Hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria : lieutenant Edward Donald Bellew et sergent-major de compagnie Frederick William Hall

Le second épisode dans le cadre du centenaire de la Première Guerre mondiale : la série Hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria rappelle les actions du lieutenant Edward Donald Bellew et du sergent-major de compagnie Frederick William Hall.

Lieutenant Edward Donald Bellew, VC

Le 24 avril 1915, le lieutenant Edward Donald Bellew, un officier âgé de 32 ans faisant partie du 7e (1st British Columbia) Bataillon, combattait près de Keerselaere, en Belgique, sur le saillant d’Ypres pour repousser les assauts des Allemands contre le front allié après que l’armée allemande ait utilisé le gaz toxique pour la première fois avec succès.

Alors que ses frères d’armes tombaient tout autour, soit tués soit blessés, et sans l’espoir d’une relève, le lieutenant Bellew opérait une des deux mitraillettes du bataillon. Lui et le sergent Hugh Pearless sont restés aux commandes de leur mitraillette, positionnés en hauteur et surplombant les troupes allemandes qui avançaient, même s’ils étaient presque complètement encerclés par l’ennemi.

La citation visant à décerner la croix de Victoria au lieutenant Bellew parue dans le London Gazette décrit que même si le sergent Pearless était tombé au combat et que le lieutenant Bellew était blessé, ce dernier « a soutenu le tir jusqu’à épuisement des munitions et que l’ennemi se rue sur sa position. Le lieutenant Bellew s’est alors emparé d’un fusil, a détruit la mitraillette et s’est battu jusqu’à la fin, avant d’être fait prisonnier » [traduction] (London Gazette, no 31340, le 15 mai 1919) (en anglais seulement). Pour ses actions, on a décerné au sergent Pearless la Médaille de conduite distinguée à titre posthume.

Reproduction en noir et blanc d’un compte rendu dactylographié du 7e Bataillon d’infanterie du Canada durant la période à laquelle le lieutenant Bellew a posé les actions qui lui ont mérité la croix de Victoria.

Extrait du journal de guerre – 7e Bataillon d’infanterie du Canada (MIKAN 1883213)

Le lieutenant Bellew sera prisonnier de guerre en Allemagne jusqu’en décembre 1917, lorsque, à cause des effets permanents du gaz à Ypres, il sera transféré en Suisse. Peu de temps après la fin de la guerre, en décembre 1918, il sera rapatrié en Angleterre, où il restera deux mois dans un hôpital avant de revenir au Canada. Il retourne en Colombie‑Britannique et œuvre comme ingénieur civil. Il meurt à Kamloops le 1er février 1961.

Sergent-major de compagnie Frederick William Hall, VC

Dans la nuit du 23 avril, au cœur des combats féroces qui se déroulent sur le saillant d’Ypres, le sergent-major de compagnie Hall du 8e Bataillon, Corps expéditionnaire canadien, comprend que plusieurs hommes de sa compagnie manquent à l’appel. Deux fois cette nuit-là, alerté par les plaintes des blessés, il s’avance dans le « no man’s land » afin de récupérer les blessés. Tôt le matin du 24, lorsqu’un soldat blessé appelle à l’aide à 15 verges de sa tranchée, le lieutenant Hall et deux autres personnes, le caporal suppléant John Arthur Kenneth Payne et le soldat John Rogerson, rampent jusqu’à sa hauteur. Lorsque les militaires Payne et Rogerson sont tous deux blessés, le sergent-major de compagnie Hall persévère afin de sauver les blessés.

Photographie en noir et blanc d’un jeune soldat, en uniforme militaire, arborant une moustache et assis sur une chaise.

Sergent-major Frederick W. Hall, VC (MIKAN 3216472)

La citation du sergent-major de compagnie Hall parue dans le London Gazette (en anglais seulement) relate qu’après l’échec de sa première tentative, « le sergent-major de compagnie Hall s’est repris une seconde fois faisant preuve d’une grande bravoure et, alors qu’il soulevait l’homme blessé pour le ramener, Hall s’est effondré, frappé mortellement à la tête » [traduction]. Le soldat que Hall tentait de sauver a aussi été tué.

Dessin d’une carte des tranchées où le 8e Bataillon d’infanterie du Canada s’était engagé lors de la première bataille d’Ypres.

Carte tirée du journal de guerre du 8e Bataillon d’infanterie du Canada. (MIKAN 1883215)

Frederick William Hall et les deux autres médaillés de la croix de Victoria, Leo Clarke et Robert Shankland, vivaient sur la rue Pine à Winnipeg (Manitoba) avant la guerre. En 1925, la rue Pine est renommée « Valour Road » pour honorer les trois hommes.

Bibliothèque et Archives Canada a la garde du dossier des états de service du Corps expéditionnaire canadien pour le lieutenant Edward Donald Bellew et le sergent-major de compagnie Frederick William Hall.

 

Centenaire de la Première guerre mondiale – hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria : caporal suppléant Frederick Fisher, VC

Le premier profil de la série Centenaire de la Première guerre mondiale – hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria rend hommage au caporal suppléant Frederick Fisher, de St. Catharines (Ontario).

Coupure de journal d’une photographie à l’aspect granuleux du caporal suppléant Fisher accompagnée de la légende suivante : « Le caporal suppléant F. Fisher (13e Bataillon du Canada) qui a reçu la VC. Sa bravoure lui a coûté la vie. Deux de ses frères sont dans l’Armée » [TRADUCTION LIBRE].

Caporal suppléant F. Fisher, V.C. (MIKAN 3215642)

À l’âge de 20 ans, le caporal suppléant Fisher était affecté à la section de mitrailleuses du 13e Bataillon, Royal Highlanders of Canada, lorsque la seconde bataille d’Ypres a débuté le 22 avril 1915.

Affiche en couleur de l’Union Jack (drapeau de l’Union royale) présenté de côté et accompagné d’un avis de recrutement pour les 13e, 42e  et 73e bataillons, connus comme le Royal Highlanders of Canada et alliés avec la Black Watch.

Affiche servant à recruter des membres du Royal Highlanders (MIKAN 3635556)

Ce jour-là, l’armée allemande avait répandu du chlore gazeux sur un front de plus de 6,5 kilomètres, surtout dans une portion tenue par des troupes françaises coloniales et territoriales. Lors de cette attaque, les Français, qui étaient sur le flanc gauche des Canadiens, ont essuyé 6 000 pertes en 10 minutes et bon nombre des militaires qui n’avaient pas été importunés sur le fait se sont enfuis. Les troupes canadiennes de la 1re Division se sont déplacées pour refermer l’immense brèche qui s’était ainsi formée sur le front.

Reproduction d’une page dactylographiée décrivant les activités des troupes durant la période du 22 avril au 30 avril 1915.

Extrait des journaux de guerre du 13e Bataillon d’infanterie du Canada entre le 22 avril et le 30 avril 1915 (MIKAN 1883219)

Le jour suivant, alors que les mesures de défense autour de lui avaient été anéanties, le caporal suppléant Fisher et six autres hommes ont foncé avec une mitrailleuse et ont empêché l’infanterie allemande d’avancer en les maintenant sous un feu nourri. Ce faisant, on a pu retirer les canons de campagne canadiens de 18 livres. Quatre des défenseurs sont morts durant cette opération. Plus tard le même jour, le caporal suppléant Fisher et quatre hommes du 14e Bataillon sont encore sortis pour faire feu sur les troupes allemandes qui avançaient. Le médaillé sera le seul homme à survivre à l’engagement. Il mourra plus tard le même jour, alors qu’il tentait une fois de plus de repousser l’attaque allemande.

La citation dans le London Gazette, parue le 23 juin 1915, relate que le caporal suppléant Fisher « a avec beaucoup de chevalerie aidé à couvrir la retraite d’une batterie » [TRADUCTION LIBRE] (London Gazette, no 29202) [en anglais seulement]. Tout comme de nombreux soldats canadiens qui sont morts dans les premiers jours de la seconde bataille d’Ypres, le corps du caporal suppléant n’a jamais été récupéré. Son nom figure sur le mémorial de la Porte de Ménin rendant hommage aux disparus à Ypres, aux côtés du nom de plus de 54 000 autres soldats de la Bretagne, de l’Australie, du Canada et de l’Inde qui n’ont pas de sépulture connue. Sa croix de Victoria est conservée au Canadian Black Watch Museum (en anglais seulement), à Montréal.

Bibliothèque et Archives Canada a la garde du dossier des états de service du Corps expéditionnaire canadien pour le caporal suppléant Frederick Fisher.

Images du Canada à Ypres maintenant sur Flickr

Ypres, la dernière grande ville belge contrôlée par les Alliés pendant la Première Guerre mondiale, protège les ports français sur la Manche et doit à ce titre être défendue à tout prix. Les Forces canadiennes jouent un rôle crucial au cours de nombreux combats qui se déroulent dans la ville et les environs.

Centenaire de la Première guerre mondiale – hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria : la deuxième bataille d’Ypres

Au cours de la première semaine d’avril 1915, des membres de la 1re Division canadienne, qui comprend bon nombre des tout premiers volontaires de la guerre, quittent Béthune (France) pour se déployer plus au nord, sur la partie active du front, près d’Ypres. Cette ville belge fondée au Moyen‑Âge est le théâtre de l’une des premières et des plus sanglantes batailles de 1914 en raison de sa grande importance stratégique. Quand le front se stabilise en novembre 1914, les Alliés progressent autour de la ville et forment dans les lignes allemandes un saillant entouré de terrains surélevés de trois côtés.

Le 22 avril 1915, les Allemands, déterminés à éliminer le saillant, utilisent les premières armes chimiques de l’histoire lorsqu’ils lancent 160 tonnes de chlore gazeux sur le front allié. Les membres de la 1re Division canadienne, arrivés dans leur tranchée il y a à peine une semaine, tentent désespérément de défendre un trou de 6,5 kilomètres dans les lignes alliées, car la division française située à leur gauche succombe devant la nouvelle arme allemande. Le chlore gazeux s’imprègne dans le sol et remplit les tranchées, obligeant les troupes à faire une sortie et à s’exposer au feu des mitrailleuses et de l’artillerie.

Photo noir et blanc d’une ville ravagée par la guerre. Une colonne de troupes composée majoritairement d’hommes à cheval traverse la ville.

Photo de la ville d’Ypres détruite, avec la cathédrale, les Halles aux Draps et des troupes canadiennes qui circulent, en novembre 1917 (MIKAN 3194491)

Photo noir et blanc d’un édifice gothique richement décoré et des édifices adjacents.

La cathédrale et les Halles aux Draps à Ypres avant la Grande Guerre (MIKAN 3329077)

Les troupes allemandes progressent, mais elles n’ont prévu qu’une offensive limitée et ne sont pas assez protégées contre leurs propres armes chimiques pour profiter de la percée réalisée sur le front. Tout au long de la nuit et pendant plusieurs jours, les troupes canadiennes et britanniques combattent pour tenir le front. Les Canadiens organisent une contre‑attaque à Bois‑des‑Cuisinières et participent à de terribles combats à Saint‑Julien : leurs fusils fabriqués au Canada s’enrayent dans la boue, et les soldats, très malades, manquent d’air. Ils réussissent pourtant à résister jusqu’à l’arrivée des renforts, le 28 avril. Les pertes sont épouvantables : la 1re Division canadienne perd 6 035 soldats, soit le tiers de son effectif, avant l’arrivée de la relève. Presque tous étaient des civils quelques mois auparavant.

C’est à la deuxième bataille d’Ypres que les Canadiens font connaissance avec les horreurs de la guerre moderne. Ils continueront pourtant à se développer au point de gagner l’admiration des Forces alliées.

Du 23 au 25 avril, dans le cadre de la série Centenaire de la Première guerre mondiale – hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, nous raconterons les histoires du caporal suppléant Frederick Fisher, du lieutenant Edward Donald Bellew, du sergent‑major de compagnie Frederick William Hall et du capitaine Francis Alexander Caron Scrimger.

Explorer l’album Flickr – Canada à Ypres

Les carnets de croquis de William Redver Stark : marques et papier

Dans cette partie de l’examen des carnets de croquis, nous examinerons deux facettes additionnelles de l’ordre des pages. La première partie observera les marques laissées par les instruments de l’artiste sur le papier à dessin; la seconde examinera le papier et les techniques de reliure dans les carnets de croquis.

Marques laissées par les outils

Lorsqu’un artiste dessine ou fait des esquisses, ses outils laissent fréquemment des marques profondes sur les pages. Ces marques sont de précieux indicateurs visuels qui permettent de remettre dans l’ordre des pages mélangées. Les empreintes que l’on aperçoit sur la surface du papier apparaissent comme le modèle répétitif d’une marque d’une page à la suivante.

Photographie en couleur montant un carnet de croquis qui a des marques profondément enfoncées sur l’une des pages.

Marques du crayon de l’artiste; vue du verso du dessin.

D’autres exemples de marques laissées sur la surface d’un papier sont les types de reliures qui sont utilisés par le relieur. Par exemple, lorsqu’un bloc de feuillets est cousu, le relieur appliquera une colle sur le dos. Il est possible qu’il applique trop de colle et celle-ci déborde alors de certains des trous percés pour la reliure et forme une goutte de colle à l’intérieur du feuillet au centre. Lorsqu’elle a séché et durci, la goutte peut faire une marque sur la page adjacente.

Photographie couleur montrant l’intérieur d’un feuillet; la goutte de colle est parfaitement visible avec la marque correspondante sur la page suivante.

Le résidu de colle de la structure de la reliure qui a débordé sur le feuillet du centre en laissant une marque en miroir.

Les rubans et les fils de couture utilisés dans une reliure peuvent également laisser des marques sur les pages. Les rubans de couture sont collés sous le papier des contreplats. Ils laissent souvent une marque miroir répétitive du ruban, ce qui permet de déterminer l’ordre des pages près du début ou de la fin d’un carnet de croquis. Les marques de fil de couture que l’on retrouve sur les pages détachées peuvent également fournir un bon indice pour déterminer les feuilles de papier qui se trouvent dans le feuillet au centre d’une section.

Photographie couleur montrant le dos détaché d’un carnet de croquis. La marque du ruban de couture est parfaitement visible sur la garde collée et la première page du feuillet.

Détail d’un ruban de couture situé sous la garde collée et de la marque laissée sur la page suivante.

Photographie couleur montrant un carnet de croquis ouvert posé à plat sur une table. Une alène indique les marques du fil à coudre sur le papier.

Transfert visible de la marque du fil de couture sur le papier.

Analyse des pages et du papier

Un bon nombre des carnets de croquis de Stark ont une légère déformation qui est graduelle, convexe et concave et qui s’étend à travers ou le long du bord des pages. Ce gondolage se produit lorsque des carnets de croquis sont dans un environnement très humide. Ici, l’humidité cause une distorsion permanente des pages.

Photographie couleur montrant une vue verticale d’un carnet de croquis; les sections du bas sont clairement déformées et ondulées alors que celles du haut sont parfaitement plates.

Un exemple de gondolage et d’ondulation de la première des trois sections du carnet de croquis que l’on ne retrouve pas dans les deux dernières sections.

L’un des carnets de croquis était déformé le long du bord de trois sections. Les bords ondulés s’adaptaient parfaitement les uns aux autres uniquement lorsque les pages étaient placées dans la bonne position. Ceci nous a donné la vérification requise pour l’orientation et l’ordre adéquats des pages.

Techniques de reliure

Le papier peut également révéler d’autres indices permettant de déterminer l’ordre des pages. Une façon de confirmer l’ordre des pages est d’examiner de près les techniques de reliure, ce qui fournit des preuves très utiles.

Lorsque les pages sont d’abord pliées en sections, des groupes de trois à huit feuilles de papier sont pliées ensemble. Le folio à l’intérieur de la section a naturellement un pli plus aigu que chaque feuillet subséquent dans la section. Les plis deviennent moins aigus et progressivement plus larges au fur et à mesure que le nombre de feuillets par section augmente. Un examen du pli de chaque moitié de feuillet ou de feuillet complet peut permettre de déterminer l’endroit probable dans les sections : première position, ou au centre du feuillet, deuxième, troisième, quatrième position, etc. Une mesure exacte de chaque page confirme également la position.

La technique d’arrondissure et d’endossure est une autre technique de reliure qui donne une indication de l’ordre des pages. La technique est habituellement accomplie en utilisant un marteau pour façonner un dos préalablement cousu et collé. L’arrondissure et l’endossure causent une légère courbure des sections proches du dos; les sections proches du début du livre s’incurvent légèrement vers le recto; les sections centrales sont relativement plates; et les sections proches de la fin du livre s’incurvent légèrement vers le verso. L’arrondissure et l’endossure étaient parfaitement visibles dans les carnets de croquis de Stark et donnaient ainsi une indication utile de l’ordre des sections et des pages.

Photographie couleur montrant une vue en angle d’un carnet de croquis qui met en évidence la courbure produite par la technique de reliure.

Vue de la légère courbure de la section proche du début du bloc de feuillets qui indique les effets de la technique de reliure qui peuvent permettre de déterminer l’ordre exact des pages.

Dans notre prochain volet sur l’ordre des pages, nous examinerons les dates qui sont dispersées dans les différents carnets de croquis et la façon dont elles correspondent à d’autres sources d’information à Bibliothèque et Archives Canada.

Visitez nos albums Flickr ou Facebook pour voir d’autres images de l’examen de la conservation.

Vos ancêtres viennent-ils d’Angleterre?

Vous aimeriez savoir qui était votre premier ancêtre anglais, et quand il ou elle a quitté l’Angleterre et est arrivé au Canada? Êtes-vous curieux de connaître vos origines anglaises?

Si oui, le site Web de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) est un endroit idéal pour commencer votre recherche. Vous y trouverez une page consacrée à la recherche généalogique sur les Anglais. Cette page vous offre de l’information historique, du matériel publié et des documents d’archives préservés à BAC, ainsi que des liens vers d’autres sites Web et organismes. Cette page contient aussi un lien vers nos ressources sur les petits immigrés anglais. On estime que plus de quatre millions de Canadiens sont des descendants de petits immigrés anglais.

Si votre ancêtre est arrivé entre 1865 et 1935, vous trouverez peut-être son nom dans les listes de passagers.

De nouvelles aquarelles de Robert Hood documentent l’histoire du Canada dans l’Arctique

Le 16 avril 1821, le matelot Robert Hood écrit un dernier texte dans son journal. Cet officier marinier de la marine royale britannique est âgé de 24 ans. Sous le commandement du capitaine John Franklin, il participe à une expédition visant à cartographier la rivière Coppermine dans le cadre de la recherche du passage du Nord‑Ouest. Cette entrée dans le journal de Hood met fin à ses descriptions des activités quotidiennes du groupe de matelots britanniques, de voyageurs canadiens et de guides et interprètes autochtones qui parcourent, par voie terrestre, un trajet les menant du poste de traite York Factory à la rivière Coppermine en passant par Cumberland House et Fort Enterprise. Hood continue cependant de noter les conditions météorologiques et les données de navigation dans d’autres volumes, en plus de produire au moins un autre document visuel.

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) a le plaisir d’annoncer l’achat récent de quatre aquarelles qui appartenaient aux descendants de Hood.

Portraits des interprètes esquimaux de Churchill embauchés par l’expédition terrestre dans le Nord est vraisemblablement la dernière œuvre de Robert Hood qui est parvenue jusqu’à nous. L’aquarelle parachevée en mai 1821 représente Tattannoeuck (Augustus) et Hoeootoerock (Junius).

Portraits à l’aquarelle de deux jeunes Inuits, surnommés Augustus et Junius, portant des vêtements occidentaux.

Portraits des interprètes esquimaux de Churchill embauchés par l’expédition terrestre dans le Nord, mai 1821 (MIKAN 4730700)

Les trois autres aquarelles acquises ont été peintes l’année précédente, pendant l’hiver passé à Cumberland House.

En janvier 1820, Hood peint un vison qui trempe une patte dans l’eau sur une rive en pierres ainsi qu’un renard croisé capturant une souris dans la neige.

Aquarelle représentant un vison qui trempe une patte dans l’eau sur le bord d’une rivière.

Vison, le 20 janvier 1820 (MIKAN 4730702)

Aquarelle d’un renard ayant capturé une souris dans un paysage hivernal

Un renard croisé capture une souris, le 26 janvier 1820. (MIKAN 4730703)

Deux mois plus tard, Hood entreprend une randonnée vers les collines Pasquia, où il rencontre un groupe de Cris. Il est invité dans leur tente et profite de l’occasion pour dessiner une aquarelle extrêmement détaillée : Intérieur d’une tente des Indiens du Sud[titre original]. Une gravure, Intérieur d’une tente crie, est inspirée de cette image et sera publiée dans le compte rendu du capitaine John Franklin intitulé Récit d’un périple sur les côtes de la mer polaire au cours des années 1819, 1820, 1821 et 1822.

Aquarelle montrant l’intérieur d’une tente. Sept personnes sont assises autour du feu. L’une d’entre elles est une mère qui tient son enfant sur une planche porte bébé. Des fourrures ou de la viande sèchent sur un poteau disposé horizontalement, et un chaudron rempli de nourritures est placé au dessus du feu. Un fusil, un arc et des flèches sont accotés sur une paroi de la tente. Une personne mange, une autre fume la pipe et les autres semblent écouter attentivement.

Intérieur d’une tente des Indiens du Sud [titre original]  (MIKAN 4730705)

Malheureusement, Robert Hood ne verra jamais ses œuvres publiées dans le récit de Franklin. L’expédition est accablée par les conditions météorologiques extrêmes et manque de ravitaillement, au point où les membres doivent manger du lichen pour survivre. Au début d’octobre 1821, Robert Hood est trop affaibli par la faim pour continuer le voyage. Il reste à l’arrière avec deux Britanniques pendant que les autres partent chercher de la nourriture et du matériel à Fort Enterprise. Un des voyageurs, Michel Terohaute, change d’idée, quitte le groupe de Franklin et retourne au camp avec Hood. Le 23 octobre 1821, pendant que les deux autres hommes sont partis chercher à manger, Terohaute abat Robert Hood. Le capitaine John Franklin parvient à récupérer le journal et les aquarelles de Hood pour les donner à la sœur de ce dernier, qui distribuera ensuite les œuvres à ses petits‑enfants. BAC se considère chanceux d’avoir pu acquérir quatre aquarelles anciennement inconnues qui documentent une expédition essentielle dans l’histoire du Canada en Arctique.

Ressources complémentaires

Numérisation des dossiers du Corps expéditionnaire canadien – Mise à jour d’avril 2015

À ce jour, 143 613 des 640 000 dossiers sont accessibles à partir de notre base de données Soldats de la Première Guerre mondiale : 1914‑1918. S’il-vous plaît visitez la page sur la numérisation des dossiers de service du Corps expéditionnaire canadien pour plus d’information sur ce projet de numérisation.

BAC numérise les dossiers de service systématiquement, à partir de la première boîte à la boîte no 10 686, ce qui correspond à peu près à l’ordre alphabétique. Veuillez noter qu’au fil des années, le contenu de certaines boîtes a dû être déplacé. Ainsi, un nom censé avoir été numérisé se trouve peut-être maintenant dans une autre boîte qui n’a pas encore été numérisée. La plus récente boîte numérisée est la no 2057, ce qui correspond au nom « Cussons ». Veuillez s’il vous plaît vérifier la base de données régulièrement pour voir les nouveaux ajouts. Si vous avez encore des questions après avoir regardé dans la base de données, vous pouvez nous contacter directement au 1-866-578-7777 pour obtenir plus d’aide.

 

 

À bas les parasites!

Le mot « parasite » peut désigner bien des choses, mais à Bibliothèque et Archives Canada, il fait référence à un certain nombre de créatures qui menacent les collections des bibliothèques et des archives. De nombreux insectes se nourrissent de substances que l’on retrouve sur des documents, des photographies et des livres, comme la cellulose, l’amidon et la colle. De plus, les souris aiment déchirer des bouts de papier pour faire leurs nids. Les animaux nuisibles agissent si rapidement que des documents précieux peuvent subir des dommages irréversibles en peu de temps. Il est donc important de connaître ces parasites et les moyens de les éloigner.

Un simple papier de muffin mal jeté peut alimenter neuf souris qui accoucheront de cinq à dix souriceaux chacune. Il faut bien nettoyer les zones de consommation des aliments afin de les rendre moins attrayantes pour ces petits rongeurs. Des poubelles dont le couvercle est bien ajusté sont également utiles.

Le contrôle de l’humidité à l’intérieur d’un édifice est un bon moyen d’écarter les bestioles mentionnées dans le tableau ci‑dessous. À cette fin, on peut améliorer le système de chauffage, de ventilation et de climatisation qui est en place, installer des ventilateurs dans les zones humides, poser des bourrelets de calfeutrage et des joints d’étanchéité sur les portes extérieures, etc. Des déshumidificateurs dans les zones humides peuvent rendre de précieux services. Il est également essentiel de toujours enlever la moisissure dans les endroits trop humides. Un nettoyage soigneux et des pratiques d’entretien ménager adéquates aident aussi à éloigner les parasites. Si ces derniers sont déjà présents, il faut passer l’aspirateur et balayer. Si le problème persiste, d’autres mesures peuvent être envisagées : sceller les fissures dans les fondations, le ciment ou les planchers, réparer les fuites dans les tuyaux comme les éviers et les égouts de toit, etc.

Le top cinq des bestioles indésirables dans les bibliothèques et les archives :

Parasite Taille Image Notes
Psoque Psocoptera 1 mm one Les psoques mangent de l’amidon, de la moisissure et des insectes morts, surtout s’ils sont humides, car ils ont besoin de zones humides pour croître.*
Collembole nivicole Famille des entomobryidae 1 mm  two Les collemboles nivicoles envahissent un édifice en colonie et meurent rapidement. Ils forment ainsi de la moisissure et des déchets dont les autres insectes se nourrissent. Ces organismes mangent des végétaux en décompo­sition, des moisissures, des bactéries, des excréments d’arthropodes, des algues et du pollen.*
Anthrène des tapis Anthrenus verbasci De 2 à 3 mm  three three1 Les larves des anthrènes des tapis sont particuliè­rement destructrices; elles mangent des spécimens d’animaux, du poil, des plumes et des tissus de laine.
Cloporte Famille des armadillidiidae De 8 à12 mm  four Les cloportes attirent d’autres parasites et constituent une source de nourriture pour eux.*
Lépisme Lepisma saccharina De 5 à 15 mm   five Les lépismes grignotent la surface des documents et laissent des traces bien évidentes.*

*Voir les exemples de dommages ci dessous.

Exemples de dommages causés par des insectes

Photo en couleur montrant un livre dévoré par les psoques.

Infestation de psoques (Wikipedia)

Photo couleur montrant un livre rouge avec des taches blanche ou les lépismes ont grignoté le livre.

Dommages causés par des lépismes qui ont grignoté le livre (Wikipedia)

Photo en couleur montrant une migration printanière de collemboles.

Collemboles nivicoles entrés dans un édifice; ils tachent les documents et nourrissent d’autres insectes. ©Bibliothèque et Archives Canada

Photo en couleur montrant une invasion de cloportes.

Les cloportes constituent une source de nourriture pour les souris et d’autres insectes. ©Bibliothèque et Archives Canada

 

La norme RDA: une révolution dans le monde du catalogage !

On vit une véritable révolution dans le domaine du catalogage! Depuis 2010, la norme RDA (Ressources : Description et accès) est la nouvelle norme internationale en matière de description. Des institutions comme Bibliothèque et Archives Canada (BAC), la Bibliothèque du Congrès, les bibliothèques nationales britannique et allemande et d’autres comités nationaux et internationaux (des employés de BAC font partie du Comité canadien de catalogage, par exemple) ont travaillé conjointement à son élaboration pendant plusieurs années. BAC a commencé à mettre en œuvre la RDA à la fin de 2012, et toute la section du catalogage poursuit ses efforts. Des centaines d’heures de travail ont été investies dans des formations, des réunions, des recherches et des lectures individuelles, ainsi que des discussions et des consultations informelles en équipe. En effet, nous devons repenser bon nombre de nos politiques et de nos pratiques pour nous adapter aux nouvelles philosophies et règles de description de la RDA.

En quoi la RDA est‑elle si différente?

Il y a toujours eu des normes et des règles pour régir la description, certes, mais celles que nous utilisions avaient été établies avant l’apparition de la multitude de formats que les bibliothèques modernes recueillent et mettent maintenant à notre disposition. Les catalogueurs devaient donc traiter tous les documents comme s’ils étaient des livres imprimés. Vous imaginez la frustration par moments! En plus, les anciennes règles visaient à faire rentrer toute l’information essentielle sur des fiches de 3 po par 5 po qui étaient classées dans des tiroirs. Il fallait donc utiliser des abréviations, omettre l’information non essentielle et prendre des décisions en fonction de l’emplacement de l’information sur la fiche. Maintenant que nous avons des catalogues en ligne, des données liées et des bases de données internationales au bout des doigts, nous devons revoir notre façon de faire. Une partie de la solution consiste à modifier la présentation physique de l’information dans les fiches des catalogues (à titre d’exemple, la RDA élimine toutes les abréviations qui n’apparaissent pas sur le document lui‑même). Parfois, nous devons envisager sous un nouvel angle les relations entre le contenu, le contenant (ce que nous appelons le « support ») et leur créateur.

Qu’est‑ce qui n’a pas changé?

Comme toujours, les notices bibliographiques servent à décrire de façon précise et exhaustive les documents physiques et leur contenu pour que les utilisateurs de notre catalogue puissent mieux consulter nos collections. Les employés de notre section du catalogage s’emploient à créer des métadonnées utiles, exactes et crédibles qui seront utilisées dans les bibliothèques du pays et les bases de données internationales. La RDA change peut‑être les méthodes de catalogage, mais pas la raison d’être!

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