Milne naît à Cambusnethan, en Écosse, et immigre à Moose Jaw (Saskatchewan), en 1910. Il s’enrôle au sein du 16e Bataillon (Scottish) et, la première journée de la bataille de la Crête de Vimy, il se trouve près de Thelus, en France. Ce jour-là, alors que l’avancée de la compagnie du soldat Milne est freinée par une mitrailleuse allemande, le soldat Milne rampe jusqu’à la mitrailleuse et s’en empare. Quand sa compagnie reprend son avancée, le soldat prend pour cible une autre mitrailleuse installée sur le front allemand et réussit à la mettre hors de combat. Dans la citation rédigée à son intention aux fins de la remise de la Croix de Victoria, on peut lire : « La bravoure considérable et l’esprit d’initiative dont il a fait preuve lors de ces deux incidents ont sans aucun doute sauvé la vie de bon nombre de ses camarades » [traduction] (London Gazette, le 8 juin 1917, no 30122, p. 5705, en anglais seulement). Le soldat Milne sera tué peu de temps après avoir détruit la seconde mitrailleuse allemande. On n’a jamais retrouvé son corps. Le Monument commémoratif du Canada à Vimy lui rend hommage, à l’instar de 11 000 autres Canadiens qui sont morts en France et n’ont pas de sépulture connue.

Photographie en noir et blanc d’un homme en uniforme. Sa casquette et son collet sont décorés de feuilles d’érable, et il regarde le photographe.

Le soldat W.J. Milne, date inconnue (MIKAN 3357327)

Le sergent suppléant Ellis Wellwood Sifton de Wallacetown (Ontario) s’enrôle au sein du 18e Bataillon (Western Ontario) en tant que chauffeur de véhicule de bataillon. Avant l’attaque sur la crête de Vimy, on demande au sergent suppléant Sifton de « tenter sa chance avec les gars en première ligne » [traduction], un défi qu’il accepte de relever. Bien que sa compagnie fasse l’objet d’un tir nourri près de Neuville-St. Vaast, en France, le sergent suppléant Sifton repère le nid des mitrailleuses allemandes. Il s’élance par une brèche dans le barbelé, court à découvert, charge la position de mitrailleuses et réussit à neutraliser l’arme avant d’attaquer les mitrailleurs. Aidé des autres membres de sa compagnie qui le suivent, le sergent suppléant Sifton contient une contre-attaque (London Gazette, le 8 juin 1917, no 30122, p. 5704, en anglais seulement). Cependant, juste au moment où les secours arrivent, il est mortellement atteint par le tir d’un soldat allemand blessé.

Photographie en noir et blanc de deux hommes qui décorent une tombe de fortune avec des pierres blanches dans un paysage désolant, le sol partiellement recouvert de neige et de gelée. La tombe est surmontée d’une croix arborant les mots « L.S. [Lance-Sergeant] E.W. Sifton, VC » (L/Sgt [sergent suppléant] E.W. Sifton, V.C.) et une feuille d’érable. À côté de la tombe, il y a une autre croix, plus grosse, sur laquelle il est écrit : « RIP Canadian soldiers killed in action 9-4-17 » (Que ces soldats canadiens morts au combat le 9 avril 1917 reposent en paix).

Deux camarades du regretté sergent suppléant E.W. Sifton, V.C., 18e Bataillon, se recueillent sur sa tombe, février 1918 (MIKAN 3194451)

Compte rendu dactylographié des actions du sergent suppléant Sifton qui lui ont valu la médaille de la Croix de Victoria :

Journal de guerre, 18e Bataillon d’infanterie canadien, le 9 avril 1917, page 6 (MIKAN 1883227)

Bibliothèque et Archives Canada a en sa possession les dossiers de service militaire du capitaine Thain Wendell MacDowell, du soldat William Johnstone Milne et du sergent suppléant Ellis Wellwood Sifton.

Au-delà de Vimy : La montée de la puissance aérienne, 1re partie

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Bibliothèque et Archives Canada présente sa toute dernière émission de baladodiffusion, « Au-delà de Vimy : La montée de la puissance aérienne, 1re partie ».

Avril 2017 marque le 100e anniversaire de l’attaque et de la prise de la crête de Vimy, alors que les quatre divisions du Corps expéditionnaire canadien travaillaient ensemble pour la première fois. Au cours de la Première Guerre mondiale, plus de 25 000 Canadiens ont servi dans les services aériens britanniques à titre de pilotes, d’observateurs et de mécaniciens. Même si la bataille de la crête de Vimy est surtout connue comme une offensive terrestre, une grande partie des préparatifs en vue de l’assaut sur Vimy se sont déroulés dans les airs. Pour la première partie de cette émission, nous sommes en compagnie de Bill Rawling, historien et auteur du livre Survivre aux tranchées, et de Hugh Halliday, auteur et conservateur retraité du Musée canadien de la guerre. Ensemble, nous discuterons du rôle que le Canada et ses alliés ont joué dans les airs lors des batailles de Vimy et d’Arras en avril 1917, un mois surnommé « avril sanglant ».

Une photo en noir et blanc montrant un avion biplan avec deux aviateurs dans le cockpit: un qui pilote et l'autre sur la mitrailleuse.

Un avion Curtiss JN-4 doté d’une mitrailleuse intégrée, artillerie du pilote, Royal Flying Corps [corps royal d’aviation], Canada, School of Aerial Gunnery [école d’artillerie aérienne], Camp Borden (Ontario), 1917 (MIKAN 3404272)

Pour voir les images associées à ce balado, voici un lien vers notre album Flickr.

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La bataille de la crête de Vimy – préparations

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Par George Hay

L’offensive d’Arras de 1917 fut divisée en dix actions distinctes, comprenant des batailles importantes et des attaques de flanc et subsidiaires. Les deux premières actions de la première phase, les batailles simultanées à la crête de Vimy au nord d’Arras et à cheval sur la rivière Scarpe au centre de la ville, eurent lieu entre le 9 et le 14 avril. La bataille au nord fut menée de front par le Corps canadien. Pour la première fois, les quatre divisions canadiennes combattirent ensemble et se défendirent brillamment pour atteindre le sommet de ce terrain surélevé. L’objectif initial de l’attaque était de former un flanc défensif pour les opérations de la 3Armée vers le sud, mais compte tenu de la retraite allemande vers la ligne Hindenburg le mois précédent, l’importance de réussir cette opération devint capitale. La mainmise sur la crête permit aux Allemands d’avoir une vue générale des positions de l’ensemble des troupes britanniques et du Commonwealth. Non seulement la prise de possession de la crête aux dépens des Allemands aiderait les forces en présence au sol, mais, dorénavant, ce serait les Britanniques eux-mêmes qui, une fois au sommet, bénéficieraient de cet avantage visuel.

Une carte de couleur indiquant les endroits, les rivières et les lignes mobiles de défense.

Carte de situation montrant la retraite allemande vers la ligne Hindenburg. (The National Archives, WO 95/1049/9)

Comme indiqué précédemment, ces opérations étaient prévues en principe depuis la fin de l’année précédente et une préparation très minutieuse en vue de former des effectifs et d’accumuler de l’artillerie et du matériel de guerre avait été mise en branle. De plus, l’attaque du 9 avril est le point culminant d’une phase d’opérations comprenant un grand nombre d’incursions et un bombardement d’artillerie incroyablement destructeur. Une constante usure du moral et de la défense de l’ennemi, combinée à une préparation minutieuse et à un entrainement rigoureux menés par les Canadiens, a préparé le terrain à une bataille décisive livrée dans des conditions climatiques des plus difficiles.

Comme dans toute opération offensive majeure, des objectifs sont établis pour le Corps canadien, mais ces objectifs sont précis et limités dans leur portée. Certains sont communs aux divisions tandis que d’autres sont assignés à certaines sections de ligne. Ils se composent de deux objectifs primaires (la ligne noire et la ligne rouge) et de deux objectifs secondaires (la ligne bleue et la ligne brune).

Une carte de la crête de Vimy montrant les quatre étapes des objectifs militaires en couleur : 1er objectif en noir, 2e objectif en rouge, 3e objectif en bleu et 4e objectif en brun.

Carte des objectifs militaires du Corps canadien tirée du journal de guerre de l’état-major général, avril 1917. (The National Archives, WO 95/1049/9)

Carte miméographiée dont les différentes lignes illustrent les régiments allemands situés derrière les tranchées à ces deux différentes périodes.

Ordre de bataille montrant la position des lignes le 6 et le 26 avril. La carte montre aussi les régiments allemands positionnés derrière les lignes à ces deux dates. La carte est datée du 27 avril et a été produite par le Service canadien des renseignements. (The National Archives, WO 95/1049/9)

La première étape consistait à traverser la ligne de front allemande jusqu’à une profondeur d’environ 700 verges. Une fois la prise de possession du sol effectuée, les 3e et 4e Divisions retranchèrent les forces allemandes de soutien dans leur principale ligne de défense. La ligne rouge se situait entre 400 et 1000 verges devant les premiers objectifs et représentait l’objectif le plus éloigné des 3e et 4Divisions. Les lignes bleu et marron se situaient entre 1200 et 4000 verges de la ligne rouge et étaient sous la responsabilité exclusive des 1re et 2e Divisions. Globalement, atteindre ces objectifs exigeait de se mesurer à un système vaste et complexe de tranchées, fosses réservoirs, tunnels et centres de résistance, que l’armée allemande avait passé deux années à construire. La réussite du Corps canadien était intimement liée au plan de tir d’artillerie, qui allait se dévoiler à chaque objectif, juste avant l’arrivée de l’infanterie.

Une page miméographiée et dactylographiée séparée en trois sections : les étapes successives, la répartition des troupes, ainsi que les quartiers généraux et les frontières.

Projet de plan d’attaque montrant les quatre étapes et le minutage de l’avancée. (The National Archives, WO 95/169/6)

Un extrait d’une page miméographiée et dactylographiée expliquant la stratégie derrière les barrages d’artillerie soutenant l’assaut : le barrage « roulant », le barrage « permanent » et les batteries de campagne dans les positions avancées (connues comme les batteries silencieuses, qui gardaient le silence jusqu’à ce qu’elles entrent en service lors d’objectifs plus lointains).

Plan de bombardement à l’appui de l’assaut. (The National Archives, WO 95/1049/10)

Une carte en noir et blanc montrant la zone autour de la crête de Vimy. La carte est couverte de lignes sinueuses, représentant le barrage d’artillerie roulant tandis que les différents objectifs de l’attaque (noir, rouge, bleu et brun) sont représentés par des lignes plus épaisses.

Carte de barrage pour l’attaque de Vimy. (The National Archives, WO 153/1284/)

L’artillerie avait elle aussi, bien évidemment, été méticuleusement préparée. On s’y était attelé 20 jours à l’avance et l’intensité des exercices augmentait à mesure que le jour de l’attaque approchait, tout cela sans jamais dévoiler toute la puissance de l’arsenal disponible. Les câbles et les centres de résistance étaient gardés sous le barrage, affaiblissant la défense allemande, mais aussi le moral de ceux en poste à l’avant. Les tirs à l’appui de l’assaut étaient aussi bien planifiés, avec un barrage roulant de shrapnel dressé à 100 verges devant l’infanterie. Des barrages permanents sur les systèmes de défense précédaient aussi les lignes de combat. Plus de 200 mitrailleurs furent également déployés sur un front relativement étroit, 150 autres formèrent un barrage indirect et effectuèrent des tirs d’appui, tandis que 130 furent transportés par les brigades d’assaut devant servir à la consolidation et que 78 autres furent gardés en réserve. L’artillerie lourde et les compagnies du Corps royal du génie (compagnies d’attaque au gaz munies d’un mortier Livens) devaient utiliser des explosifs de grande puissance et des gaz pour le travail de contre-batterie afin d’éliminer l’artillerie allemande.

Des chars d’assaut furent également attribués au Corps canadien afin de soutenir leurs opérations. Ayant été utilisés pour la première fois sept mois auparavant à Flers-Courcelette sur la Somme, huit chars d’assaut furent déployés autour des défenses de Thélus, qui étaient situées entre la 1re et la 2e Division — les deux divisions les plus éloignées. Malgré leurs promesses sur le champ de bataille, la planification de l’artillerie tout comme celle de l’infanterie fut effectuée sans tenir compte de la contribution des chars d’assaut, puisque leur nombre était limité et qu’on les considérait comme peu fiables.

Une photographie en noir et blanc montrant au moins trois équipes de six chevaux transportant des canons aux endroits stratégiques.

L’Artillerie canadienne de campagne transportant les armes, crête de Vimy, avril 1917. (Bibliothèque et Archives Canada, MIKAN 3521867)

Une reconnaissance était effectuée par la 16e escadre du Royal Flying Corps et la compagnie no 1 de ballon cerf-volant afin de donner de l’information sur le plan d’attaque, tandis que des plans de communication étaient élaborés à l’aide de câbles (souterrains et visibles) avec des stations de réception pour les officiers observateurs avancés de l’artillerie, permettant de réduire les risques de complications. Le minage servit non seulement à des fins offensives dans l’intention de démolir les centres de résistance allemands, mais aussi pour produire près de quatre mille tunnels et passages souterrains permettant à l’infanterie d’avancer et d’attaquer, et aux blessés d’être évacués.

Tout était en place à l’heure du déclenchement de l’assaut, à 5 h 30 le 9 avril 1917. Les heures de noirceur précédant l’attaque et la couverture nuageuse permirent à l’infanterie de se rendre discrètement à leurs postes d’attaque, plusieurs de ces postes étant bien visibles pour l’ennemi en plein jour. Si les Allemands avaient eu connaissance de cette manœuvre, ils auraient sans doute formé un tir de barrage et ainsi freiné l’onde d’assaut tout en causant de sérieux dommages. Tel ne fut pas le cas et les postes d’offensive furent occupés en catimini. Dans la pénombre à l’heure zéro, sous un ciel froid et couvert, lorsque la manœuvre était encore en grande partie ignorée par l’ennemi, le bombardement intense commença avec une fureur soudaine et l’avance de l’infanterie fut alors entamée.

Biographie

George Hay est spécialiste en chef des documents militaires à The National Archives. Titulaire d’un doctorat en histoire, il s’intéresse de près à l’histoire militaire amateur britannique.

Ce blogue a été créé dans le cadre d’une entente de collaboration entre The National Archives et Bibliothèque et Archives Canada.

La bataille de la crête de Vimy : le corps canadien et les préparatifs

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Bannière avec deux photos: une montrant une photo de la bataille de la crête de Vimy qui transitione vers une image plus contemporaine montrant le mémorial de VimyPar Marcelle Cinq-Mars

Dès la fin de l’ultimatum anglais à l’Allemagne et de la déclaration de guerre qui s’ensuit, le Dominion du Canada se trouve de facto plongé dans la tourmente. C’est ainsi que le veulent les liens de l’Empire qui unissent le Canada à la Grande-Bretagne en août 1914. Rares sont ceux qui, au Canada, s’opposent alors à la participation canadienne à cette « guerre européenne » comme on l’appelle alors.

Une photo en noir et blanc montrant un champ de tentes blanches à perte de vue et dans l’avant-plan un long défilé de soldats faisant des exercices militaires.

La première armée canadienne – une scène à Valcartier, 1914 (Bibliothèque et Archives Canada – MIKAN 3642184)

Le Roi accepte l’offre d’un corps expéditionnaire que lui propose le gouvernement canadien. Avec beaucoup d’enthousiasme – et de désorganisation – les premiers volontaires canadiens sont rapidement regroupés au camp militaire de Valcartier, créé de toutes pièces à une trentaine de kilomètres au nord de la ville de Québec. En un peu plus d’un mois, le premier contingent canadien d’environ 36 000 soldats et officiers est prêt à s’embarquer pour l’Angleterre.

Les volontaires canadiens

Mais qui sont ces premiers volontaires canadiens qui ont accepté de servir « for the duration » et sous l’Army Act britannique?

Des quelque 1500 officiers du premier contingent canadien, presque tous ont reçu une formation militaire dans la milice canadienne; plus des deux tiers sont nés au pays, alors que les autres proviennent d’autres parties de l’Empire. Cette proportion est pratiquement inverse au sein des soldats qui sont nés pour plus de 65 % dans d’autres parties de l’Empire, alors qu’un peu moins de 30 % sont nés au Canada et les autres proviennent des États-Unis et autres pays alliés.

En ce mois de mars 1917, le Corps canadien qui se prépare à prendre la crête de Vimy a bien changé. Depuis son arrivée sur les plaines de Salisbury trente mois plus tôt, les Canadiens ont subi le baptême du feu : ils ont fait face aux premières attaques au gaz toxique à la bataille du Second Ypres en avril 1915 et ont pris part aux batailles de Festubert (mai 1915), St-Éloi (juin 1916) et de la Somme (juillet 1916). Toujours en 1916, le lieutenant-général Alderson cède sa place à un nouveau commandant du Corps canadien, le lieutenant-général Julian Byng.

Une photo noir et blanc d’un homme moustachu en uniforme portant une casquette d’officier ainsi que la ceinture Sam Browne. Son blouson est couvert de médailles et de décorations militaires. Il regarde directement le photographe avec un regard impassible.

Lieutenant-général sir Julian Byng en mai 1917. Photo prise par William Ivor Castle (Bibliothèque et Archives Canada – MIKAN 3213526)

Byng se retrouve donc à la tête du Corps canadien, qui compte maintenant 4 divisions. Fait à noter, la 2e Division canadienne comprend le seul bataillon francophone de tout l’Empire britannique en activité au front, soit le « 22nd (French Canadians) Battalion » (aujourd’hui le Royal 22e Régiment). Autorisé en octobre 1914, ce bataillon commandé uniquement par des officiers francophones permet alors aux Canadiens français de servir leur pays dans leur langue maternelle.

La préparation de l’attaque

Une fois le plan de Byng soumis, modifié et accepté par le commandement militaire, la préparation pour l’attaque de la crête de Vimy se met en branle. Le Corps canadien, à qui l’on a confié cette tâche, s’applique avec la plus grande détermination à la préparation soigneuse de l’attaque. Grâce à une réplique à l’échelle des défenses allemandes qu’il a fait préparer à l’arrière, Byng supervise personnellement l’entrainement des Canadiens : jour après jour, les officiers et soldats pratiquent avec autant de réalisme que possible la tactique qu’ils devront appliquer le jour de l’attaque. On prend soin de pratiquer l’avance cadencée au rythme du barrage roulant de l’artillerie.

Pendant ce temps, les sapeurs canadiens et anglais se chargent d’aménager des dépôts de munitions, des réservoirs d’eau et des pompes. À vingt-cinq pieds sous les tranchées, les tunneliers agrandissent le système de tunnels qui permettra d’assurer le passage des troupes vers la première ligne de tranchées tout en protégeant le réseau de communication.

Une carte avec un gros plan d’une section des positions militaires canadienne et allemande et dans la cartouche on peut voir toute la ligne du front, de la mer du Nord jusqu’à Reims dans le sud.

Carte de la crête de Vimy du 9 avril avant le début de la bataille (Bibliothèque et Archives Canada – MIKAN 178969)

Les pilotes de la Royal Flying Corps reçoivent la mission d’observation des positions allemandes et de bombardement de positions vitales, telles les chemins de fer ou les aérodromes allemands. Les précieux renseignements obtenus, relayés à l’arrière, permettent ainsi de découvrir plus de 80 % des batteries d’artillerie allemandes.

En préparation du jour de l’attaque, l’artillerie commence le pilonnage des tranchées allemandes le 20 mars. Ce pilonnage durera jusqu’au 2 avril, alors que l’intensité du bombardement sera augmentée au maximum. En tout, on estime à plus d’un million le nombre de salves d’artillerie durant cette période préparatoire, déversant plus de 50 000 tonnes d’obus sur les positions allemandes. Cette préparation par l’artillerie aura suffisamment détruit les lignes de communication allemandes pour ralentir considérablement le ravitaillement des défenseurs de la première tranchée.

Une photo en noir et blanc de soldats avançant dans un champ pendant que des obus explosent juste en avant de la colonne qui avance.

Les Canadiens passent à travers les lignes de barbelés allemands, avril 1917 (Bibliothèque et Archives Canada – MIKAN 3404765)

Lorsque vient enfin le jour de l’attaque, les 15 000 Canadiens qui se portent à l’assaut de la crête de Vimy sont sûrs de parvenir à leurs objectifs. C’est un grand jour pour le Corps expéditionnaire canadien qui compte bien démontrer sa détermination et son efficacité. Ils ne le savent pas encore, ces hommes qui partent à l’assaut, mais ce sera aussi un grand jour pour le Canada.

Ressources connexes

Biographie

Marcelle Cinq-Mars est archiviste principale dans le domaine militaire à la Direction générale des documents gouvernementaux de Bibliothèque et Archives Canada. Elle a écrit de nombreux livres qui portent principalement sur la Première Guerre mondiale.

Ce blogue a été créé dans le cadre d’une entente de collaboration entre The National Archives et Bibliothèque et Archives Canada.

 

100e anniversaire de la bataille de la crête de Vimy : collaboration avec The National Archives

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Au cours du prochain mois, Bibliothèque et Archives Canada et The National Archives of the United Kingdom mettront en valeur le rôle que le contingent canadien a joué dans la bataille de la crête de Vimy, alors que nous soulignons le 100e anniversaire de cette bataille de la Première Guerre mondiale.

Dans une série de blogues étudiant la bataille au moyen de nos documents respectifs, nous aborderons les sujets suivants :

  • la composition du Corps canadien dans le contexte ayant mené à la bataille de Vimy
  • ce qui s’est produit durant la bataille
  • la manière dont la bataille s’est terminée
  • la commémoration à la suite de la bataille
  • les représentations artistiques de la bataille

Cherchez le premier blogue de la série le 3 avril et le dernier le 21 avril.

Au cours de la même période, nous poursuivrons la série Centenaire de la Première Guerre mondiale : hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, laquelle se penche sur les soldats honorés pour les actes qu’ils ont posés pendant la bataille.

Tiré de la collection Lowy : vestiges de la communauté juive espagnole

Par Michael Kent

En tant que bibliothécaire, on m’interroge souvent sur la valeur du livre imprimé à l’ère numérique. Après tout, plusieurs livres des collections dont je m’occupe peuvent être consultés sur Internet en format numérique. Il est vrai que même les plus anciens ouvrages des collections de Bibliothèque et Archives Canada sont maintenant accessibles en ligne sous divers formats; cependant, je suis convaincu que le pouvoir évocateur de l’objet matériel, et de toutes les histoires qui se cachent derrière, dépasse largement le simple contenu de ses pages.

Le fragment du Pentateuque de 1491, le livre des écritures canoniques juives, publié en Espagne, est l’un des ouvrages qui inspirent fortement un tel sentiment.

Cette Bible, imprimée par Eliezer ibn Alantansi à Hijar en Espagne, est le dernier livre hébraïque daté à avoir été imprimé en Espagne avant l’expulsion des Juifs de ce pays en 1492. L’âge, la qualité d’impression et le degré d’érudition nécessaire pour produire un tel livre en font déjà une œuvre majeure des débuts de l’imprimerie, mais c’est l’histoire qu’il nous raconte à propos de l’expulsion des Juifs d’Espagne qui lui confère un tel pouvoir évocateur.

Malheureusement, le problème des réfugiés n’est pas nouveau. À l’heure actuelle, nous vivons une crise des réfugiés à l’échelle internationale, une crise que nous pouvons observer pratiquement en direct grâce aux médias sociaux. La technologie moderne nous permet de découvrir, avec une certaine honte, la pénible existence de ceux qui vivent dans des camps de réfugiés.

La multitude de blogues, de photos, de témoignages personnels et d’informations diffusées dans les médias permettra aux futures générations de chercheurs de comprendre les difficultés que doivent surmonter les réfugiés contemporains, et ce, d’une manière que les précédentes générations n’auraient jamais pu imaginer. Mais qu’en est-il des réfugiés d’autrefois? Comment faire pour comprendre les problèmes des réfugiés au Moyen Âge, leurs attentes, leurs anciennes vies, leurs espoirs pour l’avenir, et la désolation causée par les bouleversements qu’ils ont subis?

Toutes ces questions posent un énorme défi aux historiens qui s’intéressent à la vie des gens ordinaires dans les temps anciens. L’Histoire ne doit pas se limiter à une suite de dates ou à la vie des élites de la société; nous devons chercher à connaître ce qu’ont vécu les masses populaires et tirer des leçons de leurs expériences collectives.

Mais revenons à cet ouvrage biblique tiré de la collection Lowy. Si l’on s’en tient strictement au contenu du livre, le Pentateuque n’est-il rien d’autre qu’une bible rabbinique ordinaire, le genre d’ouvrage qu’on pourrait aisément télécharger sans frais sur Internet? La réponse toute simple est non. Au‑delà du texte qu’il contient, cet objet nous permet-il de mieux connaître la communauté juive d’Espagne à la veille de son expulsion? Je réponds oui, sans hésiter.

Une photographie en couleur d’une page jaunie, et imprimé couverte d’écriture hébraïque.

Une page de la Bible hébraïque de 1490 imprimé par Eliezer ben Avraham Alantansi (AMICUS 32329787)

En regardant cette page, je vois une communauté qui se considérait comme stable, bien établie, et qui croyait avoir un avenir en Espagne. Au début de l’imprimerie, la production d’une bible comme celle-ci aurait constitué un projet très ambitieux. La mise sur pied d’un équipement communautaire telle une presse à imprimer, l’investissement consenti en études savantes et un engagement financier considérable démontrent clairement à mes yeux que les Juifs d’Espagne se sentaient en sécurité en Espagne et envisageaient un long et bel avenir dans la péninsule ibérique. Je regarde cette page et je vois des gens qui ne pouvaient imaginer les bouleversements et dévastations qui frapperaient leur communauté moins de deux ans plus tard. Bref, je vois un témoignage direct de l’un des plus vastes mouvements de réfugiés en Europe médiévale.

En tant que bibliothécaire et conservateur, je crois fermement au pouvoir d’évocation du livre physique, un pouvoir qui va bien au-delà du simple contenu de l’ouvrage. Si les livres électroniques et les sites Web permettent un accès universel à une large gamme de contenus intellectuels, les leçons de vie et les témoignages historiques offerts par le livre physique demeurent irremplaçables.


Michael Kent est le conservateur de la collection Jacob M. Lowy.

Images de la Colombie-Britannique maintenant sur Flickr

La Colombie-Britannique est la province la plus à l’ouest du Canada; c’est une région montagneuse bordée par l’océan Pacifique, dont la population est surtout regroupée dans le coin sud-ouest. Le nom de cette province a été choisi en 1858, et New Westminster, un village situé dans la partie continentale de la province, en est devenu la capitale. Lorsque les colonies établies sur le continent et sur les îles se sont réunies en 1866, l’île-cité de Victoria a été désignée comme nouvelle capitale. La Colombie-Britannique a joint la Confédération canadienne en 1871, devenant ainsi la 6e province du pays.

Photographie en noir et blanc d'une classe d'enfants du jardin de la petite enfance avec les enseignants dans le dernier rang.

Cérémonie de graduation d’une classe de maternelle, Église japonaise de l’Ascension, Vancouver (Colombie-Britannique) (MIKAN 3648578)

Le saviez-vous?

  • Les majestueux paysages et les fascinantes formations géologiques de la Colombie-Britannique sont dus à l’épaisse couche de glace qui recouvrait la province à l’âge glaciaire.
  • Les Paléoaméricains sont arrivés dans le nord-ouest du Pacifique il y a 12 000 à 20 000 ans, et depuis, les communautés autochtones se sont implantées sur la côte et dans le riche et vaste territoire intérieur de la province.
  • L’introduction de la traite des fourrures au début du 19e siècle et la découverte de gisements d’or dans le cours inférieur du fleuve Fraser en 1858 ont entraîné une augmentation du nombre de colons et la construction de villes permanentes. Le 20e siècle apporta l’industrialisation et une exploitation intensive des ressources naturelles. Par conséquent, la préservation de l’environnement et des ressources naturelles est devenue une priorité pour la province dans la période de l’après-guerre.
  • La Colombie-Britannique est l’une des provinces les plus diversifiées au point de vue ethnique, avec le plus haut pourcentage de minorités visibles, principalement originaires d’Asie et d’Asie du Sud-Est.

Visitez l’album Flickr maintenant !

Lieutenant Frederick Maurice Watson Harvey, VC

Le blogue de Bibliothèque et Archives Canada retourne à la série Centenaire de la Première Guerre mondiale : Hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria. Nous y traçons un profil de chacun des récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria (VC) et le publions 100 ans, jour pour jour, après qu’ils aient réalisé les actions à la source de leur distinction. Aujourd’hui, nous présentons l’histoire du lieutenant Frederick Maurice Watson Harvey, Canadien d’origine irlandaise établi à Medicine Hat, en Alberta, récipiendaire de la Croix de Victoria.

Portrait en noir et blanc d’un officier portant un ceinturon Sam Browne et regardant directement le viseur.

Capitaine Frederick M. Harvey, VC, sans date (MIKAN 3216613)

Le lieutenant Harvey, né à Athboy, dans le comté de Meath, en Irlande, est l’un des trois membres internationaux de la fédération irlandaise de rugby à avoir reçu la Croix de Victoria, et le seul à l’avoir obtenue pendant la Première Guerre mondiale. En 1908, il s’installe à Medicine Hat, en Alberta, puis s’enrôle le 18 mai 1916 dans le 13e régiment du bataillon canadien de fusiliers à cheval (Canadian Mounted Rifles). Après son arrivée en France, il passe au régiment Lord Strathcona’s Horse (Royal Canadians).

Le 27 mars 1917, les troupes du lieutenant Harvey avancent vers le village de Guyencourt, en France, alors que les tirs de mitrailleuses allemandes leur infligent de lourdes pertes. La citation visant à décerner la Croix de Victoria au lieutenant Harvey relate ce qui suit :

À ce moment critique, alors que l’ennemi ne semble pas avoir l’intention de retraiter et que les tirs demeurent intenses, le [lieutenant] Harvey, qui commande la troupe de tête, devance ses hommes et court vers la tranchée, toujours occupée par l’ennemi, saute par-dessus les barbelés, tue le mitrailleur et s’empare de son arme. Ce geste des plus courageux a sans aucun doute été déterminant pour le succès de l’opération. (London Gazette, no 30122, 8 juin 1917)

Reproduction en noir et blanc d’une entrée dans un journal de guerre indiquant le lieu, la date, l’heure, un résumé des événements et d’autres informations.

Extrait des journaux de guerre du Lord Strathcona’s Horse, 27 mars 1917 (MIKAN 2004721)

Le lieutenant Harvey est tout d’abord décoré de l’Ordre du service distingué, et se voit par la suite décerner la Croix de Victoria. Il reçoit la Croix militaire pour son rôle dans la charge du Lord Strathcona’s Horse près du bois de Moreuil, le 30 mars 1918, et le gouvernement français lui décerne la Croix de guerre.

Le lieutenant Harvey reste dans le Lord Strathcona’s Horse et est promu capitaine en 1923. Il enseigne le conditionnement physique au Collège militaire royal du Canada de 1923 à 1927, devient lieutenant-colonel en 1938, puis brigadier-général en 1939. Harvey sert comme colonel honoraire dans le Lord Strathcona’s Horse de 1958 à 1966. Il s’éteint en août 1980, à l’âge de 91 ans.

Photographie en noir et blanc d’un homme épinglant une décoration sur la poche de la veste d’un autre homme. Un autre homme lit la citation, alors qu’un quatrième tient une mallette. À l’arrière-plan, des soldats se tiennent au repos.

Sa Majesté le roi décorant de la Croix de Victoria le lieutenant Harvey du Lord Strathcona’s Horse (MIKAN 3362384)

Bibliothèque et Archives Canada a la garde du dossier des états de service du Corps expéditionnaire canadien pour le lieutenant Frederick Maurice Watson Harvey.

Ressources connexes

Conservatrice invitée : Tania Passafiume

Bannière pour la série Conservateurs invités. À gauche, on lit CANADA 150 en rouge et le texte « Canada: Qui sommes-nous? » et en dessous de ce texte « Série Conservateurs invités ».

Canada : Qui sommes-nous? est une nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui marque le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Une série de blogues est publiée à son sujet tout au long de l’année.

Joignez-vous à nous chaque mois de 2017! Des experts de BAC, de tout le Canada et d’ailleurs donnent des renseignements additionnels sur l’exposition. Chaque « conservateur invité » traite d’un article particulier et en ajoute un nouveau — virtuellement.

Ne manquez pas l’exposition Canada : Qui sommes-nous? présentée au 395, rue Wellington à Ottawa, du 5 juin 2017 au 1er mars 2018. L’entrée est gratuite.


Temples of Today, John Vanderpant, 1934

 Photographie noir et blanc d’un silo à grains; de hautes tours circulaires se dressent devant un immeuble rectangulaire encore plus haut.

Temples of Today, John Vanderpant, 1934. (MIKAN 3784205)

Le photographe John Vanderpant voyait les silos à grains du Canada comme de véritables temples. Ceux-ci reflétaient sa vision utopique du pays, fondée sur sa confiance envers le commerce et l’industrie. À ses yeux, l’industrie était l’avenir de la nation.


Parlez-nous de vous.

Dès l’âge de 13 ans, j’ai su que je voulais devenir restauratrice. Mon oncle avait épousé une femme formidable du nom de Janice, qui était restauratrice en beaux-arts; elle restaurait des peintures, des œuvres d’art sur papier et des photographies. Elle m’a beaucoup influencée. J’ai travaillé dans son laboratoire privé pendant mes études à l’université. J’ai ainsi pu acquérir de l’expérience avant même de commencer mes études supérieures en conservation. Quand j’ai obtenu mon diplôme, les emplois se faisaient rares au Canada; cette année-là, ma tante avait fermé son laboratoire pour voyager. Sur un coup de tête, je me suis retrouvée à la George Eastman House. Je devais y rester seulement trois mois, mais finalement, ça s’est transformé en trois ans et trois mois! C’est là que j’ai développé ma passion pour la photographie, et en particulier pour les procédés historiques. J’avais souvent les mains noircies à cause de tout le nitrate d’argent que je manipulais. Et maintenant que je suis à Bibliothèque et Archives Canada, je vois parfois le nom de ma tante sur quelques rapports, puisqu’elle a déjà été stagiaire ici, bien avant mon arrivée.

Les Canadiens devraient-ils savoir autre chose à ce sujet selon vous?

La collection de photographies de BAC est très diversifiée : on y trouve tout un éventail de procédés et d’images. Dans cette exposition, mon œuvre préférée s’intitule Temples of Today, de John Vanderpant. Comme je suis restauratrice de photographies, je regarde souvent au-delà de l’image pour examiner de près les matériaux, voir comment la photo a été prise, tenter de déterminer si elle a été altérée… Alors souvent, pour ne pas me laisser distraire par l’image, je place la photo tête en bas; elle devient moins distrayante, et je peux mieux me concentrer sur les matériaux.

Pour cette photo, je n’ai eu qu’à me pencher et à examiner la surface avec un éclairage de côté, presque à hauteur des yeux. Comme ça, on peut vraiment « voir » un objet; ça fait ressortir toutes les marques et les déformations qui découlent de sa manipulation.

Si vous observez la photo de Vanderpant de cette façon, vous verrez les empreintes d’un chat! Nous croyons qu’un chat a marché dans les deux sens sur la photo, alors qu’elle était déjà montée sur le support papier. Ses empreintes se retrouvent à la fois sur la photo et le support. Vanderpant avait peut-être un chat qui lui rendait visite dans le studio? J’aime bien trouver ce genre de secret bien caché sur une œuvre! J’ai essayé d’enlever ou d’atténuer les empreintes, mais elles sont bien incrustées dans l’émulsion. Je n’ai donc pas pu faire grand-chose comme traitement, et on les voit encore.

Une photographie placée sur une table, sous un puissant éclairage de côté, révèle la présence d’empreintes de chat.

Vue de la photographie Temples of Today sous un éclairage de côté, révélant la présence d’empreintes de chat. Photo prise par Tom Thompson.

Parlez-nous d’un élément connexe que vous aimeriez ajouter à l’exposition

J’aime beaucoup montrer aux gens un daguerréotype datant de juillet 1858 qui montre la Brasserie Molson, à Montréal, après un incendie. C’est une demi-plaque encore en bon état. L’image est sombre, car l’incendie n’a rien épargné. On voit un homme debout au milieu des ruines; une femme est assise à sa gauche, avec un jeune enfant qui a bougé quand la photo a été prise, parce que l’image est floue. C’est émouvant quand on pense que le daguerréotypiste était sur les lieux à ce moment.

Il y a quelques années, ce daguerréotype a été choisi pour faire partie d’une exposition. J’ai donc eu la chance de pouvoir ouvrir son étui pour l’examiner. Le ruban d’étanchéité d’origine avait déjà été enlevé. Quand j’ai retiré le passe-partout de cuivre, j’ai tout de suite vu la marque d’un doigt dans le coin supérieur gauche. C’est peut-être l’empreinte du daguerréotypiste, dont on ne connaît pas l’identité. Il l’a sans doute laissée involontairement quand il a développé la plaque ou qu’il l’a placée dans son étui. Ce mystère du passé crée un pont, un lien entre nous, ces gens sur la photo et la personne invisible derrière l’appareil photo.

Coin d’un daguerréotype montrant une empreinte digitale sur le bord de la plaque. La photo montre un gros plan de la Brasserie Molson après un incendie. Une femme avec un bébé est assise au bas de l’image.

Détail d’un daguerréotype montrant une empreinte digitale sur le bord de la plaque. Photo prise par Jennie Woodley. (MIKAN 3623957)

Image noir et blanc des décombres de la brasserie à l’avant-plan, avec un immeuble endommagé en en arrière-plan. Une femme et un bébé sont assis au centre, à la gauche d’un homme debout.

Image pleine grandeur de la Brasserie Molson après l’incendie de 1858. (MIKAN 3623957)

Pour rester dans le thème des animaux et des photos, j’aimerais vous parler d’un chien bien spécial que nous appelons, au Centre de préservation, le « Décadog ». C’est l’exemple parfait d’un animal qui agit comme tel, peu importent les circonstances!

On peut voir ce chien sur une photo panoramique (un négatif en nitrate) du 7e détachement de la Batterie C de la Royal Canadian Horse Artillery. Ces militaires faisaient partie d’unités du Corps expéditionnaire canadien et de la Royal Air Force qui s’entraînaient dans divers camps, en Ontario. La photo qui nous intéresse a été prise à Kingston entre 1914 et 1918. Le négatif a été découvert en 2011, quand mes collègues Carla Klück et Louise Perrault ont passé en revue notre collection de clichés panoramiques au nitrate.

C’est un négatif de grandes dimensions : il fait 200 mm de hauteur sur 1060 mm de largeur! À première vue, c’est une simple photo de troupes militaires au tournant du siècle. Mais en la regardant de plus près, on aperçoit un chien à l’avant-plan. Et pas n’importe quel chien : un chien à onze pattes! Les observateurs sont toujours confus quand ils remarquent ce détail inhabituel. Quelqu’un avait déjà tracé dix des pattes à l’encre noire sur le négatif, d’où le surnom « Décadog ». (Sur l’épreuve positive, l’encre noire apparaît en blanc.) L’avant-dernière patte à gauche a été omise.

Maintenant, vous vous demandez sans doute comment un tel chien pouvait exister! La réponse est simple : la photo a été prise par une caméra panoramique appelée Cirkut. Cette caméra pouvait prendre des clichés panoramiques en pivotant horizontalement pendant qu’un rouleau de pellicule se déplaçait sur le plan du film. Le chien sur la photo a dû marcher pendant que la caméra tournait de gauche à droite, et la lente prise de vue a capté ses mouvements.

Pour prouver que ce chien était un ami à quatre pattes « normal », j’ai trouvé une autre photographie au nitrate où il apparaît. Cette fois, il s’agit du 8e détachement de la Batterie C de la Royal Canadian Horse Artillery. La photo a été prise au camp de Petawawa en juin 1916. Les signes distinctifs sur la tête du chien nous font croire qu’il s’agit du même animal sur les deux photos.

Prise de vue panoramique noir et blanc de deux rangées de soldats en uniforme, entre deux canons sur roues. Le « Décadog » se tient à l’avant. On aperçoit les casernes en arrière-plan.

Photo du 7e détachement de la Batterie C de la Royal Canadian Horse Artillery (Corps expéditionnaire canadien) avec le « Décadog », par Andrew Merrilees. (MIKAN 4474227)

Photo du 8e détachement de la Batterie C de la Royal Canadian Horse Artillery (Corps expéditionnaire canadien) au camp de Petawawa, avec un chien au centre, par Andrew Merrilees. (MIKAN 4473482)

Biographie

Photo en couleur d'une femme regardant le photographe.

Crédit Tom Thompson

Tania Passafiume est restauratrice en chef des documents photographiques à Bibliothèque et Archives Canada depuis 2005. Après avoir terminé sa maîtrise en restauration d’œuvres d’art à l’Université Queen’s avec une spécialisation en restauration de photographie, d’œuvres sur papier et de livres, elle a déménagé à Rochester, dans l’État de New York, où elle a passé plus de trois ans à la George Eastman House, d’abord pour suivre un programme de certificat sur la restauration photographique et la pratique de l’archivage, puis à titre de boursière du premier cycle du Programme de résidence avancé Andrew W. Mellon en restauration photographique. Pendant les trois années qui ont suivi, Tania a été boursière de la Fondation Andrew W. Mellon en restauration photographique à l’Art Institute of Chicago. Elle a aussi travaillé dans les établissements et laboratoires privés suivants : Jana Conservation, McMichael Canadian Art Collection, les Archives nationales du Canada, les Archives de la Ville de Vancouver et le Centre canadien d’architecture.

En collaboration avec l’Institut canadien de conservation, Tania a publié Silver Gelatin Paper Sample Sets, fondé sur sa thèse de la George Eastman House. Cet ouvrage a donné lieu à des travaux de recherches sur Hippolyte Bayard, un projet sur lequel elle travaille en ce moment avec le Centre de recherche sur la conservation des collections, à Paris. Plus récemment, elle a piloté un projet réunissant Bibliothèque et Archives Canada et la Direction des affaires culturelles de la Ville de Paris/Atelier de restauration et de conservation des photographies de la Ville de Paris. Cette collaboration a débouché sur le premier glossaire visuel français-anglais portant sur conservation photographique, intitulé Lingua Franca : Un langage commun pour les restaurateurs de documents photographiques. Publié sous forme de livre numérique enrichi, il est offert gratuitement sur iTunes.