Les timbres-poste conçus par Helen Roberta Fitzgerald

Par James Bone

Helen Roberta Fitzgerald (Helen Bacon, dans certains documents) est la première femme à concevoir des timbres-poste pour le Canada. Son premier timbre est Union mondiale de femmes rurales (1959). Elle en concevra ensuite six autres, tous acceptés par le ministère des Postes de l’époque. Si l’on compte son concept de Noël apparu sur deux timbres différents, ses œuvres seront utilisées pour illustrer huit timbres-poste canadiens.

Née en 1919 à Edmonton (Alberta), Helen Roberta Fitzgerald grandit à Toronto et passe la plus grande partie de sa vie en Ontario. Elle étudie l’art et le design dès son plus jeune âge, puis termine son éducation à l’École d’art de l’Ontario (maintenant l’Université de l’EADO), où elle enseignera plus tard. En plus d’enseigner, elle participe aux travaux d’art commercial du catalogue Eaton et fait de la pige dans les domaines de l’infographie et de la maquette. Elle participe très activement aux techniques artistiques faisant appel au textile, à la mosaïque et à la broderie. Plusieurs églises de l’Ontario l’embauchent d’ailleurs pour réaliser des œuvres ecclésiastiques.

Photo noir et blanc d’une femme qui sourit.
Helen Roberta Fitzgerald, en 1978. Photo fournie par l’artiste elle-même pour le projet de base de données des Archives postales canadiennes.

Helen Roberta Fitzgerald conçoit ensuite d’autres timbres, dont Association des Guides (1960), L’instruction fait la force (1962), Victoria, 1862-1962 (1962), Noël : offrandes des Rois mages (1965) et Sécurité routière (1966). Contrairement à d’autres concepteurs, elle dessine souvent ses timbres selon la grandeur et l’échelle réelles du résultat final plutôt que d’opter pour un grand format qui nécessite par la suite une réduction. Le timbre L’instruction fait la force montre les avantages de cette méthode, les éléments de conception occupant avec précision l’espace disponible.

Timbre à deux tons montrant un garçon et une fille tenant des diplômes et regardant au loin. Plusieurs symboles orange représentent des domaines du savoir : bâtiment classique, couronne, marteau, mécanismes, machine à écrire, équation scientifique, violon, globe, livre, microscope, etc.
La force par l’éducation (e001218439), droit d’auteur de la Société canadienne des postes. Notons que le timbre a été émis sous un nom différent en français (L’instruction fait la force).

Ce n’est que pendant une courte période de sa vie qu’Helen Roberta Fitzgerald conçoit des timbres-poste, soit de 1959 à 1967. Le concept de son dernier timbre canadien, La femme doit voter, 1917-1967 (1967), reçoit un accueil défavorable, ce qui contribue peut-être à la fin de sa collaboration avec le ministère des Postes.

Outre les timbres-poste qu’elle conçoit pour le Canada, l’artiste soumet des concepts pour l’emblème du Centenaire du Canada (1967) et peint des poissons qui servent entre autres à illustrer une série de timbres des Maldives, en 1963.

Dessin couleur montrant un poisson aux couleurs vives avec des rayures jaunes, bleues et noires sur un arrière-plan bleu.
Pygoplites diacanthus (poisson-ange duc), concept peint pour un timbre-poste des Maldives (e011202373).

Helen Roberta Fitzgerald prendra sa retraite à King City (Ontario), où elle continuera à pratiquer les arts. Elle y vivra avec son époux Wilfred Bacon jusqu’à son décès en 2009.

Bibliothèque et Archives Canada a reçu un don de quelques documents d’archives liés à Helen Roberta Fitzgerald, comprenant des peintures de la série des Maldives, des diapositives montrant une mosaïque de concepts pour le timbre Union mondiale de femmes rurales, des concepts pour l’emblème du Centenaire du Canada, des essais de concept pour le timbre-poste Sécurité routière, de la correspondance, des plis postaux et des coupures de journaux portant sur son travail. Tous les documents du fonds Helen Roberta Fitzgerald sont ouverts à la consultation.


James Bone est archiviste en philatélie et en art au sein de la Section des supports spécialisés privés, à Bibliothèque et Archives Canada.

Les femmes inuites et les phoques : une relation unique

Par Julie Dobbin

Les phoques occupent une place centrale dans la vie des Inuits et constituent une source d’alimentation locale essentielle. De nombreuses traditions, coutumes, croyances et histoires transmises oralement concernent les phoques. Les Inuits ont toujours eu une relation importante et directe avec cet animal. Les chasseurs respectent énormément l’esprit du phoque, un animal dont ils dépendent grandement. Chaque partie du phoque est utilisée, car l’exploitation doit être durable, respectueuse et réalisée sans cruauté. Plus important encore, le climat froid et rigoureux de l’Arctique oblige les habitants de la région à avoir un bon abri et de bons vêtements pour rester au chaud et au sec. La peau, la fourrure et l’huile des phoques répondent à ce besoin.

Photo noir et blanc d’une femme inuite dans un igloo qui porte une parka à motif floral et manipule une lampe à l’huile de phoque. Un jeune inuit portant une parka en fourrure se trouve près d’elle.

Femme manipulant une lampe à l’huile de phoque dans un igloo, dans l’ouest de l’Arctique, probablement au Nunavut, en 1949 (MIKAN 3202745)

Les femmes inuites ont développé des techniques très perfectionnées pour traiter et utiliser les parties du phoque de diverses manières au fil des saisons. Après avoir enlevé la graisse avec un ulu (le couteau traditionnel des femmes à lame en forme de croissant), elles étirent et sèchent les peaux, comme le fait Taktu sur cette photo.

Photo en couleurs d’une femme inuite portant un manteau rouge. Elle est accroupie sur un littoral rocheux et retire la graisse de la peau d’un phoque avec un ulu (le couteau des femmes).

Taktu retirant la graisse de la peau d’un phoque, Kinngait (Cape Dorset), Nunavut, été 1960 (MIKAN 4324655)

Lire la suite