La tournée de l’Ouest canadien de sir Arthur Conan Doyle : une visite au parc national Jasper

Le 11 juin 1914, sir Arthur Conan Doyle et son épouse se trouvaient à bord d’un train de la Grand Trunk Pacific Railway Company, en route vers la ville de Jasper dans le parc national Jasper, en Alberta. Plus tard, M. Conan Doyle décrira son expérience dans son autobiographie intitulée Memories and Adventures (disponible en anglais seulement) comme suit :

« Le parc de Jasper est l’un des formidables parcs de récréation et de santé que le gouvernement canadien, dans sa grande sagesse, a constitués au bénéfice de ses citoyens. Quand le Canada sera plus densément peuplé, sa population bénira la vision de ces administrateurs qui ont pris possession de larges portions de ces magnifiques territoires pour les préserver à tout jamais de l’avidité des spéculateurs fonciers. » [Traduction libre]

Cette prise de position s’est avérée une véritable mine d’or pour les agents de tourisme du gouvernement! Durant la visite de M. Conan Doyle, le commissaire des parcs nationaux canadiens, J. B. Harkin, a lui-même contribué à la promotion des parcs nationaux en publiant une brochure intitulée « Just a Sprig of Mountain Heather. » [Une brindille de bruyère de montagne] (disponible en anglais seulement)

La visite du parc Jasper dura huit jours. M. Conan Doyle fut reçu par un vieil ami, le colonel Rogers, directeur du parc Jasper. L’auteur nota ceci : « Durant une semaine, nous y avons vécu une vie simple et naturelle. » [Traduction libre]

Une photographie en noir et blanc montrant une galerie avec des sièges pour profiter du panorama. Le style architectural est rustique, avec des pierres de rivière et des billots en bois rond sommairement dégrossis.

La galerie du bâtiment administratif du parc Jasper, en Alberta, par William Topley, 1914 (MIKAN 3587685)

M. Conan Doyle décrit ainsi ses impressions de la ville de Jasper : « La vie à Jasper m’a intéressé, car j’y ai découvert la toute première phase de développement d’une ville canadienne. Elle deviendra sans aucun doute une place importante, mais à l’époque, exception faite de la résidence du colonel Rogers et de la gare, on n’y trouvait que des cabanes en bois rond et de petites maisons de bois. » [Traduction libre] M. Conan Doyle et son épouse ont visité de nombreux sites aujourd’hui célèbres, dont le lac
Pyramide, le lac Edith, la rivière Maligne et son canyon.

Une photographie en noir et blanc montrant un homme et une femme avec un cheval près d’un lac. L’homme est assis et la femme tient la bride du cheval. Il y a de grands conifères derrière eux.

Un couple avec un cheval au lac Pyramide, en Alberta, par William Topley, 1914 (MIKAN 3587697)

Une photo en noir et blanc, montrant un groupe de personnes devant une cabane rustique en bois rond.

Le groupe de sir Arthur Conan Doyle préparant son dîner à l’extérieur (MIKAN 3587725)

Une photo en noir et blanc montrant une personne à pied et cinq autres à cheval, traversant un cours d’eau sur un pont en bois rond; il y a des montagnes en arrière-plan.

Le groupe de sir Arthur Conan Doyle traversant la rivière Athabasca, en Alberta (MIKAN 3303264)

Un train spécial a été affrété pour amener sir Arthur Conan Doyle, sa femme, et des amis visiter la région du mont Robson. Cette montagne, située en Colombie-Britannique tout près de la frontière avec l’Alberta, est l’une des plus hautes et des plus symboliques montagnes des Rocheuses canadiennes. William Topley, le célèbre photographe d’Ottawa, a pris ces photos.

Une photographie en noir et blanc montrant un train arrêté près d’une rivière.

Le train près de Lucerne, en Colombie-Britannique, par William Topley, 1914 (MIKAN 3587749)

Une photographie en noir et blanc montrant un homme marchant sur la voie ferrée, en direction du mont Robson, qu’on distingue au loin.

Un homme marchant sur la voie ferrée, avec le mont Robson en arrière-plan, par William Topley, 1914 (MIKAN 3587770)

Aujourd’hui, cent ans après, le paysage n’a à peu près pas changé. Le mont Robson est toujours aussi difficile à photographier, car son sommet est la plupart du temps obscurci par les nuages; Topley a été extrêmement chanceux de pouvoir réaliser une photo d’une telle clarté. Après cette excursion, M. Conan Doyle a eu l’occasion d’examiner les plans du premier terrain de golf de Jasper (comme on peut le lire dans l’édition 1914 de Golf Illustrated [disponible en anglais seulement]). Il a aussi joué un rôle important durant une partie de baseball opposant les équipes de Jasper et de Edson : c’est lui qui a lancé la première balle! Même si M. Topley a raté ce moment historique, un photographe local a eu cette chance.

Le voyage de retour de Conan Doyle

Nous n’avons aucune photo du retour de Conan Doyle vers l’est du pays, peut-être parce que l’intention de ce voyage était de faire la promotion de l’Ouest canadien et de son tout nouveau parc national. Nous savons que les époux Conan Doyle ont quitté Jasper le 19 juin et qu’au retour, ils sont passés par Winnipeg, pour ensuite longer la rive nord du lac Supérieur, traverser le parc Algonquin jusqu’aux chutes du Niagara et terminer leur périple à Ottawa, à temps pour la fête du Dominion (fête du Canada). Ils sont repartis pour l’Angleterre le 4 juillet. Ce voyage les a certainement marqués, car ils sont revenus avec leurs enfants pour visiter de nouveau le parc Jasper durant les années 1920.

La Première Guerre mondiale éclata un mois plus tard, ce qui accentue le caractère poignant du poème de sir Arthur Conan Doyle, The Athabasca Trail (disponible en anglais seulement), un véritable rêve éveillé.

Dans le dernier article de cette série de blogues, nous examinerons de plus près la collection de photos relatives au voyage de sir Arthur Conan Doyle; nous explorerons le mystère qui entoure certaines d’entre elles. Par exemple, pourquoi y trouve-t-on des images de lieux en Colombie-Britannique que M. Conan Doyle n’a jamais visités?

La tournée de l’Ouest canadien de sir Arthur Conan Doyle, juin 1914

Imaginez si le gouvernement canadien invitait un célèbre auteur britannique à parcourir le Canada en train et à séjourner dans un tout nouveau parc national, et ce, aux frais des contribuables! Croyez-vous cela possible? Eh bien! C’est ce qui est arrivé il y a un peu plus de cent ans. Au printemps 1914, sir Arthur Conan Doyle (connu pour son personnage Sherlock Holmes) a été invité à voyager à bord d’un train de la Grand Trunk Pacific Railway Company qui venait tout juste de commencer à assurer la liaison entre Montréal et le parc national Jasper. M. Conan Doyle a accepté l’invitation, et lui et sa femme, Jean Leckie, ont effectué le voyage entre mai et juillet 1914. Le photographe officiel du voyage n’était nul autre que l’homme bien connu, William James Topley, un coup d’éclat sur le plan des relations publiques! Le beau-fils de M. Topley, R.C.W. Lett, occupait une place importante au sein de la Grand Trunk Pacific Railway Company et il l’a persuadé de photographier Conan Doyle pendant son voyage.

De Montréal à Winnipeg

Le voyage de M. Conan Doyle en train jusqu’à Jasper était, comme ce l’est encore de nos jours, la quintessence des expéditions au Canada. Plus tard, M. Conan Doyle décrira son expérience dans son autobiographie intitulée Memories and Adventures (disponible en anglais seulement) comme suit :

« … Nous avons accepté une invitation du gouvernement canadien à inspecter la Réserve nationale du parc Jasper dans les Rocheuses du Nord. La Grand Trunk Railway (canadienne) nous a facilité les choses en mettant généreusement à notre disposition un wagon privé qui allait circuler sur son réseau. En fait, il s’agissait d’une maisonnette agréablement confortable consistant en un salon, une salle à manger et une chambre à coucher. Le wagon appartenait à M. Chamberlin, le président de la voie ferrée, qui nous a permis d’en faire usage. Exaltés, nous avons entrepris notre longue et agréable expédition en mai. » [TRADUCTION LIBRE]

En conséquence, l’auteur de grand renom et sa femme montent à bord d’un navire en Angleterre pour se rendre à New York à la fin de mai 1914, puis ils prennent le train jusqu’à Montréal, où ils arrivent le 3 juin 1914.

Une carte postale en noir et blanc reproduisant trois photographies de bâtiments situés à proximité de la gare de train à Montréal.

Une carte postale imprimée par la société Albertype avec trois illustrations : la gare de la Grand Trunk Railway Company, les bureaux de la Grand Trunk Railway Company et la gare-hôtel Viger du CP (Chemin de fer Canadien Pacifique) (MIKAN 3335217)

Conan Doyle visite les lieux d’intérêt de la ville et en profite pour se rendre à Trois-Rivières. De plus, l’auteur parle de l’avenir de la littérature canadienne (The Future of Canadian Literature [en anglais seulement]) devant le Cercle canadien de Montréal. Il va reprendre le même discours à Winnipeg, à Edmonton et à Ottawa. Entre le 5 et le 8 juin, Conan Doyle se rend de Montréal à Winnipeg par train et par bateau. D’abord, par train jusqu’à Sarnia (Ontario), puis à bord du navire à vapeur Harmonic en direction de Fort William (près de Thunder Bay). De cette portion du voyage, il fait l’observation suivante : « Puis, apparaît l’immense étendue des Grands Lacs, ces magnifiques mers intérieures sillonnées par des navires à vapeur océaniques. » [TRADUCTION LIBRE]

Pour ce qui est du Nord-Ouest de l’Ontario, il écrira : « La véritable division entre l’Est et l’Ouest du Canada ne se fait pas à partir des Grands Lacs, si précieux en tant que voie navigable, mais elle se fait plutôt quelque part le long des 500 milles qui séparent les Grands Lacs de Winnipeg. » [TRADUCTION LIBRE] Ils séjournent une nuit à l’auberge Minaki près de Sioux Lookout, à leur arrivée à Winnipeg (Manitoba), le 8 juin en fin de journée.

Une photographie en noir et blanc illustrant l’entrée d’un imposant édifice. Des automobiles et des carrioles tirées par des chevaux attendent en file, et des gens sont debout près de l’entrée.

Entrée de la gare de la Grand Trunk Pacific Railway Company et des Chemins de fer nationaux du Canada à Winnipeg, par William Topley, 1914 (MIKAN 3587592)

Une photographie en noir et blanc d’une large rue achalandée; on y voit des tramways, des automobiles, des carrioles tirées par des chevaux, des cyclistes et des piétons. Les édifices bordant la rue semblent récents et dénotent une certaine prospérité.

Le magasin Eaton, sur l’avenue Portage, à Winnipeg, par William Topley, 1914 (MIKAN 3587605)

Ces images documentent superbement bien l’effervescence de la ville des Prairies. L’arrêt à Winnipeg est de courte durée, mais M. Conan Doyle souligne : « Je crois que le Britannique moyen n’a pas la moindre idée des commodités qu’offre Winnipeg. Il serait probablement fort surpris d’apprendre que l’hôtel Fort Garry qui s’y trouve est presque aussi moderne et luxueux que tout hôtel à Northumberland. » [TRADUCTION LIBRE]

De Winnipeg à Edmonton

Le 9 juin, M. Conan Doyle arrive à Edmonton après avoir traversé les Prairies.

Une photographie en noir et blanc d’une gare de train, prise de l’autre côté de la voie ferrée. On y voit une affiche arborant le mot « Biggar », et une note au bas de la photographie qui indique qu’il s’agit de la gare G.T.P., à Biggar (Saskatchewan).

La gare de la Grand Trunk Pacific Railway Company, à Biggar (Saskatchewan) (MIKAN 3393480)

Et il aurait traversé le pont en contre-haut à l’entrée d’Edmonton.

Une photographie en noir et blanc d’un pont ferroviaire en contre-haut surplombant une rivière.

Le pont en contre-haut à Edmonton, par William Topley, 1914 (MIKAN 3587671)

Le couple reste deux jours à Edmonton. Conan Doyle constate la nature brute de la ville, il la compare à Winnipeg : « En 1914, Edmonton n’offre pas un tel luxe. La ville était dans un étrange état de mi-figue mi-raisin, grossière et brute, elle dégageait néanmoins une atmosphère pleine d’énergie et d’activité, et laissait entrevoir une magnificence à venir. Grâce aux jonctions des voies ferrées et aux voies navigables, cette ville deviendra sans conteste une grande ville. » [TRADUCTION LIBRE]

Une photographie en noir et blanc prise à partir d’une colline surplombant une ville; on y voit des cyclistes qui se reposent couchés dans l’herbe et, à proximité, d’autres hommes sont assis.

La ville d’Edmonton vue de la « Summer House », par William Topley, 1914 (MIKAN 3587646)

Une photographie en noir et blanc d’une large avenue, grossièrement pavée, où des tramways, des carrioles tirées par des chevaux et des automobiles se côtoient. Il s’agit de l’image d’une rue bourdonnant d’activité.

Edmonton, vue d’une rue dans cette ville frontalière, par William Topley, 1914 (MIKAN 3587667)

Les deux villes des Prairies, Winnipeg et Edmonton, contrastaient vivement avec le paysage époustouflant des montagnes du parc national Jasper. Dans le prochain blogue, nous nous pencherons sur le séjour prolongé de sir Arthur Conan Doyle à Jasper, un lieu qui l’inspirera pour un poème revêtant une certaine importance…

« La Pointe »

Photographie stéréoscopique en noir et blanc montrant la construction d’un pont.

Photographie stéréoscopique de la construction en cours du pont Victoria depuis la Pointe-Saint-Charles (MIKAN 3357662)

Le paysage et la population de Pointe-Saint-Charles ont changé de façon spectaculaire une fois la construction du canal de Lachine terminée en 1848 et davantage encore avec la nouvelle infrastructure ferroviaire et la construction du pont Victoria, qui relie Montréal à la Rive-Sud. Plusieurs entreprises ont été attirées vers cette région; de nouveaux emplois ont été créés, et la terre précédemment donnée à l’agriculture a été rachetée pour y construire des logements résidentiels. Selon Héritage Montréal, au début du 20e siècle, Pointe-Saint-Charles était devenue le plus grand secteur industriel, non seulement de Montréal, mais de tout le Canada. C’est à cette époque que La Pointe est également devenue l’exemple par excellence d’un creuset ethnique. Peuplée principalement par des Canadiens anglais (75 %) et des Canadiens français (25 %), La Pointe a ensuite accueilli de plus en plus de groupes ethniques différents. Lire la suite

Les enfants de Topley – Petits portraits de la collection William Topley

La collection William Topley à Bibliothèque et Archives Canada est une ressource précieuse pour ceux qui s’intéressent au portrait photographique canadien du XIXe siècle. Composée de plus de 150 000 négatifs sur plaque de verre ainsi que d’épreuves d’atelier et d’albums de comptoir, la collection Topley couvre de 1868 à 1923 et illustre la carrière prolifique de M. Topley, originaire de la région de Montréal, qui a commencé sa carrière de travailleur autonome en ouvrant une succursale du studio William Notman sur la rue Wellington à Ottawa. Même si M. Topley photographiait d’autres sujets que les personnes, les portraits étaient sa spécialité, et la collection est un merveilleux exemple des débuts de la photographie en studio au Canada.

Au début des années 1870, M. Topley achetait le studio qu’il avait géré pour William Notman et il attirait plus de 2 300 clients par année. L’emplacement prestigieux de son studio au centre-ville d’Ottawa (il déménagea plusieurs fois au fil des ans, mais toujours à une distance de marche du Parlement) faisait en sorte qu’il attirait une grande partie de l’élite de la ville, y compris des politiciens et d’autres personnages importants, qui se rendaient au studio du photographe pour se faire prendre en portrait.

Les enfants faisaient souvent l’objet de ces portraits, posant seul ou avec leurs frères et sœurs. En regardant ces images, on remarque, non seulement, des noms connus, identifiant certains sujets comme les enfants de personnages influents de la capitale, mais aussi quelque chose d’inchangé malgré l’époque. En regardant au-delà de la formalité, des vêtements inconfortables et des poses statiques, on voit que ces portraits ne sont pas tellement différents de ceux que l’on pourrait prendre aujourd’hui. On reconnaît des enfants habillés spécialement pour l’occasion, essayant de rester assis, ayant l’air tantôt impatient, tantôt ennuyé.

Photographie en noir et blanc d'une petite fille dans une robe blanche.

Mademoiselle McLaren, 1873 (MIKAN 3461050)

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Centenaire de la Première guerre mondiale – hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria : la deuxième bataille d’Ypres

Au cours de la première semaine d’avril 1915, des membres de la 1re Division canadienne, qui comprend bon nombre des tout premiers volontaires de la guerre, quittent Béthune (France) pour se déployer plus au nord, sur la partie active du front, près d’Ypres. Cette ville belge fondée au Moyen‑Âge est le théâtre de l’une des premières et des plus sanglantes batailles de 1914 en raison de sa grande importance stratégique. Quand le front se stabilise en novembre 1914, les Alliés progressent autour de la ville et forment dans les lignes allemandes un saillant entouré de terrains surélevés de trois côtés.

Le 22 avril 1915, les Allemands, déterminés à éliminer le saillant, utilisent les premières armes chimiques de l’histoire lorsqu’ils lancent 160 tonnes de chlore gazeux sur le front allié. Les membres de la 1re Division canadienne, arrivés dans leur tranchée il y a à peine une semaine, tentent désespérément de défendre un trou de 6,5 kilomètres dans les lignes alliées, car la division française située à leur gauche succombe devant la nouvelle arme allemande. Le chlore gazeux s’imprègne dans le sol et remplit les tranchées, obligeant les troupes à faire une sortie et à s’exposer au feu des mitrailleuses et de l’artillerie.

Photo noir et blanc d’une ville ravagée par la guerre. Une colonne de troupes composée majoritairement d’hommes à cheval traverse la ville.

Photo de la ville d’Ypres détruite, avec la cathédrale, les Halles aux Draps et des troupes canadiennes qui circulent, en novembre 1917 (MIKAN 3194491)

Photo noir et blanc d’un édifice gothique richement décoré et des édifices adjacents.

La cathédrale et les Halles aux Draps à Ypres avant la Grande Guerre (MIKAN 3329077)

Les troupes allemandes progressent, mais elles n’ont prévu qu’une offensive limitée et ne sont pas assez protégées contre leurs propres armes chimiques pour profiter de la percée réalisée sur le front. Tout au long de la nuit et pendant plusieurs jours, les troupes canadiennes et britanniques combattent pour tenir le front. Les Canadiens organisent une contre‑attaque à Bois‑des‑Cuisinières et participent à de terribles combats à Saint‑Julien : leurs fusils fabriqués au Canada s’enrayent dans la boue, et les soldats, très malades, manquent d’air. Ils réussissent pourtant à résister jusqu’à l’arrivée des renforts, le 28 avril. Les pertes sont épouvantables : la 1re Division canadienne perd 6 035 soldats, soit le tiers de son effectif, avant l’arrivée de la relève. Presque tous étaient des civils quelques mois auparavant.

C’est à la deuxième bataille d’Ypres que les Canadiens font connaissance avec les horreurs de la guerre moderne. Ils continueront pourtant à se développer au point de gagner l’admiration des Forces alliées.

Du 23 au 25 avril, dans le cadre de la série Centenaire de la Première guerre mondiale – hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, nous raconterons les histoires du caporal suppléant Frederick Fisher, du lieutenant Edward Donald Bellew, du sergent‑major de compagnie Frederick William Hall et du capitaine Francis Alexander Caron Scrimger.

Explorer l’album Flickr – Canada à Ypres

Les premières photographies canadiennes de voyage maintenant sur Flickr

Le concept du tourisme canadien apparaît au début du XIXe siècle. Les moyens de transport améliorés, comme les nouveaux chemins de fer traversant le pays, facilitent les voyages d’agrément et permettent aux gens la possibilité d’admirer les nombreuses merveilles et réalisations modernes du pays.

La photographie constituait alors le moyen d’expression idéal pour attirer des visiteurs potentiels. Les entreprises de transport embauchaient des photographes pour représenter les paysages majestueux dans le but de promouvoir les destinations. Ces images représentaient un élément essentiel de l’industrie florissante du tourisme avant d’avoir à rivaliser avec les photographes amateurs, avides de créer leurs propres souvenirs de voyage. Les images réalisées au cours de cette période ont aidé à définir le pays et ont établi une certaine identité nationale en présentant des images de paysages canadiens, aujourd’hui emblématique, à la population.

Les premières photographies canadiennes de voyage maintenant sur Flickr

Les premières photographies canadiennes de voyage – une exposition au Musée des beaux-arts du Canada

Au début du 19e siècle, le tourisme au Canada n’était rien de plus qu’un concept en émergence. Mais grâce à l’amélioration des moyens de transport, tels que le chemin de fer et les navires à passagers, les Canadiens et les visiteurs étrangers ont finalement eu la chance de voir certains des plus beaux paysages de ce pays.

Les sites touristiques les plus populaires reflètent les goûts souvent diamétralement opposés du public, les deux types d’attractions préférées étant la nature pure et sauvage comme les chutes et les montagnes… et les réalisations industrielles modernes telles que les ponts et les chemins de fer.

Vous pourrez découvrir certaines de ces images fascinantes dans une nouvelle exposition présentée au Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa. Ces photographies, tirées des collections de Bibliothèque et Archives Canada, nous montrent comment les visiteurs voyaient le pays, souvent pour la première fois. Elles nous font partager l’émerveillement des voyageurs devant la nature et les nouvelles infrastructures impressionnantes qui se construisaient autour d’eux.

Photographie noir et blanc d’une femme debout au pied d’un immense arbre creux à la base.

Cèdre géant, Parc Stanley, Vancouver, Colombie-Britannique, 1897 (MIKAN 3192504)

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Carnaval d’hiver d’Ottawa, édition 1922

English version

« Une semaine sans soucis! » … « La gaieté sera la reine de la semaine du Carnaval ». Voilà certains des slogans utilisés pour décrire le premier Carnaval d’hiver national canadien, le Carnaval d’hiver d’Ottawa, en 1922. Il ne s’agissait pas d’une occasion tranquille. Pendant une semaine à la fin du mois de janvier et au début février 1922, les Ottaviens ont fait la fête – et se sont amusés comme de vrais fous.

Les Canadiens étaient des habitués des fêtes d’hiver. Depuis la fin du 19e siècle, d’autres carnavals plus calmes avaient eu lieu mettant en vedette des fortitudes de glace, des fêtes de patinage amicales et des parties de hockey. Pendant ces carnavals, il y avait seulement de rares occasions où la fête dégénérait. Par exemple, la mascarade de patinage, en 1894, à Rideau Hall, où les employés de Lord Aberdeen se sont déguisés en écolières :

Photographie en noir et blanc illustrant huit individus qui se tiennent sur un escalier enneigé avec des éventails décoratifs à la main. Tous sont vêtus de costumes semblables composés d’une robe, d’un tablier et d’un bonnet. Si on regarde attentivement, on peut remarquer que certains de ces individus ont des moustaches et ont des traits quelque peu masculins.

Les employés de Lord Aberdeen déguisés en écolières pour participer à la mascarade de patinage « Dame Marjorie School » à Rideau Hall. (MIKAN 3822035)

Le parrain du Carnaval d’Ottawa de 1922 était le courtier en bourse et maire, Frank Plant. Il a tout organisé en quelques semaines. Lord Byng, le gouverneur général, a été mis en charge de l’ouverture des festivités, ce qu’il a fait à l’extérieur du Château Laurier le 28 janvier 1922. 10 000 personnes étaient présentes.

Photographie en noir et blanc illustrant un château de glace, d’une prise de vue très élevée. On peut y voir le fourmillement de la foule et la ville à perte de vue.

Palais des glaces au Carnaval d’hiver d’Ottawa. (MIKAN 3517932)

Dans le cadre du Carnaval se sont déroulées les activités suivantes :

  • Des parades à la raquette avec des flambeaux à travers les rues du centre-ville
  • Un grand bal au Château Laurier
  • Des parties de hockey entre les Sénateurs d’Ottawa et les Canadiens de Montréal
  • Du curling et de la boxe
  • Des soupers de fèves au lard quotidiens en Basse-Ville
  • D’énormes feux de joie au parc Major, à la place Connaught et à la place Cartier
  • Escalade du château de glace
  • Danses de minuit
  • Embarcations tirées par des chevaux qui tiraient des passagers à travers la ville
  • Saut en ski des falaises au parc Rockliffe

Bien que ce fût l’époque de la prohibition en Ontario, l’alcool était permis dans la province avoisinante du Québec. Avec l’atmosphère de fête qui régnait, les policiers choisissaient d’ignorer les hordes de personnes intoxiquées qui traversaient d’un côté à l’autre de la rivière de Hull, maintenant Gatineau, la bouteille à la main.

Il y avait trois principales attractions. La première était le palais de glace d’une hauteur de 22 mètres à la place Cartier sur la rue Elgin.

Photographie en noir et blanc illustrant des gens se tenant debout, possiblement à faire la file, autour du château de glace.

Le palais des glaces du Carnaval d’hiver d’Ottawa de jour. (MIKAN 3517934)

Photographie en noir et blanc illustrant un château de glace illuminé de l’intérieur.

Le palais des glaces du Carnaval d’hiver d’Ottawa le soir. (MIKAN 3517933)

La deuxième attraction était la colonne de glace géante trônant sur la place Connaught (maintenant la place de la Confédération, environ au même endroit où se trouve aujourd’hui le monument commémoratif de Guerre du Canada) entre l’Union Station, l’ancien bureau de poste et le château Laurier.

Photographie en noir et blanc illustrant une colonne de glace surmontée d’une couronne. Un homme se tient à son côté.

La colonne de glace devant l’ancien bureau de poste (endroit où se trouve aujourd’hui le monument commémoratif de Guerre du Canada), Carnaval d’hiver d’Ottawa, janvier et février 1922. (MIKAN 3384979)

Et finalement, la pièce de résistance — la glissade pour ski et toboggan.

« Un mile pour dix sous » était le slogan de cette descente époustouflante. Construite avec des blocs de glace avec des traces profondes, la glissade partait du Château Laurier et descendait jusqu’à la rivière des Outaouais le long des écluses Rideau. Au départ, la porte d’embarquement avait l’air assez innocente, construite de bois et entourée de conifères. Mais lorsqu’on entrait, voici ce qu’on voyait :

Photographie en noir et blanc illustrant le haut de la descente en toboggan en regardant vers le bas vers la rivière, à côté des écluses Rideau. Les traces sont très longues et creuses, et rejoignent presque le pont Alexandra au loin.

Descente en toboggan du Carnaval d’hiver d’Ottawa. (MIKAN 3517935)

Si vous étiez assez courageux pour braver cette descente, la promenade était d’un angle de 45 degrés et se redressait quelque peu avant d’être parsemée de côtes, un peu comme des montagnes russes. Si vous voulez voir d’autres photos, vous pouvez visiter l’album Flickr. Inaugurée par Lord Byng, la première descente a été faite par le maire, Frank Plant, l’homme d’affaires bien connu A.J. Major et deux autres individus. Au courant de la semaine, des experts du saut en ski très courageux faisaient tous les jours des démonstrations sur la descente. Le reste du temps, des téméraires prenaient la course en descendant à bord de toboggans jusqu’à la rivière des Outaouais à plus de 100 km/h!

À la fin de la semaine, on a déclaré que le premier Carnaval d’hiver d’Ottawa avait été un énorme succès. Des dizaines de milliers de personnes y avaient participé – la population d’Ottawa venait tout juste d’atteindre 100 000 habitants. Aujourd’hui, l’équivalent du Carnaval d’hiver d’Ottawa, Bal de neige, reçoit jusqu’à un demi-million de visiteurs chaque année.

Photos de la Première Guerre mondiale, partie II : Comment trouver des photos de la Première Guerre mondiale

La première partie de cette série portait sur le Bureau canadien des archives de guerre (le Bureau). Voici maintenant quelques stratégies pour vous aider à trouver des photos de la Première Guerre mondiale produites par le Bureau.

Explorer

Vous pouvez explorer les archives de niveau inférieur en cliquant sur les entrées en hyperlien qui apparaissent sous les titres « sous-série » ou « sous-sous série se compose de ». Par exemple, une recherche dans les archives du préfixe O (« O » prefix) débouche sur 4 134 descriptions de niveau inférieur. (Comme des archives sont continuellement ajoutées, ce nombre peut changer.)

Exploration dans la sous-série du préfixe « O ».

Exploration dans la sous-série du préfixe « O ».

Cette stratégie vous permet de voir les photos dans l’ordre dans lequel elles sont classées. C’est une bonne approche si vous n’êtes pas certain de ce que vous cherchez, mais que vous avez une idée du genre de photos qui composent la collection et de la façon dont elles sont décrites.

Recherche

Vous voulez une stratégie plus poussée pour trouver des photos précises à l’intérieur de chaque série? Utilisez la fonction Recherche de fonds d’archives – Recherche avancée. Vous pouvez effectuer votre recherche en utilisant le préfixe « O-? » (avec les guillemets) ou le numéro d’acquisition original (« 1964-114 »), le tout accompagné d’un nom ou d’un mot-clé. En utilisant les guillemets, vous obligez le moteur de recherche à trouver les mots demandés dans le même ordre que celui dans lequel vous les avez tapés. L’utilisation du point d’interrogation (?) vous permet de faire une recherche non limitative. L’astérisque (*), quant à lui, permet d’inclure dans votre recherche les variantes d’un mot; ainsi, si vous entrez « nurs* », vous verrez les résultats comportant nursing, nurse et nurses. (Les documents de la Première Guerre mondiale existent principalement en anglais; les recherches dans cette langue donneront de meilleurs résultats.)

Écran « Recherche de fonds d’archives – Recherche avancée » montrant une recherche de photos liées aux soins infirmiers (nursing) dans la série du préfixe « O ».

Écran « Recherche de fonds d’archives – Recherche avancée » montrant une recherche de photos liées aux soins infirmiers (nursing) dans la série du préfixe « O ».

Si vous ne savez pas dans quelle série se trouvent les photos qui vous intéressent, essayez d’entrer le numéro d’accès « 1964-114 » et un terme précis, comme « Vimy » (349 résultats) ou « Bishop » (21 résultats).

L’image ci-dessous montre les résultats obtenus avec le mot-clé « nurs* » : une liste de photos sur les soins infirmiers et les infirmières militaires.

Résultats de recherche pour « nurs* ».

Résultats de recherche pour « nurs* ».

Parfois, certains résultats sembleront être affichés en double. Il s’agit souvent de fichiers bilingues créés par les archivistes pour aider les Canadiens à trouver plus facilement des éléments dans la langue de leur choix. De plus, dans le cas des photos panoramiques, la photo finale peut provenir de multiples négatifs, chacun étant archivé dans un dossier différent.

Explorez les images du Bureau canadien des archives de guerre, et découvrez sur pellicule ce témoignage officiel de la participation du Canada à la Première Guerre mondiale.

Liens connexes :

Photos de la Première Guerre mondiale, partie I : Le Bureau canadien des archives de guerre

L’année 2014 marque le centenaire du début de la Première Guerre mondiale. Pour l’occasion, les archivistes de Bibliothèque et Archives Canada ont fait le ménage dans les archives officielles des photos de guerre canadiennes. Elles sont maintenant mieux décrites et regroupées par thèmes dans notre base de données en ligne, donc plus facilement repérables pour les Canadiens.

Ces efforts s’inscrivent dans un projet de plus grande envergure : organiser et décrire toute la collection de photos du ministère de la Défense nationale que détient Bibliothèque et Archives Canada. L’objectif est de s’assurer que ces archives sont exactes, complètes et accessibles au grand public.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, en 1914, la plupart des photographes et des journalistes reçoivent l’ordre de ne pas s’approcher du front. L’année suivante, la Première division canadienne foule le sol de l’Europe. En 1916, le millionnaire et baron de la presse Max Aitken reçoit l’autorisation de fonder le Bureau canadien des archives de guerre (le Bureau). Celui-ci transmet au pays des rapports en provenance du front, devenant en quelque sorte, pour le Canada, un témoin oculaire de la guerre. Rapidement, ces rapports sont accompagnés de photos et de peintures.

Tout au long de la guerre, en plus de se procurer des photos auprès de diverses sources, le Bureau emploie trois photographes (le capitaine Henry Edward Knobel, William Ivor Castle et William Rider-Rider), qu’il envoie en France pour capter sur pellicule les batailles, la vie au front et d’autres activités. Ces photos peuvent être consultées dans le fonds du Bureau canadien des archives de guerre. Elles ont été classées par le Bureau en fonction des préfixes suivants :

Le préfixe « O » désigne le fonds le plus volumineux. Ce dernier contient quelque 4 705 photos prises entre mai 1916 et mai 1919. On y retrouve quelques-unes des plus célèbres représentations canadiennes de la Première Guerre mondiale, dont deux photos de William Ivor Castle : Going over the Top (Soldats canadiens franchissant une tranchée) et 29th Battalion advancing over No Man’s Land during the Battle of Vimy Ridge (Le 29e Bataillon d’infanterie avançant en zone neutre lors de la bataille de la crête de Vimy).

Photo noir et blanc composite montrant des soldats sortant d'une tranchée.

Soldats canadiens partant à l’assaut lors d’un entraînement pour les mortiers de chantier. (MIKAN 3206096)

On a plus tard réalisé que les deux photos avaient été en quelque sorte manipulées : la première représente non pas une scène de bataille, mais bien un exercice militaire, et la deuxième a été forgée à partir de deux photos afin d’inclure dans la scène des cadavres et des bouffées de fumée.

Photo noir et blanc composite montrant des soldats avançant dans un paysage complètement détruit avec de la fumée dans l'arrière plan et des cadavres dans l'avant plan.

Le 29e Bataillon d’infanterie avançant en zone neutre, à travers les barbelés et sous le feu nourri des Allemands, lors de la bataille de la crête de Vimy. (MIKAN 3192389)

Dans la deuxième partie de cette série, nous vous expliquerons comment trouver des photos de la Première Guerre mondiale dans le fonds du Bureau canadien des archives de guerre.

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