Molly Lamb Bobak : première artiste de guerre du Canada

Le 24 mai 2015 marque le 70e anniversaire de la nomination de Molly Lamb Bobak comme première femme artiste de guerre du Canada pendant la Deuxième Guerre mondiale.

En 1942, Molly Lamb Bobak venait de finir son cours à l’école des arts de Vancouver. La jeune peintre talentueuse a rapidement joint le Service féminin de l’Armée canadienne en tant que dessinatrice, rêvant de devenir un jour artiste de guerre officielle. Elle a travaillé comme serveuse dans les cantines avant d’être envoyée en formation de base en Alberta. En 1945, elle est finalement promue au grade de lieutenant de la section historique des Forces armées canadiennes.

Photographie en noir et blanc prise de côté montrant une femme en uniforme souriante assise sur un quai avec un tableau à dessin et un crayon dans la main. En arrière-plan, on voit un jeune enfant blond et des voiliers à quai.

Molly Lamb, artiste de guerre, du Service féminin de l’Armée canadienne, en train de dessiner à Volendam, Pays-Bas, septembre 1945 (MIKAN 3217951)

Peu après s’être enrôlée, Molly Lamb Bobak a commencé à écrire son journal qui est un précieux témoignage du rôle du Service féminin de l’Armée canadienne dans l’effort de guerre. Intitulé simplement W110278, d’après son numéro matricule, le journal est un compte rendu personnel et instructif, écrit à la main, de la vie quotidienne dans l’armée, accompagné de ses dessins. Échelonné entre novembre 1942 et juin 1945, le journal contient 147 feuillets et presque 50 esquisses sur des feuilles volantes intercalées dans les pages.

La première page indique bien le ton humoristique et l’approche unique employés tout au long du journal. Il est écrit à la manière d’un quotidien, la mise en page est semblable à celle des journaux grand format. Le premier titre à la une est le suivant « Une jeune femme franchit une étape des plus importantes! « Vous faites maintenant partie de l’Armée », votre test médical a été accepté. » [Traduction]

Suivent ensuite des bulletins de nouvelles écrits à la main, parsemés d’anecdotes amusantes et d’illustrations animées qui racontent l’expérience des jeunes femmes et leur vie dans l’armée pendant la Deuxième Guerre mondiale. Le tout constitue un registre quotidien personnel de la vie dans le Service féminin de l’Armée canadienne à l’époque de Molly Lamb Bobak.

Trois ans après s’être enrôlée, Moly Lamb Bobak atteint son but ultime lorsqu’elle est nommée la première femme artiste de guerre au Canada et est envoyée outre-mer après le cessez-le-feu, où elle peint en Angleterre, aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne.

Pour célébrer le 70e anniversaire de la nomination de Molly Lamb Bobak comme première artiste de guerre du Canada, Bibliothèque et Archives a numérisé en entier son journal de la Deuxième Guerre mondiale en couleurs, en faisant ainsi un trésor national disponible en ligne.

Ressources connexes

Autoportraits de femmes dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada

Jusqu’au début du siècle dernier, les autoportraits officiels des femmes étaient rares par rapport à ceux des hommes. Cela s’explique en grande partie par le fait que peu de femmes travaillaient et étaient reconnues comme artistes professionnelles à cette époque. C’est aussi parce que bon nombre des autoreprésentations créées par les femmes étaient dans des formats non traditionnels, cachés dans des carnets de croquis, ou dans des journaux personnels… ou bien encore sous forme de couture ou de broderie.

Quelques-uns des exemples de croquis ou de peinture les plus intéressants dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) sont actuellement présentés dans le cadre de The Artist Herself: Self-Portraits by Canadian Historical Women Artists, une nouvelle exposition organisée et préparée en collaboration avec Alicia Boutilier du Agnes Etherington Art Centre et Tobi Bruce du Art Gallery of Hamilton.

L’exposition vise intentionnellement à élargir la définition traditionnelle de « l’autoportrait », puisque la plupart des œuvres présentées n’auraient pas été considérées des autoportraits à l’époque où elles ont été créées.

Elle inclut cette page provenant du carnet de croquis personnel de Katherine Jane (Janie) Ellice (1813‑1864), une artiste amateur très talentueuse ainsi que l’épouse d’un dirigeant de la Compagnie (de fourrures) du Nord-Ouest. Ellice a utilisé la réflexion d’un miroir sur le mur à l’intérieur d’une cabine de son navire pour capturer une image rapide, et très privée, d’elle-même à bord du navire.

Croquis à l'aquarelle illustrant l'artiste et sa sœur, vêtues de vêtements de nuit, allongées sur la couchette d'une cabine de leur navire.

Mrs. Ellice and Miss Balfour reflected in the looking glass of their cabin on board the H.M.S. Hastings [Réflexion de Mme Ellice et Mlle Balfour dans le miroir de leur cabine à bord du H.M.S. Hastings] (MIKAN 2836908)

L’exposition inclut également Canoe Manned by Voyageurs Passing a Waterfall [Voyageurs conduisant un canot devant une chute d’eau], œuvre de Frances Anne Hopkins (1838–1919), une autre conjointe dans l’industrie de la traite de fourrures. Mme Hopkins se démarquera par contre en développant en quelque sorte une carrière d’artiste professionnelle. Ses immenses tableaux dépeignant le monde des voyageurs comprennent souvent des représentations presque fortuites d’elle-même. Nous croyons qu’elle apparait sur cette toile comme passagère du canot :

Peinture démontrant un groupe de travailleurs de la traite de fourrure qui dirige un canot de la Compagnie de la Baie d'Hudson près d'une chute d'eau. L'artiste et son conjoint sont peut être les passagers du milieu du canot.

Canoe manned by voyageurs passing a waterfall [Voyageurs conduisant un canot devant une chute d’eau] (MIKAN 2894475)

Voici quelques exemples seulement d’autoportraits historiques créées par des femmes, provenant de la collection de BAC. Cela vaut la peine de souligner que la collection en comprend bien d’autres, tant historiques que modernes.

The Artist in her Museum [L’artiste dans son musée] a été conçue par l’artiste Métis contemporaine Rosalie Favell en 2005.

Impression numérique en couleur démontrant un portrait en pied de l'artiste, avec à ses côtés un mammouth, un castor et une palette de couleurs d'artiste. Elle soulève un rideau rouge révélant sur le mur derrière elle une galerie de photographies en noir et blanc.

The Artist in her Museum [L’artiste dans son musée], 2005 ©Rosalie Favell (MIKAN 3930728)

Favell a utilisé la technologie numérique pour manipuler un célèbre Autoportait américain du 19e siècle. En remplaçant le personnage original de l’image par sa propre image, Favell s’est approprié une œuvre classique, lui donnant ainsi de nouvelles significations à l’intérieur d’un ancien système de références.

Il est fascinant de comparer les autoportraits modernes, comme celui de Favell, avec les autoreprésentations historiques présentées dans l’exposition The Artist Herself. Les définitions actuelles, plus larges et détendues, du portrait permettent aux artistes contemporains de manipuler les techniques du genre. Elles nous permettent également de jeter un regard en arrière, d’un point de vue actuel, sur les autoreprésentations créées par les femmes dans le passé.

Vous pouvez visiter l’exposition à Kingston du 2 mai au 9 août 2015. Demeurez à l’affût pour l’annonce des prochaines dates de la tournée nationale de l’exposition, qui prendra fin à Hamilton à l’été 2016.

 

 

Les carnets de croquis de William Redver Stark : marques et papier

Dans cette partie de l’examen des carnets de croquis, nous examinerons deux facettes additionnelles de l’ordre des pages. La première partie observera les marques laissées par les instruments de l’artiste sur le papier à dessin; la seconde examinera le papier et les techniques de reliure dans les carnets de croquis.

Marques laissées par les outils

Lorsqu’un artiste dessine ou fait des esquisses, ses outils laissent fréquemment des marques profondes sur les pages. Ces marques sont de précieux indicateurs visuels qui permettent de remettre dans l’ordre des pages mélangées. Les empreintes que l’on aperçoit sur la surface du papier apparaissent comme le modèle répétitif d’une marque d’une page à la suivante.

Photographie en couleur montant un carnet de croquis qui a des marques profondément enfoncées sur l’une des pages.

Marques du crayon de l’artiste; vue du verso du dessin.

D’autres exemples de marques laissées sur la surface d’un papier sont les types de reliures qui sont utilisés par le relieur. Par exemple, lorsqu’un bloc de feuillets est cousu, le relieur appliquera une colle sur le dos. Il est possible qu’il applique trop de colle et celle-ci déborde alors de certains des trous percés pour la reliure et forme une goutte de colle à l’intérieur du feuillet au centre. Lorsqu’elle a séché et durci, la goutte peut faire une marque sur la page adjacente.

Photographie couleur montrant l’intérieur d’un feuillet; la goutte de colle est parfaitement visible avec la marque correspondante sur la page suivante.

Le résidu de colle de la structure de la reliure qui a débordé sur le feuillet du centre en laissant une marque en miroir.

Les rubans et les fils de couture utilisés dans une reliure peuvent également laisser des marques sur les pages. Les rubans de couture sont collés sous le papier des contreplats. Ils laissent souvent une marque miroir répétitive du ruban, ce qui permet de déterminer l’ordre des pages près du début ou de la fin d’un carnet de croquis. Les marques de fil de couture que l’on retrouve sur les pages détachées peuvent également fournir un bon indice pour déterminer les feuilles de papier qui se trouvent dans le feuillet au centre d’une section.

Photographie couleur montrant le dos détaché d’un carnet de croquis. La marque du ruban de couture est parfaitement visible sur la garde collée et la première page du feuillet.

Détail d’un ruban de couture situé sous la garde collée et de la marque laissée sur la page suivante.

Photographie couleur montrant un carnet de croquis ouvert posé à plat sur une table. Une alène indique les marques du fil à coudre sur le papier.

Transfert visible de la marque du fil de couture sur le papier.

Analyse des pages et du papier

Un bon nombre des carnets de croquis de Stark ont une légère déformation qui est graduelle, convexe et concave et qui s’étend à travers ou le long du bord des pages. Ce gondolage se produit lorsque des carnets de croquis sont dans un environnement très humide. Ici, l’humidité cause une distorsion permanente des pages.

Photographie couleur montrant une vue verticale d’un carnet de croquis; les sections du bas sont clairement déformées et ondulées alors que celles du haut sont parfaitement plates.

Un exemple de gondolage et d’ondulation de la première des trois sections du carnet de croquis que l’on ne retrouve pas dans les deux dernières sections.

L’un des carnets de croquis était déformé le long du bord de trois sections. Les bords ondulés s’adaptaient parfaitement les uns aux autres uniquement lorsque les pages étaient placées dans la bonne position. Ceci nous a donné la vérification requise pour l’orientation et l’ordre adéquats des pages.

Techniques de reliure

Le papier peut également révéler d’autres indices permettant de déterminer l’ordre des pages. Une façon de confirmer l’ordre des pages est d’examiner de près les techniques de reliure, ce qui fournit des preuves très utiles.

Lorsque les pages sont d’abord pliées en sections, des groupes de trois à huit feuilles de papier sont pliées ensemble. Le folio à l’intérieur de la section a naturellement un pli plus aigu que chaque feuillet subséquent dans la section. Les plis deviennent moins aigus et progressivement plus larges au fur et à mesure que le nombre de feuillets par section augmente. Un examen du pli de chaque moitié de feuillet ou de feuillet complet peut permettre de déterminer l’endroit probable dans les sections : première position, ou au centre du feuillet, deuxième, troisième, quatrième position, etc. Une mesure exacte de chaque page confirme également la position.

La technique d’arrondissure et d’endossure est une autre technique de reliure qui donne une indication de l’ordre des pages. La technique est habituellement accomplie en utilisant un marteau pour façonner un dos préalablement cousu et collé. L’arrondissure et l’endossure causent une légère courbure des sections proches du dos; les sections proches du début du livre s’incurvent légèrement vers le recto; les sections centrales sont relativement plates; et les sections proches de la fin du livre s’incurvent légèrement vers le verso. L’arrondissure et l’endossure étaient parfaitement visibles dans les carnets de croquis de Stark et donnaient ainsi une indication utile de l’ordre des sections et des pages.

Photographie couleur montrant une vue en angle d’un carnet de croquis qui met en évidence la courbure produite par la technique de reliure.

Vue de la légère courbure de la section proche du début du bloc de feuillets qui indique les effets de la technique de reliure qui peuvent permettre de déterminer l’ordre exact des pages.

Dans notre prochain volet sur l’ordre des pages, nous examinerons les dates qui sont dispersées dans les différents carnets de croquis et la façon dont elles correspondent à d’autres sources d’information à Bibliothèque et Archives Canada.

Visitez nos albums Flickr ou Facebook pour voir d’autres images de l’examen de la conservation.

De nouvelles aquarelles de Robert Hood documentent l’histoire du Canada dans l’Arctique

Le 16 avril 1821, le matelot Robert Hood écrit un dernier texte dans son journal. Cet officier marinier de la marine royale britannique est âgé de 24 ans. Sous le commandement du capitaine John Franklin, il participe à une expédition visant à cartographier la rivière Coppermine dans le cadre de la recherche du passage du Nord‑Ouest. Cette entrée dans le journal de Hood met fin à ses descriptions des activités quotidiennes du groupe de matelots britanniques, de voyageurs canadiens et de guides et interprètes autochtones qui parcourent, par voie terrestre, un trajet les menant du poste de traite York Factory à la rivière Coppermine en passant par Cumberland House et Fort Enterprise. Hood continue cependant de noter les conditions météorologiques et les données de navigation dans d’autres volumes, en plus de produire au moins un autre document visuel.

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) a le plaisir d’annoncer l’achat récent de quatre aquarelles qui appartenaient aux descendants de Hood.

Portraits des interprètes esquimaux de Churchill embauchés par l’expédition terrestre dans le Nord est vraisemblablement la dernière œuvre de Robert Hood qui est parvenue jusqu’à nous. L’aquarelle parachevée en mai 1821 représente Tattannoeuck (Augustus) et Hoeootoerock (Junius).

Portraits à l’aquarelle de deux jeunes Inuits, surnommés Augustus et Junius, portant des vêtements occidentaux.

Portraits des interprètes esquimaux de Churchill embauchés par l’expédition terrestre dans le Nord, mai 1821 (MIKAN 4730700)

Les trois autres aquarelles acquises ont été peintes l’année précédente, pendant l’hiver passé à Cumberland House.

En janvier 1820, Hood peint un vison qui trempe une patte dans l’eau sur une rive en pierres ainsi qu’un renard croisé capturant une souris dans la neige.

Aquarelle représentant un vison qui trempe une patte dans l’eau sur le bord d’une rivière.

Vison, le 20 janvier 1820 (MIKAN 4730702)

Aquarelle d’un renard ayant capturé une souris dans un paysage hivernal

Un renard croisé capture une souris, le 26 janvier 1820. (MIKAN 4730703)

Deux mois plus tard, Hood entreprend une randonnée vers les collines Pasquia, où il rencontre un groupe de Cris. Il est invité dans leur tente et profite de l’occasion pour dessiner une aquarelle extrêmement détaillée : Intérieur d’une tente des Indiens du Sud[titre original]. Une gravure, Intérieur d’une tente crie, est inspirée de cette image et sera publiée dans le compte rendu du capitaine John Franklin intitulé Récit d’un périple sur les côtes de la mer polaire au cours des années 1819, 1820, 1821 et 1822.

Aquarelle montrant l’intérieur d’une tente. Sept personnes sont assises autour du feu. L’une d’entre elles est une mère qui tient son enfant sur une planche porte bébé. Des fourrures ou de la viande sèchent sur un poteau disposé horizontalement, et un chaudron rempli de nourritures est placé au dessus du feu. Un fusil, un arc et des flèches sont accotés sur une paroi de la tente. Une personne mange, une autre fume la pipe et les autres semblent écouter attentivement.

Intérieur d’une tente des Indiens du Sud [titre original]  (MIKAN 4730705)

Malheureusement, Robert Hood ne verra jamais ses œuvres publiées dans le récit de Franklin. L’expédition est accablée par les conditions météorologiques extrêmes et manque de ravitaillement, au point où les membres doivent manger du lichen pour survivre. Au début d’octobre 1821, Robert Hood est trop affaibli par la faim pour continuer le voyage. Il reste à l’arrière avec deux Britanniques pendant que les autres partent chercher de la nourriture et du matériel à Fort Enterprise. Un des voyageurs, Michel Terohaute, change d’idée, quitte le groupe de Franklin et retourne au camp avec Hood. Le 23 octobre 1821, pendant que les deux autres hommes sont partis chercher à manger, Terohaute abat Robert Hood. Le capitaine John Franklin parvient à récupérer le journal et les aquarelles de Hood pour les donner à la sœur de ce dernier, qui distribuera ensuite les œuvres à ses petits‑enfants. BAC se considère chanceux d’avoir pu acquérir quatre aquarelles anciennement inconnues qui documentent une expédition essentielle dans l’histoire du Canada en Arctique.

Ressources complémentaires

Les cahiers de dessins de William Redver Stark : taches et parties manquantes

Ce nouvel article sur les cahiers de dessins de William Stark s’intéresse plus particulièrement aux taches et aux parties manquantes. Dans le contexte, une tache est une décoloration des fibres du papier, alors qu’une partie manquante désigne un morceau de papier détaché ou manquant.

Imaginez William Stark glissant un cahier de dessins dans son sac militaire ou dans la poche de son manteau, par tous les temps et dans toutes sortes de situations. Comme il n’était pas un peintre de guerre officiel, Stark a probablement exécuté ses dessins durant ses temps libres ou lorsqu’il était en permission. Grâce à ses cahiers, nous pouvons l’accompagner dans une visite au jardin zoologique de Londres, lors d’une promenade à la campagne ou au bord de la mer. Ses dessins représentent généralement des personnes, des paysages ou des scènes de la vie quotidienne.

Ces cahiers montrent de nombreux signes de détérioration physique due aux manipulations et déplacements effectués par Stark durant son service de guerre, mais aussi à la longue période de 75 ans qui s’est écoulée entre la fin de la guerre et leur acquisition par BAC. Comme vous pouvez l’imaginer, en raison des terribles conditions de vie au front, les dommages causés par l’eau sont très importants. L’eau fait non seulement gondoler le papier, mais elle peut aussi y laisser une ligne brune. Le phénomène se produit lorsqu’un liquide dépose des matières dissoutes, telles que poussières, colorants ou autres produits en bordure de la partie humide, laissant apparaître une ligne plus foncée que le reste de la tache lorsque le papier sèche.

Les lignes brunes trouvées sur deux ou plusieurs pages consécutives sont l’un des nombreux indices visuels utilisés pour établir l’ordre original des pages d’un cahier.

Photographie couleur de la face interne du dos d’un livre montrant une tache d’humidité bordée d’une ligne plus foncée

Détail d’une tache d’humidité bordée d’une ligne brune plus foncée le long du dos.

On remarque également quelques taches graisseuses ou huileuses et des gouttes d’encre sur le bord des pages. Ces taches prennent souvent la forme de motifs qui se répètent d’une page à l’autre de manière croissante ou décroissante. Elles sont aussi de très bons indices pour nous aider à remettre en ordre les pages d’un cahier.

Photographie couleur d’un des côtés d’un livre ouvert montrant des pages ventilées et un outil pointant une tache graisseuse qui se répète sur le bord de chaque page.

Taches graisseuses trouvées sur le bord de plusieurs pages.

Photographie couleur d’un cahier de dessins, prise en plongée, montrant des taches d’encre sur le bord des pages

Tache d’encre dont le motif se répète sur le bord de chaque page.

Un morceau de papier manquant selon un motif qui se répète sur plusieurs pages est un autre indice visuel très utile dans ce travail de détective. Ce peut être, par exemple, plusieurs pages qui ont été déchirées ou indentées au même endroit.

Photographie couleur d’un cahier de dessins montrant un morceau de papier de forme triangulaire qui manque au même endroit sur plusieurs pages

Exemple d’un morceau de papier manquant dont le motif se répète sur le bord des pages d’un cahier de dessins.

Visitez notre album Flickr sur la conservation des cahiers de dessins pour consulter d’autres photos de ce travail de détective. Vous pouvez aussi voir les articles précédents dans la série les mercredis de la conservation sur le blogue, Facebook et Twitter.

Frederick Bourchier Taylor

Artiste canadien aux talents et aux intérêts multiples, Frederick Bourchier Taylor (1906–1987) est né à Ottawa, où il a grandi pendant quelques années avant d’habiter brièvement à Londres, en Angleterre, de 1916 à 1918, après que son père y ait été envoyé pendant la Première Guerre mondiale. Il est ensuite retourné à Ottawa, où il a obtenu son diplôme du Lisgar Collegiate Institute en 1918, et il a étudié à l’Université McGill en 1925 après que ses parents aient soutenu qu’il devait terminer ses études universitaires avant d’entreprendre une carrière artistique. Pendant ses études à McGill, M. Taylor s’est intéressé à l’architecture et a développé un intérêt marqué pour le ski et la boxe. Il a d’ailleurs remporté le prix Anglin Norcross de l’Université McGill en 1927 pour ses dessins d’architecture, en plus de devenir le champion de boxe de l’université dans la catégorie poids lourds, démontrant ainsi ses nombreux talents.

Après avoir obtenu son diplôme en 1930, M. Taylor a étudié et a travaillé en Grande-Bretagne ainsi qu’au Canada, s’installant finalement à Montréal en 1937. Au cours de cette période, il a gagné son pain en enseignant le dessin à l’École d’architecture de McGill et en peignant des portraits.

Lorsque la guerre a éclaté en 1939, M. Taylor a exercé des pressions sur le gouvernement canadien afin qu’il mette sur pied un programme d’art militaire officiel, mais celles-ci se sont avérées infructueuses. Il ne s’est toutefois pas découragé par le refus du gouvernement et a alors utilisé son talent artistique ainsi que ses liens familiaux (son frère était E.P. Taylor, un homme d’affaires canadien millionnaire) afin d’avoir accès aux usines Angus du chemin de fer Canadien Pacifique de Montréal, à plusieurs chantiers navals canadiens ainsi que d’autres usines militaires, et de les documenter.

Au cours de cette période, M. Taylor a peint plus de 200 œuvres documentant le travail effectué par les travailleurs d’usines canadiennes, qui était varié et ardu, et souvent non reconnu et sous-apprécié. Bibliothèque et Archives Canada détient certains de ces tableaux parmi sa collection d’œuvres d’art. Ces peintures comptent dix-neuf œuvres de petit format ainsi que huit œuvres finies de plus grand format documentant les travailleurs d’usine de l’industrie de la fourrure et du vêtement de Montréal dans les années 1940. Dans ces œuvres, M. Taylor a utilisé une palette subtile de bruns, de gris et de verts industriels. Il avait le talent extraordinaire de reproduire non seulement l’atmosphère industrielle et l’éclairage vif et fluorescent des usines, mais aussi le regard intense des ouvriers concentrés sur leur travail.

  1. Taylor a poursuivi sa carrière artistique après la Deuxième Guerre mondiale, en exposant ses œuvres et en participant à des expositions, surtout au Québec et en Ontario. En 1960, il a déménagé au Mexique, où il a pratiqué la sculpture et la sérigraphie. Frederick Taylor s’est enlevé la vie au Mexique, en 1987.

Ressources

On a tout ! Exemples fascinants dans la collection de portraits de Bibliothèque et Archives Canada

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) possède des artefacts historiques uniques qui ont un lien direct avec certains portraits de sa collection.

Dans certains cas, BAC a pu réunir des pièces qui avaient été séparées au fil du temps. Parfois, il a eu la chance de prendre possession d’un ensemble soigneusement préservé. Dans tous les cas, ces ressources documentaires parfois surprenantes fournissent un contexte inestimable pour mieux comprendre les portraits auxquels ils sont associés.

Plaque de cuivre illustrant le capitaine George Cartwright en train d’inspecter ses pièges à renard pendant l’hiver, au Labrador. Il est chaussé de raquettes, transporte un fusil sur une épaule et tient un chien en laisse, attaché à sa ceinture.

Le capitaine Cartwright inspectant ses pièges à renard (MIKAN 3986048)

Cette plaque de cuivre, par exemple, a été créée pour publier ce saisissant portrait à l’huile du capitaine George Cartwright (1739-1819), un officier de l’armée devenu, à sa retraite, trappeur et commerçant de fourrure au Labrador.

Peinture à l’huile illustrant le capitaine George Cartwright en train d’inspecter ses pièges à renard pendant l’hiver, au Labrador. Il est chaussé de raquettes, transporte un fusil sur une épaule et tient un chien en laisse, attaché à sa ceinture.

Le capitaine Cartwright inspectant ses pièges à renard (MIKAN 3964571)

Les plaques de cuivre étaient utilisées avant l’avènement de la photographie pour « convertir » les peintures en format imprimable afin qu’elles puissent être publiées. Le portrait a été peint pour servir de frontispice à une œuvre d’importance : les mémoires de Cartwright, publiées en 1792 et intitulées A journal of transactions and events, during a residence of nearly sixteen years on the coast of Labrador… (Journal des transactions et événements consignés pendant près de 16 années passées sur la côte du Labrador… [traduction]).

Même portrait que celui apparaissant plus haut, mais présenté cette fois sous sa forme imprimée, publiée en 1792 dans la première édition du livre.

Frontispice des mémoires du capitaine George Cartwright (AMICUS 4728079)

Des notes spéciales sur le frontispice, rédigées par Cartwright lui-même, soulignent l’importance qu’il accordait à chacun des détails de la peinture. Tout comme les mémoires, celle-ci s’adresse aux aventuriers amateurs. Elle inclut des trucs de survie novateurs inspirés du mode de vie autochtone, comme le port de raquettes pour inspecter les lignes de piégeage en hiver.

Le cuivre est un métal mou qui permettait aux graveurs de reproduire fidèlement les détails et certaines particularités de la peinture originale à l’huile. Ici, par exemple, les contours flous du paysage hivernal ont été réalisés en recouvrant de cire certaines zones de la plaque, permettant ainsi à l’acide de délaver les zones exposées.e

Il est rare qu’une même institution possède une peinture, la plaque en cuivre qui lui est associée et un exemplaire de la première édition du livre qui en a résulté; mais la collection de BAC inclut toutes ces pièces.

Un autre exemple : la collection de BAC renferme ce pendentif et ces boucles d’oreilles.

Photographie en couleurs d’un pendentif en or avec un motif stylisé en spirale, et des boucles d’oreilles assorties.

Pendentif et boucles d’oreilles ayant appartenu à Marie-Louise Aurélie Girard (MIKAN 3994256)

Ce sont les bijoux que portait Marie-Louise Aurélie Girard (vers 1868-?) quand elle a posé pour ce portrait peint par Alfred Boisseau (1823-1901), un artiste montréalais de renom :

Peinture à l’huile d’une femme vêtue d’une robe noire, qui regarde droit devant elle. Elle porte le pendentif et les boucles d’oreilles que l’on voit sur la photo précédente.

Marie-Louise Aurélie Girard (MIKAN 3993116)

Ces objets précieux nous rappellent l’intention qui se cache derrière le portrait. Les modèles connus et riches accordaient souvent une grande importance au choix des objets qu’ils portaient ou incluaient dans leur portrait, pas seulement pour des raisons sentimentales, mais aussi pour indiquer leur statut social. Dans ce cas-ci, le modèle était l’épouse d’un ancien premier ministre du Manitoba.

Dora de Pédery Hunt

Dora de Pédery‑Hunt a dit que les médailles étaient son moyen d’expression favori. « Ce sont comme des petits poèmes. » Même ceux qui ne connaissent pas Dora de Pédery‑Hunt possèdent probablement, ou ont déjà possédé, une de ses œuvres.

Photo noir et blanc d’une femme observant attentivement le modèle en céramique d’une médaille qu’elle tient dans ses mains.

Portrait de Dora de Pédery Hunt fabriquant une médaille (MIKAN 2267060)

Dora de Pédery‑Hunt (1913‑2008) est une sculpteure et médailliste d’origine hongroise. Elle obtient sa maîtrise en sculpture à l’Académie royale des arts appliqués de Budapest, en 1943, puis elle se rend au Canada en passasctunt par l’Allemagne en 1948. En Hongrie, elle étudie le moulage du bronze et du plâtre, ainsi que la sculpture de la pierre et du bois. À son arrivée au Canada, cependant, la nécessité de trouver un emploi stable pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille devient prioritaire. Dora met donc sa carrière artistique en veilleuse et devient ménagère. Plus tard, le répondant canadien de Dora en matière d’immigration, le major Thomas S. Chutter, lui présente Frances Loring et Florence Wyle, qui sont souvent considérées comme les premières sculpteures canadiennes. Loring et Wyle remarquent le talent de Dora et lui trouvent un poste d’enseignante en sculpture. Maintenant en mesure de consacrer l’essentiel de son temps aux arts, Dora de Pédery‑Hunt s’épanouit.

Photographie d’une médaille en bronze ornée du profil d’une femme et portant l’inscription « Celia Franca » en bas à gauche.

Médaille ornée du profil de Celia Franca (MIKAN 3704296)

Dans les années 1950, Dora reçoit plusieurs commandes des secteurs privé et public. Une de ses œuvres présentée à l’Exposition nationale canadienne impressionne Alan Jarvis, directeur du Musée des beaux‑arts du Canada. Grâce à l’appui de ce dernier, Dora obtient une bourse du Conseil des arts du Canada qui lui permet d’aller étudier en Europe pendant six mois pour peaufiner son talent. De retour au Canada, Dora exploite l’expérience acquise à l’étranger pour se lancer dans des projets de plus grande envergure, créant notamment des œuvres d’art religieux comme des tabernacles ornés et des stations du Chemin de croix. Elle continue néanmoins de créer de petites œuvres, y compris de nombreux prix, pièces commémoratives et médailles à effigie.

Photographie en couleur montrant une pièce de monnaie avec l’image de John A. Macdonald et un portrait d’une reine dans l’arrière-plan.

Pièce de monnaie pour commémorer le 100e anniversaire de la confédération canadienne : 1867-1967 (MIKAN 3637375)
© La Compagnie Trust Royal. Reproduit avec la permission de la Compagnie Trust Royal.

Après avoir enseigné dans un petit collège professionnel, Dora devient membre du corps enseignant à l’Ontario College of Art. Au cours de sa prolifique carrière, elle reçoit plusieurs prix et distinctions nationaux et internationaux, dont l’Ordre du Canada.

Photo d’une médaille en bronze représentant une image stylisée d’une personne assise, avec le mot « Canada » inscrit en haut, le long du bord de la pièce, et la mention « expo67 » en bas à droite.

Médaille commémorative d’Expo 67 à Montréal (MIKAN 2834429).

Alors quelle est cette œuvre d’art de Dora de Pédery‑Hunt que vous avez probablement en votre possession? Il s’agit du profil de la reine Elizabeth II que l’on retrouve sur les pièces de monnaie canadiennes de la fin du XXe siècle.

Photo du côté face de la pièce canadienne de 25 sous représentant le profil de la reine Elizabeth II.

Profil de la reine Elizabeth II sur une pièce de monnaie canadienne de 25 sous

Découvrez le fonds Dora de Pédery-Hunt.

Bibliothèque et Archives Canada diffuse un seizième baladoémission : William Hind : Représenter le Canada d’un océan à l’autre

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) publie sa plus récente émission de baladodiffusion intitulée William Hind : Représenter le Canada d’un océan à l’autre.

Gilbert Gignac, gestionnaire à la retraite des œuvres d’art de la collection, et Mary Margaret Johnston-Miller, archiviste en art, tous les deux de BAC, se joignent à nous pour discuter de William Hind, un artiste qui a joué un rôle de premier plan dans le développement des arts au sein de la société canadienne. Nous nous penchons sur la vie de William Hind, sur son apport unique aux arts du Canada et sur le contenu de la collection William Hind de BAC.

Abonnez-vous à nos émissions de baladodiffusion sur notre fil RSS ou iTunes, ou consultez le site : Balados – Découvrez Bibliothèque et Archives Canada : votre histoire, votre patrimoine documentaire.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec nous par courriel à balados@bac-lac.gc.ca.

Images des carnets de croquis de William Hind maintenant sur Flickr

En 1862, l’artiste William Hind grossit les rangs des Overlanders, un groupe de prospecteurs qui franchissent les Prairies pour aller chercher de l’or dans les régions du Fraser et de Cariboo. Pendant son voyage, Hind produit un cahier de croquis documentant les déplacements du groupe et quelques unes des difficultés auxquelles il a fait face sur les nouvelles routes de l’Ouest.