Nouveauté dans la généalogie des Canadiens d’origine chinoise : documents d’inscription au registre C.I.44

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Par June Chow

Le 1er juillet 2023 marquera le centenaire de l’adoption de la Loi de l’immigration chinoise de 1923, communément appelée la Loi d’exclusion des Chinois. Récemment, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) a ouvert et numérisé des documents créés dans la foulée de l’inscription obligatoire au Canada de toute personne d’origine ou d’ascendance chinoise.

Les premiers Chinois sont arrivés au Canada en 1788 en tant qu’artisans. De 1858 à 1885, beaucoup d’ouvriers chinois sont venus au Canada pour terminer la construction du chemin de fer du Canadien Pacifique en Colombie-Britannique. Les restrictions du gouvernement canadien relativement à l’immigration chinoise ont commencé par la suite avec l’adoption de l’Acte de l’immigration chinoise de 1885. Jusqu’à ce qu’elle soit abrogée en 1947, la loi a été modifiée de nombreuses fois pour décourager les immigrants en provenance de la Chine. Les premières modifications survenues en 1900 et en 1903 ont servi à augmenter la taxe d’entrée imposée aux immigrants chinois afin de leur ajouter un obstacle financier. La dernière modification, apportée en 1923, a carrément interdit l’immigration d’autres Chinois. Dans ce billet, j’utiliserai « Loi d’exclusion des Chinois », ou tout simplement « Loi », pour désigner la Loi de l’immigration chinoise de 1923.

Consultation récente de documents sur l’immigration chinoise : C.I.44

Les fonds de BAC comprennent beaucoup de documents relatifs à l’immigration de Chinois remontant à cette période importante de la généalogie des Canadiens d’origine chinoise. Les documents comprennent de grands livres et des formulaires liés à l’identification ou à l’inscription des Chinois à leur arrivée au Canada ainsi qu’à leurs entrées et sorties du pays.

L’accès récent à des formulaires C.I.44 créés en vertu de l’article 18 de la Loi d’exclusion des Chinois est particulièrement intéressant. D’ailleurs, la consultation de ces documents était préalablement restreinte. Selon la Loi, toute personne d’origine ou d’ascendance chinoise au Canada devait s’inscrire auprès d’une autorité en matière d’immigration, d’une autorité douanière ou d’un responsable de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) dans les 12 mois suivants l’adoption de la Loi, le 1er juillet 1923.

L’article 18 de la Loi d’exclusion des Chinois a été traduit en chinois puis affiché en tant qu’avis public. L’avis faisait 69 cm sur 123 cm (environ 2 pi sur 4 pi) et dressait également une liste des différents lieux d’inscription au Canada. Une amende maximale de cinq cents dollars ou une période d’emprisonnement d’un maximum de douze mois, ou même les deux, pouvaient être imposées en cas de non-respect des exigences relatives à l’inscription.

Affiche composée en anglais et comportant aussi du texte manuscrit en chinois. En haut de la page, sous les armoiries de la GRC, apparaît le terme « NOTICE » en grosses lettres majuscules, en caractères gras.

Affiche sur l’immigration chinoise ayant servi à diffuser publiquement l’article 18 de la Loi d’exclusion des Chinois et ses exigences en matière d’inscription (e010833850)

Chaque inscription au registre se faisait au moyen d’un formulaire d’une page qui portait le numéro 44 dans la série de documents sur l’immigration chinoise (« C.I. » pour Chinese Immigration) du gouvernement. À la date limite d’inscription, le 30 juin 1924, plus de 56 000 Chinois vivant au Canada étaient inscrits au registre et avaient rempli un formulaire C.I.44. De plus, 1 500 personnes chinoises de plus, à l’extérieur du Canada à la date limite, se sont inscrites lorsqu’on les a autorisées à rentrer au pays. Le dernier formulaire C.I.44 a été rempli en 1946, un an avant que la Loi ne soit abrogée.

Le formulaire est un ajout important aux ressources généalogiques sur les Canadiens d’origine chinoise. On y trouve le nom, le pseudonyme connu, l’adresse, le métier, l’âge et l’état matrimonial d’un ancêtre, de même que le nom et l’adresse de son épouse et de ses enfants au Canada. Le formulaire comprend aussi une photo.

Pour les personnes d’origine chinoise (nées en Chine), le formulaire rassemble l’information liée à leur entrée au Canada : le lieu de naissance (village/ville et district/province en Chine), le point d’entrée initial, le moyen de transport (navire), la date originale d’arrivée, la taxe d’entrée payée, le numéro de série du certificat de débarquement ou de substitution (C.I.5, 28, 30 ou 36). Ces renseignements existent aussi ailleurs, parmi les collections de BAC, notamment dans des documents touchant l’immigration de Chinois et des listes de passagers.

Le formulaire C.I.44 précisait également la taille du répondant, ses caractéristiques faciales ou particularités physiques, les commentaires faits par le responsable de l’immigration et tout numéro de dossier existant.

Formulaire composé en noir et blanc avec texte dactylographié et autorisations écrites à la main. Le formulaire comprend la photo (portrait) d’un homme portant une chemise, une cravate et un veston.

Formulaire C.I.44 de Louie Song, 1924; RG76-D-2, bobine T-16181, image 01453

Les personnes d’ascendance chinoise qui sont nées au Canada ont reçu du gouvernement la désignation « nées au Canada ». Ainsi, certaines sections du formulaire C.I.44 ne s’appliquaient plus à elles. Les personnes qui ont reçu cette désignation pendant l’année d’inscription obligatoire étaient surtout des enfants mineurs. Souvent, la date de naissance, les détails de l’inscription au registre des naissances et le nom des parents au Canada sont indiqués dans les commentaires.

Formulaire composé en noir et blanc avec texte dactylographié et autorisations écrites à la main. Le formulaire comprend la photo (portrait) d’une jeune fille assise sur une chaise.

Formulaire C.I.44 de Helen Mah Yick, 1924; RG76-D-2, bobine T-16174, image 00690

Accès aux formulaires C.I.44 et recherche dans les documents

Les formulaires C.I.44 sont une ressource importante pour la généalogie des Canadiens d’origine chinoise et la recherche sur l’histoire de ces personnes. Chaque formulaire indique où au Canada s’est établi un ancêtre, le travail qu’il faisait et sa structure familiale. Souvent, la personne qui remplissait le formulaire utilisait un nom anglicisé ou un pseudonyme anglais pour pouvoir s’intégrer à la société canadienne. La photo jointe au formulaire montrait comment la personne faisait sa toilette et s’habillait selon le style occidental.

Les documents consignent les tendances relatives à l’établissement des Chinois au Canada. Une interprétation de l’ensemble des formulaires brosse un portrait détaillé de la communauté sino-canadienne à l’aube de sa période la plus sombre définie par les 24 années durant lesquelles la Loi d’exclusion des Chinois a été en vigueur.

Effectuez une recherche dans ces documents si vos ancêtres :

  • étaient des Chinois (immigrants ou nés au Canada); ET
  • vivaient au Canada en 1923-1924; OU
  • vivaient à l’étranger en 1923-1924 et sont légalement rentrés au pays avant 1947.

Les documents C.I.44 comprennent 29 bobines de microfilm numérisées, des formulaires C.I.44 et un système de fiches correspondant. Des recherches dans ces documents peuvent être faites manuellement ou indexées par FamilySearch ou Ancestry.

Autres ressources


June Chow est archiviste communautaire pour The Paper Trail to the 1923 Chinese Exclusion Act, un projet de commémoration communautaire qui comprend une exposition publique, une collection d’archives et la mobilisation de services d’archives publiques. L’équipe du projet a soumis une demande d’accès à l’information en 2021 pour que l’accès à ces documents soit ouvert au public. June a ensuite travaillé à BAC en tant qu’étudiante à la maîtrise en études archivistiques à la School of Information de l’Université de la Colombie-Britannique, où elle a récemment obtenu son diplôme. Aujourd’hui, elle travaille également comme archiviste de collections spéciales pour les archives sino-canadiennes à la Bibliothèque publique de Toronto.

La trame sonore du quotidien dans la collection d’entrevues Stanley Grizzle

Par Stacey Zembrzycki

 Cet article renferme de la terminologie et des contenus à caractère historique que certaines personnes pourraient considérer comme offensants, notamment au chapitre du langage utilisé pour désigner des groupes raciaux, ethniques et culturels. Pour en savoir plus, consultez notre Mise en garde – terminologie historique.

Dans les entrevues d’histoire orale, les bruits de fond sont rarement aussi dignes d’intérêt que les discussions. Pour les éliminer, on enregistre souvent les entrevues dans des endroits silencieux. Ainsi, les paroles sont faciles à comprendre. C’est important, car la netteté du son détermine en grande partie l’accueil réservé à ces entrevues par les auditeurs et les concepteurs de projets multimédias. Or, la collection d’entrevues Stanley Grizzle va à l’encontre de cette convention.

Stanley Grizzle a parcouru le pays pour documenter l’expérience des porteurs du Chemin de fer Canadien Pacifique, ainsi que leur combat pour créer un syndicat (la Fraternité des porteurs de wagons-dortoirs). Lors de ses entretiens, il s’est également intéressé à l’importance des auxiliaires féminines à cet égard. Ayant lui-même travaillé au Canadien Pacifique pendant plus de 20 ans, Stanley Grizzle sait de quoi il parle lorsqu’il mène ses entrevues. Il interroge des collègues qu’il a fréquentés quand il était employé de chemin de fer ou dirigeant syndical, et il leur pose exactement les mêmes questions.

Passant de maison en maison, Grizzle arrête son magnétophone chaque fois qu’il le juge bon ou qu’on lui en fait la demande. Il attire très rapidement l’auditeur dans son univers. On ne trouve dans ses entretiens aucune trace des formalités généralement associées aux entrevues. On y entend plutôt des discussions amicales, parfois quelque peu arrosées (avec le tintement des glaçons à l’arrière-plan).

Les vastes connaissances de Grizzle sur le Canadien Pacifique constituent à la fois un atout et un handicap quand vient le temps de raconter l’histoire de la compagnie. En général, Grizzle est immédiatement considéré comme un frère, et il n’a aucun mal à gagner la confiance de personnes qu’il connaît déjà. Par conséquent, de nombreux hommes vont droit au but lorsqu’ils décrivent leur vie de porteur au début du 20e siècle.

En écoutant ces « histoires de porteurs », comme les appelle Melvin Crump, les auditeurs découvrent un monde aujourd’hui disparu. Nous apprenons ce que pensaient ces hommes (et les femmes qui les appuyaient) de leur vie quotidienne et des personnes qu’ils côtoyaient. Les entrevues lèvent aussi le voile sur les différentes manières de concevoir les inégalités sociales et de composer avec elles.

Un porteur dans une voiture de train du Canadien Pacifique.

Albert Budd, porteur de voitures-lits du Chemin de fer Canadien Pacifique des années 1940 aux années 1960 (e011781984)

Malheureusement, faire partie du milieu n’est pas toujours un avantage. Les expériences de Grizzle sont à l’origine de nombreuses occasions manquées, tout comme son objectif de documenter l’histoire des personnes qui ont fondé la Fraternité des porteurs. D’abord, Grizzle a tendance à corriger ses interlocuteurs. Ensuite, rares sont les récits concernant l’émigration, la lutte pour la défense des droits civils aux États-Unis et d’autres grands problèmes affrontés par les porteurs – quand ces récits ne sont pas carrément inexistants.

Mettre en valeur les différentes expériences vécues par les porteurs ne semble pas être une priorité. La prudence teinte les échanges : des réputations sont en jeu, et la compagnie conserve beaucoup de pouvoir malgré la présence du syndicat. En outre, Grizzle interrompt des récits qui mériteraient d’être entendus parce qu’ils ne correspondent pas à ses objectifs. Il n’est pas rare que le magnétophone s’arrête au beau milieu d’une anecdote. Aucune explication n’est donnée; l’auditeur en est réduit à deviner ce qui a été omis, censuré ou oublié.

Malgré ces bémols, le paysage sonore enrichit grandement les récits et nous aide à mieux connaître les personnes interviewées. On peut deviner leur vie à l’étranger et leurs difficultés, en tant qu’ouvriers migrants, à se bâtir une vie meilleure au Canada, malgré des études souvent très poussées. Les accents, parfois très prononcés, trahissent des origines diverses (comme le Grand-Sud des États-Unis ou différentes nations des Caraïbes).

Deux porteurs de voitures-lits du Chemin de fer Canadien Pacifique debout à côté d’un train.

De gauche à droite : Smitty de Montréal et Albert Budd (e011781983)

Les sons en arrière-plan sont aussi révélateurs. On entend des radios ou des télévisions, le chant des oiseaux ou des enfants qui jouent. Le bruit des chaudrons révèle la présence d’une épouse, probablement en train de préparer un repas pour cet invité de marque qu’est Grizzle. Des pas lourds à l’étage et le bruit des toilettes montrent que certains porteurs n’ont jamais réussi à quitter leur modeste logis, même à la retraite.

Parfois, la trame sonore révèle des handicaps. Par exemple, une toux profonde et des problèmes respiratoires, causés par la cigarette, nous renseignent sur les antécédents des porteurs interviewés. Les années passées à bord de voitures de chemin de fer, où les fenêtres ouvertes constituent une voie royale pour de nombreux polluants, ont de lourdes conséquences sur la santé des porteurs. Des hommes expliquent avoir reçu une pension d’invalidité en raison des maux de dos causés par le transport de lourdes charges.

Plus d’une fois, des grincements en arrière-plan nous indiquent que Grizzle et son interlocuteur sont assis sur de vieilles chaises en bois, ou se bercent sur un plancher qui craque au gré des histoires racontées. On peut se demander si c’est le signe d’une certaine précarité financière ou de douleurs physiques incitant les porteurs à demeurer assis.

Porteurs de voitures-lits réunis autour d’une table.

Des porteurs du Chemin de fer Canadien Pacifique. De gauche à droite : Phil Witt et Jack Davis (e011781985)

La beauté des histoires orales, c’est qu’elles nous permettent de replacer des voix dans leur contexte particulier pour mieux comprendre le passé. La collection d’entrevues Stanley Grizzle prouve à quel point comprendre l’histoire est chose complexe. Elle montre aussi tout l’intérêt des sons de la vie quotidienne, heureusement préservés pour les générations à venir.

Autres ressources

  • Oral History Off the Record: Toward an Ethnography of Practice, Anna Sheftel et Stacey Zembrzycki (no OCLC 841187000)

Stacey Zembrzycki est une historienne primée, spécialiste de l’histoire orale et publique portant sur les expériences des immigrants, des réfugiés et des minorités ethniques. Elle effectue actuellement des recherches pour le compte de Bibliothèque et Archives Canada.

Création de l’outil Recherche dans les recensements

Par Julia Barkhouse

Tout le monde aime les recensements. Les données des recensements sont notre principale ressource généalogique pour retrouver des ancêtres, parce qu’elles contiennent des informations fiables sur tous les Canadiens, comme leur lieu de résidence, leur âge, leur profession et d’autres renseignements utiles. Un recensement nous donne un instantané de la population à un moment et à un endroit donnés.

J’adore les recensements, parce qu’ils m’ont permis de suivre le parcours de mon arrière-grand-père, Henry D. Barkhouse. Ce dernier a inspiré le travail récent de mon équipe, l’équipe Agile des services numériques, pour créer et lancer notre outil Recherche dans les recensements (bêta) en novembre 2022.

Permettez-moi de vous décrire tout le processus de la recherche que j’ai menée sur la vie de mon ancêtre dans les données des recensements. Henry D. est né en 1864 et est mort en 1947 en Nouvelle-Écosse. Mon père ne l’a pas connu, parce qu’il est décédé avant sa naissance. Henry D. était un homme très grand. Il a épousé mon arrière-grand-mère, Samantha Udora (Dora) Butler, en 1899, à Scots Bay, en Nouvelle-Écosse, avec qui il a eu huit enfants. Henry D. était fermier, et sa ferme a été transmise de génération en génération jusqu’à aujourd’hui. À part ces informations de base, je savais très peu de choses sur lui.

Photo de Henry D. Barkhouse et Samantha Udora (Dora) Butler à leur ferme.

Henry D. Barkhouse (1864-1947) et Samantha Udora (Dora) Butler à la ferme des Barkhouse à Scots Bay, en Nouvelle-Écosse (vers 1930-1947). Image courtoisie de l’auteure, Julia Barkhouse.

Avant de commencer ma recherche, j’ai noté toutes les informations que je possédais sur Henry D. :

  • Nom de famille : Barkhouse
  • Prénom : Henry D.
  • Genre : Homme
  • Dates : 1864-1947
  • Occupation : Fermier
  • Province : Nouvelle-Écosse (je ne savais pas dans quel district ou sous-district)

Avec ces informations, je m’attendais à trouver Henry D. dans les recensements de 1871 à 1921. Les données des recensements de 1931 et de 1941 ne sont pas encore accessibles.

J’ai donc entrepris ma recherche, et j’ai trouvé Henry D. dans le recensement de 1871.

Une page du recensement du Canada de 1871 présentant des informations sur Henry Barkhouse.

Page du recensement du Canada, 1871 (Numéro d’item : 3150873)

J’ai appris de nouvelles choses sur lui dès les premiers résultats. Les dossiers du recensement ont confirmé qu’il était né en 1864 et qu’il avait sept ans au moment du recensement de 1871. Je sais maintenant dans quels district et sous-district de Scots Bay il vivait. Je sais aussi quelle était sa religion. En regardant l’image, je peux obtenir plus d’informations sur son éducation et savoir s’il avait une infirmité. Je peux aussi consulter les informations sur ses parents (James et Rebecca) et ses frères et sœurs. J’ai maintenant plus d’informations pour trouver mon ancêtre dans d’autres recensements, et je peux mettre à jour mon arbre généalogique.

J’ai réalisé à cette étape-ci que j’allais devoir refaire la même recherche dans d’autres bases de données sur les recensements du Canada. J’ai décidé de répéter ma recherche dans les recensements de 1881, 1891, 1901, 1911 et 1921. Je savais que refaire ma recherche encore cinq fois allait me prendre beaucoup de temps, et que tout cela allait être (oserais-je dire) assez frustrant.

Il m’est donc venu une idée : Et si je regroupais tous les recensements dans une seule base de données principale? De cette façon, je pourrais effectuer une seule recherche sur mon ancêtre avec les mêmes paramètres et obtenir tous les résultats de toutes les bases de données sur les recensements d’un seul coup. Je pourrais afficher les résultats de 1871 à 1921 sur un seul écran, et utiliser nos outils intégrés pour enregistrer ces résultats dans Ma recherche afin de pouvoir y revenir plus tard. En procédant de cette manière, le temps nécessaire pour effectuer des recherches sur chaque ancêtre serait grandement réduit.

J’ai dû penser fort à mon approche, parce que chaque recensement présente de légères différences. On pourrait penser que tous les recensements fournissent des informations similaires, mais en fait, les premiers recensements (avant la Confédération) sont très différents de ceux réalisés après 1867. De plus, des recensements portaient seulement sur certaines provinces (Ontario et Manitoba) et sur les Prairies (anciennement appelées « les territoires »). J’ai dû me poser un certain nombre de questions, surtout : Qu’est-ce qui se passe quand on place une telle quantité de données dans une même base de données?

Cette recherche représentait un défi de taille. Bibliothèque et Archives Canada compte 17 recensements canadiens qui contiennent près de 44 millions de noms. Chaque nom correspond à un dossier dans nos bases de données. Le travail a commencé par une analyse détaillée de chaque recensement afin de comparer le contenu des bases de données. Dans le cadre de cette analyse, mon équipe a établi un plan de travail et cerné plusieurs améliorations à apporter ou questions à régler après le lancement. Notre première version, Recherche dans les recensements (bêta), combine les bases de données de 17 recensements en une seule interface. Nous avons qualifié cette version de « bêta » pour indiquer que le produit est presque final et que des améliorations y sont encore apportées aux deux semaines. Nos critères d’approbation pour le lancement de la version bêta étaient les suivants :

  • une interface de recherche avec tous les champs actuellement disponibles dans nos bases de données individuelles, plus quelques champs additionnels en fonction des commentaires de nos clients (genre, origine ethnique, lieu de naissance, religion, occupation, etc.);
  • la possibilité de filtrer les résultats de recherche par province, année de recensement, district et sous-district;
  • un affichage montrant les objets numériques dans notre afficheur harmonisé ainsi que la liste complète des champs disponibles (nom, genre, âge, etc.).

Une fois les résultats des recensements migrés et disponibles dans Recherche dans les recensements, nous avons pu améliorer l’expérience de recherche globale de nos clients. On peut maintenant agrandir les images avec l’afficheur harmonisé ou les afficher en plein écran. On peut aussi télécharger et exporter ses résultats de recherche dans divers formats (HTML, XML, CSV et JSON). On peut sauvegarder des dossiers dans Ma recherche et y revenir plus tard. On peut ajouter des transcriptions ou des commentaires dans Co-Lab pour étiqueter ou traduire les images. Enfin, on peut suggérer des corrections à apporter à un dossier et contribuer à améliorer les données des recensements.

Capture d’écran de Recherche dans les recensements montrant les paramètres prénom, nom de famille et province (Nouvelle-Écosse) pour obtenir des informations sur l’arrière-grand-père de Julia Barkhouse.

Capture d’écran de Recherche dans les recensements (Site web de Bibliothèque et Archives Canada)

La première version de Recherche dans les recensements a demandé beaucoup de travail, et nous sommes très heureux de ce que nous avons accompli. Nous avons aussi un plan pour les améliorations que nous voulons y apporter au fil du temps. Maintenant que le lancement initial a eu lieu, nous avons un certain nombre de questions et de problèmes que nous souhaitons étudier et pour lesquels nous voulons trouver des solutions viables. Ces améliorations seront déployées dans Recherche dans les recensements à mesure que nous sortirons de la phase bêta. Nos objectifs sont les suivants :

  • regrouper les images pour que les utilisateurs puissent passer à la page suivante et voir les personnes ou familles qui sont mentionnées au bas d’une page et dont les informations se poursuivent sur la page suivante;
  • programmer l’interface de recherche pour qu’elle s’ajuste avec du texte grisé ou des messages dans des fenêtres contextuelles dans les cas où tous les recensements ne fournissent pas des données pour tous les champs (origine ethnique, lieu de naissance, religion, etc.);
  • assurer un suivi des changements géographiques dans le pays avec le temps – une fois les données regroupées, nous voulons permettre le suivi des changements dans les provinces, les territoires, les districts et les sous-districts;
  • trouver un moyen d’isoler une personne et de la trouver dans chaque recensement, ou d’établir les relations d’une personne avec d’autres;
  • ajouter toutes les annexes supplémentaires (par exemple, les annexes agricoles) dans Recherche dans les recensements, et indiquer si ces annexes contiennent des informations additionnelles sur une personne;
  • nettoyer les données et créer des dictionnaires de données historiques qui permettent de mettre en contexte les termes employés à une autre époque (par exemple, « ethnicité »);
  • trier les résultats de recherche afin de regrouper les personnes par année de recensement ou par ordre alphabétique (croissant ou décroissant).

Alors, quels sont les résultats, maintenant, pour mon arrière-grand-père? Eh bien, quand je cherche Henry D. dans Recherche dans les recensements, j’obtiens les informations qui le concernent de 1871 à 1921. Je peux enregistrer ces informations sous forme de liste dans Ma recherche pour y revenir plus tard, et effectuer des recherches sur d’autres membres de la famille. Avec les améliorations que nous comptons apporter à notre outil, je serai en mesure de parcourir les recensements et de voir les informations sur les membres de la famille de mon ancêtre sur deux pages, si ces personnes sont mentionnées. Je pourrai voir si on parle de Henry D. dans les annexes agricoles, puisqu’il était fermier. Peut-être que j’apprendrai quelle était la taille de sa ferme et s’il élevait des poulets, des porcs ou des vaches.

Capture d’écran des résultats de Recherche dans les recensements enregistrés dans Ma recherche.

Capture d’écran des résultats de Recherche dans les recensements enregistrés dans Ma recherche (Site web de Bibliothèque et Archives Canada)

La création de Recherche dans les recensements a été toute une aventure, et le projet ne fait que commencer. Comme vous pouvez le constater, nous avons de nombreuses améliorations et fonctionnalités à mettre en œuvre pour rendre l’expérience des utilisateurs plus agréable. Regrouper les 17 bases de données en une seule n’était que la première étape. Nous espérons que vous nous aiderez à améliorer cette ressource gratuite pour vous. Vous pouvez nous envoyer vos commentaires par courriel. Vous pouvez aussi vous inscrire à une séance de rétroaction de 10 minutes avec nous.


Julia Barkhouse travaille à Bibliothèque et Archives Canada depuis 14 ans dans les domaines de la qualité des données et de la gestion et de l’administration de bases de données. Elle est actuellement analyste des données pour les collections au sein de l’équipe Agile des services numériques.

Le tikinagan : transporter les nourrissons en toute sécurité

À gauche, Tatânga Mânî [chef Walking Buffalo] [George McLean] monte à cheval et porte son costume traditionnel des Premières Nations. Au centre, Iggi et une fille échangent un « kunik », un baiser traditionnel dans la culture inuit. À droite, le guide métis Maxime Marion tient un fusil. À l’arrière-plan, il y a une carte du Haut et du Bas-Canada, ainsi qu’un texte de la collection Red River Settlement [colonie de la rivière Rouge].

Ce blogue fait partie de notre programme De Nations à Nations : voix autochtones à Bibliothèque et Archives Canada. Pour lire ce billet de blogue en kanien’keha, visitez le livrel.

De Nations à Nations : voix autochtones à Bibliothèque et Archives Canada est gratuit et peut être téléchargé sur Apple Books (format iBooks) ou sur le site Web de BAC (format EPUB). On peut aussi consulter une version en ligne au moyen d’un ordinateur, d’une tablette ou d’un navigateur Web mobile; aucun module d’extension n’est requis.

Les Premières Nations et la Nation Métisse utilisent les tikinagans pour transporter les nouveau-nés en toute sécurité. Les modèles varient d’une nation à l’autre, mais ils sont généralement faits de petites pièces de bois. Le nourrisson est solidement emmailloté dans une longue écharpe ou un sac fixé à une planche. Les tikinagans permettent aux parents de travailler de leurs mains et de se déplacer avec leur enfant en toute sécurité.

Une femme de Première Nation porte un bébé sur son dos.

Une femme de Première Nation transporte un enfant dans un tikinagan attaché à l’aide d’une sangle (e011303100-006)

Pour en savoir davantage sur les images de tikinagans dans les collections conservées à Bibliothèque et Archives Canada, lisez le billet de blogue de l’auteure kanien’keha:ka Elizabeth Kawenaa Montour, intitulé La signification et la polyvalence du tikinagan, ainsi que son essai Le tikinagan des Premières Nations : un legs durable.

Une famille devant une tente près de Lac Seul, en Ontario.

Mary Ann Trout-Carpenter et son époux George Carpenter avec leurs enfants. Le nourrisson dans le tikinagan est soit Melvin, soit Donna. James est auprès de sa mère, George se trouve au centre et Marianne se tient debout devant son père. Première Nation de Lac Seul, Ontario. (e008300467)

Cet essai a été publié dans le livrel interactif multilingue De Nations à Nations : voix autochtones à Bibliothèque et Archives Canada. Il s’agit d’un recueil de 28 essais rédigés par Elizabeth Kawenaa Montour et d’autres membres du personnel issus des Premières Nations, des Inuit et de la Nation Métisse. La plupart des textes sont écrits dans la langue du peuple autochtone dont ils racontent l’histoire et sont accompagnés d’une traduction française et anglaise. Les auteurs sont des archivistes, des conservateurs et des conseillers autochtones qui ont un lien personnel avec les articles de la collection présentés dans leurs essais. Ceux-ci témoignent de la diversité des récits, des langues et des cultures autochtones.

Une femme porte un bébé dans un tikinagan sur son dos.

Femme de Première Nation transportant un bébé dans un tikinagan, lieu inconnu, 1918 (a017973)

Comment dire « tikinagan » dans diverses langues autochtones

  • Anishnaabeg : tiginaaganan
  • Oji-cri : tikinagan (aussi épelé tiginaagan, tikkanaagan ou tikanagan)
  • Kanien’kéha : kahrhon
  • Mitchif : tikinagan
  • Mi’kmaq : migjowajij alapilaqan
  • Ojibwé : dikinaagan
  • Cri des plaines (nêhiyawêwin) : askotaskopison

Autres ressources

    • Porte-bébés, un album Flickr de Bibliothèque et Archives Canada

Recensement de 1931 : coup d’œil sur la numérisation

English version

Par Melissa Beckett et François Deslauriers

Incursion dans la salle des microfilms

Deux photos du numériseur Eclipse Rollfilm de nextScan. À gauche, le numériseur complet; à droite, un gros plan d’une bobine dont la pellicule passe autour de deux rouleaux.

Numériseur Eclipse Rollfilm de nextScan. Crédit : François Deslauriers

Dans une salle faiblement éclairée, deux spécialistes de l’imagerie sont assis dans des coins opposés. Chacun fixe son écran, où défilent en permanence des images. Le son rythmé des numériseurs de microfilms est parfois interrompu par le long sifflement du rembobinage, qui s’achève par un bruit sourd.

Les mains gantées de blanc, une spécialiste retire une bobine d’un numériseur et la remet dans sa cartouche métallique, qu’elle replace à son tour dans une boîte d’archivage. Puis elle prend une nouvelle cartouche, scellée par un ruban qu’elle découpe avec un canif. Elle en retire une bobine et la monte sur le numériseur, faisant passer la pellicule autour de plusieurs rouleaux jusqu’à une autre bobine en plastique.

De son côté, son collègue a stoppé les machines. Il doit modifier certains paramètres pour uniformiser la luminosité : les images qu’il vient d’examiner sont beaucoup plus claires que les précédentes. Il ajuste les valeurs d’exposition dans le logiciel, jusqu’à obtenir un résultat satisfaisant. Puis il numérise une courte section de la pellicule et l’ouvre dans un logiciel de vérification. Il examine attentivement l’un des documents en taille réelle avant de rembobiner la pellicule jusqu’au début, recommençant ainsi tout le processus de numérisation.

Le recensement de 1931

Pour mener à bien le projet du recensement de 1931, l’équipe des Services de numérisation a numérisé pas moins de 187 bobines de microfilm, pour un total de 234 678 images.

Tout au long du projet, les bobines du recensement de 1931 ont été conservées selon un protocole de sécurité bien précis. En effet, elles étaient toujours sous le sceau du secret statistique en vertu de la loi. Seul le personnel désigné ayant prêté le serment de confidentialité de Statistique Canada était autorisé à consulter le matériel. Lors de leur numérisation, les bobines ont donc été conservées sous clé dans une salle sécurisée, et tout le travail a été fait hors ligne.

Chaque bobine du recensement de 1931 contient environ 1 200 images sur pellicule de polyester noir et blanc 35 mm. Pour éviter toute détérioration des originaux, les spécialistes de l’imagerie procèdent à partir de copies appelées « copies maîtresses ».

Les microfilms sont un excellent moyen pour conserver des renseignements pendant de longues périodes : les bobines peuvent durer 500 ans! On peut y stocker de grandes quantités d’informations dans un format compact. Et puisqu’on n’a pas besoin de manipuler les originaux à répétition, ceux-ci sont mieux protégés.

Dernier point, mais non le moindre : en numérisant les microfilms, on crée un support de préservation supplémentaire pour les documents et on les rend accessibles au public, qui peut les consulter en ligne, n’importe où et n’importe quand.

La numérisation

Photo du numériseur Eclipse Rollfilm de nextScan, avec les principales parties identifiées : bobine de microfilm original, rouleaux stationnaires, guides de film, objectif de la caméra et bobine de réception.

Les principales parties du numériseur Eclipse Rollfilm de nextScan. Crédit : François Deslauriers

Les dossiers du recensement de 1931 ont été numérisés avec le numériseur Eclipse Rollfilm de nextScan. On utilise cet appareil, conçu pour les bobines 16 mm et 35 mm, de pair avec un ordinateur hors réseau.

À partir de la bobine originale, on enfile la pellicule jusqu’à une bobine de réception, en la faisant passer par des rouleaux stationnaires et des guides. On abaisse ensuite d’autres rouleaux pour maintenir la pellicule en place tout en ajustant automatiquement sa tension. Puis on fait défiler la pellicule devant un objectif macro surmonté d’un capteur numérique. Simultanément, le dessous de la pellicule est éclairé par un rayon de lumière rouge.

Ces manipulations sont toujours faites avec le plus grand soin : les spécialistes de l’imagerie portent des gants de coton et ne touchent que les bords de la pellicule. À l’aide du logiciel NextStarPLUS® Capture, ils règlent la résolution et choisissent le type de pellicule (16 ou 35 mm), la polarité (négative ou positive) ainsi que le facteur de réduction. Ce dernier, indiqué sur la pellicule, permet de reproduire les images à leur taille réelle (rapport de 1:1).

Avant de lancer la numérisation, les spécialistes s’assurent également que l’exposition est correcte et que la mise au point est adéquate, afin d’obtenir des images bien nettes. Toutes leurs interventions sont visibles en direct à l’écran. Pour guider leur travail, ils peuvent aussi zoomer sur une charte de mise au point et sur les indications du fabricant, imprimées à intervalles réguliers le long de la pellicule.

Les spécialistes peuvent aussi se fier aux rayures ou aux poussières visibles pour déterminer le degré de netteté d’un document. Cependant, pour faire la mise au point à partir du document comme tel, celui-ci doit avoir été photographié de façon parfaitement nette au départ.

Une fois la numérisation lancée, une fenêtre de prévisualisation permet de voir s’il faut réajuster certains paramètres en cours de route. Par exemple, l’éclairage et l’exposition peuvent varier d’une photo à l’autre sur une même bobine. Résultat : certaines images sont plus claires, et d’autres plus sombres. Pour que la majorité du contenu soit lisible, les spécialistes procèdent donc aux ajustements requis. Ce travail se fait sur l’ensemble de la pellicule, puisqu’on ne peut retoucher les images individuelles.

Une fois la numérisation terminée, on rembobine la pellicule et on replace la bobine dans sa cartouche.

Photo d’une bobine de microfilm 16 mm placée sur une bobine 35 mm. À côté, on voit une loupe et une cartouche avec couvercle contenant une bobine 35 mm.

Bobines de microfilms 16 mm et 35 mm. Crédit : François Deslauriers

La vérification

Chaque bobine numérisée se présente sous la forme d’un long fichier image appelé « bande image » (un fichier non compressé en nuances de gris). Les spécialistes en imagerie les traitent à l’aide du logiciel NextStarPLUS® Auditor. Ce dernier cible et sélectionne chaque document dans la bande image, ce qui permet de les exporter individuellement.

Plus précisément, le logiciel génère un rectangle de couleur autour de chaque document détecté. On fait ensuite défiler la bande image pour repérer les documents « oubliés ». On en profite aussi pour ajuster les rectangles lorsque ceux-ci ne contiennent qu’une partie du document.

Étape supplémentaire dans le contrôle de la qualité : on procède à une deuxième vérification, où le contenu des rectangles s’affiche en noir grâce à un paramètre d’occultation. Les parties non repérées la première fois apparaissent en blanc, ce qui indique aux spécialistes à quels endroits faire les derniers ajustements.

Une fois la numérisation terminée, chaque document du recensement reçoit un numéro d’identification électronique permettant de trier les images par endroit.

Les images obtenues du recensement de 1931 ont d’abord été exportées en fichiers TIFF de 10 mégaoctets. Il s’agit d’un format sans perte, c’est-à-dire sans compression de l’image. Pour les besoins du projet, on a ensuite créé des fichiers dérivés en format JPEG, un format qui entraîne des pertes, mais qui est plus accessible et exige moins d’espace de stockage. L’équipe de la TI a créé un script pour convertir efficacement les fichiers TIFF en JPEG.

Autre avantage des fichiers JPEG : ils sont plus faciles à relier aux districts et aux sous-districts du recensement. Ils sont également plus faciles à utiliser pour les partenaires externes travaillant dans le domaine de l’intelligence artificielle.

D’hier à demain

À Bibliothèque et Archives Canada, travailler dans le domaine de la numérisation signifie améliorer constamment les processus et explorer de nouvelles techniques et technologies pour créer des images de la meilleure qualité possible. Le recensement de 1931 n’a pas fait exception à la règle. En tant que spécialistes en imagerie, nous sommes heureux de jouer un petit rôle afin de préserver l’histoire du Canada et la rendre accessible au public.


Melissa Beckett est spécialiste en imagerie par intérim et François Deslauriers est gestionnaire par intérim de la Reprographie. Tous deux travaillent à la Division des services de numérisation de Bibliothèque et Archives Canada.

Généalogie des Canadiens d’origine chinoise : Registres généraux et certificats C.I.9

English version

Par Valerie Casbourn

Cet article renferme de la terminologie et des contenus à caractère historique que certaines personnes pourraient considérer comme offensants, notamment au chapitre du langage utilisé pour désigner des groupes raciaux, ethniques et culturels. Pour en savoir plus, consultez notre Mise en garde – terminologie historique.

Nombre de ressources et de documents historiques différents permettent de faire des recherches sur la généalogie des Canadiens d’origine chinoise. Parmi ces ressources, les Registres généraux sur l’immigration chinoise et les certificats d’immigration chinoise (C.I.) 9 constituent deux séries importantes de documents. Ils renferment une mine d’information généalogique et peuvent être consultés dans la banque de données Immigrants de la Chine, 1885-1949 de Bibliothèque et Archives Canada. Vous trouverez sur la page d’aide une description de ces documents et d’autres fichiers indexés dans la base de données, ainsi que des directives pour la recherche.

Ces documents ont été créés en raison de la Loi de l’immigration chinoise de 1885, texte discriminatoire adopté par le gouvernement fédéral pour restreindre l’immigration des Chinois au Canada. Première loi canadienne visant à restreindre l’immigration sur la base de l’origine ethnique, elle exigeait l’inscription de toutes les personnes ayant immigré de la Chine au Canada, en plus d’imposer un droit de 50 $, appelé taxe d’entrée, à chaque immigrant chinois arrivant au Canada, à quelques exceptions près. Le montant a été porté à 100 $ en 1900, puis à 500 $ en 1903. Cette loi a ensuite été remplacée par la Loi de l’immigration chinoise de 1923, laquelle a aboli la taxe d’entrée, mais presque complètement stoppé l’immigration chinoise au Canada. Elle n’a été abrogée qu’en 1947.

Un système complexe de tenue de registres et de C.I. a été mis en place en 1885. D’autres certificats ont été ajoutés au cours des années suivantes. Ce système a été progressivement supprimé entre 1947 et 1953, après l’abrogation de la Loi de l’immigration chinoise.

Registres généraux sur l’immigration chinoise

Les Registres généraux sur l’immigration chinoise étaient administrés par le bureau du contrôleur en chef de l’immigration chinoise, à Ottawa. Ils ont servi à inscrire toutes les personnes chinoises ayant immigré au Canada de 1885 à 1949. On y trouve également des registres sur des personnes arrivées dès 1860. Ils sont classés par ordre chronologique approximatif, en fonction de la date d’arrivée.

Vous trouverez dans les entrées du registre la date à laquelle chaque personne a immigré au Canada, son âge à l’époque, son lieu de naissance en Chine, sa profession et les détails de son arrivée. Il y est également mentionné la taxe d’entrée et le montant payé par chaque personne (le cas échéant) ainsi que les certificats d’admission délivrés.

Le plus connu de ces certificats est le C.I.5, également connu sous le nom de « certificat de taxe d’entrée ». Il était délivré pour confirmer le paiement de la taxe d’entrée, et la plupart étaient conservés par les personnes qui les recevaient. La première version du C.I.5 a été introduite en 1885 et a été émise jusqu’en 1912; cette année-là, le certificat a été remplacé par une nouvelle version avec photo.

Page en noir et blanc des Registres généraux sur l’immigration chinoise. On y voit un tableau comportant 25 lignes d’entrées manuscrites sur des personnes arrivées au Canada en mai 1899.

Registres généraux sur l’immigration chinoise, RG76, volume 700 (e006066717)
Cette page présente les entrées des personnes arrivées au Canada en 1899.

La quatrième ligne de la page des Registres généraux figurant sur la photo ci-dessus correspond à l’entrée pour Jung Hang, arrivé à Vancouver (Colombie-Britannique) en mai 1899, à bord du navire S.S. Empress of India. Vous pouvez consulter les listes de passagers pour obtenir le nom des personnes arrivées au Canada par bateau, mais il n’en existe pas pour la Colombie-Britannique avant 1905. Si vous cherchez une personne ayant immigré de Chine avant cette date, vous trouverez peut-être des renseignements sur son arrivée dans les Registres généraux.

Sur l’inscription de Jung Hang aux Registres généraux, on peut voir qu’il avait 25 ans lorsqu’il est arrivé en 1899, ce qui signifie qu’il est né vers 1874. Son lieu de naissance est indiqué comme étant Ling Chung, Senway, Chine.

Les Registres indiquent également que le certificat C.I.5 no 23333 a été délivré à Jung Hang et que ce dernier a acquitté les droits de douane de 50 $, soit le montant de la taxe d’entrée à l’époque.

Certificat d’immigration chinoise 9 (C.I.9)

De 1885 à 1947, tous les Chinois vivant au Canada devaient s’inscrire auprès des services d’immigration s’ils souhaitaient quitter temporairement le pays. Cette pratique s’est poursuivie pendant plusieurs années après l’abrogation de la Loi de l’immigration chinoise, pour ne prendre fin qu’en 1953. Les C.I.9 étaient des documents de sortie attestant du départ et du retour de chaque personne et renfermant des renseignements personnels précieux pour les généalogistes. Les C.I.9 pour Vancouver et Victoria regroupent, à quelques exceptions près, les certificats délivrés de 1910 à 1953. Les C.I.9 figurant sur les bobines de microfilm T-6038 à T-6052 sont indexés dans la Base de données sur les immigrants de la Chine de 1885-1949. Ces bobines contiennent des C.I.9 délivrés dans les ports de Vancouver et de Victoria de 1910 à 1920 à des personnes nées à l’étranger et de 1913 à 1952 à des personnes nées au Canada.

Outre l’information relative aux voyages, les certificats incluent également le nom de la personne (et une deuxième version de son nom, le cas échéant) ainsi que son âge et son lieu de naissance. On y trouve aussi la profession qu’elle exerce et son lieu de résidence au Canada. Pour ceux et celles qui ont immigré au Canada, l’année de leur arrivée au pays y figure également. De plus, on y trouve une photo et une signature en caractères chinois.

Copie en noir et blanc d’un C.I.9 avec texte dactylographié, annotations manuscrites et signatures. On y trouve la photo d’une jeune fille, sa signature en caractères chinois et un timbre du port de Vancouver, en Colombie-Britannique.

C.I.9 no 146 délivré à Wong Yat Shun, 1919, RG76, bobine microfilm T-6052 (e008280743)

Ce certificat, délivré à Wong Yat Shun le 30 avril 1919, indique que cette dernière a voyagé de Vancouver à Hong Kong à bord du navire S.S. Empress of Asia, dont le départ a eu lieu le 1er mai 1919. La section au bas de la page comporte un timbre du port de Vancouver (Colombie-Britannique) indiquant que l’enfant est revenue le 19 juillet 1920 sur le S.S. Empress of Russia.

Selon les renseignements personnels précisés sur le certificat, on peut voir que Wong Yat Shun est née en 1907 à Ladner (Colombie-Britannique); elle avait 12 ans et vivait toujours à Ladner lorsque le certificat a été délivré.

Autres ressources sur la généalogie des Canadiens d’origine chinoise

Consultez notre page Canadiens chinois pour obtenir d’autres ressources qui vous aideront à faire des recherches généalogiques et à connaître l’histoire des familles : registres de recensement, registres d’immigration, registres de citoyenneté et de naturalisation, sources publiées, etc.


Valerie Casbourn est archiviste au bureau de Halifax de Bibliothèque et Archives Canada.

Un artefact d’outre-Atlantique

English version

Par Forrest Pass

Ce n’est pas les roches qui manquent au Canada, mais une pierre de Grande-Bretagne captive depuis longtemps l’imagination des gens de ce côté-ci de l’Atlantique. Si vous avez regardé la cérémonie du couronnement du roi Charles III, vous l’avez peut-être aperçue. Connu sous les noms de pierre du couronnement, pierre du destin ou pierre de Scone, ce modeste bloc oblong de grès rouge logé sous un trône en bois est au cœur des rituels de couronnement britanniques depuis presque mille ans.

D’origine écossaise, la pierre du destin a servi à couronner des monarques pendant des siècles. Bien que les légendes associent cette pierre aux légendaires Hauts Rois d’Irlande et même à la « pierre de Jacob » du livre biblique de la Genèse, l’analyse géologique donne à penser qu’elle a été extraite près de Scone, dans les environs de Perth, dans l’est de l’Écosse. Les forces du roi Édouard Ier d’Angleterre prirent la pierre comme butin de guerre en 1296, et pendant 700 ans, elle resta à l’abbaye de Westminster, un lieu incontournable des couronnements anglais et, plus tard, britanniques. En 1996, elle retourna en Écosse, où le château d’Édimbourg est aujourd’hui sa résidence permanente. Exception faite ce mois-ci : cette pierre, qui mesure 66 cm x 41 cm x 28 cm et pèse 152 kg, a été déplacée temporairement à Londres pour le dernier couronnement.

Dessin de la chaise du couronnement et de la pierre du destin.

Dessin de la chaise du couronnement et de la pierre du destin par le célèbre illustrateur historique canadien C.W. Jefferys, vers 1929. Bibliothèque et Archives Canada conserve ce dessin original, que C.W Jefferys a préparé pour un manuel scolaire d’histoire, Britain’s History, rédigé par l’historien George M. Wrong de l’Université de Toronto (e011408968-001)

Même si la pierre du couronnement n’a jamais vu le pays, le Canada et les Canadiens ont joué un rôle dans son histoire. En 1939, Paul de Labillière, doyen de l’abbaye de Westminster, où la pierre a été conservée de 1296 à 1996, cacha discrètement la pierre dans la crypte de l’abbaye, afin d’en empêcher sa profanation advenant une invasion nazie. Il dessina une carte de sa cachette et en envoya la seule copie à Ottawa, où elle demeura sous clé à la Banque du Canada. Après la guerre, notre prédécesseur, les Archives publiques Canada, acquit la carte. Elle fait maintenant partie de notre exposition Inattendu! Trésors surprenants de Bibliothèque et Archives Canada au Musée canadien de l’histoire, qui se poursuit jusqu’au 26 novembre 2023.

Carte montrant l’endroit tenu secret de la pierre du destin en temps de guerre dans la crypte située sous la chapelle de l’îlot de l’abbaye de Westminster.

Carte dessinée par le doyen Paul de Labillière montrant l’emplacement de la pierre du destin cachée dans la crypte sous la chapelle de l’îlot de l’abbaye de Westminster. Cette carte a été conservée dans une enveloppe scellée à l’intérieur d’une voûte de la Banque du Canada pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle n’était censée être remise qu’au premier ministre du Canada, au haut-commissaire britannique ou au doyen de l’abbaye de Westminster (e011309358)

Paul De Labillière n’aurait pas pu prédire que la plus grande « menace » qui pèserait sur la pierre du destin serait d’ordre national. En 1950, le jour de Noël, de jeunes nationalistes écossais pénétrèrent dans l’abbaye de Westminster et transportèrent la pierre à l’abbaye d’Arbroath, dans l’est de l’Écosse, lieu symbolique de leur mouvement. Il fallut quatre mois à la police pour récupérer la pierre et la retourner à Westminster.

Deux ans après le vol de la pierre du destin, une jeune femme de l’île du Cap-Breton se rendit en pèlerinage à l’abbaye d’Arbroath et y rencontra les premiers conspirateurs. Elle admirait leur dévouement à la cause de l’indépendance écossaise, même si elle pensait que leur complot révolutionnaire n’était que de la bravade. « Sans aucun doute, si j’étais née en Écosse, j’aurais été une nationaliste écossaise passionnée comme [le libérateur de la pierre du destin] Ian Hamilton », écrit Flora MacDonald à propos de la rencontre dans ses mémoires [en anglais]. « Je suis plutôt convaincue que c’est mon sang et mon tempérament écossais qui ont fait de moi une nationaliste canadienne passionnée. » Cette passion pour le Canada, Flora MacDonald la mettra au service de la politique : en 1979, elle devient la première femme à occuper le poste de secrétaire d’État aux Affaires extérieures. Sa vie et sa carrière remarquables sont documentées dans le vaste fonds Flora MacDonald de Bibliothèque et Archives Canada, qui comprend un journal de son premier voyage en Écosse.

Flora MacDonald ne fut pas la première Canadienne à se rendre au Royaume-Uni en quête de la signification de la pierre du destin. En 1921, Edward Odlum, un Vancouvérois excentrique, se rendit à Londres pour examiner la composition de la pierre. Il était un adepte de l’anglo-israélisme, théorie selon laquelle les Britanniques sont les descendants directs et génétiques des tribus perdues d’Israël. Au mieux, l’anglo-israélisme s’appuyait sur une pseudoscience bancale; au pire, il favorisait l’antisémitisme et la suprématie blanche. Edward Odlum, qui avait une certaine formation en géologie, espérait trouver un lien entre la pierre du couronnement et le Moyen-Orient pour admettre la théorie anglo-israélite.

Edward Odlum a fait appel à l’aide d’une personnalité de haut rang pour mener à bien son projet singulier. Sir George Halsey Perley, haut-commissaire du Canada à Londres, convainquit le doyen de l’abbaye de Westminster d’accorder à Edward Odlum un accès privilégié à la pierre. Les lettres d’Edward Odlum à son fils, le journaliste, soldat et futur diplomate Victor Wentworth Odlum, décrivent l’examen qui se déroula à l’aide d’une loupe et d’« une grande lumière électrique préparée à cet effet ». Cette étude terminée, il se précipita à Jérusalem pour chercher des roches similaires en Terre sainte. L’analyse géologique professionnelle [en anglais seulement] de la pierre confirme qu’elle provient d’Écosse, mais des affirmations selon lesquelles Edward Odlum aurait « prouvé » son origine moyen-orientale circulent encore dans d’obscurs recoins d’Internet.

Lettre portant l’en-tête « The British Israel Association of Canada », écrite par Edward Odlum à son fils, Victor Wentworth Odlum.

Dans cette lettre adressée à son fils, Victor Wentworth Odlum, Edward Odlum décrit l’aide apportée par le haut-commissaire canadien sir George Halsey Perley pour obtenir l’accès à la pierre du destin (MIKAN no 118465)

La plupart des Canadiens n’ayant pas la possibilité de se rendre à l’étranger pour admirer la chaise du couronnement et la pierre du destin, deux bienfaiteurs commandèrent des répliques pour les exposer au pays. En 1904, John Ross Robertson, journaliste torontois et collectionneur de Canadiana, exposa sa réplique, ainsi que d’autres chaises historiques, à l’Exposition nationale canadienne. Il se vanta dans le catalogue de l’exposition [en anglais] que la reproduction était telle que « si elle était placée à côté de l’original, il serait impossible de la distinguer de la vraie chaise ».

Page d’un catalogue présentant un dessin de la chaise du couronnement de la Grande-Bretagne.

Catalogue de l’exposition de chaises historiques de John Ross Robertson en 1904, qui présentait sa réplique de la chaise du couronnement et de la pierre du destin (OCLC no 62994338 [en anglais])

Une deuxième réplique de la chaise du couronnement arriva en Ontario au même moment que celle de John Ross Robertson. Son propriétaire était le docteur Oronhyatekha, le célèbre médecin kanienʼkehá꞉ka (mohawk), qui entretenait depuis longtemps des liens avec la famille royale. En 1860, alors jeune homme, il s’était adressé au prince de Galles en visite au nom de la Confédération des Haudenosaunee et avait souligné l’importance des rapports fondés sur des traités en vigueur. Des décennies plus tard, en 1902, il se rendit à Londres pour assister au couronnement d’une vieille connaissance, le roi Édouard VII. Il plaisantera plus tard en disant que sa réplique de la chaise du couronnement lui avait été offerte par la famille royale. Selon Keith Jamieson et Michelle A. Hamilton, auteurs du livre Dr. Oronhyatekha: Security, Justice, and Equality [en anglais], la chaise du couronnement représentait pour le docteur Oronhyatekha la relation privilégiée entre la Couronne et les Premières Nations. 

Médaillon représentant le profil droit du docteur Oronhyatekha et une image de l’édifice Temple à Toronto.

Médaillon de 1904 représentant le docteur Oronhyatekha avec, à droite de son nez, une image de l’édifice Temple, siège de l’Ordre Indépendant des Forestiers, que ce dernier dirigeait. L’édifice Temple, premier gratte-ciel de Toronto, abritait également la collection historique du docteur Oronhyatekha, dont sa réplique de la chaise du couronnement et de la pierre du destin (e011086464)

Photo de la réplique de la chaise du couronnement et de la pierre du destin appartenant au docteur Oronhyatekha, exposée au Foresters’ Home.

La réplique de la chaise du couronnement et de la pierre du destin du docteur Oronhyatekha exposée au Foresters’ Home, un orphelinat à Deseronto, en Ontario, avant qu’elle ne soit déplacée à l’édifice Temple des Forestiers à Toronto (archives de la ville de Deseronto par le truchement de Flickr)

Des Canadiens d’horizons divers ont donné à la pierre du destin des significations nouvelles que les carriers écossais l’ayant taillée n’auraient jamais prédites. La modestie même de la pierre explique peut-être son attrait. Elle paraît extraordinairement ordinaire parmi les couleurs et la richesse des autres objets de couronnement. Et c’est dans cette simplicité que réside sa souplesse. Au Canada, où la roche-mère n’a rien de mythique, les gens ont adopté cet ancien artefact britannique, une pierre simple en apparence, comme emblème éloquent de l’histoire, de l’identité et de la souveraineté.


Forrest Pass est conservateur dans l’équipe des expositions de Bibliothèque et Archives Canada.

Les raisons de notre engouement pour le recensement de 1931

Par Sara Chatfield

Bienvenue à la série de billets de blogue portant sur le recensement de 1931, publiés par Bibliothèque et Archives Canada. La publication des dossiers de ce septième recensement de l’histoire du Canada offre une occasion exceptionnelle d’en apprendre davantage sur notre pays. Conformément à la loi, il faut qu’il s’écoule 92 ans avant la publication des renseignements personnels recueillis dans le cadre du recensement. Ce délai étant échu, la vie de plus de 10 millions de personnes vivant au Canada en 1931 sera très bientôt dévoilée. Nous attendons ce moment depuis longtemps, et la date de publication approche à grand pas.

Une page dactylographiée sur laquelle on peut voir les mots Bureau national de la statistique et « Canada » dans la partie supérieure et un emblème.

La page couverture de la publication officielle du septième Recensement du Canada, 1931 (OCLC 796971519)

Il reste encore plusieurs étapes à franchir avant de pouvoir publier en ligne les 234 678 images du recensement de 1931. Ces étapes sont brièvement mentionnées sur le site Préparation du recensement de 1931. Cette série de billets de blogue nous permettra de clarifier quelques détails et contribuera à insuffler une vie au recensement. Elle servira notamment à répondre aux questions sur le mode de compilation des données, les questions que comportaient le recensement et la façon dont nous mettons celui-ci à la disposition des utilisateurs, en plus de traiter d’autres sujets qui éveilleront davantage notre conscience collective à toute l’importance que revêtent les recensements pour les générations présente et futures.

Les résultats de recensements sont des outils de recherche très utiles pour les généalogistes, les historiens, les universitaires et tous les Canadiens qui souhaitent explorer le passé. À l’origine, le recensement contribuait à déterminer la représentation parlementaire en fonction de la population. Toutefois, leur utilité dépasse largement ce rôle. Ces documents fournissent des informations sur la composition du Canada, l’histoire des familles canadiennes et les changements sociaux qui s’opéraient à l’époque.

Les données de recensement se rapportant à un ménage donnent un aperçu des vies des Canadiens à l’époque. Chaque page relate deux histoires. D’abord, elle révèle l’histoire d’une famille : les noms des personnes qui la constituent, leurs âges, leur religion et d’autres aspects de leur identité. Ensuite, les autres données dressent le portrait de son histoire au Canada : le quartier, le logement, la profession, la situation d’emploi et la communauté. Le recensement de 1931 révèle non seulement le lieu d’habitation des gens, mais aussi le mode de vie : dans une maison en famille élargie, en milieu immigrant, dans une maison de chambres ou dans un établissement.

Une carte du Canada sur laquelle on peut voir des points noirs de différentes tailles.

Une carte tirée du compte rendu administratif du septième Recensement du Canada, 1931 (OCLC 1007482727)

Les données du recensement de 1931 montrent également qu’il s’agissait d’une période marquée par les déplacements au pays. Des gens immigraient au Canada à la recherche d’emploi et de stabilité, et les Canadiens déménageaient partout au pays pour aller habiter en ville ou à l’autre bout du pays, souvent en raison de la conjoncture économique difficile durant la Grande Dépression.

Même si vous n’êtes pas un passionné de la généalogie, le recensement de 1931 a de quoi vous intéresser malgré tout. Vous pouvez en apprendre davantage sur votre ville ou province, notamment sur les industries qui s’y trouvaient ou les tendances d’emploi dans une région donnée. Les recensements peuvent même servir de source d’informations complémentaires aux chercheurs qui souhaitent se renseigner sur des groupes particuliers. Ils peuvent donner des indices concernant l’identité des personnes ayant vécu à une adresse à un moment donné ainsi que des informations sur leur situation, y compris des précisions permettant de savoir si elles parlaient le français ou l’anglais, si elles pouvaient lire et écrire ou si elles sont allées à l’école. Le recensement de 1931 contenait également une nouvelle question : « Le ménage possède-t-il une radio? ». Cette question présentera un grand intérêt pour les personnes qui souhaitent en savoir plus sur l’apparition des télécommunications au Canada. Elle permet aussi de déterminer la rapidité avec laquelle les informations pouvaient être diffusées ainsi que l’ampleur de la diffusion. Vous pourrez être aux premières loges des débuts d’une nouvelle forme de culture populaire en expansion. Fantastique, n’est-ce pas?

Nous nous doutons qu’un bon nombre de Canadiens éminents figureront dans ce recensement. Toutefois, nous ne pouvons le savoir avec certitude tant que nous n’aurons pas l’index complet à notre disposition. Dès la publication de l’index plus tard cette année, vous pourrez effectuer des recherches par nom de personnes comme le militant syndical devenu juge de la citoyenneté Stanley Grizzle, la militante kanien’kehá:ka Mary Two-Axe Earley, les comédiens William Shatner et Gordon Pinsent, l’artiste Pauline Julien, la chanteuse La Bolduc, le peintre Kazuo Nakamura, et la militante noire Viola Desmond. Vous pourrez peut-être en apprendre davantage sur leurs débuts dans la vie.

Joignez-vous à nous pour découvrir à quoi ressemblaient les ménages canadiens le lundi 1er juin 1931.

Nous vous invitons donc à rester à l’affût des prochains billets de blogue sur la publication de ce recensement important.


Sara Chatfield est gestionnaire de projet à la Division des services à la clientèle de Bibliothèque et Archives Canada.

Les auxiliaires féminines de la Fraternité des porteurs de wagons-dortoirs

Par Stacey Zembrzycki

Cet article renferme de la terminologie et des contenus à caractère historique que certaines personnes pourraient considérer comme offensants, notamment au chapitre du langage utilisé pour désigner des groupes raciaux, ethniques et culturels. Pour en savoir plus, consultez notre Mise en garde – terminologie historique.

Porteur de voitures-lits pendant 20 ans, Stanley Grizzle a aussi été juge de la citoyenneté, politicien, fonctionnaire et syndicaliste. À la fin des années 1980, il parcourt le pays afin de documenter l’expérience des porteurs du Chemin de fer Canadien Pacifique et leur combat pour se syndiquer. Il se penche non seulement sur la création de la Fraternité des porteurs de wagons-dortoirs, mais aussi sur le rôle primordial des femmes noires qui ont appuyé le syndicat.

Dix membres de la section torontoise des auxiliaires féminines prennent la pose.

Section torontoise des auxiliaires féminines de la Fraternité des porteurs de wagons-dortoirs (e011181016)

Dans ses entrevues, Grizzle documente avant tout la vie exigeante des porteurs. Cela dit, il prend toujours soin de poser des questions sur les mères, les sœurs, les épouses et les filles qui soutiennent en coulisse le mouvement syndical – et qui restent aussi à l’arrière-scène pendant l’enregistrement des entrevues. La collection d’entrevues Stanley Grizzle fait ainsi connaître les points de vue d’hommes et de femmes de diverses générations qui ont rendu possible la syndicalisation des communautés noires au Canada. Elle montre aussi comment la Fraternité et ses auxiliaires féminines ont inspiré d’autres personnes à se mobiliser dans divers domaines, et comment elles ont aidé à former des leaders communautaires.

Au pays, les dirigeants syndicaux s’inspirent d’A. Philip Randolph, un Américain célèbre pour son travail dans la mouvance syndicale, la défense des droits civils et l’organisation de la Fraternité aux États-Unis. Ils réalisent très vite que les femmes sont essentielles à la création et à la durabilité du syndicat. Comme le mentionne Essex Silas Richard « Dick » Bellamy :

« Je n’oublierai jamais les paroles de frère Randolph, quand il est venu à Calgary, et de frère Benny Smith. Ils ont dit qu’aucune organisation ne peut réussir sans les femmes. Je ne l’ai jamais oublié. Vous aurez du mal à trouver des organisations qui n’ont pas l’appui des femmes. Elles ont l’air de motiver les hommes, de leur donner le coup de pouce dont ils ont besoin. » (Traduction de l’entrevue 417401)

Frank Collins est du même avis : « Vous avez besoin de femmes pour avoir un syndicat solide. Sans elles, vous n’allez nulle part. » (Traduction de l’entrevue 417402)

La contribution des femmes se fait sentir d’abord et avant tout dans la vie quotidienne des porteurs. Ceux-ci font souvent de longs voyages pouvant durer jusqu’à un mois. En leur absence, leurs épouses, leurs mères, leurs sœurs et leurs filles jouent des rôles essentiels. Elles communiquent avec les hommes et les femmes des communautés noires pour encourager la création de la Fraternité. Elles recrutent activement les porteurs dans les gares locales, les églises et les organismes communautaires. Et une fois le syndicat mis sur pied, elles collectent les frais d’adhésion et les cotisations.

Velma Coward King est membre des auxiliaires féminines à Montréal. Elle fait partie de ces femmes qui réalisent à quel point la création du syndicat est parsemée d’embûches. Les longs voyages empêchent les hommes d’assister régulièrement aux réunions syndicales. Comme les femmes « sont le pilier de leur foyer, elles doivent absolument s’impliquer ». C’est la seule manière d’aller de l’avant : « Quand il y a un syndicat pour te défendre, les patrons savent qu’ils ne peuvent plus te traiter comme un moins que rien. » (Traduction de l’entrevue 417383)

La collection d’entrevues Stanley Grizzle montre comment le mouvement syndical (et les efforts des femmes à leur base) a rendu possibles les avancées sociales. Les conventions collectives, obtenues grâce à la solidarité communautaire, améliorent les conditions de travail et les salaires. Ces gains permettent aux familles de s’acheter des maisons en banlieue et d’offrir des études universitaires à leurs enfants. Helen Bailey, présidente des auxiliaires féminines à Winnipeg, note un élément encore plus important : « Je pense que ça a rehaussé l’estime de soi des hommes, car ils arrivaient à bien gagner leur vie et celle de leurs familles. » (Traduction de l’entrevue 417400)

Affiche annonçant une soirée dansante pour le 10e anniversaire de la section torontoise de la Fraternité des porteurs de wagons-dortoirs et de leurs auxiliaires féminines.

Affiche annonçant une danse pour souligner le 10e anniversaire de la Fraternité des porteurs de wagons-dortoirs et de leurs auxiliaires féminines (e011536972)

Les entrevues décrivent aussi les liens qui se créent entre générations grâce aux auxiliaires féminines. Partout au pays, des femmes de tout âge se réunissent pour organiser et financer le syndicat au moyen de salons de thé, d’activités sociales et de bals. Les fonds recueillis remboursent les frais de déplacement, ce qui permet aux dirigeants syndicaux de parcourir le pays pour se faire entendre lors d’assemblées nationales et internationales. Enfin, des bourses d’études sont versées.

Affiche annonçant un congrès spécial de la Fraternité des porteurs de wagons-dortoirs à Los Angeles, en Californie.

Affiche annonçant un congrès spécial de la Fraternité internationale des porteurs de wagons-dortoirs à Los Angeles, en Californie (e011536973)

Les auxiliaires féminines ont aussi pour objectif de donner des occasions d’emploi à leurs fils, afin que ceux-ci n’aient pas à devenir porteurs comme leurs pères. Certaines, comme Ivy Lawrence Mayniar, voient de leurs propres yeux le racisme systémique et la discrimination subis chaque jour par les ouvriers noirs au Canada. Constatant ce que son père vivait comme porteur, Mme Mayniar a voulu faire des études supérieures. Elle raconte un souvenir qui l’a marquée lorsqu’elle étudiait à l’Université McGill :

« Je suis allée à la bibliothèque pour étudier un peu. Puis je suis allée à la gare, et là, j’ai cherché la voiture de mon père. La nuit était très froide. Je n’étais vraiment pas bien. Mais je voulais y aller, car je savais que mon père travaillait et qu’il était sur appel. Je suis allée à la gare, et j’ai cherché mon père le long de la voie. Il était là, debout, à l’extérieur. C’était un tout petit homme. Je suis allée le voir. Il était là, debout, la casquette couverte de neige. Ses épaules étaient voûtées, comme ça. Et il ventait très fort sur la voie. C’était terrible. Il restait planté debout, et la neige s’accumulait sur lui. Je suis allée m’asseoir près de l’endroit où les trains partaient. Je me suis assise sur un banc et j’ai pleuré. Je n’oublierai jamais ce moment. » (Traduction de l’entrevue 417387)

Mme Mayniar devient la première femme noire diplômée en droit à l’Université de Toronto. Consciente des limites imposées aux personnes de couleur au Canada, elle part étudier en Angleterre, où elle s’inscrit à un Inn of Court pour préparer son accession au barreau. Elle exerce ensuite le droit à Trinité-et-Tobago. Elle y passe le reste de sa carrière, luttant contre le racisme et la discrimination dont son père a été victime lors de cette rigoureuse soirée d’hiver à la gare de Windsor.

De manière indirecte, les entrevues menées par Stanley Grizzle brossent ainsi l’histoire de l’ascension des familles et des communautés noires au Canada. Et cette ascension n’aurait pas pu avoir lieu sans le syndicat. Ce qui est frappant, quand on écoute toutes ces voix, c’est l’importance de tous les gestes –petits et grands – posés collectivement par les femmes, et la fierté qu’éprouvent ces épouses, ces mères, ces sœurs et ces filles à l’idée d’avoir changé les choses, non seulement pour les porteurs, mais aussi pour leurs enfants et pour elles-mêmes. Quand Stanley Grizzle demande à Evelyn Braxton si les auxiliaires féminines ont réussi à donner aux porteurs l’appui qu’ils espéraient, elle répond avec conviction : « Absolument! Les auxiliaires féminines étaient le pilier des hommes de la Fraternité. » (Traduction de l’entrevue 417386) Ces femmes n’étaient pas seulement le cœur de leur foyer : elles ont aussi été un roc pour leur communauté et les générations suivantes.

Autres ressources

  • My Name’s Not George: The Story of the Brotherhood of Sleeping Car Porters in Canada: Personal Reminiscences of Stanley G. Grizzle, Stanley G. Grizzle, avec la collaboration de John Cooper (noOCLC 883975589)
  • Deindustrializing Montreal: Entangled Histories of Race, Residence, and Class, chapitre 3 : The Black City below the Hill, Steven High (noOCLC 1274199219)
  • North of the Color Line: Migration and Black Resistance in Canada, 1870–1955, Sarah-Jane Mathieu (noOCLC 607975641)

Stacey Zembrzycki est une historienne primée, spécialiste de l’histoire orale et publique portant sur les expériences des immigrants, des réfugiés et des minorités ethniques. Elle mène actuellement des recherches pour le compte de Bibliothèque et Archives Canada.

Un peuple dans l’ombre et la Nation Métisse : comment tout a débuté

Bannière pour le web de l'exposition Un peuple dans l’ombre. À droite, visage du guide métis Maxime Marion.Beth Greenhorn et William Benoit

Lorsque nous avons commencé nos recherches en vue d’une éventuelle exposition sur les Métis en 2014, nous n’avions aucune idée des sujets qui seraient explorés ni de la façon dont ils seraient présentés, du contenu que nous pourrions découvrir ni de la perception qu’en aurait le public. Bibliothèque et Archives Canada (BAC) n’avait jamais auparavant créé d’exposition axée sur les citoyens, la culture et l’histoire de la Nation Métisse. Quand nous préparons une exposition, nous nous demandons souvent si notre travail sera bien accueilli. Le projet va-t-il perdurer ou passer comme un éclair?

Nous voulions mettre en valeur les documents sur les Métis contenus dans les archives de BAC, mais nous nous sommes vite rendu compte que même pour nous, le personnel de BAC, ces documents étaient difficiles à trouver. À l’automne 2014, la recherche du mot-clé « Métis » dans les œuvres d’art, les photos, les cartes et les timbres donnait comme résultat moins de cent documents. Nous avions du mal à croire que les collections de BAC contenaient si peu de documents relatifs aux Métis. Le problème devait être lié aux termes de recherche utilisés autrefois par les archives pour décrire les Métis. Ou encore, les images représentant des personnes, des activités et des communautés métisses devaient être décrites de façon erronée. Malgré ces obstacles, nous étions prêts à relever le défi!

Les travaux pour préparer l’exposition se sont accélérés en 2015. Nous avons organisé l’exposition en partenariat avec la Fédération Métisse du Manitoba (FMM) et le Ralliement national des Métis (RNM). Leur aide et leurs connaissances à cet égard ont contribué de façon inestimable à son succès.

De 2014 à 2016, nous avons examiné et mis à jour plus de 1 800 documents en ajoutant le mot « Métis » aux titres ou aux notes descriptives, afin de rendre ces documents plus accessibles et de mieux refléter la diversité des collections de BAC. En plus d’améliorer l’accès aux documents existants, BAC a numérisé plus de 300 nouveaux documents photographiques portant sur l’histoire des Métis, dont bon nombre ont été intégrés à l’exposition. Les stratégies que nous avons élaborées pour découvrir le contenu métis dans les collections de BAC (en utilisant les communautés métisses historiques et en cherchant des indications de la culture matérielle métisse) ont donné un titre parfait à l’exposition. Le contenu que nous recherchions était là depuis le début, mais caché « dans l’ombre »; il fallait seulement le trouver.

L’exposition Un peuple dans l’ombre a été inaugurée en février 2016 dans l’édifice principal de BAC au 395, rue Wellington, à Ottawa. Nous avons organisé l’exposition autour de deux thèmes : les portraits connus de citoyens métis, et les œuvres d’art et les photos représentant des indices visuels de la culture métisse.

L’exposition a pris une ampleur que nous n’avions jamais imaginée. En février 2017, elle a été adaptée pour un public international. Un peuple dans l’ombre : la Nation Métisse a été présenté au siège de l’UNESCO à Paris, en France. Grâce à l’enthousiasme et à l’aide financière de la FFM, du RNM et du gouvernement du Canada, Un peuple dans l’ombre a été transformé en une exposition itinérante de reproductions numériques. Depuis son ouverture en juin 2017 au Centre du patrimoine de Saint-Boniface, au Manitoba, l’exposition a été présentée dans 15 communautés du Manitoba, de la Saskatchewan, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique.

Photo en couleur d’un lieu d’exposition présentant de grands panneaux verticaux avec des photos et du texte.

Installation de l’exposition Un peuple dans l’ombre au Centre du patrimoine de Saint-Boniface, au Manitoba, en juin 2017. Photo : Bibliothèque et Archives Canada

Un peuple dans l’ombre a été présenté au Red Deer Museum and Art Gallery, en Alberta, de décembre 2018 à mars 2019. Des citoyens métis de la région ont généreusement prêté des souvenirs et des trésors de leurs propres collections, ce qui a permis de personnaliser l’exposition et est venu enrichir les reproductions d’œuvres d’art et de photos détenues par BAC.

L’exposition est actuellement présentée au Swift Current Museum, en Saskatchewan. Nous sommes ravis de sa popularité, et en particulier du fait que les citoyens de la Nation Métisse résidant en dehors d’Ottawa ont accès à des documents patrimoniaux sur leur histoire. Il est également important que le grand public ait la possibilité d’en apprendre davantage sur les Métis, leur riche histoire et leur culture, d’une manière qui soit exacte et appropriée.

Ouvrir la voie à un meilleur accès aux documents concernant les Autochtones

Depuis l’instauration de l’exposition Un peuple dans l’ombre, axée sur les collections d’œuvres d’art et de photos, BAC a augmenté la quantité de contenu numérisé lié à la Nation Métisse. De 2018 à 2021, l’initiative Nous sommes là : Voici nos histoires a permis de numériser près de 600 000 documents, sur tous les types de support, qui concernaient les Premières Nations, les Inuit et la Nation Métisse au Canada. Plus de la moitié de ces documents portent sur la Nation Métisse. L’équipe responsable de cette initiative a intégré aux descriptions des noms de lieux, de communautés et de personnes ainsi que des termes culturels afin de décrire les documents avec plus d’exactitude et de faciliter la recherche des documents pertinents. Parmi les documents numérisés, il y a des milliers de certificats de Métis et de cartes de lots de la rivière Rouge, y compris ce plan de 1880 montrant la paroisse de Lorette, au Manitoba.

Une carte en couleur montre des lots agricoles numérotés le long d’une rivière, avec des noms de personnes.

Plan des lots riverains dans la paroisse de Lorette, au Manitoba, 1880 (e011213853)

En 2021, BAC a publié De Nations à Nations : voix autochtones à Bibliothèque et Archives Canada. Ce livrel multilingue et interactif présente 28 essais écrits par des collègues de BAC issus des Premières Nations, des Inuit et de la Nation Métisse. Neuf de ces essais portent sur la Nation Métisse et comprennent des enregistrements audio en michif traditionnel qui accompagnent certaines images. De Nations à Nations est gratuit et téléchargeable sur la plateforme Apple Books (format iBooks) ou sur le site Web de BAC (format EPUB). Il est possible de consulter une version en ligne à partir d’un ordinateur de bureau, d’une tablette ou d’un navigateur Web sur appareil mobile sans module d’extension.

La seconde initiative « Nous sommes là : Voici nos histoires » a commencé en 2022 et se poursuit, avec la numérisation d’autres documents liés aux Premières Nations, aux Inuit et à la Nation Métisse. Soulignons que l’équipe responsable de cette seconde initiative s’appuie sur les travaux de réparation entrepris en 2014 en trouvant des documents d’archives et en modifiant leur description dans une perspective de décolonisation.

Pour en savoir plus sur Un peuple dans l’ombre, vous pouvez lire le billet de blogue rédigé en 2016, lorsque l’exposition a ouvert ses portes à Ottawa.

Pour en savoir plus sur l’engagement pris par BAC de jouer un rôle important en faveur de la réconciliation, vous pouvez lire le Plan d’action pour le patrimoine autochtone de BAC.

Autres ressources liées à la Nation Métisse


Beth Greenhorn est une pionnière habitant sur le territoire traditionnel non cédé des Anishinabeg de Kitigan Zibi et des Algonquins de Pikwakanagan. Elle est gestionnaire de projet principale à la Direction de la diffusion et de l’engagement à Bibliothèque et Archives Canada.

 William Benoit est un Métis de la Rivière-Rouge. Il a grandi dans la communauté métisse historique de St. Norbert, au Manitoba. Il a de l’expérience dans le domaine de l’histoire canadienne et de la généalogie autochtone. Il est conseiller en engagement autochtone interne à la Direction de la diffusion et de l’engagement à Bibliothèque et Archives Canada.