« La Pointe »

Photographie stéréoscopique en noir et blanc montrant la construction d’un pont.

Photographie stéréoscopique de la construction en cours du pont Victoria depuis la Pointe-Saint-Charles (MIKAN 3357662)

Le paysage et la population de Pointe-Saint-Charles ont changé de façon spectaculaire une fois la construction du canal de Lachine terminée en 1848 et davantage encore avec la nouvelle infrastructure ferroviaire et la construction du pont Victoria, qui relie Montréal à la Rive-Sud. Plusieurs entreprises ont été attirées vers cette région; de nouveaux emplois ont été créés, et la terre précédemment donnée à l’agriculture a été rachetée pour y construire des logements résidentiels. Selon Héritage Montréal, au début du 20e siècle, Pointe-Saint-Charles était devenue le plus grand secteur industriel, non seulement de Montréal, mais de tout le Canada. C’est à cette époque que La Pointe est également devenue l’exemple par excellence d’un creuset ethnique. Peuplée principalement par des Canadiens anglais (75 %) et des Canadiens français (25 %), La Pointe a ensuite accueilli de plus en plus de groupes ethniques différents.

Photographie en noir et blanc montrant une locomotive en cours de construction.

Moteur de locomotive « Trevithick » en construction à Pointe-Saint-Charles; image tirée de la collection Alexander Mackenzie Ross; photographie par William Notman, 1859 (MIKAN 3192802)

Plusieurs facteurs ont contribué au revirement spectaculaire de La Pointe, qui est passée du plus important secteur industriel au Canada à l’un de ses plus fameux bidonvilles. La grande dépression a été le premier événement qui a contribué au déclin des principales activités économiques du quartier. Elle a été suivie par l’exode des diverses usines et entreprises vers d’autres secteurs industriels autour de Montréal, puis par l’ouverture de la Voie maritime du Saint-Laurent en 1959 et la fermeture du canal de Lachine. La construction des autoroutes qui longent maintenant les limites nord et sud-ouest de La Pointe a ajouté au déclin.

La collection photographique de Richard Arless, que détient Bibliothèque et Archives Canada, documente l’existence de ces conditions de bidonville. Né à Montréal, Richard Graham Arless (1906-1995) a commencé sa carrière comme photographe militaire pendant la Deuxième Guerre mondiale. Après la guerre, il a travaillé pour divers journaux et magazines, ouvrant finalement son propre studio commercial à Montréal. Ses photographies des conditions de bidonville de la Pointe-Saint-Charles, toutes prises le même jour d’avril 1946, évoquent la désolation et la pauvreté de ce quartier autrefois vital, maintenant pauvre et délabré.

Photographie en noir et blanc montrant une cour avec des vêtements suspendus à des cordes à linge. Trois enfants jouent sur le sol.

Enfants jouant dans une cour du quartier de Pointe-Saint-Charles, 25 avril 1946, par Richard Arless (MIKAN 3380642)

Photographie en noir et blanc montrant une ruelle longue et étroite jonchée de déchets. Un jeune enfant se tient à l’autre extrémité de la ruelle et regarde le photographe.

Vue d’un enfant dans une ruelle étroite jonchée de déchets dans le quartier de Pointe-Saint-Charles, 25 avril 1946, par Richard Arless (MIKAN 3380643)

Les gens de la Pointe-Saint-Charles ont toujours été grégaires et résistants. Lorsque la population s’est mise à diminuer et que leur quartier et leurs conditions de vie se sont détériorés, les résidents se sont serré les coudes pour affronter les problèmes et améliorer leur sort. Des groupes communautaires ont été créés afin d’améliorer le logement, de construire des parcs, d’encourager les loisirs et de favoriser les soins de santé.

Photographie en noir et blanc montrant une ruelle délabrée derrière une rangée de maisons. Des enfants regardent vers le photographe.

Vue d’une ruelle délabrée dans le quartier de Pointe-Saint-Charles, 25 avril 1946, par Richard Arless (MIKAN 3380652)

Récemment, cependant, La Pointe a connu une revitalisation. Les terrains autour du canal de Lachine ont été convertis en espaces de loisirs avec la construction de pistes cyclables, tandis que bon nombre d’usines abandonnées ont été converties en condos, ce qui a attiré beaucoup de nouveaux résidents.

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