Les « faux » portraits de Bibliothèque et Archives Canada

Un faux portrait est le portrait imaginaire d’une personne, habituellement célèbre ou connue. D’ordinaire, il ne présente pas de ressemblance réelle et est produit bien après le décès de la personne.

Un très grand nombre de personnages historiques très importants n’ont pas posé de leur vivant, mais il y a toujours eu de la demande pour de « vrais » portraits d’eux.

Avec les faux portraits, on ne cherchait pas nécessairement à tricher; dans bien des cas, leurs auteurs ou promoteurs étaient motivés par l’intérêt public. À partir du XIXe siècle, ce portrait célèbre de Samuel de Champlain, fondateur de la ville de Québec, a joué un rôle commémoratif et éducatif important.

Lithographie attribuée à Louis-César-Joseph Ducornet, 1854. Elle montre un homme légèrement de biais par rapport à la personne qui le regarde et portant un doublet noir dont les manches révèlent une chemise blanche. La ville de Québec est à l'arrière plan.

Faux portrait de Samuel de Champlain (MIKAN 2919672)

Un faux portrait nous en dit souvent beaucoup plus sur la société dont il provient que sur la figure historique qu’il cherche à représenter. Certains estiment que cette image d’allure pieuse a constitué un frontispice parfait aux récits de la Nouvelle-France au XIXe siècle écrits par des historiens également hommes d’Église. Il semble qu’il importait peu à ces derniers que le portrait ait été en fait la copie d’une gravure du XVIIe siècle représentant un fonctionnaire français à la moralité douteuse.

Les collections de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) contiennent d’autres faux portraits intrigants. Ainsi, BAC a acquis ce portrait miniature en cire, l’un des très rares portraits réalisés avec cette matière qui ait survécu.

Portrait miniature en cire réalisé par un artiste anonyme au début du XIXe siècle. Ce portrait plutôt générique montre un homme de profil portant un manteau britannique rouge doté de garnitures or, une cravate blanche et un gilet bleu, et dont les cheveux longs sont attachés. Il s'agit d'un portrait miniature assez sculptural.

Portrait de cire du général James Wolfe (MIKAN 3793977)

Malgré qu’on y indique qu’il s’agit d’un portrait du général James Wolfe, célèbre pour son rôle dans la décisive bataille de Québec (1759), cette miniature ne reproduit aucun des traits physiques connus de Wolfe. Pourtant, plusieurs portraits miniatures presque identiques se trouvent dans d’autres collections, et chacun d’eux indique également qu’il s’agit de Wolfe. On peut supposer que de nombreux moules de ce portrait ont été réalisés puisque de plusieurs exemplaires de ce fragile objet ont survécu.

La cire était une matière bon marché qui permettait de produire aisément de nombreux exemplaires. Le portrait de cet homme célèbre a vraisemblablement été créé en masse, pour satisfaire la grande demande pour des portraits de « Wolfe, le héros » qui a émergé dans le grand public au XIXe siècle. Probablement créé bien longtemps après la mort de Wolfe par un entrepreneur anonyme, il présente la vue de profil idéalisée et héroïque d’un jeune officier  ̶  exactement le genre d’image dont il était certain qu’elle ravirait le public.

Bibliothèque et Archives Canada diffuse une treizième baladoémission : William Redver Stark : le soldat et l’artiste

Bibliothèque et Archives Canada diffuse sa plus récente émission de baladodiffusion intitulée William Redver Stark : le soldat et l’artiste.

Deux employées de Bibliothèque et Archives Canada, l’archiviste en art Geneviève Morin et la conservatrice Lynn Curry, discutent du fonds William Redver Stark. Elles explorent les antécédents de William Redver Stark, le temps qu’il a passé en tant que soldat durant la Première Guerre mondiale et les œuvres d’art qu’il a produites, plus particulièrement les quatorze cahiers de dessins compris dans son fonds.

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Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez nous contacter par courriel à balados@bac-lac.gc.ca.

William Redver Stark : La restauration des cahiers

Différentes approches ont été privilégiées au cours des années pour la conservation des cahiers de dessins ou des œuvres reliées. Pendant longtemps, on détachait simplement les œuvres pour se débarrasser de la reliure. Maintenant, la valeur historique et archivistique de la reliure est largement reconnue. Bibliothèque et Archives Canada (BAC) ne fait pas exception, et les traitements de conservation visent désormais à préserver l’intégrité des œuvres, incluant leur reliure.

Dans un article précédent, nous vous avons présenté l’œuvre du soldat William Redver Stark. Les cahiers faisant partie du fonds William Redver Stark n’avaient jamais été réparés ou préservés, et commençaient à montrer des signes d’usure :

  • Déchirures et trous
  • Pages détachées, manquantes ou dans le mauvais ordre
  • Fils de reliure brisés
  • Couvertures pas solidement reliées aux pages ou carrément détachées

Les cahiers font donc l’objet de différents traitements de conservation, entrepris par une équipe de conservateurs hautement spécialisés œuvrant dans le domaine de la conservation et de la restauration de livres, au sein de BAC. Ces conservateurs ont travaillé de concert avec les gestionnaires de collections et les archivistes pour respecter l’intégrité de l’œuvre de Stark, et lui rendre pleinement ses heures de gloire.

Quant aux dessins et aux aquarelles de ce fonds, ils sont en très bon état. Dans certains cas, on croirait mêmes qu’ils ont été réalisés il y a quelques jours à peine. Il faut dire que les cahiers sont restés fermés pendant pratiquement cent ans, et que les pages ont rarement été exposées à l’air ou à la lumière. Ainsi, contempler une œuvre de Stark, c’est faire un voyage dans le temps qui permet de voir le travail d’un artiste tel qu’il a été fait il y a cent ans, au cours d’une des guerres les plus meurtrières et cruciales de notre temps.

En somme, le travail de restauration de l’équipe de Conservation et de restauration de BAC permettra de stabiliser l’état des cahiers afin de s’assurer qu’ils traverseront avec succès l’épreuve du temps, et permettront aux générations futures d’avoir accès à une importante partie de notre histoire.

Exemple d’un traitement de restauration requis : le ruban adhésif doit être retiré.

Autre exemple de traitement de restauration requis : la couverture doit être recousue.

Voir aussi :

William Redver Stark, artiste soldat

English version

À partir de 1916, des artistes embauchés officiellement, comme A.Y. Jackson et David Milne, documentent l’expérience du Canada durant la Première Guerre mondiale, grâce au Fonds de souvenirs de guerre canadiens. Toutefois, de nombreux autres artistes, amateurs ou professionnels, racontent leur expérience de la guerre lors du combat, de la construction de routes, du transport de biens ou des soins prodigués à d’autres, trouvant le temps de créer des images saisissantes du monde qui les entoure.

Le fonds William Redver Stark, conservé par Bibliothèque et Archives Canada (BAC), fait partie des rares dossiers qui documentent la vie d’un artiste non officiel de l’Armée. Quatorze cahiers de dessins et d’aquarelles particulièrement bien préservés nous font découvrir la vie d’un soldat qui a vu l’action de beaucoup plus près que les artistes officiels, et qui donne une idée plus spontanée et intime de la vie quotidienne dans ce contexte.

Les cahiers de croquis présentent des images de soldats en pleine action ou au repos, des pièces d’artillerie et des soldats allemands capturés, des paysages traversés par les bataillons, et même des attractions du zoo de Londres, où Stark s’est rendu pendant une permission. Les illustrations complètent admirablement bien le dossier militaire de l’artiste, l’historique de son bataillon et notre compréhension visuelle de la vie d’un militaire durant la Première Guerre mondiale.

William Redver Stark avec un chat. Gracieuseté de Anciens Combattants Canada.

William Redver Stark avec un chat.
Gracieuseté de Anciens Combattants Canada.

Bibliothèque et Archives Canada a reçu le fonds William Redver Stark en 2005, à titre de don de la part de son neveu, Douglas Mackenzie Davies, et de sa famille : son épouse, Sheila Margaret Whittemore Davies, et leurs deux fils, Kenneth Gordon Davies et Ian Whittemore Davies.

Comment faire des recherches dans les cahiers de croquis

Les pièces des 14 cahiers de croquis du fonds William Redver Stark ont été décrites et numérisées pour faciliter la recherche par sujet ou par type de paysage. Par exemple, vous pouvez chercher toutes les images du fonds qui représentent des ponts ou des constructions.

Pour faire une recherche dans les cahiers de croquis, choisissez l’option Recherche avancée. Dans le menu déroulant, choisissez « Un de ces mots » et entrez le numéro de référence archivistique (R11307) ou le numéro MIKAN (616998). Pour préciser votre recherche, ajoutez un mot clé comme « ponts » dans le deuxième champ.

Documents connexes

Ne manquez pas l’article William Redver Stark : La restauration des cahiers pour en savoir plus sur le travail réalisé par les restaurateurs de BAC.

Mary Riter Hamilton, première peintre militaire non officielle du Canada

English version

Quatre‑vingt‑dix ans ont passé depuis que Mary Riter Hamilton a fait don de ses œuvres aux Archives publiques du Canada (maintenant Bibliothèque et Archives Canada) : 180 peintures à l’huile et des dizaines de dessins réalisés à la craie, au pastel et au crayon qui représentent la dévastation en Europe après la Première Guerre mondiale. Les œuvres de Riter Hamilton ne sont pas joyeuses; elles traitent presque toutes de la destruction engendrée par la guerre. Elles montrent des tranchées boueuses, des paysages dévastés, des tombes, des cimetières, et des églises et des villages détruits par des bombardements.

Monument commémoratif de la Deuxième division canadienne dans un cratère de mine près de Neuville Saint Vaast.

Monument commémoratif de la Deuxième division canadienne dans un cratère de mine près de Neuville Saint Vaast (e011201067)

Mary Riter Hamilton voit le jour en 1873 à Teeswater (Ontario) et grandit à Clearwater (Manitoba), où sa famille s’est établie pour exploiter une ferme. Elle marie Charles W. Hamilton à 18 ans et devient veuve à 23 ans. Peu avant la mort de son époux, Mary commence à suivre des cours d’art à Toronto. La plupart de ses enseignants formés en Europe remarquent son talent et l’encouragent vivement à poursuivre ses études à Paris. Mary étudie d’abord en Allemagne, puis elle déménage à Paris, où elle vivra et étudiera pendant huit ans. Mary retourne s’installer au Manitoba pendant un an en 1906, puis elle s’y établit de nouveau en 1911 et y habite pendant huit ans. Pendant cette période, les œuvres de Mary sont présentées dans des musées de Montréal, Ottawa, Toronto, Winnipeg et Calgary.

Peinture montrant une route avec des arbres détruit aux abors.

La mélancolie de la Somme (e011205200)

Toujours désireuse de retourner en Europe, Mary obtient sa chance en 1919, alors qu’elle vit et travaille sur la côte Ouest du Canada. L’Amputation Club de la Colombie‑Britannique lui demande de créer des œuvres pour The Gold Stripe, un magazine destiné aux anciens combattants. Mary part immédiatement « peindre les endroits où d’innombrables Canadiens courageux ont combattu et donné leur vie ». [traduction] Pendant trois ans, Riter Hamilton travaille sans arrêt en France et en Belgique d’après‑guerre, où elle peint des champs de bataille comme la crête de Vimy, la Somme, Ypres et Passchendaele. Les conditions sont difficiles : elle travaille dans des abris de fortune et doit endurer le mauvais temps et les maigres rations, si bien qu’elle revient au Canada dans un état d’épuisement physique et émotionnel. Riter Hamilton refuse de vendre ses tableaux et choisit plutôt de les donner aux Archives publiques du Canada. Elle meurt, pauvre et atteinte de cécité, en 1954.

À l’aube du centenaire de la Première Guerre mondiale, ces œuvres deviennent encore plus touchantes. Mary Riter Hamilton n’a jamais été une « peintre de guerre » officielle, mais son courage, son talent, sa détermination inébranlable, la sombre beauté et l’aspect lugubre de sa collection forment un récit durable des ravages causés par la guerre.

Peinture montrant un crat`re rempli de fleurs de pavots.

Tranchées sur la Somme (e011202180)

Pour en savoir plus sur Mary Riter Hamilton, admirer ses œuvres ou voir les documents de la collection de BAC, vous pouvez consulter les sites suivants :

Images des œuvres de Mary Riter Hamilton maintenant sur Flickr 

En mémoire du caricaturiste Roy Peterson

Le 30 septembre 2013, le Canada a perdu l’un de ses caricaturistes les plus talentueux et les plus célèbres, Roy Peterson. Rappelons brièvement sa remarquable carrière de plus de 40 ans au Vancouver Sun.

Roy Peterson est né à Winnipeg en 1936; il a étudié à la Vancouver School of Art. Il était encore un jeune homme lorsqu’il a fait ses premières incursions dans l’art de la caricature. Alors qu’il travaillait comme étalagiste, il a commencé à proposer ses caricatures par la poste à différents journaux du nord de la Colombie-Britannique. C’est en 1962 que Roy Peterson a amorcé sa carrière au Vancouver Sun; il y a œuvré à titre de caricaturiste politique jusqu’en 2009.

Les premières années
En plus de son travail au Vancouver Sun, Roy Peterson a réalisé des illustrations pour les éditoriaux du journaliste Allan Fotheringham dans le magazine Maclean’s. M. Peterson a également collaboré avec le journaliste Stanley Burk à la production de plusieurs ouvrages à succès faisant la satire de politiciens canadiens sous forme de contes pour enfants en feuilletons. Ces histoires avaient pour titres, par exemple, Swamp Song, Frog Fables & Beaver Tales ou The Day of the Glorious Revolution. En 1979, les éditions Douglas & McIntyre ont publié un recueil solo de ses caricatures et dessins humoristiques, intitulé The World According to Roy Peterson.

Un style unique
M. Peterson possédait un style très personnel, caractérisé par une large utilisation des hachures croisées. Dans l’univers artistique prénumérique de Roy Peterson, le hachurage croisé (une série de petits traits rapprochés qui s’entrecroisent) était réalisé laborieusement à la main; cette technique servait à illustrer les parties ombrées et à distinguer les zones éclairées des zones plus sombres.

Distinctions
Au cours de sa longue et brillante carrière, M. Peterson a été plusieurs fois récompensé; il a notamment reçu un nombre record de sept prix au Concours canadien de journalisme. Il a également contribué à la mise sur pied de l’Association canadienne des dessinateurs éditoriaux. Son travail a été reconnu à l’échelle internationale grâce à des expositions présentées à la Smithsonian Institution et aux Nations Unies.

En décembre 2004, Roy Peterson a été investi de l’Ordre du Canada et cité en ces termes : « Roy Peterson est un de nos meilleurs caricaturistes politiques. Joignant habilement l’humour à la satire, il émet des commentaires pénétrants sur notre paysage politique ».

Pour en apprendre davantage sur Roy Peterson
Bibliothèque et Archives Canada a commencé à acquérir les œuvres de Roy Peterson en 2000. Le fonds Roy Peterson (Mikan no 160207) contient 1 871 dessins à la plume témoignant de son activité professionnelle au Vancouver Sun de 1962 à 1993.

Dans la chambre secrète : Regard intime dans l’espace créatif de P.K. Page

Patricia Kathleen Page est considérée comme l’une des voix créatrices les plus appréciées du Canada. À la fois poète et artiste, Page a créé de magnifiques œuvres avec sa plume et son pinceau, dans le bureau qu’elle avait chez elle à Victoria en Colombie‑Britannique. Après le décès de Page en 2010, son exécuteur testamentaire littéraire, Zailig Pollock, a documenté le contenu de son bureau pour donner une idée de l’espace créatif qui l’inspirait lorsqu’elle écrivait ou créait ses œuvres d’art.

Le pupitre d’ordinateur de P.K. Page contient divers documents, livres et souvenirs personnels

Le pupitre d’ordinateur de P.K. Page contient divers documents, livres et souvenirs personnels

Cette idée de donner un aperçu des méthodes de travail des auteurs devient de plus en plus une pratique importante pour les institutions du patrimoine culturel comme Bibliothèque et Archives Canada (BAC). Dans les bibliothèques de l’Université Emory, aux États‑Unis, les visiteurs peuvent consulter les documents de l’auteur Salman Rushdie et son ordinateur. L’Université a transféré les fichiers numériques de l’auteur sur un ordinateur où elle a installé le système d’exploitation que Salman Rushdie a utilisé pour réaliser ses premières œuvres. Il est possible de reconstituer le processus créatif de Rushdie en examinant ses documents, ses courriels et les programmes qu’il utilisait. Autre exemple, quand la British Library a fait l’acquisition des archives de Wendy Cope, elle a pris une photo panoramique du bureau qui a influé sur son esprit créatif.

La table de travail de P.K. Page

La table de travail de P.K. Page

L’espace créatif de P.K. Page a lui aussi été préservé à l’aide de photographies. Des chercheurs ont pris des photos de son bureau et ont soigneusement catalogué ses livres et ses objets personnels, une étagère à la fois. Nous savons ainsi quelle sorte de livre elle consultait et ce qu’elle regardait lorsqu’elle prenait une pause pour songer à la prochaine ligne de son œuvre. Les murs et les coussins qui entouraient P.K. Page dans son bureau étaient ornés de symboles du soufisme — une branche mystique de l’Islam que P.K. Page a commencé à étudier dans les années 1960.

Les articles qui se trouvent sur le bureau font partie des détails les plus intimes documentant l’espace créatif de P.K. Page. Des notes qu’elle devait regarder plusieurs fois par jour étaient fixées sur son écran d’ordinateur. Par exemple, il y avait une note posant la question « What’s next? », c’est‑à‑dire, « Et maintenant? » et une prière écrite à la main en portugais. Cette prière devait avoir une signification spéciale pour que la poète lui réserve une telle place sur son bureau. Nous savons qu’elle en a fait l’acquisition dans les années 1950, alors qu’elle vivait au Brésil avec son époux W. Arthur Irwin lorsque celui‑ci était ambassadeur canadien dans ce pays.

Un échantillon des œuvres littéraires dont regorge la bibliothèque du bureau de P.K. Page.

Un échantillon des œuvres littéraires dont regorge la bibliothèque du bureau de P.K. Page.

La préservation de l’espace créatif de Page donne un aperçu de son processus de création littéraire. Les chercheurs peuvent maintenant utiliser les indices pour mieux comprendre l’œuvre et la vie de l’une des poètes les plus prolifiques et inspirées du Canada. De plus, BAC conserve son fonds d’archives, qui comprend des manuscrits, des documents personnels, des photographies et quelques enregistrements sonores. Pour en savoir plus sur la façon de consulter les documents d’archives à BAC, nous vous invitons à lire notre série de billets de blogue intitulée « Découvrez les codes d’accès aux archives de Bibliothèque et Archives Canada ».

Photos prises par Emily Ballantyne.

À découvrir :

Images de l’espace créatif de la poète P.K. Page maintenant sur Flickr

Au carrefour de l’art et de l’histoire : expositions de photographies historiques au Musée des beaux-arts du Canada

Qu’arrive-t-il lorsque l’aspect pratique des choses montre également un penchant poétique?

Au cours des derniers mois, les visiteurs du Musée des beaux-arts du Canada ont pu voir concrètement la réponse à cette question. Une série de petites expositions de photographies historiques provenant de la collection de Bibliothèque et Archives Canada aborde la question de l’esthétisme ainsi que les propriétés documentaires des images créées « pendant le service » par les arpenteurs, fonctionnaires et ingénieurs au XIXe siècle.

In the heart of the Rocky Mountains:A snowstorm, by Charles Horetzky (Au cœur des Montagnes Rocheuses : tempête de neige), de Charles Horetzky

In the heart of the Rocky Mountains:A snowstorm, by Charles Horetzky (Au cœur des Montagnes Rocheuses : tempête de neige), de Charles Horetzky (Source : MIKAN 3264251, e011067226)

À première vue, cette magnifique photographie de la rivière Peace en Colombie-Britannique pendant une tempête de neige en octobre 1872, qui faisait partie de l’exposition Les premières photographies d’exploration au Canada, semble très bien porter son titre. Or, on s’est rendu compte que Charles Horetzky, photographe officiel en service au sein de l’équipe d’arpentage du Chemin de fer Canadien Pacifique de sir Sandford Fleming, a délibérément amélioré l’effet dramatique. En effet, des touches de peinture ont été ajoutées pour illustrer la neige, alors absente.

L’exposition actuelle, Paul-Émile Miot : Ses premières photographies de Terre-Neuve, présentée jusqu’au 2 février 2014, comprend ce portrait de 1859, de Paul-Émile Miot, officier de la marine française.

Homme Mi’kmaq, de Paul-Émile Miot

Homme Mi’kmaq, de Paul-Émile Miot (Source : MIKAN : 3535989, e011076347)

Cette photo a été prise au cours des activités d’arpentage et de cartographie des régions côtières de Terre-Neuve. À cette époque, la France avait des intérêts dans le domaine de la pêche commerciale dans ces eaux. Même si Paul-Émile Miot a pris les premières photographies connues de membres de la nation Mi’kmaq, la pose extravagante de ce sujet évoque le romantisme européen du XIXe siècle.

Les prétendues inexactitudes ou les effets créés présents dans la photo documentaire du XIXe siècle ne diminuent pas la valeur de ces images en tant que témoins d’événements passés, au contraire. En fait, ces photos bénéficient d’une nouvelle perspective fascinante en tant qu’artéfact.

Nous vous invitons à rester à l’affût pour la prochaine exposition sur la photographie d’exploration en Arctique, qui commence le 7 février 2014.

Résumé des commentaires reçus en anglais entre le 1er octobre 2013 et le 31 décembre 2013

  • Un usager demande pourquoi ces photos sont au Musée des Beaux-Arts du Canada quand le rez-de-chaussée du 395 Wellington est un endroit conçu pour offrir des expositions et montrer les trésors de BAC.
Résumé des commentaires reçus en anglais entre le 1er janvier 2014 et le 31 mars 2014

  • Un usager a entendu dire qu’il y aurait bientôt une exposition dans l’entrée du 395 Wellington; il suggère qu’une exposition pour commémorer le 100e anniversaire de la Première Guerre mondiale serait très appropriée.