Portraits de prisonniers par Jean-Joseph Girouard

Jean-Joseph Girouard (1794-1855) était notaire et artiste amateur. Durant la première moitié du 19e siècle, il fut aussi membre du Parti patriote du Bas-Canada, fondé pour obtenir des réformes politiques et défendre le patrimoine, les droits et les intérêts des Canadiens français. Le Parti patriote mena la rébellion de 1837-1838, un tournant dans l’histoire ayant mené à la naissance du Canada.

Girouard fut emprisonné à deux reprises pour sa participation à la rébellion. Fait surprenant : pendant son incarcération à Montréal, il réussit à conserver son étude de notaire ainsi qu’un atelier d’art. Un partisan lui ayant fourni du papier à dessin et des crayons, il fit le portrait de plusieurs de ses frères patriotes détenus avec lui. La majorité de ces dessins rares et exceptionnels font maintenant partie de la collection de Bibliothèque et Archives Canada.

Croquis au crayon de Jean-Joseph Girouard vu de profil, assis sur une chaise et dessinant avec un crayon sur une feuille de papier.

Jean-Joseph Girouard, autoportrait réalisé en prison, Montréal, vers 1837-1838 (no MIKAN 2894904)

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Frederick Horsman Varley (janvier 1881 – 8 septembre 1969)

Fils d’un lithographe publicitaire, Frederick Horsman Varley est né et a grandi dans la ville de l’acier de Sheffield, en Angleterre. Le talent d’artiste de M. Varley est vite reconnu lorsque, à l’âge de 11 ans, il est accepté à l’école des arts de Sheffield. À 21 ans, M. Varley a déjà étudié pendant trois ans les beaux-arts à l’Académie royale des beaux-arts à Antwerp, en Belgique. Avant d’immigrer au Canada en 1912, M. Varley travaille comme artiste publicitaire à Londres, en Angleterre, ainsi que comme professeur d’art dans sa ville natale de Sheffield.

Photographie en noir et blanc montrant un homme, debout, tenant une de la peinture et des pinceaux dans une main avec le regard un peu à l’écart.

Frederick Horsman Varley, probablement à la School of Decorative & Applied Arts de Vancouver, vers 1927, par le photographe John Vanderpant (MIKAN 3509585)

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Les aquarelles d’Edith Fanny Kirk

Depuis les années 70, il y a un effort continu pour souligner la contribution artistique des femmes dans l’histoire. À cette fin, Musée et Archives Galt, à Lethbridge (Alberta), a préparé une exposition en hommage à l’artiste Edith Fanny Kirk. L’exposition intitulée : Edith Fanny Kirk : Un héritage d’art et d’aventure s’intéresse au sens de l’aventure de l’artiste et souligne ses accomplissements. Elle comprend quatre aquarelles de la collection de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) et sera présentée du 6 juin au 12 octobre 2015.

Mme Kirk naît en Angleterre en 1858 et immigre au Canada en 1905. Elle finit par s’installer à Lethbridge, où elle enseigne l’art et exerce une influence artistique fondamentale sur la communauté. Elle soumet des articles sur l’art au club Mathesis de Lethbridge et fonde le club de croquis de Lethbridge (qui est devenu le club des artistes de Lethbridge) dans les années 1930.

Reproduction en couleur d’une aquarelle illustrant un paysage dominé par un ciel légèrement enfumé. Une bande de terre verte sépare le ciel de la rivière.

Prairie au ciel assombri par les feux de forêt à Lethbridge (MIKAN 2948200)

Les quatre aquarelles de la collection de BAC montrent que Mme Kirk préfère l’aquarelle aux techniques traditionnelles comme la peinture à l’huile. L’aquarelle est idéale pour la définition de tons délicats et la gradation des couleurs pastel. L’efficacité de cette technique est particulièrement apparente dans le ciel brumeux du tableau « Prairie au ciel assombri par les feux de forêt à Lethbridge », sur lequel des oiseaux volent à travers un subtil nuage de fume.

 

Représentation en couleur d’une aquarelle montrant des montagnes enneigées et des prés couverts de forêts vertes.

Le mont Edith Cavell, à Jasper Park (Alberta) (MIKAN 4626658)

L’aquarelle est une technique de choix pour le travail à l’extérieur, car il est facile de se procurer le matériel nécessaire et de le transporter. En tant que membre du club Alpin du Canada (auquel elle se joint à l’âge vénérable de 60 ans), Mme Kirk fait de la randonnée en forêt et dans des parcs nationaux et en profite pour peindre. Son tableau du célèbre mont Edith Cavell, à Jasper Park (Alberta), illustre bien l’immensité du parc. Les montagnes dépassent de part et d’autre du tableau et donnent l’impression de s’étendre à l’infini. La densité de la forêt est représentée par le bleu, le mauve et le vert.

Mme Kirk peint ces tableaux à une époque où il est difficile pour une femme de subvenir à ses besoins en tant qu’artiste en raison des pressions sociales et des inégalités économiques. L’exposition donne l’opportunité d’étudier attentivement sa vie et son art pour ainsi mieux comprendre l’histoire de l’art canadien.

Ne manquez pas l’exposition sur Edith Kirk à Musée et Archives Galt. Vous pouvez aussi lire notre billet de blogue sur les autoportraits des artistes : Autoportraits de femmes dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada.

 

For Better or For Worse : la collection des bandes dessinées iconiques de Lynn Johnston de Bibliothèque et Archives Canada

Lynn Johnston est connue pour la création et l’illustration de la bande dessinée publiée For Better or For Worse (« pour le meilleur et pour le pire ») parue dans plus de 2 000 journaux dans 160 pays. Inspirée par sa propre expérience familiale, Lynn Johnston offre dans cette bande dessinée des interprétations humoristiques, touchantes et réfléchies de la vie de la famille fictive des Patterson : John et Elly, leurs enfants Michael, Elizabeth et April et leur chien adoré, Farley, alors qu’ils traversent les défis et les joies de la vie.

Cet été, la Galerie d’art de Sudbury présentera une exposition itinérante des œuvres de Johnston intitulée For Better or For Worse: The Comic Art of Lynn Johnston (« pour le pire et pour le meilleur : les bandes dessinées de Lynn Johnston »). Cette exposition célébrera le 30e anniversaire de la bande dessinée en explorant la vie de l’artiste, son procédé créatif et les réactions des lecteurs à travers les années. Bibliothèque et Archives Canada (BAC) prêtera plus de 50 panneaux de bandes dessinées originales dessinées par Johnston de sa collection pour l’exposition.

Des premières bandes dessinées de Johnston en 1979 à certaines de ses œuvres plus récentes de 1995, la sélection de bandes dessinées de BAC couvre un éventail de sujets réels et humoristiques dont la plupart traitent des expériences d’Elly Patterson en tant que femme au foyer.

La collection Lynn Johnston à BAC contient d’autres objets qui font preuve de la popularité de la bande dessinée de Johnston. Elle comprend une collection de poupées à l’effigie d’April Patterson, la cadette de la famille Patterson. BAC possède aussi des objets souvenir de la Fondation Farley, un organisme dédié à offrir une aide financière aux gens qui ont besoin d’aide pour prendre soin de leurs animaux domestiques. L’organisme porte son nom en l’honneur de Farley Patterson, le berger anglais bien-aimé de la famille Patterson, qui décède dans la bande dessinée.

Finalement, la collection comprend une grande quantité de lettres d’admirateurs rédigées par les lecteurs de Johnston. Les plus notables sont les deux sous-séries de la collection qui portent sur deux événements majeurs qui ont eu lieu dans la bande dessinée. Par exemple, suite à sa décision d’incorporer un personnage ouvertement homosexuel dans la bande dessinée, Johnston a reçu une énorme quantité de réponses de lecteurs à travers l’Amérique du Nord. De façon similaire, le décès de la mère d’Elly Patterson a suscité des réactions de nombreux lecteurs qui ont envoyé des témoignages de sympathie à Johnston alors qu’ils vivaient eux-mêmes le deuil d’un être cher.

Ne manquez pas l’exposition à la Galerie d’art de Sudbury du 11 juillet au 1er novembre 2015 pour en apprendre davantage sur le travail et le procédé créatif de Lynn Johnston!

Lorsqu’un paysage va au-delà d’un décor: exposition de la toile Les membres de l’expédition de la rivière Rouge près des chutes Kakabeka de Bibliothèque et Archives Canada

Peinture illustrant diverses activités menées par les membres de l’expédition de la rivière Rouge du colonel Garnet Wolseley (1870), alors qu’ils transportent, par portage, canots et approvisionnements, aux abords des chutes Kakabeka, sur la rivière Kaministiquia, en Ontario, ainsi qu’une vue imprenable de la gorge de Kaministiquia avec, en arrière-plan, des rapides et des montagnes.

Les membres de l’expédition de la rivière Rouge près des chutes Kakabeka, par Frances Anne Hopkins, 1877 (MIKAN 2836614)

En 1870, le colonel britannique Garnet Wolseley (1833–1913) arrive avec ses hommes aux chutes Kakabeka (Ontario), un portage majeur faisant partie intégrante du réseau de rivières et de lacs que les voyageurs devaient emprunter en route vers Fort Garry (aujourd’hui Winnipeg [Manitoba]). Investis de la mission consistant à réprimer la rébellion des Métis (résistance des Métis) au sein de la Colonie de la Rivière-Rouge, plus de 1 000 hommes ont fabriqué des chemins de rondins pour transporter les canots, les provisions, l’équipement et même des canons lors de portages, comme celui de Kakabeka. Le commandement efficace exercé par Wolseley durant l’un des voyages les plus difficiles et les plus pénibles de l’histoire militaire a été reconnu comme un haut fait impressionnant en matière de leadership tactique dans les débuts du Canada.

Œuvre d’une artiste connue pour son réalisme concret étonnant, la peinture à grande échelle et richement détaillée documentant l’accomplissement est une des pièces maîtresses de la collection de Bibliothèque et Archives Canada (BAC). Commandée par le colonel Wolseley lui-même en 1877, la peinture sera l’unique toile dépeignant un véritable événement historique que la peintre britannique Frances Anne Hopkins (1838–1919) aura réalisée.

Encore aujourd’hui, le portrait de l’expédition de Wolseley demeure, selon Georgiana Uhlyarik, conservatrice adjointe de l’art canadien au Musée des beaux-arts de l’Ontario (MBAO), une reconstitution perspicace.

Mme Uhlyarik est la co-conservatrice canadienne d’une nouvelle exposition ambitieuse lancée aujourd’hui au MBAO. La première exposition exclusivement réservée aux peintures de paysages panaméricains du XIXe et du début du XXe siècle, Picturing the Americas, se penche sur les influences possibles des représentations de paysages nord-américains, comme celle-ci de Mme Hopkins, en tant que symboles de l’émergence d’identités nationales. Le sujet de l’œuvre de la peintre Hopkins est, après tout, une opération militaire entreprise surtout pour lutter contre l’expansionnisme américain éventuel.

On sait depuis longtemps que Mme Hopkins a volontairement modifié certains détails du paysage de Kakabeka afin d’insuffler plus de puissance à sa composition. Il est probable qu’elle n’ait jamais eu l’intention d’inclure l’entièreté des chutes, qui sont assez impressionnantes, car elles auraient attiré l’attention, qui devait plutôt être tournée vers les hommes de Wolseley. Les rapides de la rivière sont un produit de l’imagination de la peintre, tout comme les collines en arrière-plan qui s’étendent presque jusque dans les montagnes.

Détail des collines, dans la gorge de Kaministiquia, que l’artiste a illustrées comme des montagnes. Détail des rapides de la rivière Kaministiquia, inventés par l’artiste sur cette peinture.Les observateurs du XIXe siècle auraient-ils perçu un segment du périlleux territoire comme représentant l’ensemble de la route de l’Ouest canadien? Si c’est le cas, la transformation par Mme Hopkins du paysage réel de la région pourrait avoir servi, en partie, à renforcer ce message.

L’exposition Picturing the Americas demeure au MBAO jusqu’au 7 septembre 2015. Ensuite, on la transportera au Crystal Bridges Museum of American Art à Bentonville, en Arkansas (É.‑U.) et au Pinacoteca do Estado de São Paulo (Brésil), dont l’ouverture concordera avec le début des Jeux olympiques d’été de 2016, à Rio de Janeiro.

Molly Lamb Bobak : première artiste de guerre du Canada

Le 24 mai 2015 marque le 70e anniversaire de la nomination de Molly Lamb Bobak comme première femme artiste de guerre du Canada pendant la Deuxième Guerre mondiale.

En 1942, Molly Lamb Bobak venait de finir son cours à l’école des arts de Vancouver. La jeune peintre talentueuse a rapidement joint le Service féminin de l’Armée canadienne en tant que dessinatrice, rêvant de devenir un jour artiste de guerre officielle. Elle a travaillé comme serveuse dans les cantines avant d’être envoyée en formation de base en Alberta. En 1945, elle est finalement promue au grade de lieutenant de la section historique des Forces armées canadiennes.

Photographie en noir et blanc prise de côté montrant une femme en uniforme souriante assise sur un quai avec un tableau à dessin et un crayon dans la main. En arrière-plan, on voit un jeune enfant blond et des voiliers à quai.

Molly Lamb, artiste de guerre, du Service féminin de l’Armée canadienne, en train de dessiner à Volendam, Pays-Bas, septembre 1945 (MIKAN 3217951)

Peu après s’être enrôlée, Molly Lamb Bobak a commencé à écrire son journal qui est un précieux témoignage du rôle du Service féminin de l’Armée canadienne dans l’effort de guerre. Intitulé simplement W110278, d’après son numéro matricule, le journal est un compte rendu personnel et instructif, écrit à la main, de la vie quotidienne dans l’armée, accompagné de ses dessins. Échelonné entre novembre 1942 et juin 1945, le journal contient 147 feuillets et presque 50 esquisses sur des feuilles volantes intercalées dans les pages.

La première page indique bien le ton humoristique et l’approche unique employés tout au long du journal. Il est écrit à la manière d’un quotidien, la mise en page est semblable à celle des journaux grand format. Le premier titre à la une est le suivant « Une jeune femme franchit une étape des plus importantes! « Vous faites maintenant partie de l’Armée », votre test médical a été accepté. » [Traduction]

Suivent ensuite des bulletins de nouvelles écrits à la main, parsemés d’anecdotes amusantes et d’illustrations animées qui racontent l’expérience des jeunes femmes et leur vie dans l’armée pendant la Deuxième Guerre mondiale. Le tout constitue un registre quotidien personnel de la vie dans le Service féminin de l’Armée canadienne à l’époque de Molly Lamb Bobak.

Trois ans après s’être enrôlée, Moly Lamb Bobak atteint son but ultime lorsqu’elle est nommée la première femme artiste de guerre au Canada et est envoyée outre-mer après le cessez-le-feu, où elle peint en Angleterre, aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne.

Pour célébrer le 70e anniversaire de la nomination de Molly Lamb Bobak comme première artiste de guerre du Canada, Bibliothèque et Archives a numérisé en entier son journal de la Deuxième Guerre mondiale en couleurs, en faisant ainsi un trésor national disponible en ligne.

Ressources connexes

Autoportraits de femmes dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada

Jusqu’au début du siècle dernier, les autoportraits officiels des femmes étaient rares par rapport à ceux des hommes. Cela s’explique en grande partie par le fait que peu de femmes travaillaient et étaient reconnues comme artistes professionnelles à cette époque. C’est aussi parce que bon nombre des autoreprésentations créées par les femmes étaient dans des formats non traditionnels, cachés dans des carnets de croquis, ou dans des journaux personnels… ou bien encore sous forme de couture ou de broderie.

Quelques-uns des exemples de croquis ou de peinture les plus intéressants dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) sont actuellement présentés dans le cadre de The Artist Herself: Self-Portraits by Canadian Historical Women Artists, une nouvelle exposition organisée et préparée en collaboration avec Alicia Boutilier du Agnes Etherington Art Centre et Tobi Bruce du Art Gallery of Hamilton.

L’exposition vise intentionnellement à élargir la définition traditionnelle de « l’autoportrait », puisque la plupart des œuvres présentées n’auraient pas été considérées des autoportraits à l’époque où elles ont été créées.

Elle inclut cette page provenant du carnet de croquis personnel de Katherine Jane (Janie) Ellice (1813‑1864), une artiste amateur très talentueuse ainsi que l’épouse d’un dirigeant de la Compagnie (de fourrures) du Nord-Ouest. Ellice a utilisé la réflexion d’un miroir sur le mur à l’intérieur d’une cabine de son navire pour capturer une image rapide, et très privée, d’elle-même à bord du navire.

Croquis à l'aquarelle illustrant l'artiste et sa sœur, vêtues de vêtements de nuit, allongées sur la couchette d'une cabine de leur navire.

Mrs. Ellice and Miss Balfour reflected in the looking glass of their cabin on board the H.M.S. Hastings [Réflexion de Mme Ellice et Mlle Balfour dans le miroir de leur cabine à bord du H.M.S. Hastings] (MIKAN 2836908)

L’exposition inclut également Canoe Manned by Voyageurs Passing a Waterfall [Voyageurs conduisant un canot devant une chute d’eau], œuvre de Frances Anne Hopkins (1838–1919), une autre conjointe dans l’industrie de la traite de fourrures. Mme Hopkins se démarquera par contre en développant en quelque sorte une carrière d’artiste professionnelle. Ses immenses tableaux dépeignant le monde des voyageurs comprennent souvent des représentations presque fortuites d’elle-même. Nous croyons qu’elle apparait sur cette toile comme passagère du canot :

Peinture démontrant un groupe de travailleurs de la traite de fourrure qui dirige un canot de la Compagnie de la Baie d'Hudson près d'une chute d'eau. L'artiste et son conjoint sont peut être les passagers du milieu du canot.

Canoe manned by voyageurs passing a waterfall [Voyageurs conduisant un canot devant une chute d’eau] (MIKAN 2894475)

Voici quelques exemples seulement d’autoportraits historiques créées par des femmes, provenant de la collection de BAC. Cela vaut la peine de souligner que la collection en comprend bien d’autres, tant historiques que modernes.

The Artist in her Museum [L’artiste dans son musée] a été conçue par l’artiste Métis contemporaine Rosalie Favell en 2005.

Impression numérique en couleur démontrant un portrait en pied de l'artiste, avec à ses côtés un mammouth, un castor et une palette de couleurs d'artiste. Elle soulève un rideau rouge révélant sur le mur derrière elle une galerie de photographies en noir et blanc.

The Artist in her Museum [L’artiste dans son musée], 2005 ©Rosalie Favell (MIKAN 3930728)

Favell a utilisé la technologie numérique pour manipuler un célèbre Autoportait américain du 19e siècle. En remplaçant le personnage original de l’image par sa propre image, Favell s’est approprié une œuvre classique, lui donnant ainsi de nouvelles significations à l’intérieur d’un ancien système de références.

Il est fascinant de comparer les autoportraits modernes, comme celui de Favell, avec les autoreprésentations historiques présentées dans l’exposition The Artist Herself. Les définitions actuelles, plus larges et détendues, du portrait permettent aux artistes contemporains de manipuler les techniques du genre. Elles nous permettent également de jeter un regard en arrière, d’un point de vue actuel, sur les autoreprésentations créées par les femmes dans le passé.

Vous pouvez visiter l’exposition à Kingston du 2 mai au 9 août 2015. Demeurez à l’affût pour l’annonce des prochaines dates de la tournée nationale de l’exposition, qui prendra fin à Hamilton à l’été 2016.

 

 

Les carnets de croquis de William Redver Stark : marques et papier

Dans cette partie de l’examen des carnets de croquis, nous examinerons deux facettes additionnelles de l’ordre des pages. La première partie observera les marques laissées par les instruments de l’artiste sur le papier à dessin; la seconde examinera le papier et les techniques de reliure dans les carnets de croquis.

Marques laissées par les outils

Lorsqu’un artiste dessine ou fait des esquisses, ses outils laissent fréquemment des marques profondes sur les pages. Ces marques sont de précieux indicateurs visuels qui permettent de remettre dans l’ordre des pages mélangées. Les empreintes que l’on aperçoit sur la surface du papier apparaissent comme le modèle répétitif d’une marque d’une page à la suivante.

Photographie en couleur montant un carnet de croquis qui a des marques profondément enfoncées sur l’une des pages.

Marques du crayon de l’artiste; vue du verso du dessin.

D’autres exemples de marques laissées sur la surface d’un papier sont les types de reliures qui sont utilisés par le relieur. Par exemple, lorsqu’un bloc de feuillets est cousu, le relieur appliquera une colle sur le dos. Il est possible qu’il applique trop de colle et celle-ci déborde alors de certains des trous percés pour la reliure et forme une goutte de colle à l’intérieur du feuillet au centre. Lorsqu’elle a séché et durci, la goutte peut faire une marque sur la page adjacente.

Photographie couleur montrant l’intérieur d’un feuillet; la goutte de colle est parfaitement visible avec la marque correspondante sur la page suivante.

Le résidu de colle de la structure de la reliure qui a débordé sur le feuillet du centre en laissant une marque en miroir.

Les rubans et les fils de couture utilisés dans une reliure peuvent également laisser des marques sur les pages. Les rubans de couture sont collés sous le papier des contreplats. Ils laissent souvent une marque miroir répétitive du ruban, ce qui permet de déterminer l’ordre des pages près du début ou de la fin d’un carnet de croquis. Les marques de fil de couture que l’on retrouve sur les pages détachées peuvent également fournir un bon indice pour déterminer les feuilles de papier qui se trouvent dans le feuillet au centre d’une section.

Photographie couleur montrant le dos détaché d’un carnet de croquis. La marque du ruban de couture est parfaitement visible sur la garde collée et la première page du feuillet.

Détail d’un ruban de couture situé sous la garde collée et de la marque laissée sur la page suivante.

Photographie couleur montrant un carnet de croquis ouvert posé à plat sur une table. Une alène indique les marques du fil à coudre sur le papier.

Transfert visible de la marque du fil de couture sur le papier.

Analyse des pages et du papier

Un bon nombre des carnets de croquis de Stark ont une légère déformation qui est graduelle, convexe et concave et qui s’étend à travers ou le long du bord des pages. Ce gondolage se produit lorsque des carnets de croquis sont dans un environnement très humide. Ici, l’humidité cause une distorsion permanente des pages.

Photographie couleur montrant une vue verticale d’un carnet de croquis; les sections du bas sont clairement déformées et ondulées alors que celles du haut sont parfaitement plates.

Un exemple de gondolage et d’ondulation de la première des trois sections du carnet de croquis que l’on ne retrouve pas dans les deux dernières sections.

L’un des carnets de croquis était déformé le long du bord de trois sections. Les bords ondulés s’adaptaient parfaitement les uns aux autres uniquement lorsque les pages étaient placées dans la bonne position. Ceci nous a donné la vérification requise pour l’orientation et l’ordre adéquats des pages.

Techniques de reliure

Le papier peut également révéler d’autres indices permettant de déterminer l’ordre des pages. Une façon de confirmer l’ordre des pages est d’examiner de près les techniques de reliure, ce qui fournit des preuves très utiles.

Lorsque les pages sont d’abord pliées en sections, des groupes de trois à huit feuilles de papier sont pliées ensemble. Le folio à l’intérieur de la section a naturellement un pli plus aigu que chaque feuillet subséquent dans la section. Les plis deviennent moins aigus et progressivement plus larges au fur et à mesure que le nombre de feuillets par section augmente. Un examen du pli de chaque moitié de feuillet ou de feuillet complet peut permettre de déterminer l’endroit probable dans les sections : première position, ou au centre du feuillet, deuxième, troisième, quatrième position, etc. Une mesure exacte de chaque page confirme également la position.

La technique d’arrondissure et d’endossure est une autre technique de reliure qui donne une indication de l’ordre des pages. La technique est habituellement accomplie en utilisant un marteau pour façonner un dos préalablement cousu et collé. L’arrondissure et l’endossure causent une légère courbure des sections proches du dos; les sections proches du début du livre s’incurvent légèrement vers le recto; les sections centrales sont relativement plates; et les sections proches de la fin du livre s’incurvent légèrement vers le verso. L’arrondissure et l’endossure étaient parfaitement visibles dans les carnets de croquis de Stark et donnaient ainsi une indication utile de l’ordre des sections et des pages.

Photographie couleur montrant une vue en angle d’un carnet de croquis qui met en évidence la courbure produite par la technique de reliure.

Vue de la légère courbure de la section proche du début du bloc de feuillets qui indique les effets de la technique de reliure qui peuvent permettre de déterminer l’ordre exact des pages.

Dans notre prochain volet sur l’ordre des pages, nous examinerons les dates qui sont dispersées dans les différents carnets de croquis et la façon dont elles correspondent à d’autres sources d’information à Bibliothèque et Archives Canada.

Visitez nos albums Flickr ou Facebook pour voir d’autres images de l’examen de la conservation.

De nouvelles aquarelles de Robert Hood documentent l’histoire du Canada dans l’Arctique

Le 16 avril 1821, le matelot Robert Hood écrit un dernier texte dans son journal. Cet officier marinier de la marine royale britannique est âgé de 24 ans. Sous le commandement du capitaine John Franklin, il participe à une expédition visant à cartographier la rivière Coppermine dans le cadre de la recherche du passage du Nord‑Ouest. Cette entrée dans le journal de Hood met fin à ses descriptions des activités quotidiennes du groupe de matelots britanniques, de voyageurs canadiens et de guides et interprètes autochtones qui parcourent, par voie terrestre, un trajet les menant du poste de traite York Factory à la rivière Coppermine en passant par Cumberland House et Fort Enterprise. Hood continue cependant de noter les conditions météorologiques et les données de navigation dans d’autres volumes, en plus de produire au moins un autre document visuel.

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) a le plaisir d’annoncer l’achat récent de quatre aquarelles qui appartenaient aux descendants de Hood.

Portraits des interprètes esquimaux de Churchill embauchés par l’expédition terrestre dans le Nord est vraisemblablement la dernière œuvre de Robert Hood qui est parvenue jusqu’à nous. L’aquarelle parachevée en mai 1821 représente Tattannoeuck (Augustus) et Hoeootoerock (Junius).

Portraits à l’aquarelle de deux jeunes Inuits, surnommés Augustus et Junius, portant des vêtements occidentaux.

Portraits des interprètes esquimaux de Churchill embauchés par l’expédition terrestre dans le Nord, mai 1821 (MIKAN 4730700)

Les trois autres aquarelles acquises ont été peintes l’année précédente, pendant l’hiver passé à Cumberland House.

En janvier 1820, Hood peint un vison qui trempe une patte dans l’eau sur une rive en pierres ainsi qu’un renard croisé capturant une souris dans la neige.

Aquarelle représentant un vison qui trempe une patte dans l’eau sur le bord d’une rivière.

Vison, le 20 janvier 1820 (MIKAN 4730702)

Aquarelle d’un renard ayant capturé une souris dans un paysage hivernal

Un renard croisé capture une souris, le 26 janvier 1820. (MIKAN 4730703)

Deux mois plus tard, Hood entreprend une randonnée vers les collines Pasquia, où il rencontre un groupe de Cris. Il est invité dans leur tente et profite de l’occasion pour dessiner une aquarelle extrêmement détaillée : Intérieur d’une tente des Indiens du Sud[titre original]. Une gravure, Intérieur d’une tente crie, est inspirée de cette image et sera publiée dans le compte rendu du capitaine John Franklin intitulé Récit d’un périple sur les côtes de la mer polaire au cours des années 1819, 1820, 1821 et 1822.

Aquarelle montrant l’intérieur d’une tente. Sept personnes sont assises autour du feu. L’une d’entre elles est une mère qui tient son enfant sur une planche porte bébé. Des fourrures ou de la viande sèchent sur un poteau disposé horizontalement, et un chaudron rempli de nourritures est placé au dessus du feu. Un fusil, un arc et des flèches sont accotés sur une paroi de la tente. Une personne mange, une autre fume la pipe et les autres semblent écouter attentivement.

Intérieur d’une tente des Indiens du Sud [titre original]  (MIKAN 4730705)

Malheureusement, Robert Hood ne verra jamais ses œuvres publiées dans le récit de Franklin. L’expédition est accablée par les conditions météorologiques extrêmes et manque de ravitaillement, au point où les membres doivent manger du lichen pour survivre. Au début d’octobre 1821, Robert Hood est trop affaibli par la faim pour continuer le voyage. Il reste à l’arrière avec deux Britanniques pendant que les autres partent chercher de la nourriture et du matériel à Fort Enterprise. Un des voyageurs, Michel Terohaute, change d’idée, quitte le groupe de Franklin et retourne au camp avec Hood. Le 23 octobre 1821, pendant que les deux autres hommes sont partis chercher à manger, Terohaute abat Robert Hood. Le capitaine John Franklin parvient à récupérer le journal et les aquarelles de Hood pour les donner à la sœur de ce dernier, qui distribuera ensuite les œuvres à ses petits‑enfants. BAC se considère chanceux d’avoir pu acquérir quatre aquarelles anciennement inconnues qui documentent une expédition essentielle dans l’histoire du Canada en Arctique.

Ressources complémentaires

Les cahiers de dessins de William Redver Stark : taches et parties manquantes

Ce nouvel article sur les cahiers de dessins de William Stark s’intéresse plus particulièrement aux taches et aux parties manquantes. Dans le contexte, une tache est une décoloration des fibres du papier, alors qu’une partie manquante désigne un morceau de papier détaché ou manquant.

Imaginez William Stark glissant un cahier de dessins dans son sac militaire ou dans la poche de son manteau, par tous les temps et dans toutes sortes de situations. Comme il n’était pas un peintre de guerre officiel, Stark a probablement exécuté ses dessins durant ses temps libres ou lorsqu’il était en permission. Grâce à ses cahiers, nous pouvons l’accompagner dans une visite au jardin zoologique de Londres, lors d’une promenade à la campagne ou au bord de la mer. Ses dessins représentent généralement des personnes, des paysages ou des scènes de la vie quotidienne.

Ces cahiers montrent de nombreux signes de détérioration physique due aux manipulations et déplacements effectués par Stark durant son service de guerre, mais aussi à la longue période de 75 ans qui s’est écoulée entre la fin de la guerre et leur acquisition par BAC. Comme vous pouvez l’imaginer, en raison des terribles conditions de vie au front, les dommages causés par l’eau sont très importants. L’eau fait non seulement gondoler le papier, mais elle peut aussi y laisser une ligne brune. Le phénomène se produit lorsqu’un liquide dépose des matières dissoutes, telles que poussières, colorants ou autres produits en bordure de la partie humide, laissant apparaître une ligne plus foncée que le reste de la tache lorsque le papier sèche.

Les lignes brunes trouvées sur deux ou plusieurs pages consécutives sont l’un des nombreux indices visuels utilisés pour établir l’ordre original des pages d’un cahier.

Photographie couleur de la face interne du dos d’un livre montrant une tache d’humidité bordée d’une ligne plus foncée

Détail d’une tache d’humidité bordée d’une ligne brune plus foncée le long du dos.

On remarque également quelques taches graisseuses ou huileuses et des gouttes d’encre sur le bord des pages. Ces taches prennent souvent la forme de motifs qui se répètent d’une page à l’autre de manière croissante ou décroissante. Elles sont aussi de très bons indices pour nous aider à remettre en ordre les pages d’un cahier.

Photographie couleur d’un des côtés d’un livre ouvert montrant des pages ventilées et un outil pointant une tache graisseuse qui se répète sur le bord de chaque page.

Taches graisseuses trouvées sur le bord de plusieurs pages.

Photographie couleur d’un cahier de dessins, prise en plongée, montrant des taches d’encre sur le bord des pages

Tache d’encre dont le motif se répète sur le bord de chaque page.

Un morceau de papier manquant selon un motif qui se répète sur plusieurs pages est un autre indice visuel très utile dans ce travail de détective. Ce peut être, par exemple, plusieurs pages qui ont été déchirées ou indentées au même endroit.

Photographie couleur d’un cahier de dessins montrant un morceau de papier de forme triangulaire qui manque au même endroit sur plusieurs pages

Exemple d’un morceau de papier manquant dont le motif se répète sur le bord des pages d’un cahier de dessins.

Visitez notre album Flickr sur la conservation des cahiers de dessins pour consulter d’autres photos de ce travail de détective. Vous pouvez aussi voir les articles précédents dans la série les mercredis de la conservation sur le blogue, Facebook et Twitter.