À la recherche du capitaine Evans

Par Rebecca Murray

À l’époque où j’étais encore une nouvelle acquisition de Bibliothèque et Archives Canada (vous reconnaîtrez l’humour des archivistes pour décrire un nouvel employé!), j’ai répondu à une question d’un chercheur qui voulait connaître les prénoms d’un capitaine de milice canadien des années 1890. Optimiste et enthousiaste, je me suis lancée à la recherche de l’insaisissable capitaine.

Le chercheur savait qu’Evans était alors en poste au Manitoba et faisait partie d’une équipe de hockey amateur. Après quelques recherches (infructueuses) par mots-clés dans notre catalogue, j’ai changé de stratégie et décidé de « suivre l’argent ». Ce n’est pas là une expression galvaudée : les documents et rapports financiers, comme les registres de paie ou d’achat, font partie des nombreuses sources pouvant dépanner lorsque des personnes ou des projets sont introuvables à l’aide de recherches courantes.

Pendant cette période de l’histoire canadienne, la milice constituait une force substantielle, bien que relativement petite comparée à l’armée actuelle. Je pensais donc être en mesure de trouver quelques mentions du capitaine Evans, d’autant plus que je connaissais les renseignements mentionnés dans les rapports annuels du vérificateur général et des ministères de l’époque.

J’ai parcouru les sources des années 1890, obtenant rapidement des résultats. Dans un rapport annuel du vérificateur général produit vers 1893 et couvrant l’année 1891-1892, j’ai trouvé une référence au lieutenant T. D. B. Evans, de l’École d’infanterie à cheval, à Winnipeg, au Manitoba (district militaire no 10).

Page tapuscrite comprenant du texte et des chiffres. Un cercle rouge attire l’attention sur les termes « École d’infanterie à cheval » et sur le nom « Evans, T. D. B., Lieutenant ».

Documents parlementaires du Dominion du Canada : volume 1, troisième session de la septième législature, session 1893, page 1-C-48. [Ottawa : S. E. Dawson, 1893]. (OCLC 858498599).

J’ai ensuite consulté le rapport de 1894, qui porte sur l’exercice 1892-1893. J’y ai trouvé une référence semblable au capitaine Evans. J’ai parcouru la liste des noms pour voir si d’autres militaires avaient le même nom de famille (Evans étant un patronyme assez répandu), mais il n’y en avait pas. J’ai donc cherché plus de détails à l’aide des mêmes initiales.

Page tapuscrite comprenant du texte et des chiffres. Des cercles rouges attirent l’attention sur les termes « École d’infanterie à cheval » et sur le nom « Capitaine Evans ».

Documents parlementaires du Dominion du Canada : volume 1, quatrième session de la septième législature, session 1894 [Ottawa : S. E. Dawson, 1894]; page 1-47. (OCLC 858498599).

Des recherches dans les sources secondaires (dont j’ai déjà vanté les mérites dans un blogue) complètent toujours bien les fouilles dans les archives, surtout pendant les étapes préliminaires. Quelques requêtes Web avec les termes « Winnipeg Mounted Infantry School » m’ont menée à des pages de la Direction de l’histoire et du patrimoine. Celles-ci fournissent des renseignements fiables faisant autorité sur l’histoire des unités militaires canadiennes.

À l’époque, le régiment que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de Royal Canadian Dragoons s’appelait le Canadian Mounted Rifle Corps. Comme c’est la meilleure correspondance que j’ai trouvée, j’ai fait une tentative.

Cette étape est extrêmement importante, car elle nous donne de nouveaux mots-clés pour interroger le catalogue d’archives. Voici une capture d’écran montrant l’interface de recherche, les termes utilisés et quelques résultats préliminaires. Ce n’est là qu’une des nombreuses variantes employées. Par exemple, je n’ai pas mentionné le grade, car mes recherches secondaires ont démontré que, pendant cette période, le lieutenant Evans a été promu au grade de capitaine. Je ne voulais pas exclure de résultats intéressants en ajoutant les mots-clés « Capt » ou « Captain ».

L’outil Recherche dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada. Le terme « Evans » et plusieurs autres mots-clés et filtres ont été utilisés pour la requête.

La recherche de l’auteure dans Collections et fonds (une base de données de l’outil Recherche dans la collection).

Ces résultats aident à répondre à la question du chercheur sur les prénoms du capitaine. Le premier d’entre eux (Thomas) apparaît dans le titre du premier résultat de recherche – un document du Bureau du Conseil privé relatant sa promotion au grade de major, vers 1895.

J’étais ravie de ces résultats, mais rien jusqu’alors ne me permettait de faire un lien avec le hockey amateur. Je me suis de nouveau tournée vers les sources publiées. Dans la base de données des éditions du Globe and Mail, j’ai trouvé un article à la une annonçant le décès d’Evans. Ses trois prénoms (Thomas, Dixon et Byron) y sont mentionnés, ainsi que son rôle de président de l’Association de hockey du Manitoba.

Article de journal annonçant le décès du colonel T. D. B. Evans.

DÉCÈS DU COLONEL T. D. B. EVANS : IL A SUCCOMBÉ À UNE INSOLATION APRÈS UNE COURTE MALADIE – Ancien commandant des Canadian Mounted Rifles pendant la guerre d’Afrique du Sud, où il a été décoré pour ses services — Ancien commandant du district de Winnipeg, The Globe (1844-1936), Toronto (Ontario), 24 août 1908 : 1. (OCLC 1775438).

Ces détails m’ont permis de trouver d’autres sources primaires et secondaires intéressantes. Par exemple, des décrets conservés à Bibliothèque et Archives Canada suivent l’évolution de la carrière militaire du colonel Evans. On trouve aussi des photos de son passage au Manitoba.

Cinq hommes autour d’une table couverte d’une nappe blanche. Une plante se trouve au centre de la table, sur laquelle sont aussi posées des bouteilles, des assiettes et de la vaisselle.

Dîner en 1893. De gauche à droite : H. J. Woodside, capitaine T. D. B. Evans, Hosmer, Thibodeau et Elphinstone, 1893. Acquisition 1967-025, article 167. Source : Henry Joseph Woodside/Bibliothèque et Archives Canada/PA-016013.

Cette recherche m’a vraiment fait comprendre l’importance de consulter à la fois les archives et les sources publiées conservées à Bibliothèque et Archives Canada. Elle montre aussi qu’il faut se fier à des sources secondaires externes fiables pour que les recherches soient exhaustives. Avec le recul, je me rends compte que de nombreuses autres sources auraient été utiles, comme les recensements (qui contiennent probablement de très nombreuses personnes portant le patronyme Evans), la Canada Gazette et les listes de la milice. C’est un cas où j’ai eu la chance de trouver assez facilement ce que je cherchais. En tout cas, c’est souvent l’impression qu’on a lorsqu’on analyse une recherche après coup.


Rebecca Murray est archiviste de référence principale à la Division des services de référence de Bibliothèque et Archives Canada.

Liste de lectures sur le recensement de 1931

Bannière pour la série "Le recensement de 1931". À gauche, le texte "Le recensement de 1931". À droite, un train en marche qui passe à côté d'une gare.Aujourd’hui, des membres du personnel de Bibliothèque et Archives Canada, qui se sont récemment plongés dans la lecture pour se préparer à la publication de ce recensement, vous présentent des documents qui ont piqué leur curiosité.

Le défi de déchiffrer l’écriture cursive (en lettres attachées) vous intéresse? Les instructions ci-dessus ne pourront malheureusement pas vous aider à cet égard, mais elles contiennent des renseignements fort utiles pour comprendre les questionnaires de recensement. Elles vous apprendront par exemple que la mention « (ab) » signifie « absent », et que certaines personnes sont considérées comme un membre de la famille, alors que d’autres, non. Ces instructions constituent donc une source idéale pour savoir ce que les énumérateurs (recenseurs) avaient ordre de consigner, et comment. Notre collègue Sara Chatfield, dans un récent blogue intitulé « Comment s’effectuait un recensement en 1931? », montre que les instructions données aux énumérateurs cette année-là comprenaient quelques nouveautés.

Soulignons que le Bureau fédéral de la statistique a publié des instructions distinctes pour le recensement de 1931 dans les Territoires du Nord-Ouest, certaines parties du Yukon, la côte est de la baie d’Hudson au nord de la rivière de la Grande Baleine et la côte sud du détroit d’Hudson, y compris la baie d’Ungava. En effet, le recensement dans ces régions était effectué à l’aide d’un formulaire différent (le formulaire I-N.W.T.). Il a aussi été réalisé plus tôt pour des raisons logistiques, soit au moment qui convenait le mieux entre le 1er octobre 1930 et le 1er juin 1931, plutôt qu’à partir du 1er juin 1931.

Page tapuscrite portant des titres et un emblème.

Page couverture des Instructions aux énumérateurs : Recensement des Territoires du Nord-Ouest [et de quelques autres régions nordiques], 1931 (Bibliothèque et Archives Canada/CS98-1931I-1-fra, page titre)

Rapport administratif sur le septième recensement du Canada, 1931 (Septième recensement du Canada, 1931 – Volume I : Sommaire)

Le rapport administratif est fort intéressant pour les personnes qui se demandent ce qui arrivait aux déclarations de recensement acheminées à Ottawa, en provenance de l’ensemble du pays. En effet, la section « Nouvelles machines pour le recensement – Classicompteur et vérificateur » (pages 58 à 62) montre comment le Bureau fédéral de la statistique traitait l’information manuscrite de ces déclarations, qui sont préservées à Bibliothèque et Archives Canada.

Pour trier les résultats et les compiler sous forme de tableaux, le personnel du Bureau devait perforer une carte appelée « fiche générale » pour chaque personne mentionnée dans le recensement. Autrement dit, il a fallu perforer plus de dix millions de cartes. Parviendrez-vous à déchiffrer l’information sur l’exemple suivant? Vous trouverez la réponse à la page 59 du rapport!

Fiche rectangulaire divisée en 20 sections irrégulières formant des colonnes. Chaque section comprend des chiffres ou des lettres, parfois perforés. Les numéros 1 à 24 sont inscrits au bas de chaque colonne.

Fiche générale utilisée par le Bureau fédéral de la statistique pour trier et compiler des statistiques dans le cadre du recensement de 1931 (OCLC 796971519)

Quant à la fiche pour la famille et l’occupation, elle « a servi à compiler […] des statistiques concernant le foyer canadien et la famille » (page 59).

Carte à perforer rectangulaire de 80 colonnes. Certains groupes de colonnes portent un titre anglais comme ménage, famille privée, description personnelle, occupation et gains, ou chômage.

Fiche pour la famille et l’occupation employée par le Bureau fédéral de la statistique pour trier et compiler des statistiques dans le cadre du recensement de 1931 (OCLC 796971519)

Le triage, le comptage et l’enregistrement s’effectuaient mécaniquement. Pour le recensement de 1931, le Bureau fédéral de la statistique a inventé un classicompteur, qui offre, « au point de vue de l’analyse en série, une capacité plusieurs milliers de fois supérieure à l’ancienne » (page 60). Le rapport administratif explique comment fonctionne cette machine (aussi appelée tabulateur-assortisseur). Les pages 72 et 73 comportent des photos de cette machine et d’autres appareils, comme le vérificateur de cartes et le poinçonneur multible.

Une grande salle au plafond élevé dans laquelle 80 employées assises face à l’objectif (presque exclusivement des femmes) poinçonnent de l’information enregistrée sur un grand rouleau placé devant leur machine. Il y a six colonnes de bureaux, chacune ayant environ douze rangées s’étendant jusqu’à l’horizon. À l’avant-plan, des tiroirs de fiches sont minutieusement disposés sur d’autres bureaux. Plus loin, une femme debout observe une femme assise à une machine de poinçonnage. Tout au fond à droite, d’autres employés (pour la plupart des hommes) marchent ou sont assis à des rangées de bureaux.

Du personnel traite le recensement de 1931 dans la salle de poinçonnage du Bureau fédéral de la statistique. Source : Margaret Morris, version HTML en ligne de l’ouvrage de Statistique Canada intitulé Jouer dans la cour des grands – Histoire de Statistique Canada : 1970 à 2008

Une autre section du rapport administratif, intitulée « Opération du recensement » (pages 51 à 56), montre l’ampleur du travail nécessaire pour recenser chaque personne vivant au pays. De plus, elle précise le nombre exact d’énumérateurs (13 886) et les professions les plus courantes parmi ces employés embauchés temporairement :

Partie d’une page tapuscrite.

Liste des « occupations les plus en évidence » parmi les énumérateurs du recensement de 1931, selon le rapport administratif sur le septième recensement du Canada (OCLC 1007482313)

Le rapport administratif a été republié en 1936. Il constituait la première partie du rapport du Bureau fédéral de la statistique sur le Septième recensement du Canada, 1931 – Volume I : Sommaire (Ottawa, imprimeur de Sa Très Excellente Majesté le Roi : 1936).

Appareils de radio, 1931

Grande nouveauté dans le recensement de 1931 : une question sur les appareils de radio! Un bulletin publié en 1932 par le Bureau fédéral de la statistique, intitulé Radio sets in Canada, 1931 (en anglais seulement) présente sous forme de tableaux les résultats préliminaires. Le nombre de propriétaires de radios est divisé par provinces, districts de recensement et centres urbains de plus de 5 000 habitants. À Montréal, la plus grande ville canadienne de l’époque (818 577 habitants), on compte 70 164 appareils de radio. C’est cependant dans le deuxième plus grand centre urbain, Toronto (631 207 habitants), que l’on trouve le plus grand nombre d’appareils avec 91 656.

Un homme vêtu d’un tricot et fumant la pipe est assis à un bureau. Autour de lui se trouvent une bibliothèque, une lanterne et une radio.

Richard Finnie tapant des notes sur une machine à écrire à Kugluktuk (Nunavut); on voit une radio à l’arrière-plan (a100695)

Soulignons cependant que nos lectures n’ont pas toujours été agréables. La lecture des publications des années 1930 rappelle les diverses manières dont le racisme, le sexisme et le colonialisme se manifestaient à cette époque. Ces attitudes ont influencé le processus de recensement, et ont laissé un héritage durable jusqu’à aujourd’hui.

Nous n’avons présenté ici qu’un échantillon des nombreuses publications qui ont servi à préparer le recensement de 1931 ou qui en ont découlé. En général, le Bureau fédéral de la statistique publiait ses décomptes et ses sommaires aussitôt que possible, comme ce fut le cas avec le bulletin « Radio sets in Canada, 1931 ». Il a publié ses conclusions et analyses définitives dans un rapport officiel en plusieurs volumes sur le recensement de 1931. De 1933 à 1936, des statistiques ont été publiées dans les volumes 1 à 11. Des analyses thématiques ont paru en 1942, dans les volumes 12 et 13, sur des sujets comme le logement au Canada et la dépendance prolongée de la jeunesse.

Bibliothèque et Archives Canada conserve des exemplaires de ces publications, et bien d’autres, dans ses collections de la bibliothèque. Un certain nombre d’entre elles ont été numérisées par Statistique Canada et peuvent être consultées sur le site Internet Archive ou dans le catalogue des publications du gouvernement du Canada.

Nous vous invitons à parcourir le patrimoine publié sur le recensement de 1931. Et bonne chance aux personnes courageuses qui tenteront de déchiffrer l’écriture cursive des déclarations de recensement remplies!

Une collection qui fait bonne mine : photographies de la Commission géologique du Canada

Par Martha Sellens

Il y a plusieurs années, j’ai été approchée par un chercheur qui voulait trouver la première photographie prise lors d’une expédition d’arpentage de la Commission géologique du Canada (CGC). Il savait que cette image était conservée par Bibliothèque et Archives Canada (BAC), mais il n’arrivait pas à la trouver. À l’époque, mes connaissances sur les archives de la CGC conservées par BAC étaient très limitées. Lorsque j’ai commencé à examiner la collection de photographies de la CGC, j’ai immédiatement compris pourquoi le chercheur éprouvait des difficultés. La collection comportait beaucoup de renseignements, mais ils n’étaient pas tous accessibles au public sur notre site Web, et ceux qui l’étaient n’étaient pas faciles à consulter.

En creusant un peu, et après quelques faux départs, j’ai finalement trouvé la photographie que le chercheur souhaitait obtenir, en plus d’autres photos. Nous avons examiné ensemble des négatifs sur plaque de verre et des albums de photos fragiles au Centre de préservation de BAC à Gatineau (les documents délicats comme ceux-ci ne doivent pas quitter le lieu d’entreposage).

Ma curiosité a immédiatement été piquée, car la collection de photographies de la CGC renferme une multitude d’images prises d’un océan à l’autre du Canada dans le cadre d’expéditions d’arpentage menées au XIXsiècle et au début du XXe siècle. Bien évidemment, la collection contient de nombreuses photos de roches (il fallait s’y attendre, il s’agit après tout de géologues en expédition), mais aussi des photos de paysages, d’Autochtones, d’animaux sauvages, d’établissements européens, d’immigrants chinois, du chemin de fer du Canadien Pacifique et plus encore.

La première photographie de la CGC a été prise par James Richardson lors de son expédition le long de la rive nord du golfe du Saint-Laurent jusqu’au détroit de Belle Isle en 1860. Sur l’image, on voit l’un des membres de l’expédition assis sur une crête rocheuse. La collection de photographies de la CGC est numérotée en ordre séquentiel, et les photos prises par Richardson et son assistant, M. Reeves, lors de cette expédition, portent les numéros de négatif 1 à 28 de la CGC. BAC possède également certains négatifs sur plaque de verre originaux ainsi que quelques épreuves.

Une photographie en noir et blanc d’un homme assis sur une crête rocheuse.

Négatif no 1 de la CGC, James Richardson, photo prise lors de son expédition au Québec et au Labrador en 1860 (a038063)

Après avoir découvert ces images et en avoir appris davantage sur la collection de photographies de la CGC, j’étais résolue à améliorer la description des images pour qu’un plus grand nombre de personnes puissent en profiter. Mais comment allais-je faire? La majorité de ces photographies avaient été confiées aux services d’archives dans les années 1970, soit bien avant l’utilisation de nos systèmes informatiques et bases de données actuels. Au fil des ans, beaucoup de mes prédécesseurs avaient amélioré les descriptions de la collection, et il était regrettable de constater que le public ne pouvait plus comprendre leur travail ou y accéder pour des raisons techniques.

Photographie en noir et blanc d’une locomotive couchée dans une rivière. On voit des ouvriers sur les voies ferrées surélevées. En arrière-plan, on distingue des arbres et des montagnes.

Déraillement de la locomotive no 6 du Grand Trunk Pacific Railway à la rivière Fiddle, D. B. Dowling, 1911, négatif no 18883 de la CGC (a045437)

Dans un premier temps, j’ai passé en revue les informations existantes sur la collection de photographies de la CGC. Cette collection renferme près de 30 000 images. L’instrument de recherche fourni en ligne, soit un document au format PDF de 150 pages, comportait un rapport, une liste de boîtes et un certain nombre de légendes originales dans un seul et même document géant. À la fin des années 1990, le personnel de BAC a créé une base de données spécialisée pour faciliter la recherche d’épreuves et de négatifs individuels, mais elle n’a jamais été accessible en ligne. De plus, cette base a dû être migrée vers un nouveau logiciel en 2016, et une partie de ses fonctionnalités a été perdue.

Photographie en noir et blanc de huit arpenteurs assis à gauche d’un feu de camp.

Groupe de personnes autour d’un feu de camp, D. B. Dowling, 1911, négatif no 18916 de la CGC (a045420)

L’analyse et la comparaison de toutes ces données sont devenues l’un de mes projets à domicile durant la pandémie. Compte tenu du volume de la collection, je n’ai pas pu examiner ses éléments un par un. J’ai plutôt axé mes efforts sur deux composantes de la collection : les albums de photos et les instruments de recherche.

Lorsque j’ai entrepris ce travail, seuls deux des 78 albums de photos étaient décrits dans notre base de données. Maintenant, chaque album de photos est décrit dans la base de données en ligne de BAC et on y trouve en plus des renseignements sur le photographe, les lieux géographiques, les dates, l’expédition correspondante de la CGC et les numéros de négatif des photographies attribués par la CGC. J’ai également pu trier de nombreuses descriptions de photos individuelles se trouvant dans des albums.

Photographie en noir et blanc d’un trois-mâts carré entouré de glace. Une personne est debout sur la glace, à gauche de la poupe.

Le S.S. Diana dont le gouvernail est pris dans la glace au large de Big Island, dans le détroit d’Hudson, A.P. Low, 1897, négatif no 2198 de la CGC (a038232)

J’ai également inclus, quand c’était possible, des renseignements sur les expéditions de la CGC figurant dans chaque album, et j’ai créé un renvoi aux carnets de notes d’arpentage originaux qui se trouvent également dans la collection de BAC (consultez R214-65-1-F). James Richardson indique même dans ses notes d’arpentages quand lui ou son assistant ont pris les photos (voir « Québec – Manitou River and Île des Esquimaux regions and locations on Newfoundland »).

En regroupant les informations de trois ou quatre sources différentes, j’ai même créé un nouvel instrument de recherche. Ainsi, les chercheurs et les archivistes n’ont pas eu à consulter plusieurs ressources pour tout savoir sur le sujet. J’ai également pu relever les incohérences et les erreurs durant ce travail, et les informations sont donc le plus à jour possible.

Photographie en noir et blanc d’un paysage. Une rivière tranquille coule au centre de la photo et des arbres bordent les deux côtés. On distingue une personne sur le littoral rocheux à une distance moyenne.

Rapides inférieurs de la rivière Brokenhead, au Manitoba, J. B. Tyrrell, 29 septembre 1891 (a051459)

Maintenant, si vous cherchez une photographie dans la collection de la CGC, vous pouvez consulter l’un des nouveaux instruments de recherche que j’ai créés pour trouver des négatifs (45-36 Geological Survey of Canada Negatives – négatifs de la Commission géologique du Canada), des albums (45-36 Geological Survey of Canada Albums – albums de la Commission géologique du Canada) ou des épreuves (45-36 Geological Survey of Canada Prints – épreuves de la Commission de géologique du Canada). Ces listes ne sont pas exhaustives, mais elles fournissent des informations sur près de la moitié des photographies de la collection, et la lecture et la recherche en sont facilitées grâce à ce nouveau support mis à jour. La plupart des photographies de cette collection sont répertoriées selon un numéro de négatif de la CGC, comme le négatif no 1 de la CGC réalisé par James Richardson. Parfois, nous avons à la fois le négatif original et une ou plusieurs épreuves de la même photographie, mais pour d’autres photos, il ne reste que le négatif ou une épreuve.

Photographie en noir et blanc de chiens de traîneau attelés et de personnes portant des parkas. On aperçoit des arbres enneigés en arrière-plan.

Des chiens se reposent près du lac Split, dans les Territoires du Nord-Ouest, J.M. Macoun, 1910, négatif no 14917 de la CGC (a045274)

BAC possède également de nombreuses fiches catalographiques originales qu’a utilisées la CGC pour classer les négatifs dans sa photothèque. Les fiches présentent souvent le numéro de négatif de la CGC, le nom du photographe, la date, le lieu et la légende. Parfois, les fiches catalographiques mentionnent les dommages ou les cassures sur les négatifs. Certaines fiches sont classées par lieu, par sujet ou par numéro de négatif. Elles peuvent donc être utilisées de différentes façons pour retrouver des photos précises. Cependant, comme les fiches ont été créées par la CGC, elles ne comportent pas d’informations sur les contenants de BAC. Il faut donc utiliser ces fiches conjointement avec d’autres instruments de recherche pour repérer chaque article. Toutefois, les fiches sont aussi utiles pour obtenir de l’information contextuelle qui n’a pas encore pu être ajoutée à la base de données de BAC. Si vous avez trouvé une photographie intéressante et souhaitez en savoir plus sur celle-ci, vous pouvez consulter les fiches catalographiques et vérifier s’il y a d’autres renseignements.

Je suis loin d’avoir accompli mon travail d’optimisation de la collection de la CGC, mais j’espère que les nouveaux instruments de recherche et les nouvelles descriptions permettront à davantage de personnes d’explorer cette collection fascinante.

Autres ressources

  • Photographies de la CGC : Geological Survey of Canada Photographs (R214-419-X-F)
  • Album photo : Quebec and Labrador 1860, James Richardson (R214-2999-9-E)

Martha Sellens est archiviste à la Division des archives gouvernementales de Bibliothèque et Archives Canada.

Comment s’effectuait un recensement en 1931?

Par Sara Chatfield

Cet article renferme de la terminologie et des contenus à caractère historique que certains pourraient considérer comme offensants, notamment au chapitre du langage utilisé pour désigner des groupes raciaux, ethniques et culturels. Pour en savoir plus, consultez notre Mise en garde — terminologie historique.

J’ai un aveu à vous faire : ce que je préfère dans les recensements, ce sont les instructions aux commissaires et énumérateurs. J’ai d’ailleurs abordé cette question dans un billet de blogue sur le recensement de 1926. Quand j’ai appris que celui de 1931 allait paraître, je me suis tout de suite demandé quelles nouvelles questions avaient été posées cette année-là. J’ai eu de la chance : j’ai trouvé une mine de renseignements dans un document de 118 pages numérisé par Statistique Canada.

Page tapuscrite avec des titres et un emblème.

Page couverture des instructions aux commissaires et énumérateurs (OCLC 988695501)

Comme l’indique la page titre, il s’agit des instructions données par le Bureau fédéral de la statistique (l’ancêtre de Statistique Canada) aux commissaires et énumérateurs pour réaliser le septième recensement du Canada, en 1931.

La première section, de nature administrative, s’intitule « Stipulations générales »; elle porte sur l’emploi des énumérateurs qui réalisent le recensement de 1931. Y sont indiqués la date du début du recensement, la rémunération journalière des commissaires, les droits de l’énumérateur et la manière de réagir si quelqu’un refuse de répondre aux questions. En cas de refus de la part d’un répondant, l’énumérateur doit se souvenir que « son attitude dans toute circonstance doit être celle de la courtoisie et de la conciliation. Il ne doit jamais s’emporter, discuter ni menacer; on peut accomplir beaucoup par le tact et la persuasion. Bien des gens, après une nuit de réflexion, donneront le matin les renseignements refusés la veille. »

Un autre article des stipulations générales se lit comme suit : « Nul employé ne peut faire faire son travail par un autre. Il est défendu aux commissaires, recenseurs ou autres employés au recensement d’engager un remplaçant ou de faire faire leur travail par un autre. »

Capture d’écran d’un document tapuscrit.

L’article 34 des stipulations générales indiquant aux commissaires et aux énumérateurs que « nul employé ne peut faire faire son travail par un autre » (OCLC 988695501)

Les stipulations générales sont intéressantes à plus d’un titre. En plus de donner un aperçu des conditions de travail des énumérateurs (les employés chargés de recueillir les renseignements du recensement) et des commissaires (les personnes qui forment les énumérateurs, les supervisent et vérifient leur travail), elles donnent des renseignements essentiels. Par exemple, on y apprend que : « Les Réserves Indiennes ne font pas partie d’un district de recensement; leur dénombrement se fait par des fonctionnaires du Ministère des Affaires Indiennes. » Cette information est très importante si vous cherchez des communautés ou des ancêtres autochtones.

La section suivante s’intitule « Instructions sur la formule de la population ». Les chercheurs y apprendront qui est considéré comme un membre de la famille ou non, et comment l’énumérateur consigne l’information donnée par le répondant. C’est bon à savoir si la famille qui vous intéresse comprend un étudiant, un visiteur, un domestique, un manœuvre, un marin ou un pêcheur parti en mer, un ouvrier de chemin de fer ou un travailleur dans un chantier de construction. Cette section explique aussi aux énumérateurs comment remplir chacune des colonnes, dont les colonnes 7 et 8 (Catégories de logements et Matériaux de construction).

Capture d’écran d’un document tapuscrit.

Une partie des instructions indiquant comment l’information sur l’habitation et les matériaux de construction doit être inscrite dans le recensement (OCLC 988695501)

Comparativement aux instructions données pour le recensement de 1921, celles de 1931 fournissent plus de détails sur les personnes considérées comme des membres de la famille. On y trouve des options supplémentaires et des descriptions plus détaillées. De plus, une toute nouvelle colonne est ajoutée en 1931 pour déterminer combien de familles possèdent une radio. C’est le début de l’ère des télécommunications! La question vise probablement à évaluer à quelle vitesse et dans quelle mesure l’information peut se répandre. Le recensement de 1931 est un excellent moyen de suivre l’évolution de ce nouvel instrument de la culture populaire.

Capture d’écran d’un document tapuscrit.

Le recensement de 1931 évalue combien de familles canadiennes possèdent une radio (OCLC 988695501)

Les instructions de 1931 prévoient également une façon plus détaillée de recenser les personnes nées à l’extérieur du Canada. En 1921, les instructions étaient les suivantes : « si une personne déclare qu’elle est née en Autriche-Hongrie, en Allemagne, en Russie ou en Turquie, tel que chacun de ces pays se trouvait constitué avant la guerre, on entrera le nom de la province ou la région dans laquelle cette personne est née, comme Alsace-Lorraine, Bohème, Bavière, Pologne allemande ou russe, Croatie, Galicie, Finlande, Slavonie, etc., ou le nom de la cité ou la ville dans laquelle elle est née, comme Berlin, Prague, Vienne, etc. » En 1931, plus de dix ans après la fin de la Première Guerre mondiale, les instructions tiennent compte des modifications frontalières et des nouvelles réalités géopolitiques.

Capture d’écran d’un document tapuscrit.

Instructions détaillées sur la façon d’inscrire le lieu de naissance des personnes nées à l’extérieur du pays (OCLC 988695501)

Ce ne sont là que quelques-unes des instructions qui ont attiré mon attention. J’aimerais lire vos commentaires pour savoir quels articles vous ont paru intéressants ou utiles!


Sara Chatfield est gestionnaire de projet à la Direction générale de l’accès et des services de Bibliothèque et Archives Canada.

Amélioration de votre expérience en ligne : analytique Web, rétroaction, améliorations, expérience de l’utilisateur et autres changements à venir sur notre site Web

Doigts sur un clavier d'ordinateur.Par Andrea Eidinger

Dans mon dernier billet de blogue, j’ai abordé l’importance de la rétroaction sur l’expérience des utilisateurs pour le développement et l’amélioration du nouveau site Web de Bibliothèque et Archives Canada (BAC). J’ai mentionné que nous allions adopter une approche itérative, pour que le site continue d’évoluer en fonction de vos commentaires. Puisque le premier anniversaire du lancement approche à grands pas, le moment est bien choisi pour expliquer comment l’analytique et vos commentaires nous sont utiles. Je vais aussi parler de petits et grands changements, tant passés que futurs, apportés au site.

Analytique

L’analytique Web propose des données intéressantes pour évaluer le succès d’un site, comme le nombre de visiteurs ou la quantité et la durée moyenne des visites. Cette information montre quelles pages sont les plus fréquentées et donne une idée de ce que cherchent nos utilisateurs. Des renseignements plus pointus, comme l’analyse des flux, montrent même comment les utilisateurs naviguent sur notre site. Voici un exemple de flux datant de janvier 2023 pour notre page « Aide à la recherche » :

Graphique montrant combien de personnes sont venues de certaines pages pour arriver sur la page d’aide à la recherche, et combien sont allées ensuite sur diverses pages.

Un graphique montrant les pages du site visitées avant et après la page « Aide à la recherche »

La colonne centrale représente la page analysée. À gauche, on voit sur quelles pages les utilisateurs se trouvaient avant d’arriver sur la page d’aide. À droite se trouvent les pages où les utilisateurs sont allés par la suite. Par exemple, la ligne du dessus montre combien de personnes sont passées de la page d’accueil à « Aide à la recherche », puis à « Généalogie et histoire familiale ». C’est exactement ce que nous voulons : des utilisateurs arrivant à la page qui les intéresse plus particulièrement. Et nous sommes ravis de constater que très peu de personnes (le petit point rouge au bas et à droite de la colonne centrale) quittent le site après avoir consulté la page d’aide.

Rétroaction

En plus des données analytiques, nous recueillons des commentaires sur l’expérience en ligne par plusieurs moyens. Vous avez peut-être déjà remarqué une boîte comme celle-ci dans le bas de nos pages Web :

Capture d’écran d’un outil demandant si l’utilisateur a trouvé l’information qu’il cherchait, avec des boutons pour répondre oui ou non.

L’outil pour recueillir les commentaires (Bibliothèque et Archives Canada)

Cet outil permet de recueillir facilement des commentaires anonymes sur les expériences positives et négatives des utilisateurs. Nous recevons aussi beaucoup de rétroaction par courriel (servicesweb-webservices@bac-lac.gc.ca) et de la part d’autres équipes, comme les Services de référence. Enfin, certains utilisateurs voient une fenêtre de sondage apparaître pendant leur visite, une autre façon de recueillir leur avis.

Toute cette rétroaction est rassemblée, puis analysée. Tous les commentaires sont lus, sans exception, pour trouver des problèmes qui touchent plusieurs personnes.

De petits changements pour de grands résultats

Cette information, intéressante en soi, aide surtout à améliorer le site. L’approche itérative consiste à apporter régulièrement de petits changements pour tenir compte de vos commentaires. Par exemple, lors du lancement en août 2022, nous avons remarqué que beaucoup d’utilisateurs se servaient de la barre Rechercher dans les collections, sur la page d’accueil, pour aller sur nos bases de données indépendantes. Il était donc clairement difficile pour les utilisateurs de savoir ce qu’ils pouvaient chercher et consulter à partir de cette barre. Voici à quoi celle-ci ressemblait au début :

Capture d’écran d’une version antérieure de la page d’accueil. Il y a plusieurs portes d’entrée dans le site de BAC ainsi qu’un champ de texte vide à remplir pour faire une recherche dans les collections.

Une ancienne version de la page d’accueil, avec la première barre Rechercher dans les collections

Pour faciliter la recherche et la navigation, nous avons voulu montrer plus clairement à quoi servait la barre de recherche et expliquer comment l’utiliser pour trouver d’autres ressources utiles. Les options suivantes ont été envisagées :

Quatre essais pour la nouvelle barre Recherche dans la collection

Quatre essais pour la nouvelle barre Recherche dans la collection

Nous avons finalement opté pour un mélange de ces diverses possibilités :

La version actuelle d’un champ de texte entouré d’un rectangle gris pâle. La mention « Chercher des documents gouvernementaux, des livres, des journaux, des images et bien plus » se trouve dans le champ de texte. Sous le champ se trouvent un lien vers une page d’aide concernant « Recherche dans la collection » et un autre lien vers d’autres instruments de recherche.

La version actuelle de la barre Recherche dans la collection (Bibliothèque et Archives Canada)

Depuis ce changement, plus personne ne cherche des bases de données dans la barre Recherche dans la collection. Mission accomplie!

Recherche et conception axées sur l’utilisateur

La recherche et la conception axées sur l’utilisateur constituent un autre outil à notre disposition. Il y a quelques mois, une de nos conceptrices d’expérience utilisateur, Alexandra Haggert, a expliqué comment fonctionne ce principe. Je vous présente ici un autre exemple où les données et la rétroaction s’ajoutent à la recherche et à la conception axées sur l’utilisateur pour améliorer notre site Web.

Quand nous avons lancé la version bêta de Recherche dans les recensements, en novembre 2022, deux problèmes ont été fréquemment signalés. D’abord, les utilisateurs voulaient pouvoir faire des recherches dans plusieurs provinces à la fois. Ensuite, dans le cadre des recherches généalogiques, les années de naissance et d’immigration ne sont parfois que des estimations. Voici à quoi ressemblait la page au début :

Interface de la première version de Recherche dans les recensements. Les options permettent seulement de chercher par année de recensement, nom, année de naissance ou d’immigration, lieu, ou emplacement dans les archives.

La version originale de Recherche dans les recensements

Nous avons donc ajouté deux fonctionnalités. La première donne la possibilité de cocher une ou plusieurs provinces. La seconde permet d’établir une fourchette pour l’année de naissance ou d’immigration. La recherche peut ainsi porter sur une période s’étendant jusqu’à 10 ans avant ou après la date inscrite.

Interface actuelle de l’outil Recherche dans les recensements. Des flèches montrent les nouvelles options permettant d’établir des fourchettes pour les années de naissance et d’immigration, et de cocher les provinces et territoires désirés.

Version actuelle de Recherche dans les recensements (Bibliothèque et Archives Canada)

Grâce à ces fonctionnalités, il est maintenant beaucoup plus facile de trouver des personnes en faisant une Recherche dans les recensements.

Vous pouvez nous faire part de vos commentaires sur Recherche dans les recensements par courriel à recherchecollectionsqr-collectionsearchqa@bac-lac.gc.ca.

Sur quoi travaillons-nous en ce moment?

Les commentaires les plus fréquents portent sur :

  1. Les documents, surtout modernes, qui peuvent être consultés ou non à BAC.
  2. La façon de trouver les notices nécrologiques sur le site de BAC.
  3. La manière de trouver nos petites bases de données (par exemple Deuxième guerre mondiale – Dossiers de service des victimes de guerre, 1939 à 1947).

Nous cherchons encore les solutions optimales à ces problèmes. Ne manquez pas les prochaines nouvelles!

Le plus beau, c’est que tout ça n’est qu’un début! L’analytique, la rétroaction ainsi que la recherche et la conception axées sur l’utilisateur demeureront des outils essentiels à la conception de notre site Web. Ces outils nous aident à connaître vos désirs et vos besoins afin d’améliorer votre expérience en ligne. Continuez de nous faire part de vos commentaires à servicesweb-webservices@bac-lac.gc.ca!


Andrea Eidinger est gestionnaire par intérim du Web à la Direction générale de l’accès et des services de Bibliothèque et Archives Canada.

Pourquoi les déclarations du recensement de 1931 sont-elles organisées géographiquement?

À Bibliothèque et Archives Canada (BAC), nous recevons souvent des questions sur les raisons pour lesquelles les documents de nos collections sont organisés comme ils le sont.

En ce qui concerne les déclarations de recensement, nous expliquons généralement qu’en tant que dépôt d’archives, nous les acquérons telles qu’elles sont – même lorsque l’écriture est floue ou illisible – puisque ce sont des documents historiques. Nous nous efforçons également de maintenir l’ordre et le contexte de création des documents.

Ce n’est pas très compliqué de maintenir le classement d’origine des déclarations du recensement de 1931, car nous avons reçu 187 bobines de microfilm plutôt que 234 678 feuilles de papier. Sur les microfilms, les images des déclarations de recensement sont classées par province (d’est en ouest), puis par région nordique (d’ouest en est). L’explication est simple : le Bureau fédéral de la statistique a microfilmé les déclarations de recensement dans l’ordre des numéros de district du recensement et, à l’intérieur de chaque district, dans l’ordre des numéros de sous-district.

Quand BAC a numérisé ces documents d’archives, nous nous sommes assurés de respecter autant que possible le classement d’origine et le contexte de création. Par exemple, les images numérisées ont été regroupées en fonction des fiches de titre présentes dans les microfilms. Pour chaque groupe d’images numérisées, BAC a ajouté des métadonnées extraites de listes, compilées par le Bureau fédéral de la statistique, qui accompagnaient les déclarations du recensement.

Une fiche écrite à la main.

Exemple de fiche de titre qui a servi à classer les déclarations du recensement de 1931 sur microfilm. Cette fiche de titre concerne les huit pages de déclarations pour le sous-district 10 du district 3 (Queens) de l’Île-du-Prince-Édouard (MIKAN 5788729).

Cependant, cette explication ne répond pas à la question d’origine : pourquoi les déclarations du recensement de 1931 ont-elles été classées géographiquement (par districts et sous-districts de recensement) au départ?

Pour éclairer notre lanterne, tournons-nous vers le rapport administratif du Bureau fédéral de la statistique inclus dans le Septième recensement du Canada, 1931 – Volume 1 : Sommaire.

Premier élément de réponse : la finalité initiale du recensement du Canada. Les déclarations du recensement sont classées géographiquement parce que le recensement décennal déterminait la représentation à la Chambre des communes :

« Au Canada, le recensement a pour raison d’être immédiate et légale de déterminer la représentation à la Chambre des Communes fédérale. En vertu des dispositions de [la Constitution], la province de Québec doit toujours avoir le même nombre fixe de 65 représentants […] tandis que le nombre des députés attribués aux autres provinces est au prorata, en prenant comme base le chiffre de la population fixé par le recensement […] Le recensement canadien a donc pour objet essentiel de permettre au Parlement d’adopter une loi de remaniement des circonscriptions électorales. » [Page 32; c’est nous qui soulignons]

Ici, des précisions quelque peu techniques s’imposent. Au début du 20e siècle, des projets de loi sur la répartition modifient le nombre et les limites des circonscriptions fédérales, à la lumière des changements observés depuis le dernier recensement décennal et d’autres facteurs prévus dans la législation.

Carte des circonscriptions électorales fédérales dans les provinces des Prairies. Les frontières sont représentées par d’épais traits bleus, tandis que les noms sont écrits en lettres majuscules bleues. Les circonscriptions sont dessinées sur une carte montrant les cours d’eau, les lacs, les chemins de fer, les villes et les lignes du quadrillage.

Carte des circonscriptions électorales fédérales du Manitoba, de la Saskatchewan et de l’Alberta, tirée d’un atlas créé en 1924 par le ministère de l’Intérieur (e011315903)

Les nouvelles limites des circonscriptions électorales fédérales ont influencé les frontières des districts utilisés lors du recensement décennal suivant. Autrement dit, le lien entre une circonscription électorale fédérale et un district de recensement ressemble un peu à celui entre l’œuf et la poule.

L’œuf : Les limites des circonscriptions électorales fédérales établies dans la Loi sur la représentation de 1924.

La Loi sur la représentation de 1924, parfois appelée Loi sur la répartition, définit les circonscriptions pour l’élection fédérale suivante. La nouvelle répartition des circonscriptions est en partie fondée sur le dénombrement de la population et sur la répartition établie dans le plus récent recensement décennal (dans le cas présent, le sixième recensement du Canada, en 1921).

La Loi sur la représentation décrit les frontières officielles des circonscriptions électorales fédérales, sans les dessiner sur des cartes.

  • Pour lire ces descriptions, veuillez consulter la section « Élections et candidats » de la 17e législature sur le site de la Bibliothèque du Parlement. Il suffit de cliquer sur le nom de la circonscription désirée pour les élections générales du 28 juillet 1930, puis de défiler vers le bas jusqu’à la section « Information », et de lire la sous-section « S.C. 1924, c.63 », qui fait référence à la Loi sur la représentation.
  • Si la Loi sur la représentation ne comprend aucune carte, le ministère de l’Intérieur a réuni dans un atlas en 12 volumes les cartes des nouvelles circonscriptions électorales fédérales. Il y a deux manières de consulter les images numérisées de l’atlas : d’abord, la notice de catalogue sur les cartes des circonscriptions électorales fédérales de 1924, qui affiche des vignettes des cartes; ensuite, un outil de recherche dans les cartes du recensement de 1931, qui comprend des liens vers des cartes en haute résolution.

La poule : Les districts de recensement utilisés au recensement de 1931

Les districts de recensement de 1931 qui ont servi au dénombrement correspondent généralement aux circonscriptions électorales fédérales établies dans la Loi sur la représentation de 1924 :

« Pour les fins du recensement, la Loi de la statistique exige que le pays soit d’abord divisé en “districts de recensement” correspondant, autant que possible, aux circonscriptions électorales fédérales de l’époque, étant donnée l’association du recensement avec la représentation parlementaire. » [Page 51]

Par contre, au moins huit circonscriptions électorales sont « trop vastes ou d’une nature physique ou économique trop variée » pour que le dénombrement soit réalisable. Chacune d’entre elles a donc été divisée en deux ou trois districts de recensement (au Québec, Charlevoix-Saguenay, Gaspé, Labelle et Pontiac; en Ontario, Port Arthur-Thunder Bay; en Alberta, Peace River; et en Colombie-Britannique, Cariboo et Comox-Alberni). D’autres régions à dénombrer ne faisaient partie d’aucune circonscription électorale fédérale (par exemple les Territoires du Nord-Ouest et les navires de la Marine royale canadienne).

La population dénombrée grâce au septième recensement du Canada, en 1931, a ensuite servi à déterminer la nouvelle répartition des circonscriptions électorales fédérales.

L’œuf : Circonscriptions électorales fédérales établies dans la Loi sur la représentation, 1933

C’est en raison de cette influence mutuelle – l’œuf ou la poule! – que BAC remplace souvent des cartes de districts de recensement par des cartes de circonscriptions électorales fédérales quand vient le temps de consulter les déclarations de recensement du début du 20e siècle. Pour le recensement de 1931, les cartes des circonscriptions électorales fédérales fixées dans la Loi sur la représentation de 1924 sont utilisées. En 2028, nous nous servirons probablement des cartes des circonscriptions fédérales électorales établies dans la Loi sur la représentation, 1933 pour parcourir les déclarations du recensement réalisé en 1936 dans les provinces des Prairies, une fois ces déclarations transférées à BAC.

Second élément de réponse : La logistique était une autre raison de classer géographiquement les déclarations de recensement.

Comme la plupart des recensements de la population, celui du Canada de 1931 visait à dénombrer une seule fois chaque personne vivant à l’intérieur des frontières du pays. À cette fin, le territoire du Dominion du Canada et les navires de la Marine ont été divisés en 15 167 unités de dénombrement. Une unité géographique de dénombrement, appelée sous-district de recensement, était affectée à un seul énumérateur (dans la plupart des cas) chargé de dénombrer chaque personne vivant dans ce sous-district de recensement.

Quatre personnes interagissent dans un paysage hivernal.

Réalisation du dénombrement en 1961 : un membre de la GRC discute avec trois personnes d’une communauté inuite pour recueillir des renseignements pour le recensement (e011177562)

« [L’énumérateur est] le seul fonctionnaire du recensement qui soit en contact direct avec la population. Il [ou elle] va de maison en maison et de ferme en ferme. C’est lui [ou elle] qui est responsable, en premier lieu, des renseignements inscrits sur les formules du recensement. Afin qu’un travail suffisant mais pas trop accablant soit confié à chaque énumérateur (l’expérience a démontré que la population à recenser doit être de 600 à 800 âmes dans les régions rurales ordinaires, et de 1,200 à 1,800 dans les agglomérations urbaines), […] il faut s’écarter en plusieurs cas des limites électorales […] et les arrondissements de scrutin ne conviennent pas toujours pour les fins des sous-districts de recensement. Dans tous ces cas, cependant, la division est effectuée de façon à permettre la compilation des résultats sous la forme requise pour les fins de la loi. » [Page 51]

L’établissement des frontières géographiques n’est pas une mince tâche :

« La délimitation et la définition des districts et sous-districts de recensement représentent un labeur considérable; cette tâche est entreprise environ deux ans avant la date du dénombrement. On ne se contente pas des conditions révélées par le recensement antérieur, mais on consulte les fonctionnaires locaux afin que nulle région habitée ne soit oubliée ou laissée sans l’organisation qui lui convient le mieux. » [Page 51]

La tâche de trouver une déclaration particulière 92 ans après le recensement de 1931 peut sembler intimidante, surtout dans des déclarations classées géographiquement (par districts et sous-districts de recensement). Pour vous donner un coup de main, les billets de blogue « Les sous-districts du recensement de 1931 : comment s’y retrouver? » (partie 1 et partie 2) décrivent les approches utilisées à BAC pour parcourir les 15 167 sous-districts utilisés pour le dénombrement lors du recensement de 1931.

Visite au mémorial de Vimy : mythe ou réalité? (la suite)

Par Rebecca Murray

Capture d’écran d’une conversation par messagerie instantanée entre une fille et son père.

L’auteure annonce à son père qu’elle n’a pas trouvé d’information sur son arrière-grand-père, M. Phillips, et sur le navire Skeena à Vimy. Son père, confus de l’erreur, annonce que le navire était plutôt le Saguenay. Image courtoisie de l’auteure, Rebecca Murray.

Est-ce que ça vous est déjà arrivé? Vous vous donnez à fond dans une recherche, sans résultats. Puis, vous découvrez que vos renseignements de base étaient inexacts. C’est extrêmement frustrant, car vous avez l’impression d’avoir perdu du temps et de l’énergie. Les mésaventures de ce type arrivent plus souvent qu’on pense, y compris aux chercheurs chevronnés.

Heureusement, nous avons toujours droit à une deuxième chance, car les preuves historiques ne disparaissent pas comme ça. Accompagnez-nous pour savoir ce que nous avons trouvé cette fois!

Dans mon blogue précédent, je cherchais des traces de la présence de mon arrière-grand-père à la cérémonie de dévoilement du Mémorial national de Vimy, en juillet 1936.

Nous savions que Thomas Caleb Phillips s’était rendu en France en compagnie d’un ensemble musical à bord d’un navire canadien. Nous pensions que c’était le NCSM Skeena, alors qu’il s’agissait plutôt du NCSM Saguenay.

Cette nouvelle information change toute la donne!

Pour confirmer, à l’aide d’archives, que le NCSM Saguenay se trouvait bien dans les environs d’Arras (France) en été 1936, j’ai consulté le journal de bord du Saguenay de juillet 1935 à septembre 1937 : volume RG24, dossier 7812, « Ship’s log – SAGUENAY – Old », 1935/07 – 1937/09.

La première image ci-dessous m’a appris qu’au mois de juillet 1936, un groupe de l’équipage de ce navire a visité le mémorial, la veille de son dévoilement.

Journal de bord manuscrit du NCSM Saguenay, 25 juillet 1936.

Journal de bord du NCSM Saguenay, 25 juillet 1936 (MIKAN 1084556). L’extrait écrit en anglais dit « Garde royale constituée pour Vimy » et « Bordée de bâbord partie en excursion vers Vimy ». Image courtoisie de l’auteure, Rebecca Murray.

L’information du lendemain est encore plus intéressante, car elle donne des détails sur les déplacements de l’équipage à destination du Mémorial.

Journal de bord manuscrit du NCSM Saguenay, 26 juillet 1936.

Journal de bord du NCSM Saguenay pour le 26 juillet 1936 (MIKAN 1084556). Le texte anglais dit : « Bordée de tribord partie en excursion vers Vimy – En congé ». Image courtoisie de l’auteure, Rebecca Murray.

J’étais très excitée de trouver cette information. Ce sont des moments comme celui-là où vous avez envie de sauter et de crier votre joie, même si vous êtes dans une salle silencieuse, entouré de chercheurs et de membres du personnel qui font un travail important. Puis, j’ai tourné la page, car on ne sait jamais ce qui nous attend de l’autre côté. Et qu’est-ce que j’ai trouvé? Rien de moins qu’une mention totalement inattendue de mon arrière-grand-père! En plein l’homme que je cherchais!

Journal de bord manuscrit du NCSM Saguenay, 29 juillet 1936.

Journal de bord du NCSM Saguenay, 29 juillet 1936 (MIKAN 1084556). Le texte anglais dit : « Le commandant du génie T. C. Phillips est descendu à terre. » Image courtoisie de l’auteure, Rebecca Murray.

Nous sommes maintenant le 29 juillet. Le navire se trouve à Douvres, en Angleterre. Regardez qui est allé faire une petite visite à terre!

Voilà le lien que je cherchais! *Vigoureux poing de la victoire*

Permettez-moi ici une petite digression. J’ai déjà mentionné que la recherche dans les archives, surtout gouvernementales, pouvait exiger beaucoup de temps et de patience. Dans le cas présent, je ne m’attendais pas à ce que T. C. Phillips soit nommé dans le journal de bord du navire. Je voulais seulement m’assurer que le NCSM Saguenay était près de la crête de Vimy (dans la mesure où un navire peut se rapprocher d’une région rurale du nord de la France). Cette « trouvaille » m’a presque convaincue d’arrêter mes recherches. Je dis bien presque.

Raconter ma recherche dans le blogue précédent m’a aussi rappelé une heureuse leçon : faire connaître son problème est un bon moyen de diviser le fardeau. Lorsque vous avez la chance de travailler avec des collègues d’une nature curieuse, vous recevez des suggestions qui vous mettent sur la bonne voie. Par exemple, un collègue m’a suggéré de consulter des listes de passagers liées au pèlerinage de Vimy.

En faisant part de ma recherche à ma famille élargie, j’ai non seulement reçu une information corrigée (sans commentaires!), mais aussi un article que je conserverai dans mes propres archives : une carte postale plutôt abîmée, datée du 27 juillet 1936, que T. C. Phillips a envoyée à son épouse, c’est-à-dire mon arrière-grand-mère, à Ottawa. Le message ne nous apprend rien sur la présence de son auteur au dévoilement du Mémorial, mais la carte elle-même comprend une foule de renseignements qui pourraient mener un chercheur sur de nombreuses pistes. Surtout si la chercheure en question est l’arrière-petite-fille de l’expéditeur! Par exemple, le timbre apposé sur la carte postale semble représenter une sculpture, Les défenseurs : Le brisement du sabre, qui apparaît aussi sur la carte postale elle-même.

Recto d’une carte postale montrant dans des tons sépia des sculptures en pierre du Mémorial de Vimy.

Carte postale expédiée de France à Ottawa par T. C. Phillips, le 27 juillet 1936. Image courtoisie de l’auteure, Rebecca Murray.

Timbre vert représentant une sculpture en pierre du Mémorial de Vimy, avec une partie du cachet postal à la gauche.

La partie de la carte postale comprenant le timbre oblitéré. Image courtoisie de l’auteure, Rebecca Murray.

Je peux aussi tenter de retracer le parcours qu’a suivi T. C. Phillips pour se rendre en France. Une petite recherche dans un album de famille m’apprend qu’il s’est rendu en France à bord de l’Alaunia, un navire à vapeur qui a surtout assuré le service au Canada pour la compagnie maritime britannique Cunard. Des listes de passagers confirment que le navire a quitté Montréal le 20 juillet 1936 à destination de Londres, en Angleterre. Toutefois, le nom de T. C. Phillips ne se trouve pas parmi les personnes qui ont débarqué.

Mais nous avons parcouru assez de chemin pour aujourd’hui. C’est une autre leçon précieuse que nous pouvons tirer de cette recherche : il y a toujours une autre piste à suivre, une publication ou des archives pertinentes à consulter. Comme je le disais dans le billet précédent, il n’y a aucun plaisir à avoir terminé! Je vais donc garder ce petit mystère pour ma prochaine excursion sur les traces de cette aventure.

Ce n’est pas toujours facile d’établir des liens entre le folklore familial, hautement subjectif, et les sources primaires. Il faut procéder avec méthode, que vous travailliez avec les archives de votre propre famille ou celles d’une autre (comme c’est souvent le cas aux Services de référence). Je n’insisterai jamais assez sur l’importance d’effectuer une bonne recherche dans les sources secondaires pour mieux préparer une visite dans un centre d’archives, à la recherche de sources primaires.


Rebecca Murray est archiviste de référence principale à la Division des services de référence de Bibliothèque et Archives Canada.

Amélioration de votre expérience en ligne : lancement des nouvelles Archives Web du gouvernement du Canada

Par Tom J. Smyth

Introduction et historique du programme

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) est l’institution de mémoire nationale désignée du pays. Son mandat législatif consiste à acquérir, décrire et préserver le patrimoine documentaire du Canada, ainsi qu’à le rendre accessible à long terme. Le Web canadien compris!

Les ressources Web sont en effet reconnues internationalement comme un élément important du patrimoine numérique moderne d’une nation. Elles sont irremplaçables, car elles constituent des témoignages importants de l’histoire et de la culture canadiennes au 21e siècle. Cependant, elles sont volatiles et susceptibles de disparaître sans avertissement.

Que peut-on y faire? Comment sauver des ressources générées en temps réel, qui existent en dehors des flux de production habituels des documents d’archives ou des publications traditionnelles? Comment protéger les ressources Web, qui contiennent parfois des renseignements qu’on ne trouve nulle part ailleurs, et qui peuvent documenter des événements historiques nationaux ou des aspects importants de la culture, au fur et à mesure qu’ils se déroulent?

Les ressources Web qui constituent le patrimoine documentaire numérique canadien sont de nature précaire. Il faut donc prendre sans délai les mesures appropriées pour les sélectionner, les organiser, les rendre accessibles et les préserver, tout en assurant la pérennité de leurs données. Cette mesure s’appelle « archivage Web » à l’échelle internationale. C’est une discipline fondée sur la curation et la préservation numériques. Elle est pratiquée et perfectionnée, par exemple, par la cinquantaine de membres du Consortium international pour la préservation de l’Internet (dont BAC est un membre fondateur).

L’acquisition de ressources Web fait officiellement partie du mandat de BAC depuis l’adoption, en 2004, de la Loi sur la Bibliothèque et les Archives du Canada (paragraphe 8[2]). Le Programme de préservation du Web et des médias sociaux, qui est géré par le Secteur des services numériques, permet à BAC de réaliser cette partie de son mandat. Il consiste à conserver des données et à rechercher des collections de ressources Web uniques documentant des thèmes et des événements historiques et culturels canadiens, afin de répondre aux besoins des chercheurs modernes. Ces ressources sont mises à la disposition du public pour la postérité, afin de soutenir les futures recherches sur le Canada réalisées partout dans le monde.

Les ressources Web acquises dans le cadre du Programme sont rendues accessibles dans les Archives Web du gouvernement du Canada. Celles-ci et le Programme de préservation du Web et des médias sociaux sont bien connus au Canada, mais leur ampleur ne l’est peut-être pas.

Quelle est la taille des Archives Web du gouvernement du Canada? Quelle quantité de données peut-on y trouver?

En 2022-2023, le Programme de préservation du Web et des médias sociaux de BAC a franchi une étape importante.

Nous sommes fiers de vous informer qu’en février 2023, les Archives du Web ont dépassé les 120 téraoctets de données. Elles contiennent plus de 3,1 milliards de documents!

C’est à peu près l’équivalent de 4 600 disques Blu-ray (1 150 en 4K, ou 384 copies de vos trilogies préférées). Si les Archives Web étaient imprimées, il y aurait quelque 57,5 milliards de feuilles. Empilées, celles-ci équivaudraient à 12 263 tours du CN!

Certains clients seront peut-être surpris de l’apprendre, car depuis 2005, BAC n’a fourni un accès public qu’à certaines parties de ses collections d’archives Web fédérales. La moitié des collections n’ont jamais été accessibles au public jusqu’à présent.

Capture d’écran d’une page des Archives Web du gouvernement du Canada

Nouvelles fonctionnalités et caractéristiques des Archives Web du gouvernement du Canada depuis le nouveau lancement

Nouvelles collections

Nous avons le plaisir d’annoncer qu’avec la relance des Archives Web en 2023, BAC ouvrira l’accès à toutes les collections non fédérales conservées depuis 2005. Au moment du lancement, les collections suivantes seront disponibles :

  • La collection de la Commission de vérité et réconciliation (conservée en partenariat avec le Centre national pour la vérité et la réconciliation, l’Université du Manitoba et l’Université de Winnipeg)
  • La collection de BAC sur la COVID-19 et ses répercussions sur le Canada (plus de 20 téraoctets de données)
  • Toutes les données du gouvernement fédéral recueillies depuis 2005 (plus de 55 téraoctets de données)
  • D’autres collections conservées (qui seront organisées et publiées au cours du prochain exercice)

Les Archives Web du gouvernement du Canada comptent parmi les sources d’information les plus complètes sur les éléments suivants :

  • Événements culturels et historiques canadiens documentés sur le Web (2005-)
  • Publications officielles du gouvernement du Canada (2005-)
  • La présence fédérale et historique du gouvernement du Canada sur le Web (domaine gc.ca, 2005-)
    • Historique des plans financiers, plans ministériels et rapports sur le rendement du gouvernement du Canada (2005-)
    • Historique des cadres stratégiques du gouvernement du Canada (2005-)
    • Historique de la divulgation proactive du gouvernement du Canada (2005-)
    • Données et statistiques du site Web fédéral (2005-)
    • Matériel supprimé du site Web fédéral dans le cadre de la normalisation des sites Internet 2.0 (2005-2008)
    • Matériel supprimé du site Web fédéral dans le cadre de la normalisation des sites Internet 3.0 (2008-2013)
    • Matériel supprimé du site Web fédéral dans le cadre de l’Initiative de renouvellement du Web (2013-)

Dans l’ensemble, les Archives Web du gouvernement du Canada sont la source par excellence pour toute étude historique sur le domaine Web du gouvernement fédéral au fil du temps.

Refonte du portail

De 2005 à 2019, les Archives Web ont organisé les données en fonction du droit d’auteur de la Couronne. De plus, l’accès aux ressources Web du gouvernement fédéral était limité par ce droit d’auteur (environ 15 téraoctets de données maximum étaient accessibles). Avec le lancement des nouvelles Archives Web, en 2023, nous avons élargi nos outils et nos filtres de recherche pour aider les utilisateurs à explorer les données non fédérales et les collections Web thématiques.

Les clients pourront désormais accéder aux collections non fédérales au moyen d’un portail et d’une interface spécialisés. L’interface pertinente (collections gouvernementales ou non fédérales) sera présentée automatiquement en fonction de la collection consultée.

Recherche en texte intégral dans les Archives Web, dans les collections individuelles ou par thèmes

Depuis 2011, BAC n’offre aucun service de recherche en texte intégral pour que le public puisse naviguer dans les Archives Web. Cette situation très problématique limitait l’accès à la découverte et la navigation. À partir du lancement en 2023, une fonctionnalité de recherche en texte intégral aussi puissante que sophistiquée sera offerte.

  • Les clients pourront effectuer des recherches à plusieurs niveaux hiérarchiques, depuis l’ensemble des archives jusqu’aux fichiers individuels.
  • Une recherche avancée donnera la possibilité de chercher par collection, mot-clé, exclusion, phrase exacte, URL ou domaine, type de ressource Web et plage de dates.
  • Il sera également possible d’effectuer une recherche rapide par URL exacte.
  • De plus, les clients pourront découvrir le contenu des collections non fédérales par sous-thème et y accéder (par exemple : afficher toutes les ressources ayant trait aux « répercussions économiques de la COVID-19 sur le Canada »).

Services de référence spécialisés

BAC fournit des services de référence et de soutien pour les Archives Web du gouvernement du Canada. Si vous avez de la difficulté à localiser une ressource connue dans les Archives Web du gouvernement du Canada, nous nous ferons un plaisir de vous aider avec les éléments suivants :

  • Localisation de publications officielles obscures du gouvernement du Canada ou de sites Web hors service
  • Localisation de rapports historiques, de politiques, de données financières ou de divulgation proactive obscurs
  • Localisation des genres de contenu du gouvernement du Canada lorsque les titres ou les dates exacts ne sont pas connus
  • Histoire et évolution du domaine du gouvernement du Canada (gc.ca)
  • Utilisation des archives Web comme source historique ou comme données informatiques
  • Droits d’auteur ou protection de la vie privée
  • Questions sur la façon de préserver numériquement votre ressource Web à BAC

Si vous avez des idées sur ce qui devrait être recueilli, n’hésitez pas à nous le faire savoir!

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Tom J. Smyth est le gestionnaire du Programme de préservation du Web et des médias sociaux à Bibliothèque et Archives Canada.

Les sous-districts du recensement de 1931 : comment s’y retrouver? – partie 2

Cet article renferme de la terminologie et des contenus à caractère historique que certaines personnes pourraient considérer comme offensants, notamment au chapitre du langage utilisé pour désigner des groupes raciaux, ethniques et culturels. Pour en savoir plus, consultez notre Mise en garde – terminologie historique.

Le présent blogue est la partie 2 de la série Les sous-districts du recensement de 1931 : comment s’y retrouver? Si ce n’est pas déjà fait, nous vous encourageons vivement à lire la partie 1 de ce billet de blogue. Elle vous fournira différents outils qui vous aideront à trouver le district de recensement dans lequel se trouvait peut-être votre lieu d’intérêt en 1931.

En guise de rappel, pour trouver les déclarations de recensement de 1931 liées à un lieu d’intérêt particulier, vous devez affiner les résultats de votre recherche en respectant l’ordre suivant :

  1. la province ou le territoire;
  2. le district de recensement ou la circonscription électorale fédérale;
  3. le sous-district de recensement.

Dans le présent billet de blogue, nous examineront de plus près la troisième étape.

ÉTAPE 3. Déterminer le sous-district de recensement

Chaque district du recensement de 1931 était divisé en de nombreux sous-districts (de 3 à 148 sous-districts) aux fins de recensement. La majorité des districts de recensement étaient divisés en au moins 50 sous-districts.

Cependant, à ce que l’on sache, il n’existe aucune carte précisant les limites des sous-districts du recensement de 1931. Pour déterminer dans quel sous-district un lieu d’intérêt a été recensé, il est nécessaire d’utiliser un des outils ci-dessous :

  1. les répertoires de rues (de 11 grandes villes);
  2. les instruments de recherche de « réserves indiennes » (Premières Nations);
  3. les descriptions écrites des limites des sous-districts.

Si le lieu qui vous intéresse ne se trouvait pas dans une grande ville ou une réserve des Premières Nations en 1931, passez directement au troisième outil, c’est-à-dire les descriptions écrites des limites des sous-districts.

Outil 1 : Répertoires de rues

Des répertoires sont offerts pour Halifax (N.-É.), Saint John (N.-B.), Québec (Qc), Montréal (Qc), Toronto (Ont.), Hamilton (Ont.), London (Ont.), Winnipeg (Man.), Edmonton (Alb.), Calgary (Alb.) et Vancouver (C.-B.). Les répertoires de rues recensent les noms de rue et indiquent dans quels districts et sous-district(s) de recensement ces rues ont été recensées.

Les répertoires d’Hamilton et de Calgary sont propres au recensement de 1931. Les répertoires des autres villes s’étendent sur de nombreuses années de recensement. Dans ces répertoires, si vous souhaitez seulement trouver les numéros de districts du recensement de 1931, consultez seulement les entrées qui commencent par « 31 ». Les numéros qui suivent sont les numéros du district et du sous-district, respectivement, pour le recensement de 1931. Par exemple, si nous cherchons un lieu d’intérêt qui se trouve sur le chemin de la Côte-des-Neiges à Montréal, dans le district de recensement de Mont-Royal (district de recensement no 84), nous trouvons :

Entrées dactylographiées du district de la « Côte des Neiges » extraites du répertoire des rues de Montréal.

Extrait du répertoire de rues de Montréal (instrument de recherche 31-80)

Les numéros sur la première ligne de l’image ci-dessus – « 31–84–39, 40, 41, 43, 44, 45 » – indiquent que, en 1931, le chemin de la Côte-des-Neiges était recensé dans le district de recensement no 84 ainsi que les sous-districts no 39 à 41 et 43 à 45.

Remarque : les noms des rues dans les répertoires sont historiques, c’est-à-dire qu’ils ont généralement été écrits par le recenseur à l’époque.

Attention : certaines rues ont été écrites de diverses façons et apparaissent donc dans différentes parties du répertoire de rues, qui est classé en ordre alphabétique. Dans le cas du chemin de la CôtedesNeiges à Montréal, les entrées se trouvent dans trois parties séparées du répertoire de Montréal puisque le nom de la rue a été écrit des trois façons suivantes : « Côte-des-Neiges », « Côte des Neiges » et « Cote des Neiges ».

Outil 2 : Instrument de recherche de « réserves indiennes » (Premières Nations)

Une liste de réserves classées selon leurs districts et sous-districts du recensement de 1931 est accessible. Cet instrument de recherche non vérifié pourrait être utile si votre lieu d’intérêt se trouvait dans une réserve des Premières Nations ou était une réserve des Premières Nations en 1931. Nous travaillons actuellement à adapter l’instrument de recherche préexistant afin d’inclure une terminologie respectueuse.

Outil 3 : Descriptions écrites des limites des sous-districts

Les descriptions écrites des limites des sous-districts ont été compilées par le Bureau fédéral de la statistique. Ces descriptions ont été transcrites dans des instruments de recherche pour chaque province et territoire : Î.-P.-É., N.-É., N.-B., Qc, Ont., Man., Sask., Alb., C.-B., Yn, T.N.-O.

Remarque : d’autres transcriptions de descriptions de sous-districts de certaines grandes villes pourraient suivre.

Vous pourriez commencer par rechercher des mots-clés liés à votre lieu d’intérêt dans l’instrument de recherche d’une province ou d’un territoire. Par exemple, dans l’instrument de recherche des descriptions de sous-districts du Manitoba, si vous cherchez le mot « Birtle », vous obtiendrez trois résultats dans le district de recensement « Marquette » : le sous-district no 25 de « Birtle (Town) » [Birtle (Ville)], le sous-district no 24 « Township 17 in range 26 west of the principal meridian exclusive of town of Birtle » [Comté no 17 dans le rang 26 à l’ouest du méridien principal exclusif de la ville de Birtle] et le sous-district no 63 du pensionnat du même nom. Vous pourriez aussi choisir d’examiner un district de recensement en particulier (comme « Marquette »), puis de parcourir toutes les descriptions de sous-districts compris dans ce district de recensement.

Extrait d’un instrument de recherche pour le Manitoba. L’extrait comprend plusieurs noms et descriptions de sous-districts qui font partie du district de recensement « Marquette ». Deux occurrences du mot « Birtle » sont surlignées.

Extrait de l’instrument de recherche des déclarations du recensement de 1931 du Manitoba (instrument de recherche 31–80)

La caractérisation des sous-districts de recensement varie énormément. Les descriptions peuvent référer à des cantons, à des municipalités, à des quartiers municipaux, à des sections de vote, à des réserves, à des paroisses, à des méridiens, à des rangs, à des lots, à des routes, à des îles, à des rivières, etc. Pour comprendre les descriptions, il sera peut-être nécessaire de consulter des cartes locales de l’époque ou de se renseigner sur les géographies locales, provinciales ou fédérales utilisées dans le cadre du recensement de 1931 (p. ex. les limites municipales pourraient avoir été établies conformément à des lois provinciales contemporaines).

Parfois, les descriptions des sous-districts ne nous permettent pas de limiter la recherche à un seul sous-district. Pour bien illustrer ce que l’on entend par cela, nous pouvons examiner les descriptions de sous-districts du district de recensement de Mont-Royal.

Une carte dactylographiée énumérant les rangs des sous-districts du district de Mont-Royal, au Québec, en 1931.

La description de travail du Bureau fédéral de la statistique des sous-districts du district no 84 de Mont-Royal (tiré de documents inclus dans le transfert des déclarations du recensement de 1931 à Bibliothèque et Archives Canada). Bibliothèque et Archives Canada/Fonds de Statistique Canada/District 84, Mont-Royal, Québec, 1931

Les descriptions des sous-districts de Mont-Royal font en sorte qu’il est difficile de cerner un seul sous-district pertinent. Si vous vous trouvez dans cette situation, vous avez les deux options suivantes :

  1. parcourir les déclarations du recensement pour trouver tous les sous-districts pertinents;
  2. filtrer les résultats en utilisant d’autres outils de travail comme des annuaires de ville, qui pourraient comprendre des listes de quartiers, ou en utilisant des outils supplémentaires comme des répertoires de rues, ce qui pourrait s’avérer être la meilleure approche dans le cas de Montréal.

Il arrive parfois que des descriptions supplémentaires des sous-districts se trouvent sur la petite carte qui précède les déclarations du recensement du sous-district. Des versions numérisées des descriptions de travail originales des sous-districts du Bureau fédéral de la statistique sont offertes en ligne, et, bien qu’elles soient complexes, elles peuvent être utilisées aux fins de dépannage. Pour examiner ces versions numérisées, ouvrez la description archivistique des déclarations de recensement du Canada de 1931 dans la recherche de collections, faites afficher les détails, ouvrez la section des instruments de recherche et faites défiler l’écran vers le bas.

Autres ressources

  • Pour en apprendre plus sur le réseau de cantons, de rangs et de méridiens utilisé dans les trois provinces des prairies et la ceinture ferroviaire de la Colombie-Britannique, consultez la section intitulée Description du système d’arpentage des terres de l’Ouest canadien sur la page d’accueil de notre base de données sur les Concessions des terres de l’Ouest canadien.
  • Le blogue intitulé Trouver Royalton : une recherche dans le Recensement de 1921 décrit la façon dont une employée trouve de petits hameaux ruraux ou des villages non constitués. Le contenu du blogue offre des renseignements et des idées sur la meilleure façon de surmonter des impasses.
  • Si vous avez déjà trouvé votre lieu d’intérêt parmi les déclarations du recensement du Canada de 1921 ou du recensement des provinces des Prairies de 1926, songez à consulter les descriptions de sous-districts de ces recensements dans l’outil Recherche dans les recensements. Cela pourrait vous aider à vous retrouver dans les descriptions de sous-districts du Recensement de 1931.

Nous souhaitons à tous la meilleure des chances dans vos recherches de personnes et d’endroits du passé.

Comme toujours, n’oubliez pas que nous pouvons vous aider! Communiquez avec notre équipe de généalogie en remplissant notre formulaire Poser une question de généalogie.

Les sous-districts du recensement de 1931 : comment s’y retrouver? – partie 1

Cet article renferme de la terminologie et des contenus à caractère historique que certaines personnes pourraient considérer comme offensants, notamment au chapitre du langage utilisé pour désigner des groupes raciaux, ethniques et culturels. Pour en savoir plus, consultez notre Mise en garde – terminologie historique.

Nous, les chercheurs – notamment les employés de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) – , devons parfois faire des recherches dans les déclarations de recensement archivées en respectant la façon dont elles sont organisées, c’est-à-dire par sous-district de recensement. Cela dit, la plupart du temps, nous n’avons pas à procéder de cette manière, car nous avons l’outil Recherche dans les recensements, notre base de données à guichet unique pour la généalogie. Une fois toutes les quelques années, la navigation par sous-district est nécessaire pendant que nous travaillons à ajouter de nouveaux documents de recensement dans notre base de données.

Lorsque nous commençons notre travail de recherche – épineux par moment – dans les déclarations de recensement archivées par lieu géographique, nous utilisons généralement une approche « par étape » pour affiner les résultats dans lesquels se trouverait notre lieu d’intérêt par :

  1. province ou territoire;
  2. district de recensement ou circonscription électorale fédérale;
  3. sous-district de recensement.

Cette approche rend la recherche plus efficace, car il y a beaucoup de sous-districts de recensement : 15 167 sous-districts dans le recensement de 1931, pour être exact.

Cette série de billets de blogue propose cinq outils pour vous aider à trouver le lieu qui vous intéresse parmi les déclarations de recensement. Préparez-vous à apprendre comment explorer géographiquement les déclarations du recensement de 1931!

Carte du Canada (sans certaines régions nordiques) sur laquelle chaque province et territoire est de couleur différente. Les principaux chemins de fer sont représentés par une épaisse ligne noire. Les principales routes de transport maritime sont représentées par une ligne rouge pointillée indiquant le nom des deux villes reliées ainsi que la distance qui les sépare.

« Map of the Dominion of Canada (Exclusive of Northern Regions) » [Carte du Dominion du Canada, sans les régions du Nord] parue dans The Canada Year Book, 1931 (OCLC 300543070) du Bureau fédéral de la statistique

ÉTAPE 1. Déterminer la province ou le territoire

Rappels :

    • Les limites des Territoires du Nord-Ouest en 1931 étaient différentes de celles d’aujourd’hui.
    • Terre-Neuve-et-Labrador est devenue une province du Canada en 1949; sa population n’est donc pas comptée dans le septième recensement du Canada. (On trouve de l’information sur les recensements distincts réalisés à Terre-Neuve et au Labrador en 1921, en 1935 et en 1945 sur la page Terre-Neuve et Labrador : Recensements et dénombrements de notre site Web).
Timbre-poste vert et blanc d’un cent de Terre-Neuve.

Carte de Terre-Neuve et du Labrador, juillet 1931, sur un timbre d’un cent de Terre-Neuve, Perkins, Bacon & Company, © Postes Canada (s001670k)

ÉTAPE 2. Déterminer le district du recensement de 1931

Scénarios chanceux qui vous permettent de sauter l’étape 2

Il existe quelques scénarios dans lesquels vous pouvez passer directement à l’étape 3 (présentée dans le prochain billet de blogue). Ces scénarios en question peuvent survenir lorsque votre lieu d’intérêt est :

  • situé sur une rue dans une grande ville pour laquelle des Répertoires des rues ont été préparés;
  • une « réserve indienne » (Premières Nations) indiquée dans l’instrument de recherche pertinent;
  • indiqué dans la description* des limites des sous-districts.

* Vous pouvez chercher rapidement les mots-clés dans l’instrument de recherche pour chaque province afin de trouver les descriptions des sous-districts : instruments de recherche pour l’Île-du-Prince-Édouard, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, le Québec, l’Ontario, le Manitoba, la Saskatchewan, l’Alberta et la Colombie-Britannique.

Si votre lieu d’intérêt se trouve dans les territoires, prenez note que :

  • le Yukon était le district de recensement no241;
  • les Territoires du Nord-Ouest étaient le district de recensement no 242. 

Vous pouvez maintenant passer directement à l’étape 3 (présentée dans le prochain billet de blogue).

Si vous ne pouvez pas sauter l’étape 2, votre recherche commence alors en choisissant votre outil de prédilection parmi ceux présentés ci-dessous.

À BAC, nous utilisons principalement cinq outils en ligne pour nous aider à déterminer à quel district du recensement de 1931 appartenait notre lieu d’intérêt. Le choix de l’outil en ligne est souvent une question de préférence personnelle. En effet, certaines personnes aiment les listes; d’autres aiment scruter de vieilles cartes; certaines personnes aiment partir du présent et remonter le temps; d’autres encore préfèrent une recherche rapide dans une base de données; et enfin, certaines personnes connaissent déjà les noms des comtés.

Outil 1 : outil de recherche dans les cartes du recensement de 1931

Cet outil de recherche énumère les districts du recensement de 1931. Il comprend aussi des liens menant à des cartes approximatives de chaque district de recensement. Cet outil est très utile dans une situation où un ou deux noms de districts de recensement ressortent comme candidats probables.

Remarque : Cet outil de recherche ne comprend pas les districts de recensement des Territoires du Nord-Ouest, le district de Patricia (Nord de l’Ontario) ou le territoire non organisé (Nord) du Québec.

Outil 2 : atlas des cartes des circonscriptions électorales fédérales, 1924

Pour avoir une idée générale des limites des districts du recensement de 1931 de chaque province, consultez les cartes générales de chaque province dans l’atlas numérisé de 12 volumes montrant les cartes des circonscriptions électorales fédérales, préparé par le ministère de l’Intérieur en 1924.

  • Pourquoi consulter les circonscriptions électorales fédérales? Les limites des districts du recensement de 1931 correspondent presque toujours aux limites des circonscriptions fédérales établies par la Loi sur la députation de 1924. (Apprenez pourquoi dans notre blogue à venir « Pourquoi les documents du recensement de 1931 sont-ils organisés géographiquement? »)

Une carte montrant les circonscriptions électorales fédérales de la Colombie-Britannique. Les limites sont représentées par d’épaisses lignes bleues, et les noms sont indiqués en caractères bleus. La carte a été élaborée à partir d’une carte générique de la Colombie-Britannique sur laquelle étaient indiqués les chaînes de montagnes, les cours d’eau et les villes. Des détails supplémentaires sont fournis dans deux cartes en médaillon, en l’occurrence Vancouver et ses districts et la ville de Victoria.

« Map of British Columbia showing the federal electoral districts » [Carte montrant les circonscriptions électorales fédérales de la Colombie-Britannique] de 1924, tirée de l’atlas des cartes des circonscriptions électorales fédérales, préparé par le ministère de l’Intérieur en 1924 (e011315905)

Vous pouvez consulter des images miniatures à chargement rapide des cartes de l’atlas; celles qui représentent chaque province sont les 11 premières de l’atlas. Si vous avez besoin d’une image à plus haute résolution, consultez plutôt les cartes générales de l’Île-du-Prince-Édouard, de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, du Québec, de l’Ontario, du Manitoba, de la Saskatchewan, du Sud de l’Alberta, du Nord de l’Alberta et de la Colombie-Britannique.

Les cartes générales numérisées sont parfois difficiles à lire, mais si votre lieu d’intérêt y est déchiffrable, elles peuvent vous aider à déterminer la circonscription électorale fédérale, et donc (généralement) le district de recensement. Si la carte générale est trop difficile à lire, pensez à regarder les images miniatures pour l’ensemble du volume de la province dans l’atlas des cartes des circonscriptions électorales fédérales de 1924. Vous pouvez consulter la série d’images miniatures pour chaque atlas provincial dans l’outil de recherche dans les cartes du recensement de 1931 (« No d’article de l’image numérisée »). Cet outil de recherche fournit également des liens vers des images à plus haute résolution de chaque carte.

Si vous souhaitez obtenir plus de détails sur les limites d’une circonscription électorale fédérale particulière (et donc, habituellement, sur celles du district de recensement) dans une province ou au Yukon, consultez la carte de cette circonscription électorale fédérale dans l’atlas numérisé. Vous pouvez consulter une image à plus haute résolution de toute circonscription électorale fédérale particulière dans l’atlas en utilisant l’outil de recherche dans les cartes du recensement de 1931.

Une page tirée d’un atlas auparavant relié montre une carte en noir et blanc de la circonscription électorale de Mont-Royal et un paragraphe décrivant la circonscription.

Carte du district électoral de Mont-Royal au Québec, tirée d’un atlas de cartes des circonscriptions fédérales produit en 1924 (e011315941)

Remarque : Si vous cherchez un lieu dans le Nord de l’Ontario ou du Québec, sachez que le district de Patricia était le district de recensement no 244, et que les régions du Nord du Québec faisaient partie du district de recensement no 245.

Outil 3 : Liste en ligne des circonscriptions de la Bibliothèque du Parlement

Cette ressource en ligne vous permet de faire ce qui suit :

  • Voir une liste des circonscriptions fédérales à l’époque du recensement de 1931. Consultez la ressource en ligne de la Bibliothèque du Parlement « Élections et candidats » pour le 17eParlement afin de voir les noms des circonscriptions à l’élection générale du 28 juillet 1930.
  • Consulter la liste des circonscriptions représentées à la Chambre des communes de 1867 à aujourd’hui. Vous pouvez choisir de :
    • commencer par la circonscription fédérale actuelle pour ensuite remonter le temps jusqu’en 1931. (Remarque : Vous pouvez trouver une circonscription fédérale actuelle dans le Service d’information à l’électeur d’Élections Canada.) À partir de la liste des circonscriptions fédérales actuelles, cliquez sur le nom d’une circonscription. Sur la page de cette circonscription, cliquez sur les circonscriptions antérieures. Lorsque vous atteignez une circonscription qui existait en 1931, cherchez sa description sous Information, sous la rubrique « S.C. 1924, c.63 » (qui renvoie à la Loi sur la députation de 1924);
    • chercher d’anciennes circonscriptions. Sur la page d’accueil de la Bibliothèque du Parlement pour la liste des circonscriptions, dans le coin supérieur droit du tableau, remplacez le filtre par défaut à « Actuellement en vigueur » en cochant « Sélectionner tout » pour voir les circonscriptions actuelles et antérieures.

Habituellement, le nom de la circonscription électorale fédérale qui existait en 1931 est très semblable au nom du district du recensement de 1931. Vous pouvez choisir de vérifier la correspondance entre une circonscription fédérale et un district de recensement à l’aide de l’outil de recherche dans les cartes du recensement de 1931.

Outil 4 : Base de données Bureaux et maîtres de poste

S’il est probable qu’un bureau de poste se trouvait dans votre lieu d’intérêt en 1931, voyez ce que vous pourriez trouver dans notre base de données Bureaux et maîtres de poste, qui comprend les circonscriptions électorales fédérales. Essayez la recherche par mots-clés.

Outil 5 : Carte des comtés (et entités semblables)

Essayez de chercher dans les comtés (ou autres entités semblables) créés par les provinces. Utilisez cette option seulement si votre lieu d’intérêt est situé en Ontario, au Québec ou dans une province de l’Atlantique.

  • Pourquoi les comtés? Au début du 20esiècle, en Ontario et dans les provinces de l’est du Canada, les districts de recensement ont souvent, mais pas toujours, pris la forme des comtés (ou autres entités semblables) déjà établis par les provinces. Certains comtés (et autres entités semblables) ont été regroupés en un seul district de recensement, tandis que d’autres ont été divisés en plusieurs districts de recensement. Quoi qu’il en soit, bien des noms de comtés figurent dans les noms des districts de recensement.

Une carte muette du Canada, de ses provinces et du Yukon. Chaque province est sous-divisée, et chaque sous-division est numérotée.

« Index map showing the counties and census divisions as organized at the census of 1931 » [Carte-index montrant les comtés et les divisions de recensement tels qu’ils ont été organisés lors du recensement de 1931], Bureau fédéral de la statistique, 1937, Illiteracy and school attendance [Analphabétisme et fréquentation scolaire] de Murdoch C. MacLean, p. 16 (OCLC 1007622268)

Tout d’abord, déterminez le nom du comté. Pour ce faire, consultez le document intitulé « Key to Index Map » [clé de la carte-index] ci-dessous ou encore cette carte-index de très haut niveau des comtés (si vous avez besoin d’agrandir). Puis, portez attention au nom du comté (les numéros ne sont pas importants pour notre recherche). Si vous trouvez un nom de comté, faites une recherche par mot-clé pour ce nom de comté dans l’outil de recherche dans les cartes du recensement de 1931. Si vous obtenez un seul résultat dans la liste des districts du recensement de 1931, vous êtes prêt à passer à l’étape 3 (dans le prochain billet de blogue). Vous pouvez toujours vérifier que vous avez le bon district de recensement en utilisant le même outil de recherche pour consulter la carte pertinente. Si la consultation de la carte-index des comtés pose problème pour y situer votre lieu d’intérêt en Ontario ou dans une province de l’est du Canada, laissez tomber vos recherches dans l’index des comtés.

  • Attention : La carte des comtés ci-dessus ne nous aide pas à trouver des districts de recensement utilisés pour organiser les déclarations de recensement dans les provinces des Prairies ou en Colombie-Britannique.
  • Attention : Les districts de recensement utilisés pour recueillir les déclarations de recensement étaient parfois différents des divisions de recensement utilisées pour mettre en tableaux et publier les résultats du recensement.
Un tableau dactylographié énumère les noms des comtés de l’Île-du-Prince-Édouard, de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, du Québec et de l’Ontario, ainsi que le numéro correspondant à chaque comté sur la carte.

Liste des comtés (ce ne sont pas des districts de recensement!), « Key to Index Map », Bureau fédéral de la statistique, 1937, Illiteracy and school attendance, Murdoch C. MacLean, p. 16 (OCLC 1007622268)

N’oubliez pas que nous pouvons vous aider! Communiquez avec notre équipe de généalogie en remplissant notre formulaire en ligne Poser une question de généalogie.

La partie 2 de ce blogue sera publiée sous peu. Entre-temps, nous vous souhaitons beaucoup de succès dans vos recherches sur les personnes et les lieux du passé!