Les premières presses du Canada

Par Meaghan Scanlon

En visitant l’exposition Première : Nouveautés à Bibliothèque et Archives Canada, vous aurez l’occasion de voir deux artefacts de la collection de livres rares de Bibliothèques et Archives Canada. Le premier est un court ouvrage médical publié à Québec en 1785 au sujet des symptômes et du traitement d’une maladie qui semble être une forme de syphilis. Le second est une proclamation sur les droits de pêche des Français émise par le gouverneur de Terre-Neuve en 1822.

Photo couleur d’un livre ouvert à la page titre, où on peut lire « Direction pour la guerison du mal de la Baie St Paul. A Quebec : Chez Guillaume Brown, au milieu de la grande côte. M, DCC, LXXXV. »

Page titre du livre Direction pour la guerison du mal de la Baie St Paul, imprimé par Guillaume (William) Brown, Québec (Québec), 1785. (AMICUS 10851364)

De prime abord, ces publications ont peu en commun. Or, un lien historique intéressant les unit : toutes deux ont été produites par les pionniers de l’imprimerie dans leurs provinces respectives. Guillaume Brown, éditeur du livre Direction pour la guerison du mal de la Baie St Paul, ainsi que son partenaire Thomas Gilmore deviennent en effet les premiers imprimeurs du Québec lorsqu’ils s’installent dans la ville du même nom, en 1764. John Ryan, à qui l’on doit l’affiche de Terre-Neuve, mérite quant à lui l’honneur d’être le premier imprimeur de deux provinces : il pratique déjà le métier à Saint John avec son partenaire William Lewis lorsqu’est fondé le Nouveau-Brunswick, en 1784. En 1806, il déménage à St. John’s (Terre-Neuve) et y ouvre la première imprimerie de l’île.

Document en noir et blanc proclamant le droit, pour les pêcheurs français, de pêcher au large de Terre-Neuve sans être gênés ou harcelés par les sujets britanniques (droit qui leur fut accordé en vertu du traité de Paris, qui entérinait lui-même celui d’Utrecht). La proclamation enjoint les officiers et les magistrats à faire respecter ce droit, et signale que des mesures pourraient être prises contre les pêcheurs britanniques qui ne s’y conforment pas.

By His Excellency Sir Charles Hamilton… a proclamation, imprimé par John Ryan, St. John’s (Terre-Neuve), vers 1822. (AMICUS 45262655)

Vers 1454, Johannes Gutenberg termine sa célèbre bible à Mayence, en Allemagne, faisant ainsi connaître l’imprimerie dans toute l’Europe. En 1500, son innovation est déjà largement répandue sur le continent. L’imprimerie suivra les colons européens jusqu’en Amérique, mais ce n’est qu’en 1751 qu’elle arrive au Canada, soit presque 300 ans après l’époque de Gutenberg. Si cela peut nous sembler incroyablement long – nous qui sommes habitués à de rapides évolutions technologiques –, l’imprimerie met presque 150 ans de plus à conquérir le reste du pays. Avec des artefacts comme ces documents imprimés par Guillaume Brown et John Ryan, la collection de livres rares de Bibliothèque et Archives Canada documente la longue et fascinante histoire de la naissance de l’imprimerie au Canada.

Reproduction couleur de la couverture d’un journal, aux teintes sépia, qui présente un pli dans sa partie supérieure.

Premier numéro du Halifax Gazette (23 mars 1752), imprimé par John Bushell. (AMICUS 7589124)

Tout commence avec John Bushell, le premier imprimeur du Canada. En 1751, il quitte Boston, au Massachusetts, pour s’établir à Halifax, en Nouvelle-Écosse. C’est là qu’il publie le premier journal du pays, The Halifax Gazette, le 23 mars 1752. Comme nous l’avons dit précédemment, le Québec et le Nouveau-Brunswick accueillent respectivement leur première presse en 1764 et en 1784. À la fin du 18e siècle, l’impression s’est frayé un chemin jusqu’à l’Île-du-Prince-Édouard et l’Ontario, dont la première imprimerie est ouverte par Louis Roy à Newark (aujourd’hui Niagara-on-the-Lake) en 1792. Après l’arrivée de John Ryan à Terre-Neuve, en 1806, on trouve des presses dans toutes les provinces de l’Est. Plusieurs pionniers de l’impression établis dans cette région (dont John Ryan et James Robertson, le premier imprimeur de l’Île-du-Prince-Édouard) sont des loyalistes, c’est-à-dire des Américains qui ont quitté les États-Unis pendant la guerre d’Indépendance américaine par loyauté envers la Couronne britannique.

Avant la fin du 19e siècle, l’imprimerie parvient dans l’Ouest et le Nord du Canada. En Alberta comme au Manitoba, les premiers imprimeurs sont des missionnaires qui traduisent en langues autochtones des textes chrétiens. En 1840, utilisant une presse et des caractères de sa propre confection, le pasteur méthodiste James Evans commence à imprimer des textes en écriture syllabique crie à Rossville, au Manitoba. L’Alberta accueille quant à elle sa première presse en 1876, quand le prêtre oblat Émile Grouard vient s’installer à Lac La Biche. En 1878, celui-ci publie le premier livre de la province, Histoire sainte en montagnais (le terme montagnais est alors employé par les non-Autochtones pour désigner la langue dénée). Cette même année, le premier imprimeur de la Saskatchewan, Patrick Gammie Laurie, lance à Battleford un journal intitulé Saskatchewan Herald (AMICUS 4970721). Cet Écossais d’origine avait marché de Winnipeg jusqu’à Battleford – soit environ 1 000 kilomètres – en faisant tirer sa presse par un bœuf!

En 1858, la ruée vers l’or au fleuve Fraser attire les prospecteurs sur la côte Ouest. Cet afflux de nouveaux arrivants provoque une demande pour des nouvelles imprimées, ce qui mène à la création des cinq premiers journaux de la Colombie-Britannique, tous à Victoria. L’un d’eux, The British Colonist (AMICUS 7670749), est fondé par le futur premier ministre de la province, Amor de Cosmos.

C’est aussi à l’or que l’on doit l’arrivée de l’imprimerie dans les territoires du Nord canadien. Pendant la ruée vers le Klondike, en 1898, l’imprimeur G. B. Swinehart quitte Juneau, en Alaska, dans l’intention de lancer un journal à Dawson, au Yukon. Forcé d’attendre à Caribou Crossing en raison du mauvais temps, il y publie, le 16 mai 1898, un journal à tirage unique intitulé Caribou Sun (AMICUS 7502915). Il s’agirait du premier document à avoir été imprimé dans le Nord canadien.

Photo noir et blanc d’un groupe d’hommes devant une cabane en bois rond dont l’enseigne indique « The Yukon Sun ».

Bureau du journal de G. B. Swinehart, renommé The Yukon Sun, Dawson (Yukon), 1899. (MIKAN 3299688)

La collection de publications de Bibliothèque et Archives Canada comprend de nombreux documents produits à l’aube de l’imprimerie au pays, dont plus de 500 datent d’avant 1800. C’est beaucoup, mais loin d’être complet. Les employés sont d’ailleurs très heureux quand ils découvrent de nouvelles publications qui ne figurent pas dans la collection, parce que les documents produits par les premiers imprimeurs du Canada sont généralement très rares. Les deux publications en vedette à l’exposition Première en sont de beaux exemples. Il ne reste aujourd’hui qu’environ cinq exemplaires du livre Direction pour la guerison du mal de la Baie St Paul. Pour ce qui est de l’affiche de John Ryan, elle n’avait jamais été répertoriée auparavant, ce qui laisse croire qu’il n’en resterait aucun autre exemplaire.

Si vous êtes dans la région d’Ottawa, nous vous invitons à visiter l’exposition Première : Nouveautés à Bibliothèque et Archives Canada pour voir en personne ces rares vestiges des débuts de l’imprimerie au Canada, ainsi que de nouvelles acquisitions d’autres secteurs de la collection de Bibliothèque et Archives Canada. L’exposition est présentée au 395, rue Wellington, à Ottawa, jusqu’au 3 décembre 2018. L’entrée est gratuite!

Autres ressources


Meaghan Scanlon est bibliothécaire principale des collections spéciales à la Direction générale du patrimoine publié de Bibliothèque et Archives Canada.

William Hew Clark-Kennedy, VC

Par Andrew Horrall

William Hew Clark-Kennedy naît à Dunskey, en Écosse, le 3 mars 1880, et obtient un emploi à la Compagnie d’assurance Standard Life à 16 ans. Il sert dans un régiment de la cavalerie britannique pendant la guerre d’Afrique du Sud avant de déménager au Canada en 1902 pour y travailler au bureau montréalais de la Standard Life. C’est là qu’il rencontre sa future épouse Katherine « Kate » Reford.

Le 23 septembre 1914, Clark-Kennedy s’enrôle dans le 13e Bataillon (Royal Highlanders of Canada) à Valcartier, au Québec. Il débarque en France au mois de février suivant. Le 24 avril 1915, un obus d’artillerie s’écrase près de lui et de deux autres hommes. Les compagnons de Clark-Kennedy sont tués sur le coup, et lui se retrouve enfoui sous la terre et la boue. Les autres soldats, croyant qu’il avait lui aussi péri et que son corps avait été désintégré ou enterré, le déclarent mort au combat. Mais Clark-Kennedy n’a subi que des blessures mineures et, à l’insu de tous, il réussit à se dégager du sol et à retourner sur le champ de bataille. Il a fallu quelques jours à l’armée pour corriger l’erreur et permettre à Clark-Kennedy d’envoyer un télégramme à sa famille pour la rassurer.

Photo noir et blanc d’un officier devant un bâtiment; il porte une casquette d’officier et tient un bâton de marche dans sa main droite.

Le lieutenant-colonel Clark-Kennedy, VC, OC, 24e Bataillon. Photo prise en janvier 1919 (a003909)

Clark-Kennedy reçoit la Croix de Victoria pour ses actes du 27 et du 28 août 1918 alors qu’il commande le 24e Bataillon pendant la bataille d’Arras. Un extrait de la London Gazette décrit sa bravoure exceptionnelle : « Dès le début, la brigade, au centre de laquelle se trouve le 24e Bataillon, est la cible d’intenses tirs d’artillerie et de mitrailleuses; les pertes sont nombreuses, surtout parmi les chefs. Les unités sont en partie désorganisées et l’avance est freinée. Reconnaissant à quel point il est important que le front de la brigade soit dirigé par le centre et nullement découragé par les tirs d’anéantissement, le Lcol Clark-Kennedy, grâce à sa personnalité et à son initiative, devient une source d’inspiration pour ses hommes et les fait avancer. À plusieurs reprises, il leur donne un exemple hors du commun en les menant tout droit vers les nids de mitrailleuses qui les empêchent d’avancer et surmonte ces obstacles. En contrôlant l’orientation des unités avoisinantes et en rassemblant les hommes qui n’ont plus de chef, il s’avère très utile pour le renforcement de la ligne et permet à tout le front de la brigade d’avancer. » [traduction de Défense nationale et les Forces canadiennes]

Le lendemain, Clark-Kennedy fait preuve d’autant de courage malgré la grave blessure par balle qu’il a subie au genou droit. Sa citation se termine par la déclaration suivante : « On ne saurait surestimer les résultats obtenus grâce à la bravoure et au leadership de cet officier. » London Gazette, n° 31067, 14 décembre 1918 (en anglais seulement)

En plus de la Croix de Victoria, Clark-Kennedy reçoit à quatre reprises une citation à l’ordre du jour et à deux reprises l’Ordre du service distingué. La France lui décerne également une Croix de Guerre, et il est nommé Compagnon de l’Ordre de Saint-Michel et Saint‑Georges.

Photo noir et blanc de deux officiers devant une voiture dans laquelle le conducteur est assis. Ils portent tous deux une casquette d’officier et un pardessus.

Le lieutenant-colonel W.H. Clark-Kennedy (à droite), VC, CMG, DSO et barrette de médaille, et le brigadier-général J.H. MacBrien, DSO et barrette de médaille, CB (a006743)

De retour au Canada après la guerre, Clark-Kennedy reprend son emploi à la Standard Life, où il accédera éventuellement au poste de directeur de l’entreprise. Il meurt à Montréal le 25 octobre 1961. La famille de Clark-Kennedy conserve toujours sa Croix de Victoria. Bibliothèque et Archives Canada détient son dossier de service.

Sources

« Officer, feared dead, continued to fight », The Globe and Mail, 27 octobre 1961, p. 31, en anglais seulement

« Lt.-Col.Clark-Kennedy VC, dies here in 83rd year », Montreal Gazette, 27 octobre 1961, p. 4, en anglais seulement


Andrew Horrall est archiviste principal à la Division des archives privées de Bibliothèque et Archives Canada.

Charles Smith Rutherford, VC

Par Ashley Dunk

Dans la série des récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, Bibliothèque et Archives Canada souligne les actes posés par des soldats sur les champs de bataille il y a 100 ans. Aujourd’hui, nous rendons hommage à Charles Smith Rutherford, récipiendaire de la Croix de Victoria pour ses gestes de bravoure.

Photo noir et blanc d’un officier debout, tenant une canne.

Lieutenant Charles S. Rutherford, VC, vers 1914-1919 (a006703)

Né le 9 janvier 1892 à Colborne, en Ontario, Rutherford est fermier avant la guerre. Le 2 mars 1916, il s’enrôle à Toronto, en Ontario, et joint le 83e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien comme soldat. Il arrive en France le 10 juin 1916. Rutherford obtient plusieurs décorations, dont la Médaille militaire le 23 février 1918 et la Croix militaire le 11 janvier 1919. Il est promu lieutenant le 28 avril 1918. Le 26 août 1918, lors de la cinquième bataille de la Scarpe, près de Monchy, en France, Rutherford dirige un groupe d’assaut. Devançant largement ses hommes, il aperçoit des ennemis à l’extérieur d’une casemate. Armé de son revolver, Rutherford leur fait signe de venir vers lui. Les soldats ennemis lui répondent qu’il doit plutôt s’approcher d’eux. Grâce à un mensonge habile, les soldats ennemis sont convaincus qu’ils sont entourés. Le groupe de 45 hommes, qui comprend deux officiers et trois mitrailleuses, se rend alors.

Photo noir et blanc de trois personnes debout, prenant la pose : une femme vêtue d’un manteau de fourrure, un officier avec une canne et un soldat avec une canne et un béret.

Lieutenant C. S. Rutherford, VC (centre), vers 1914-1919 (a006705)

Après avoir capturé ce groupe d’hommes, il convainc l’un des officiers ennemis de neutraliser une mitrailleuse à proximité, permettant aux troupes de Rutherford de se rendre jusqu’à lui. Rutherford s’aperçoit alors qu’une partie de son groupe d’assaut est ralenti par des tirs nourris d’une mitrailleuse se trouvant dans une autre casemate. Avec l’aide du reste de ses hommes, il attaque la casemate avec une section de mitrailleuses Lewis, réussissant à capturer 35 autres prisonniers ainsi que leurs mitrailleuses. Grâce à son leadership, son groupe d’assaut peut poursuivre sur sa lancée. Deux mois plus tard, la London Gazette rapporte ce qui suit :

Les gestes audacieux et courageux de cet officier ont concrètement contribué à la saisie de l’objectif principal. Il a fortement inspiré des militaires de tous grades à pousser l’attaque sur un emplacement très fortifié.

London Gazette, n° 31012, 12 novembre 1918

Le 20 mars 1919, Rutherford obtient son congé dans le cadre d’une démobilisation générale. Il s’éteint à Ottawa, en Ontario, le 11 juin 1989 à l’âge de 97 ans.

Photo noir et blanc d’un officier en tenue de cérémonie.

Capitaine Charles S. Rutherford, VC, sergent d’armes, Assemblée législative de l’Ontario, 1937 (a053785)

Bibliothèque et Archives Canada conserve le dossier de service numérisé du lieutenant Charles Smith Rutherford.


Ashley Dunk est adjointe de projet à la Division des expositions et du contenu en ligne de la Direction générale des services au public de Bibliothèque et Archives Canada.

Des images de rugby maintenant sur Flickr

Photo noir et blanc de deux équipes de rugby en pleine mêlée. Deux arbitres surveillent la séquence de jeu.

Deuxième match de rugby à Godalming, en Angleterre, entre les équipes de Seaford et Witley [MIKAN 3385967]

Ce sont probablement les colons et les militaires britanniques qui ont importé le rugby au Canada, au début du XIXe siècle. Ce sport semble être pratiqué de manière informelle jusqu’en 1864, année où F. Barlow Cumberland et Fred A. Bethune, du Trinity College, à Toronto, codifient des règles pour le Canada. Le premier match joué selon ces règles a lieu à Montréal; il oppose des officiers d’un régiment anglais à des civils de l’Université McGill.

Photo noir et blanc de joueurs de rugby blessés. Un joueur assis sur une chaise reçoit des soins pour une blessure à la tête. Un deuxième joueur est étendu au sol, une couverture sur le corps. Des spectateurs se tiennent près des joueurs, derrière la ligne de côté.

Joueurs blessés et spectateurs sur la ligne de côté lors d’un match de rugby entre les joueurs canadiens de Seaford et de Witley à Godalming, en Angleterre [MIKAN 3385975]

Photo noir et blanc de l’équipe de rugby de l’Université McGill lors de la saison 1884-1885. James Naismith est assis avec ses coéquipiers (2e rangée, premier à gauche).

Équipe de rugby de l’Université McGill de la saison 1884-1885, y compris James Naismith que l’on voit assis avec ses coéquipiers (2e rangée, premier à gauche), à Montréal, au Québec [MIKAN 3650079]

Des clubs provinciaux de rugby se forment peu après aux quatre coins du pays. On organise d’abord des rencontres interprovinciales, puis des compétitions internationales. La première, en 1874, met évidemment aux prises le Canada (Université McGill) et les États-Unis (Université Harvard)!

Photo noir et blanc d’une équipe senior de rugby universitaire, en Ontario. Les membres se tiennent en rangée, de biais, la main gauche sur la hanche et la main droite sur l’épaule de la personne devant.

Équipe senior de rugby universitaire, en Ontario [MIKAN 3715584]

Au XXe siècle, le sport connaît une croissance constante. Des équipes étrangères viennent disputer des matchs au Canada, et des équipes canadiennes vont jouer à l’étranger, notamment au Japon, en Angleterre, en Irlande, en Argentine et en Australie. L’arrivée des femmes marque en outre un jalon important dans l’histoire du sport. À partir du début des années 1980, on forme des équipes féminines pour disputer des matchs tant locaux qu’internationaux. On en compte aujourd’hui plus de 30 au pays.

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Recherche dans les anciens recensements

Bibliothèque et Archives Canada est heureux de lancer la version enrichie d’un de ses plus populaires guides de recherche : Instrument de recherche 300 : recensements et documents connexes (de 1640 à 1945).

Ce guide exhaustif sur les anciens recensements et les documents connexes comporte des références datant principalement de 1640 aux années 1880. On y trouve aussi quelques documents des années 1900, y compris des documents de Terre-Neuve et du Labrador pour la période allant de 1921 à 1945.

La version enrichie contient des liens vers des images numérisées de la plupart des documents. Ceux-ci concernent l’Acadie, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve et le Labrador, l’Île-du-Prince-Édouard, le Québec, l’Ontario, le Manitoba et la Colombie-Britannique.

Visitez aussi notre page Recensements, que nous avons actualisée. Vous y trouverez des liens vers nos bases de données sur les recensements de 1825 à 1921, et bien d’autres ressources.

Ce qui se cache sous le figuier : Salomon Ibn Gabirol et la quête de la sagesse

Bannière avec les mots suivants : Première: Nouveautés à Bibliothèque et Archives Canadas. Et on aperçoit à droite une outre attrapant un poissonPar Guy Berthiaume

Une légende raconte qu’un poète jaloux aurait assassiné Salomon Ibn Gabirol, poète et philosophe juif du 11e siècle, et l’aurait enterré sous un figuier. Les fruits de cet arbre étaient si doux et si abondants que les habitants de la ville où il se trouvait décidèrent de creuser pour découvrir la source de sa fertilité. La légende se termine par la découverte des restes de Gabirol enfouis sous l’arbre, apportant une explication toute poétique à la nature généreuse de l’arbre, ce que Gabirol lui-même aurait sans doute apprécié.

Mise à part la légende, Gabirol était un éminent philosophe, auteur de plus d’une centaine d’œuvres poétiques. Ses écrits se composent d’un fascinant mélange de sources juives, islamiques, néoplatoniciennes, pythagoriciennes, bibliques, mystiques et philosophiques. Gabirol nous invite à « rechercher la sagesse avec autant d’avidité que nous chercherions un trésor caché, car elle est plus précieuse que l’or et l’argent ». Ce sage conseil est tiré de Mivachar Ha-Peninim, ou Livre des perles, le plus récent ajout à la collection d’incunables de Bibliothèque et Archives Canada, acquis grâce à un don généreux du couple Ruth et Arnon Miller.

Le mot latin incunabula signifie « berceau », mais au fil du temps il en est venu à désigner tout livre, pamphlet ou affiche imprimé avant l’année 1501. Avant que le terme ne soit largement utilisé, on nommait ces ouvrages des « livres du quinzième siècle », une appellation descriptive, certes, mais manquant de poésie! Quelle que soit la façon de les désigner, les incunables sont des objets qui fascinent autant par leur contenu que par leur beauté. Le Livre des perles ne fait pas exception à cette règle.

Gabirol jouissait d’une grande popularité dans les cercles islamiques et chrétiens; cette collection de proverbes, de réflexions et de maximes était, à son époque, l’équivalent d’un « best-seller » du New York Times. Le Livre des perles est remarquablement moderne, aussi pertinent aujourd’hui qu’il l’était au 11e siècle. L’ouvrage est ponctué de réflexions et d’observations comme celles-ci : « La sagesse en dormance est comme un trésor improductif »; « Un homme dépourvu de sagesse est comme une maison sans fondations »; et cet adage incroyablement visionnaire, « La vérité sert d’assise à toute chose, mais le mensonge démolit tout », qui prend une signification particulière en cette ère de « post vérité ».

Même si le texte fut écrit à l’origine en arabe par un philosophe juif souvent comparé à Platon, sa sagesse et son intelligence séduisaient à la fois les lecteurs juifs et arabes de l’époque. Il montre, comme je le crois intimement, que la poésie et la philosophie ont la capacité de transcender les frontières, tout comme les bibliothèques le font.

Ce livre est également important parce que son éditeur, les Presses de Soncino, a été l’un des plus anciens et des plus influents imprimeurs dans l’histoire du livre juif. Installé dans le nord de l’Italie, il a mis au point l’une des premières presses à imprimer au monde, en 1484.

Une photo couleur d’un livre ouvert écrit en hébreu.

Mivachar Ha-Peninim par Solomon Ibn Gabirol, 1484 (AMICUS 45283149)

Le Livre des perles a été acheté lors d’une vente aux enchères à la Valmadonna Trust Library, qui était la plus grande collection privée au monde d’œuvres judaïques. Le livre est maintenant conservé avec d’autres incunables dans la collection Jacob-M.-Lowy de BAC. La collection Lowy, rassemblée pendant toute une vie, comprend plus de 3 000 livres rares et anciens, imprimés entre le 15e et le 20e siècle en plusieurs langues, notamment en hébreu, en latin et en yiddish. Mentionnons en particulier des premières éditions et des éditions anciennes du Talmud, 34 incunables et plus de 120 bibles en plusieurs langues, dont l’inuktitut.


Guy Berthiaume est le bibliothécaire et archiviste du Canada.

Images de dîner maintenant sur Flickr

Le dîner est le deuxième repas de la journée. Au Canada, on le mange généralement autour de midi ou au milieu de la journée de travail.

Photo noir et blanc de trois femmes prenant leur dîner dans une barque à côté de rames et d’une corde enroulée.

Des ouvrières mangent leur repas dans la barque d’un navire de la Victoire au chantier naval Burrard, Vancouver (Colombie-Britannique) [MIKAN 3628068]

Photo noir et blanc de deux hommes prenant leur dîner dans un tunnel; ils sont couverts de poussière et portent une tenue de mineur.

Les frères Cecil et Charlie Roberts mangent leur dîner à environ 4 km sous la surface de l’Atlantique et 245 mètres sous le plancher océanique [MIKAN 3704319]

Les heures de repas sont ancrées dans les habitudes et semblent s’inspirer d’une logique toute naturelle. Pourtant, aux XVIIe et XVIIIe siècles, on a instauré au Canada une journée de travail plus longue et plus réglementée. Par conséquent, les gens qui travaillaient loin de chez eux ont dû repousser l’heure du repas au soir, ce qui a espacé encore plus le déjeuner du souper. D’où l’arrivée du dîner pour combler cet écart entre les deux, une habitude toujours bien présente.

Photo noir et blanc d’une grande cafétéria dans une usine, où dînent des centaines de femmes en tenue d’ouvrière.

Cafétéria des femmes de l’usine British Munitions Supply Co. Ltd., Verdun (Québec) [MIKAN 3370956]

Photo noir et blanc de l’actrice Lucia Carroll et de deux membres de la distribution du film Les Chevaliers du ciel en train de dîner en plein air sur le lieu du tournage.

L’équipe de tournage et les acteurs du film Les Chevaliers du ciel mangent leur pique-nique, North Bay (Ontario) [MIKAN 4325596]

Pour le dîner, les Canadiens apportent généralement un lunch léger et facile à transporter.

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Nouveau balado! Écoutez notre plus récente émission, « Les archives canadiennes du canot »

Peinture à l’huile en couleur d’un canot en écorce de bouleau vu de profil, s’avançant en eau calme devant une falaise rocheuse dénudée. Huit hommes pagaient, alors qu’un couple, lui coiffé d’un haut-de-forme noir et elle d’un chapeau bleu pâle, est assis au centre du canot. Un drapeau rouge est partiellement déployé à l’arrière de l’embarcation. La proue et la poupe du canot sont peintes en blanc et ornées de motifs colorés.

Notre plus récent balado est en ligne! Écoutez « Les archives canadiennes du canot ».

Pour bien des Canadiens, le canot est un moyen d’échapper au rythme effréné du quotidien, un moyen de renouer avec la nature, les parents et les amis. Or, des milliers d’années avant l’arrivée des colons européens sur le territoire que nous appelons aujourd’hui le Canada, les lacs et rivières servaient de routes essentielles au commerce pour les peuples autochtones d’ici, et le canot était au cœur de cette activité. Dans cette émission, nous nous rendons au Musée canadien du canot, à Peterborough en Ontario, pour visiter les coulisses de son incroyable collection. Le conservateur Jeremy Ward sera notre guide pour nous faire découvrir cette collection hors pair d’embarcations emblématiques.

Pour voir les images associées à ce balado, voici un lien vers notre album Flickr.

Abonnez-vous à nos émissions de baladodiffusion sur notre fil RSS, iTunes ou Google Play, ou écoutez-les sur notre site Web à Balados – Découvrez Bibliothèque et Archives Canada : votre histoire, votre patrimoine documentaire.

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Sergent Robert Spall, VC

Dans sa série de blogues sur les récipiendaires de la Croix de Victoria canadienne, Bibliothèque et Archives Canada présente un portrait de valeureux soldats à l’occasion du 100e anniversaire du jour où ils ont accompli les actes de bravoure pour lesquels ils ont reçu cette distinction. Aujourd’hui, nous nous souvenons du sergent Robert Spall, qui a fait preuve les 12 et 13 août 1918 d’un courage et d’une abnégation de soi dignes de la Croix de Victoria.

Une photographie en noir et blanc d’un soldat.

Le sergent Robert Spall, VC, sans date. Source : Wikimedia

Né à Ealing, dans l’Essex, en Angleterre, le 5 mars 1890, Spall immigre au Canada avec ses parents, qui s’installent à Winnipeg, au Manitoba. Avant la guerre, il est courtier en douanes et membre de la milice active. Le 28 juillet 1915, Spall s’enrôle à Winnipeg dans le 90e bataillon du Corps expéditionnaire canadien (CEC). Il débarque en France avec les Winnipeg Rifles le 13 février 1916 à l’âge de 26 ans. Plus tard, le 90e bataillon sera intégré au 11e bataillon de réserve pour prêter main-forte au CEC. Éventuellement, Spall aboutira avec le Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (PPCLI).

Le 12 août 1918, une pluie d’obus allemands s’abat sur le PPCLI ainsi que sur les 116e et 42e bataillons canadiens, les obligeant à se terrer dans leurs tranchées respectives. L’objectif leur est transmis à midi : conjointement avec le 42e bataillon, le PPCLI devra repousser les Allemands de Parvillers à partir du sud. Le plan consiste à avancer jusqu’aux positions tenues par le 9e bataillon canadien d’infanterie au sud de Parvillers et à s’en servir comme point de départ, tout en bombardant les tranchées sur l’ancienne ligne de front allemande et les tranchées menant à Parvillers.

Cependant, lorsque la compagnie arrive aux positions qui lui ont été assignées, elle découvre que le 9e bataillon d’infanterie ne les contrôle pas, et qu’elles sont toujours aux mains des Allemands. En dépit de ce contretemps, l’attaque est lancée. À 20 h, les Canadiens ont fait peu de progrès après avoir rencontré une forte résistance. Mais les pertes s’alourdissent chez les Allemands à mesure que la compagnie gagne du terrain, avec une section de bombardiers s’avançant dans la tranchée allemande.

Une page d’un document textuel avec, à gauche, des trous de poinçon déchirés.

Journal de guerre du PPCLI décrivant l’attaque durant laquelle Spall tira sur des soldats allemands qui chargeaient, en août 1918, page 18 (en anglais seulement) (MIKAN 2005881)

À 6 h, le 13 août 1918, les Allemands contre-attaquent en force à partir de Parvillers et Damery; surgissant des bois en formation serrée, ils avancent à découvert. Cette soudaine et vigoureuse offensive force la compagnie à battre en retrait en direction de l’ancienne ligne de front allemande. Dans le chaos qui s’ensuit, deux pelotons sont séparés de la compagnie.

Spall participe vraisemblablement à cet assaut et contribue à dégager son peloton de sa fâcheuse position. Isolé avec son peloton du reste de la compagnie, Spall grimpe sur le parapet armé d’un fusil-mitrailleur Lewis et tire sur les soldats allemands qui s’approchent. De retour dans la tranchée, il entraîne ses hommes vers une sape à 75 verges seulement de l’ennemi. Il grimpe de nouveau sur le parapet et continue son assaut. C’est à ce moment-là qu’il est tué. Sa bravoure et son dévouement exceptionnels ont permis à ses hommes de rejoindre les autres, et son habileté à manier le fusil-mitrailleur Lewis a entraîné de lourdes pertes chez les Allemands.

Un document beige avec des cases séparées par des lignes, marqué d’une coche rouge et estampillé « Vimy Memorial » en violet.

Inscription du sergent Robert Spall dans les Registres de sépultures de guerre du Commonwealth, vol. 31830_B034454, page 845, 22 août 1918.

Sa citation se lit comme suit :

[…] dans le cadre d’une contre-attaque ennemie, lorsque son peloton se retrouve isolé. Le Sgt Spall s’empare d’une mitrailleuse Lewis et, debout sur le parapet, il fait feu sur l’ennemi qui progresse, lui infligeant de lourdes pertes. Il descend ensuite dans la tranchée et dirige ses hommes vers une sape à 75 verges de l’ennemi. S’emparant d’une autre mitrailleuse Lewis, ce brave sous-officier monte de nouveau sur le parapet et réussit, grâce à ses tirs, à contenir l’adversaire. C’est en accomplissant ce geste qu’il est tué.

Le Sgt Spall a délibérément fait le sacrifice de sa vie pour sortir son peloton d’une situation très difficile et c’est grâce à sa bravoure que ses hommes ont été sauvés. [traduction du ministère de la Défense et des Forces canadiennes]

London Gazette, numéro 30975, 25 octobre 1918 (en anglais seulement)

Le corps du sergent Spall n’a jamais été retrouvé. Son nom est inscrit sur le Mémorial national du Canada à Vimy ainsi que sur un monument commémoratif du Parc du patrimoine militaire de Barrie, en Ontario.

Bibliothèque et Archives Canada possède le dossier de service numérisé du sergent Robert Spall.

Le lieutenant Thomas Dinesen

Par Ashley Dunk

Dans sa série de blogues sur les récipiendaires de la Croix de Victoria canadienne, Bibliothèque et Archives Canada souligne les actes d’héroïsme de soldats posés il y a exactement 100 ans sur un champ de bataille. Aujourd’hui, nous rendons hommage au lieutenant Thomas Dinesen et à la bravoure dont il a fait preuve pendant la bataille d’Amiens, en France, le 12 août 1918.

Photo noir et blanc d’un soldat.

Le lieutenant Thomas Dinesen, sans date. Source : Wikimedia

Né le 9 août 1892 dans une riche famille d’aristocrates à Rungsted, au Danemark, Thomas Fasti Dinesen est ingénieur civil lorsqu’il essaie de s’enrôler dans l’armée de divers pays. Les armées française, britannique et américaine le refusent tour à tour. Ce n’est que le 26 juin 1917 qu’il réussit enfin à s’enrôler dans la 2e Compagnie de renfort du Corps expéditionnaire canadien. Dinesen sert dans le 20e Bataillon de réserve avant d’être muté au 42e Bataillon (Royal Highlanders of Canada), aussi connu sous le nom de Black Watch of Canada.

Dans la nuit du 11 au 12 août 1918, le 42e Bataillon est envoyé en renfort auprès de l’ancienne ligne de front britannique dans le secteur de Parvillers, en France. La progression des Alliés est bloquée à cet endroit par la présence de fils barbelés impénétrables séparant les anciennes lignes britanniques et allemandes. L’objectif est de s’emparer de Parvillers en pilonnant le secteur et en capturant la tranchée allemande âprement défendue. Le 12 août, vers 10 h du matin, des hommes sont envoyés deux par deux et à intervalles irréguliers au point de départ situé du côté nord de la route Rouvroy-Fouquescourt, pour ne pas alerter l’ennemi. L’attaque est déjà bien lancée lorsque les Allemands tentent de barrer la route aux Canadiens. Au milieu de l’après-midi, sur un signal donné, les soldats canadiens s’engouffrent dans les tranchées ennemies, où ils rencontrent de la résistance. Les Allemands subissent de nombreuses pertes et les Canadiens capturent plusieurs mitrailleuses.

Copie noir et blanc d’un document textuel comprenant quatre paragraphes ainsi que le chiffre « 2 » inscrit à la main en haut de la page.

Annexe du journal de guerre du 42e Bataillon d’infanterie canadien décrivant l’offensive du 11 et du 12 août 1918, p. 26 (en anglais) (e001110175).

Ce sont les faits d’armes du soldat Dinesen durant l’offensive des Alliés connue sous le nom de bataille d’Amiens qui lui valent sa Croix de Victoria. Le dernier jour de la bataille, il brave seul de violentes contre-attaques allemandes et réduit au silence des mitrailleuses hostiles. Armé de sa baïonnette et de grenades, Dinesen se livre à des combats corps à corps et tue 12 soldats ennemis. Ses vaillants efforts pendant plus de dix heures permettent de reprendre plus de 1,5 kilomètre de tranchées allemandes ardemment défendues à Parvillers.

En reconnaissance de ses actes de bravoure, le gouvernement français décerne la Croix de Guerre à Dinesen. En novembre 1918, il est nommé officier et il se hissera plus tard au grade de lieutenant.

Photo noir et blanc de six soldats portant un casque, assis dans un large trou creusé dans la boue. Certains mangent, d’autres tiennent leur fusil faisant dos au photographe.

Des Canadiens se reposant dans un trou d’obus créé par leur propre artillerie, août 1918 (a002859).

Dinesen meurt à Leerbaek, au Danemark, le 10 mars 1979. Sa Croix de Victoria est exposée dans la salle Ashcroft du Musée impérial de la guerre (en anglais seulement).

Après la guerre, Dinesen rédige et publie plusieurs livres en danois, dont ses mémoires relatant ses tentatives d’enrôlement et les événements qui lui ont valu sa Croix de Victoria, No Man’s Land : En Dansker Med Canadierne Ved Vestfronten. En 1930, l’ouvrage est traduit en anglais : Merry Hell! : A Dane with the Canadians. Une copie de cette traduction anglaise peut être consultée sur place à Bibliothèque et Archives Canada.

Bibliothèque et Archives Canada conserve le dossier de service numérisé du lieutenant Thomas Dinesen.


Ashley Dunk est assistante de projet à la Division du contenu en ligne de la Direction générale des services au public.