Centenaire de la Première Guerre mondiale : hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria

Dans le cadre de la commémoration du centenaire de la Première Guerre mondiale, nous présenterons, au cours des trois prochaines années, un profil de chacun des récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria. Nous publierons le profil des récipiendaires 100 ans, jour pour jour, après qu’ils aient réalisé l’action à la source de la distinction.

Photographie en couleur d’une médaille. Le ruban est cramoisi. La médaille cruciforme en bronze arbore un lion surplombant une couronne et une bannière, où l’on peut lire For Valour (pour bravoure).

Croix de Victoria (MIKAN 3640361)

La Croix de Victoria (VC) est la décoration militaire la plus prestigieuse du Commonwealth et a préséance sur l’ensemble des médailles, décorations et ordres. Reconnaissance de la bravoure devant l’ennemi, la VC peut être décernée à une personne, peu importe son grade militaire, et à des civils sous commandement militaire. Jusqu’à maintenant, 96 Canadiens ont reçu la Croix de Victoria , le premier étant Alexander Roberts Dunn qui, en 1854, a participé à la bataille de Balaclava durant la guerre de Crimée. Des Croix de Victoria ont été décernées à 71 soldats canadiens durant la Première Guerre mondiale, et à 16 durant la Seconde Guerre mondiale. Les autres médailles ont été remises à des Canadiens par suite de la Rébellion indienne de 1857 (au cours de laquelle William Hall de la Nouvelle-Écosse est devenu le tout premier noir à mériter la VC) et de la guerre d’Afrique du Sud (1899–1902).

En 1993, la Croix de Victoria canadienne a été adoptée en remplacement de la VC britannique. La médaille est identique à la VC britannique, mais l’inscription est en latin — Pro Valore —, une langue à l’origine du français et de l’anglais. Aucune Croix de Victoria canadienne n’a encore été attribuée.

La série de profils renfermera aussi des liens vers des photographies, des états de service militaire, des journaux de guerre et d’autres artefacts numérisés que l’on retrouve dans les collections de Bibliothèque et Archives Canada. Ces collections aident à raconter les récits des Canadiens qui ont connu la Première Guerre mondiale sur de nombreux fronts, y compris le front intérieur, et dont les actions et les souvenirs influencent les Canadiens d’aujourd’hui, de même que leur vision et leur compréhension du premier véritable conflit mondial.

Nous amorcerons la présentation des profils des récipiendaires de la Croix de Victoria en lien avec la Première Guerre mondiale avec le caporal suppléant Frederick Fisher.

Des images sur l’immigration maintenant sur Flickr

Le Canada se distingue de la plupart des autres pays par la diversité de sa population. Notre mosaïque culturelle, ethnique et linguistique se reflète dans le patrimoine varié de Bibliothèque et Archives Canada associé aux divers groupes ethnoculturels. March 26, 2015

Le renne au Canada

Au début des années 1900, l’introduction du renne en terre canadienne était perçue comme une source possible d’approvisionnement en nourriture et de stimulation économique pour les régions nordiques éloignées. Cet animal avait été domestiqué dans nombre de pays nordiques et avait joué un rôle important dans la pérennité de la population. D’une part, la viande, le lait et d’autres sous-produits du renne, comme les peaux et les ramures, peuvent fournir des ressources vitales, et d’autre part, ces animaux sont forts et peuvent transporter ou tirer de lourdes charges sur de longues distances. De plus, leur physique est adapté au climat et à l’environnement nordique.

Photographie en noir et blanc d’un collage d’album à photos. Il y a cinq photographies montrant des rennes qui tirent des traîneaux de toutes sortes, des personnes apparaissant en toile de fond. Les photos sont étiquetées et certaines personnes sont identifiées.

Les rennes sont utilisés comme animaux de trait depuis des centaines d’années. Ici, nous voyons des éleveurs et des rennes attelés à des traîneaux, possiblement sur l’île Richards (T.N. O.), vers 1942. (MIKAN 4326743)

Plusieurs tentatives d’introduire le renne à Terre-Neuve et sur l’île de Baffin ont été, au début, couronnées de succès, mais le plus bel example a été l’expérience menée en Alaska. Le gouvernement américain, pressé par des groupes de missionnaires, a acquis 1 200 rennes sibériens de la Russie entre 1892 et 1902. Un autre petit troupeau a été acheté en Norvège et envoyé en Alaska. Un groupe d’éleveurs lapons et des membres de leurs familles ont été embauchés pour s’occuper des animaux et enseigner aux populations indigènes l’élevage de ces bêtes.

Le gouvernement du Canada s’est alors penché sur les résultats de l’expérience américaine. En 1919, on lançait une commission d’enquête parlementaire sur le renne et le bœuf musqué. La croissance fulgurante du troupeau d’Alaska fut impressionnante, on retrouve alors plusieurs centaines de milliers de chevreuils répartis dans une centaine de troupeaux et plusieurs centaines de propriétaires et d’éleveurs indigènes locaux sont engagés dans cette entreprise. On avait dorénavant accès à de la viande fraîche pour consommation sur place et l’on en vendait aussi à profit aux États du Sud.

Photographie en noir et blanc d’un collage d’album à photos. Il y a quatre photographies montrant des carcasses de rennes et des peaux mises à sécher.

La viande de renne mise à sécher sur des tréteaux et soulevée au moyen d’un palan, possiblement à Elephant Point, en Alaska, et sur l’île Richards (T.N. O.), 1938. (MIKAN 4326727)

De nombreux groupes ont insisté pour que le gouvernement du Canada prenne des mesures, il en a résulté des plans visant à acheter un troupeau de l’Alaska et à l’implanter dans un lieu approprié dans les Territoires du Nord-Ouest. Deux botanistes du ministère de l’Intérieur ont cherché un emplacement avec de bons pâturages et ont recommandé qu’on établisse un bureau central (qui deviendra la « Reindeer station » [poste de renne]) à l’est du delta du fleuve Mackenzie. On signera alors un contrat avec l’entreprise Loman Bros. Company en vue d’acheter et de faire livrer 3 515 animaux au coût de 150 $ la bête. On s’attendait à parcourir 1 500 milles en 18 mois pour apporter le troupeau, mais, fait incroyable, il aura fallu cinq ans et parcourir le double de la distance pour arriver à bon port. En mars 1935, Andy Bahr et son groupe ont livré 2 370 rennes. Peu après naissaient 811 faons, ce qui a fait grimper le nombre total final tout près de la quantité commandée.

Photographie en noir et blanc d’un collage d’album à photos. Il y a quatre photographies montrant des troupeaux de rennes. Certaines photographies ont été prises de loin, d’autres ont un plan rapproché du troupeau.

Des troupeaux de rennes dans une aire d’estivage et dans un corral, probablement à la baie de Kidluit, sur l’île Richards (T.N. O.), 1941. (MIKAN 4326736)

Les succès du début ont fait place à une série de revers, dont le point culminant a été le décès de quatre propriétaires inuits et d’un éleveur lapon lors d’un accident de navigation en 1944. Il devint plus difficile de convaincre les chasseurs inuits traditionnels d’abandonner leur mode de vie habituel pour adopter la vie souvent solitaire et monotone d’un éleveur. Il arrivait que des mois d’efforts soient anéantis au simple passage d’une tempête ou par des prédateurs qui faisaient une razzia, causant la perte d’un grand nombre d’animaux.

Photographie en noir et blanc d’un groupe d’hommes debout autour d’une petite loge à passerelles pour les rennes.

Les Inuits ont été, dès les débuts, les propriétaires et employés des premières entreprises consacrées à l’élevage du renne à la baie de Kidluit (T.N. O.). (MIKAN 3406119)

Comme ce fut le cas pour d’autres expériences canadiennes, le projet des rennes n’a pas connu le succès de l’initiative menée en Alaska. Les troupeaux sous la garde des Inuits ont été remis au gouvernement, et le Service canadien de la faune a géré les activités jusqu’en 1974, date à laquelle ils furent vendus à des intérêts privés, Canadian Reindeer Ltd. (en anglais seulement). Encore à ce jour, les activités relèvent du secteur privé. Bien que les ambitions des premiers promoteurs n’aient pas été couronnées de succès, les efforts déployés constituent un volet intéressant qui s’inscrit dans l’histoire du Nord du Canada.

Ressources connexes

Les collections de Bibliothèque et Archives Canada comprennent des centaines de documents et de photographies qui révèlent encore plus de détails en lien avec l’expérience sur le renne au Canada. Pour accéder à ces ressources, vous pouvez consulter les sources suivantes :

Sources gouvernementales

Documents de premiers ministres

Documents de source privée

Bibliothèque et Archives Canada diffuse sa plus récente émission de baladodiffusion, « Explorer le passé familial : la généalogie au Canada »

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) diffuse sa plus récente émission de baladodiffusion : « Explorer le passé familial : la généalogie au Canada ».

Dans cette émission, les conseillers en généalogie Sara Chatfield et Richard Lelièvre de Bibliothèque et Archives Canada se joignent à nous pour parler de la recherche en généalogie. Nous nous penchons sur la nature de cette science, les éléments qui la composent et le point de départ d’un projet dans ce domaine. Nous suggérons des ressources utiles et expliquons l’aide que Bibliothèque et Archives Canada peut vous apporter dans vos recherches en généalogie.

Pour écouter nos émissions de baladodiffusion, abonnez-vous au fil RSS ou iTunes, ou rendez-vous tout simplement à Balados – Découvrez Bibliothèque et Archives Canada : votre histoire, votre patrimoine documentaire. Pour en savoir plus, communiquez avec nous à balado@bac-lac.gc.ca.

Jean Talon, intendant de la Nouvelle-France, 1665-1672

Au début des années 1660, la Nouvelle-France connaît une situation difficile, affaiblie par les luttes qui durent depuis 20 ans contre les Iroquois et le pouvoir très étendu du gouverneur. Il est temps de réorganiser la Nouvelle-France et Louis XIV et son ministre responsable des colonies, Jean-Baptiste Colbert, décident d’intervenir. En 1663, la Nouvelle-France devient une propriété royale, les pouvoirs du gouverneur sont réduits et l’administration de la colonie est réorganisée. Un rôle important est confié à l’intendant comme représentant du roi, pour l’administration de la justice, de la police et des finances.

Le 23 mars 1665, Louis XIV nomme Jean Talon au poste d’intendant. Âgé de près de 40 ans, cet homme instruit chez les Jésuites à Paris, a une excellente réputation comme administrateur ayant occupé différents postes dans l’administration militaire française avant de devenir intendant du comté du Hainaut en 1655.

Talon va occuper le poste de 1665 à 1668 et de 1670 à 1672; les nombreuses mesures qu’il met en place vont améliorer grandement la situation de la colonie. Il vise tout d’abord à accroître la population en favorisant l’immigration, en encourageant et soutenant les familles nombreuses, en forçant les célibataires à se marier, en faisant venir les filles du roi, en incitant les soldats à s’établir dans la colonie après leur service militaire, etc.

Une aquarelle montrant une scène intérieure. Plusieurs personnes sont debout au tour d’un personnage centrale (Jean Talon). Dans l’arrière-plan, on voit une cheminée avec feu et une marmite, une femme et son bébé, ainsi qu’un vieillard assis sur un banc.

Jean Talon visitant les colons, peint par Lawrence Batchelor en 1931 (MIKAN 2896077)

Il essaie de sédentariser la population en facilitant l’accès aux terres mais aussi en obligeant les colons à les occuper. Les contrats de concession vont désormais comporter des clauses précises comme de défricher et de « tenir feu et lieu » dans un délai de 12 mois et l’interdiction de vendre avant qu’il n’y ait une maison de bâtie et deux arpents de défrichés.

Talon voit aussi à la réorganisation du système judiciaire; il diminue le nombre de procès en privilégiant les accommodements, les règlements à l’amiable et demande que les causes de première instance lui soient directement présentées.

Sur le plan économique, Talon est un visionnaire : il rêve de manufactures en Nouvelle-France produisant des textiles, du cordage, du goudron, de la potasse, du savon, etc. Il fait de l’exploration minière dans la région de Trois-Rivières, prélude aux forges du Saint-Maurice du XVIIIe siècle, s’efforce de créer un réseau d’alliances pour la traite des fourrures, sans parler de la brasserie qu’il construit à Québec pour la production de bière locale. À son départ, le visage de la Nouvelle-France avait grandement changé!

Bibliothèque et Archives Canada conserve plusieurs copies de documents historiques rédigés par Talon, notamment ses mémoires et observations sur l’état de la colonie, correspondances, ainsi que les recensements tenus en 1666 et 1667.

La Rébellion du Nord-Ouest (Rébellion de la Saskatchewan)

Peu d’événements célèbres dans notre histoire nationale suscitent autant de débats et d’opinions aussi tranchées que les conflits de 1870 et de 1885 entre les Métis de l’Ouest canadien et le gouvernement du Canada. Divers noms sont associés à ces deux épisodes, et leur mention reflète souvent les allégeances, les opinions, voire la partialité de l’auteur. Aujourd’hui, nous nous penchons sur l’application de termes tels que rébellion, résistance, insurrection et conflits.

Une caricature illustrant Louis Riel avec les ailes d’un ange, une queue de diable et une auréole, quelque peu en retrait. Il a une tige de feuille d’érable dans la bouche, comme s’il s’agissait d’un brin d’herbe.

Louis Riel dépeint comme un diable avec les ailes d’un ange, par Dale Cummings (MIKAN 3018796)

Sans doute que le débat sur les événements de 1870 et de 1885, sur Louis Riel et sur la place qu’occupent les Métis dans notre histoire et la société canadienne contemporaine a eu un effet durable sur notre conscience nationale. En mars 1885, on peut lire dans un article paru dans le Globe de Toronto : « Rares sont les hommes à avoir été la cause de deux rébellions. Dans l’histoire du Dominion, Sir John Macdonald et son ami Riel sont les deux seuls à avoir mérité cette distinction. » [traduction]

Reproduction en noir et blanc d’une coupure de journal du Globe de Toronto en 1885. Il s’agit d’un article sur la Rébellion du Nord-Ouest.

Coupure de journal du Globe de Toronto, 1885 (MIKAN 521291)

Afin de nous situer en contexte, on assiste, durant les années 1870, à la disparition des troupeaux de bisons, beaucoup de Premières Nations sont au bord de la famine. Quant aux Métis, l’extinction des bisons desquels ils dépendaient eux aussi leur apporte un lot d’épreuves, alourdies, par la suite, par la fin du commerce de la fourrure.

Les Métis des Territoires du Nord-Ouest étaient d’avis que le Conseil du Nord-Ouest en place ne représentait pas leurs intérêts. Ils désiraient obtenir d’Ottawa la garantie que les titres de leurs lots de colonisation riverains et de leurs fermes seraient protégés advenant l’arrivée de vagues de colons.

Les Métis ont envoyé plus de 70 pétitions à Ottawa afin de leur faire part de leurs doléances, sans jamais recevoir de réponse. Aux yeux des Métis, le gouvernement fédéral était indifférent à leur tentative de régler les différends territoriaux et de protéger les droits des occupants.

Arrivés depuis peu dans les Territoires du Nord-Ouest, des colons blancs frustrés attendaient aussi leurs titres de propriété, car ils en avaient besoin pour obtenir des prêts et apporter des améliorations à leurs fermes. Entre-temps, un sentiment généralisé d’insatisfaction au regard des traités des Premières Nations et la pauvreté croissante ont poussé le chef Big Bear, de la tribu des Cris des plaines, à vouloir renégocier les modalités des traités. De fait, les problèmes et les doléances des Premières Nations étaient nettement différents de ceux des Métis et des colons blancs, hormis leur impression commune que le gouvernement d’Ottawa était indifférent, distant et impérialiste.

En conséquence, les Métis ont décidé de résister aux mesures prises ultérieurement par le gouvernement fédéral. Lorsque Louis Riel a organisé un gouvernement provisoire « illégal », cela a incité Ottawa à affirmer sa souveraineté dans les Territoires du Nord-Ouest.

Gravure en noir et blanc tirée du Illustrated London News, 1885. L’esquisse montre une colonne de soldats qui marchent dans un paysage hivernal.

Rébellion dans les Territoires du Nord-Ouest du Canada : Des troupes coloniales marchant sur les glaces de la baie Nipigon, dans le lac Supérieur, tiré du Illustrated London News, 1885 (MIKAN 2933970)

La Rébellion du Nord-Ouest (ou Rébellion de la Saskatchewan), un violent soulèvement contre le gouvernement canadien qui dura cinq mois, menée surtout par des militants métis et des Premières Nations alliées.

Dessin à la plume (recouvrant les traits de crayon) illustrant un combat en forêt, les Métis se trouvant derrière une barricade et tirant sur l’armée britannique en approche. Les Métis sont bien moins nombreux.

Bataille de Batoche, 1885, par Charles William Jefferys (MIKAN 2835223)

Les Métis essuieront une défaite à la bataille de Batoche (aujourd’hui la Saskatchewan), mettant pratiquement fin à la Rébellion du Nord-Ouest. Pour bien des personnes, dont Louis Riel et le chef Big Bear, les conséquences ont été immédiates et directes.

Photographie en noir et blanc d’un homme assis, enveloppé d’une couverture. Il regarde directement le viseur.

Chef Big Bear, 1886, par William Topley (MIKAN 3358338)

Les communautés métisses et celles des Premières Nations allaient souffrir des conséquences graves et durables des événements de 1885. De plus, les relations entre les francophones et les anglophones et les peuples autochtones et non autochtones allaient rester tendues pendant quelques années.

Un ajout récent à la collection de livres rares

Une collection de 500 livres publiés avant 1800 a été récemment relocalisée dans la chambre forte des livres rares à Bibliothèque et Archives Canada pour y être conservée en permanence. Cette chambre forte offre des conditions environnementales optimales garantissant la préservation adéquate de cette collection très spéciale au bénéfice des générations futures. Avant leur transfert à Bibliothèque et Archives Canada, ces livres appartenaient à la Bibliothèque du Parlement. La majeure partie de la collection est constituée d’ouvrages publiés en Angleterre ou en France, et beaucoup de ces oeuvres comprennent plusieurs volumes. Les sujets traités vont de la géographie à l’histoire, en passant par le théâtre et les essais.

Photographie couleur montrant des rangées de livres sur une étagère. Chaque livre est identifié par une bande de papier portant une cote topographique.

Emplacement permanent dans la chambre forte des livres rares.

À propos de la collection

La plupart des livres possèdent une reliure du 18e siècle, entièrement ou partiellement en cuir, fabriquée à la main. La collection comprend également certains ouvrages reliés en papier, en tissu ou en parchemin. Les livres sont ornés de dorures et de titres complexes, et sont souvent rehaussés de papier marbré aux motifs originaux et très étonnants, utilisé généralement comme page de garde.

Photographie couleur d’un livre ouvert montrant un somptueux papier marbré servant de page de garde.

Détail d’un papier marbré.

Collage photographique en couleur de quatre estampilles représentant un castor, illustrant les différents styles d’estampilles que l’on retrouve sur les livres.

Le « castor » de la Bibliothèque du Parlement estampillé sur le dos de plusieurs livres. Le style et les motifs complexes du castor ont évolué au fil des ans, mais la marque bien connue demeure facilement identifiable.

État de conservation des livres

Avant d’être ajoutés à la collection de livres rares, plusieurs de ces ouvrages ont subi des dommages dus à différents facteurs tels que l’humidité, la température, la lumière et la poussière. Quelques livres sont en excellent état, avec une reliure et un bloc de feuilles parfaitement intacts, mais plusieurs sont endommagés et montrent des signes de détérioration. Certains volumes ont été abimés par l’eau et le feu, ou contiennent des traces d’infestation d’insectes ou de rongeurs nuisibles, alors que d’autres sont affaiblis et détériorés par des siècles de manipulation.

Pourriture rouge et détérioration du cuir

Un fort pourcentage de la collection (environ 90 %) présente une détérioration du cuir plus ou moins grave. Dans certains cas extrêmes, les conservateurs l’identifient à de la pourriture rouge. Ce genre de détérioration est un problème qui touche fréquemment les cuirs de cette époque, car les tanins utilisés dans leur processus de fabrication contiennent des produits chimiques qui, avec le temps et au contact de l’oxygène, subissent une transformation chimique qui détruit la structure moléculaire du cuir. Ce phénomène provoque un affaiblissement du cuir qui s’effrite et se transforme en poudre.

Photographie couleur d’une main gantée tenant un livre portant des signes évidents de pourriture rouge. Le gant et la manche sont couverts d’une fine poussière brun-rouge.

Un exemple de pourriture rouge — cette expression décrit la poudre rougeâtre qui apparaît à la surface d’une reliure de cuir gravement endommagée.

Prochaines étapes pour cette collection

Il y a tant à apprendre de cette collection de magnifiques livres anciens. Ne manquez pas nos prochains billets portant sur l’inventaire physique de la collection, comprenant une description détaillée de son état de conservation, des divers traitements de conservation requis, de la composition matérielle des livres, des types de décorations, etc. Consultez aussi le blogue suivant, qui explique en détail les étapes à entreprendre pour préserver cette remarquable collection.

Bibliothèque et Archives Canada diffuse sa plus récente émission de baladodiffusion, « Celia Franca : M’accordez-vous cette danse? »

Bibliothèque et Archives Canada diffuse sa plus récente émission de baladodiffusion, « Celia Franca : M’accordez-vous cette danse? ».

Découvrez l’histoire de Celia Franca, une femme qui a consacré sa vie entière à la danse. C’est à elle qu’on doit la création du Ballet national du Canada, aujourd’hui célèbre dans le monde entier, et c’est aussi grâce à elle que les premiers spectacles de danse dignes de l’élite mondiale sont exécutés au Canada. Dans cette émission, les archivistes Michel Guénette et Théo Martin ainsi que l’archiviste adjointe Judith Enright‑Smith, tous trois de Bibliothèque et Archives Canada, nous parlent de Celia Franca et des ressources sur la danse qui sont mises à la disposition des chercheurs par Bibliothèque et Archives Canada.

Pour écouter cette émission, vous pouvez vous abonner au fil RSS ou iTunes, ou tout simplement visiter le site Web Balados – Découvrez Bibliothèque et Archives Canada : votre histoire, votre patrimoine documentaire.

Les formes de communication matérielles autochtones

Bien avant l’arrivée des colons européens en Amérique, les Autochtones avaient développé des systèmes de communication qui ne nécessitaient pas les formes écrites ou imprimées en usage en Europe ou en Asie. En effet, bien qu’il soit généralement reconnu que les Amérindiens avaient autrefois recours au passé essentiellement par la voie de l’oralité, on sait également qu’ils se servaient aussi de moyens matériels à diverses occasions, notamment : pour communiquer de l’information, pour transmettre des connaissances, pour commémorer des événements, pour identifier certains titres, positions sociales et liens familiaux, pour se remémorer certains concepts, chants et cérémonies et pour situer les événements passés dans le temps et dans l’espace.

Les différents modes de transmission culturelle préconisaient les dessins et symboles afin d’exprimer une idée ou de partager une information. Les pictogrammes (dessins stylisés fonctionnant comme un signe et représentant quelque chose par un symbole) étaient peints, dessinés, tracés, sculptés ou tissés en utilisant différents matériaux. Les thèmes, représentés par l’agencement des couleurs, des dimensions et de différents arrangements, décrivaient souvent la chasse, la guerre et le monde surnaturel.

Rédigé par un jésuite français en 1666, ce Mémoire au sujet des neuf familles qui composent la nation iroquoise renferme des dessins et les explications qui dévoilent comment les Iroquois utilisaient des pictogrammes pour transmettre de l’information sur des clans familiaux, des expéditions guerrières en cours, le nombre de blessés, etc.

Ces systèmes autochtones de communication se matérialisaient notamment sur des rouleaux d’écorce et des peaux de bêtes, des mâts totémiques ou sur les parois rocheuses (ces gravures rupestres se nomment pétroglyphes). On sait aussi que les Iroquois utilisaient – et utilisent toujours – des cannes cérémonielles particulières, lesquelles sont couvertes de motifs représentant les cinquante chefs de la confédération haudenosaunee; ou encore que les Amérindiens se servaient parfois de bâtonnets de diverses tailles et arborant différentes marques pour se rappeler ce dont ils devaient discuter lors des rencontres et conseils. IIs faisaient aussi parfois des encoches sur les arbres pour révéler des détails à propos de leurs déplacements sur le territoire par exemple.

Photographie noir et blanc montrant cinq totems sculptés en bois. En arrière-plan, on voit des maisons et des montagnes.

Totem à Kitwanga, Colombie-Britannique (MIKAN 3587914)

Puisque les signes et les symboles servaient surtout d’aide-mémoires illustrant des concepts, ils ne renvoyaient pas à des mots spécifiques de la langue parlée; ceux-ci ne pouvaient donc pas être lus de la même façon qu’on lirait un texte.

Puisque les signes et les symboles servaient surtout d’aide-mémoires illustrant des concepts, ils ne renvoient pas à des mots spécifiques de la langue parlée; ceux-ci ne peuvent donc pas être lus de la même façon qu’on lirait un texte. Tout aussi valides et fiables que l’écrit, ces procédés mnémotechniques ont entre autres l’avantage de pouvoir transmettre de l’information entre individus de langues différentes. En effet, n’importe qui sachant reconnaître et décoder les icônes et les symboles peut déchiffrer et comprendre le sujet du message, un peu comme les panneaux de signalisation routière aujourd’hui.