Lieutenant Jean Brillant, caporal Herman James Good et caporal Harry Garnet Bedford Miner

Par John Morden

Aujourd’hui, la série Hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria se souvient des trois premiers soldats ayant obtenu la Croix de Victoria pendant la campagne des cent jours du Canada : Jean Brillant, Herman James Good et Harry Garnet Bedford Miner.

Lieutenant Jean Brillant

Photo noir et blanc d’un soldat en uniforme regardant directement vers l’appareil photo. Il se tient derrière deux autres hommes en uniforme dont les visages sont partiellement visibles au premier plan. On aperçoit un arbre en arrière-plan.

Lieutenant Jean (John) Brillant, VC, MC, juin 1918 (c009271)

Né le 15 mars 1890 à Assemetquaghan, au Québec, le lieutenant Jean Brillant se joint à la milice canadienne et occupe un poste de télégraphiste avant de s’enrôler dans le 189e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien le 11 janvier 1916. Brillant est ensuite transféré au 22e Bataillon canadien-français. En mai 1918, il dirige avec succès un raid qui lui vaut la Croix militaire (MC). Au début de la bataille d’Amiens, la première grande mesure de guerre de l’offensive des Cent-Jours, Brillant se mérite la Croix de Victoria pour ses actes d’héroïsme menés du 8 au 9 août 1918, à l’extérieur de Meharicourt, en France. Pendant cette bataille, Brillant, dont la compagnie est immobilisée par une mitrailleuse, réussit à assaillir l’ennemi et à capturer l’arme allemande. Malgré ses blessures, il rassemble deux pelotons et, ensemble, ils capturent une autre position de mitrailleuse allemande. Cent cinquante soldats allemands sont capturés et quinze mitrailleuses sont saisies. Brillant subit de nouveau des blessures. Lorsqu’une pièce d’artillerie allemande attaque les unités de Brillant, ce dernier mène encore une fois ses hommes vers la position ennemie. Il est blessé pour la troisième fois et s’effondre, souffrant d’épuisement et d’une importante perte de sang. Brillant succombe à ses blessures le jour suivant, le 10 août 1918. Lisez la description de ses actes dans la London Gazette. Brillant est enterré au cimetière militaire de Villers-Bretonneux, près de Somme, en France.

Caporal Herman James Good

Photo noir et blanc d’un soldat en uniforme regardant directement vers l’appareil photo et portant un grand béret.

Caporal Herman James Good, VC, sans date (a006663)

Le caporal Herman James Good est né le 29 novembre 1887 à Bathurst, au Nouveau-Brunswick. Avant la Première Guerre mondiale, Good est fermier. Il se joint au 55e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien le 29 juin 1915. Good est ensuite transféré au 13e Bataillon des Royal Highlanders du Canada le 15 avril 1916. Même s’il souffre d’un traumatisme dû au bombardement, il continue de servir dans l’armée jusqu’à la fin de la guerre. Le 8 août 1918, Good obtient la Croix de Victoria pour ses actions menées le premier jour de la bataille d’Amiens. Pendant cette bataille, l’unité de Good est ralentie par trois mitrailleuses allemandes. En réaction à ce problème, Good décide d’assaillir la position ennemie. Il tue plusieurs soldats allemands et capture ceux qui sont toujours en vie. Plus tard ce jour-là, Good tombe sur une batterie d’artillerie allemande. En compagnie de trois autres hommes, il capture les artilleurs et leurs armes. Good survit à la guerre et ne décède qu’à l’âge de 81 ans, le 18 avril 1969, dans sa ville natale de Bathurst.

Caporal Harry Garnet Bedford Miner

Photo noir et blanc d’un soldat en uniforme assis sur une chaise, les mains croisées, regardant vers l’appareil photo.

Caporal Harry Garnet Bedford Miner, VC, sans date. Source : Direction – Histoire et patrimoine (http://www.cmp-cpm.forces.gc.ca/dhh-dhp/index-fra.asp)

Né le 24 juin 1891 à Cedar Springs, en Ontario, le caporal Harry Garnet Bedford Miner travaille comme fermier avant le déclenchement de la guerre à l’été 1914. En novembre 1915, Miner se joint au 142e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien. Il est ensuite transféré au 58e Bataillon, unité dans laquelle il se trouvera jusqu’à la fin de son service. Miner obtient la Croix de guerre française en 1917 pour ses actions lors d’une mission menée à partir de Lens, en France. Les actes de Miner sur le champ de bataille le 8 août 1918 lui valent la Croix de Victoria. Ce jour-là, malgré une blessure grave, Miner attaque et capture un nid de mitrailleuses allemandes, tue les soldats qui s’y trouvent et commence à tirer sur l’ennemi. Plus tard, avec deux autres hommes, il capture une autre position de mitrailleuse allemande ainsi qu’un poste de bombardement. Malheureusement, Miner succombe à ses blessures au cours de la journée. Miner est enterré au cimetière britannique de Crouy, près de Somme, en France.

Bibliothèque et Archives Canada possède les dossiers de service complets du lieutenant Jean Brillant, du caporal Herman James Good et du caporal Harry Garnet Bedford Miner. Trouvez les membres de votre famille ayant combattu pendant la Première Guerre mondiale en consultant la base de données des dossiers du personnel de la Première Guerre mondiale.


John Morden est un étudiant émérite en histoire de l’Université Carleton faisant un stage au sein de la Division des expositions et du contenu en ligne de Bibliothèque et Archives Canada. 

Le chemin vers la paix : les cent jours du Canada

Par Emily Monks-Leeson

Après des années de guerre de tranchées statique, les Alliés ont pu, grâce à leur offensive des cent derniers jours de la Première Guerre mondiale, traverser la ligne de tranchées pour forcer les belligérants à combattre en terrain découvert. Une rapide série de victoires des Alliés a enfin permis de repousser les Allemands hors de la France, derrière la Ligne Hindenburg, menant à l’armistice du 11 novembre 1918.

À la suite de sa victoire à la crête de Vimy, le Corps canadien ne perd aucune autre opération offensive importante durant la Première Guerre mondiale. Les soldats, ayant mérité leur réputation de « troupes de choc », sont envoyés dans les combats les plus difficiles. Comme le premier ministre britannique David Lloyd George l’écrit plus tard dans ses mémoires : « Les Allemands se préparaient au pire dès l’arrivée du Corps canadien. » De fait, entre le 8 août et le 11 novembre 1918, les quatre divisions canadiennes, composées d’environ 100 000 hommes, mènent à la défaite ou au retrait de 47 divisions allemandes, soit le quart des forces de combat de l’Allemagne au front occidental. Les Canadiens se battent à Amiens, à Arras, à la Ligne Hindenburg, au Canal du Nord, à Bois de Bourlon, à Cambrai, à Denain et à Valenciennes. Ces batailles, qui jouent un rôle central dans la défaite de l’armée allemande, seront connues sous le nom des « cent jours du Canada ». Pendant le dernier mois de la guerre, du 10 au 11 novembre 1918, les troupes canadiennes poursuivent les forces allemandes sur plus de 70 kilomètres dans une série de combats prenant fin à Mons, en Belgique. L’emplacement de cette dernière bataille est hautement symbolique pour les Alliés. En effet, c’est à Mons que les Anglais ont combattu les Allemands pour la première fois le 23 août 1914.

Photo noir et blanc montrant un large groupe de soldats allemands rassemblés entre un village et une rivière ou un canal. Les bâtiments à l’arrière-plan sont en bonne partie détruits.

Des prisonniers allemands capturés par les Canadiens à la suite de la bataille d’Amiens, août 1918 (a002858)

Bien que le succès des Canadiens ait été largement reconnu, il a mené à des pertes importantes : 20 % des hommes canadiens tombés au combat ont perdu la vie au cours de ces 100 derniers jours. Les décès et les victoires sur le champ de bataille des cent jours du Canada sont honorés aux monuments commémoratifs de Le Quesnel, de Dury et de Bois de Bourlon. La libération de Mons par le Canada est soulignée par une plaque installée à l’hôtel de ville de Mons.

Photo noir et blanc de brancardiers et de personnel médical s’occupant de soldats blessés alors que d’autres soldats sont debout en arrière-plan.

Des blessés arrivent à une infirmerie de campagne canadienne, bataille d’Amiens, août 1918 (a002930)

Pendant les cent jours du Canada, trente soldats canadiens obtiennent la Croix de Victoria, décoration militaire la plus prestigieuse du Commonwealth reconnaissant la bravoure devant l’ennemi. La série Centenaire de la Première Guerre mondiale – hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria du blogue de Bibliothèque et Archives Canada rend hommage aux récipiendaires de la Croix de Victoria. Chacun d’entre eux sera honoré au cours des 100 prochains jours, soit jusqu’au 11 novembre, jour de l’Armistice.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Joseph Thomas Kaeble, VC

Par John Morden

Cette semaine, nous rendons hommage dans notre blogue au caporal Thomas Kaeble, récipiendaire de la Croix de Victoria pour les gestes de bravoure qu’il a posés sur le champ de bataille il y a 100 ans, les 8 et 9 juin 1918.

Joseph Thomas Kaeble naît le 5 mai 1893 à Saint-Moïse, au Québec. Il est mécanicien lorsqu’éclate la Première Guerre mondiale. Le 20 mars 1916, il s’enrôle auprès du 189e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien. Le 12 novembre de la même année, il est transféré au 22e Bataillon canadien-français. Quelques mois plus tard, en avril 1917, il est blessé et hospitalisé, mais obtient rapidement son congé le mois suivant. C’est lors de son séjour à l’hôpital qu’il est promu au rang de caporal.

Photo noir et blanc d’un soldat en uniforme

Joseph Kaeble, sans date. Source : Direction de l’histoire et du patrimoine

Kaeble reçoit la Croix de Victoria en reconnaissance de son rôle pendant l’offensive du printemps 1918, le dernier effort déployé par l’Allemagne sur le front occidental. Le soir du 8 juin 1918, alors que le 22e Bataillon est posté près de Neuville-Vitasse, en France, l’armée allemande mène un raid contre les lignes canadiennes. L’attaque est précédée d’un bombardement intense qui surprend les Canadiens. Une vague de 50 soldats allemands s’approche de la position de Kaeble, dont la majorité des frères d’armes ont été blessés par les bombes. Ce dernier enjambe le parapet et, armé d’une mitrailleuse Lewis, repousse à lui seul la charge ennemie. Atteint par plusieurs tirs, il réussit néanmoins à tenir les Allemands à distance avant de retomber dans sa tranchée, gravement blessé. Gisant au sol, il aurait dit aux autres soldats : « Tenez bon, les gars! Ne les laissez pas passer! Il faut les arrêter! » [Traduction] (London Gazette, supplément 30903, 16 septembre 1918)

Kaeble souffre de fractures ouvertes aux jambes et aux bras; il a aussi des fractures à la main et au cou. Mais son courage n’aura pas été vain, puisque le 22e Bataillon repousse finalement le raid allemand.

Rapport dactylographié décrivant les événements survenus pendant la nuit du 8 au 9 juin 1918.

Rapport tiré du journal de guerre du 22e Bataillon d’infanterie du Canada décrivant les actions menées les 8 et 9 juin 1918. (e000963629)

Cette bravoure aura toutefois un prix : le jour suivant, le 9 juin 1918, le caporal Kaeble succombe à ses blessures. Il sera le premier Franco-Canadien à recevoir la Croix de Victoria. On lui décernera aussi la Médaille militaire pour ses actes de bravoure en sol français.

Photo couleur d’une pierre tombale devant laquelle quelques plantes commencent à pousser. On voit d’autres pierres tombales à l’arrière-plan.

La pierre tombale de Kaeble, à Wanquetin (France). Source : Wikimedia Commons. Photo : Wernervc

Le Canada n’a pas oublié l’héritage de Kaeble. On peut admirer un buste érigé en son honneur au monument aux Valeureux, avec les bustes d’autres soldats décorés. Depuis novembre 2012, un nouveau patrouilleur de la Garde côtière canadienne porte également son nom : le NGCC Caporal Kaeble V.C. (en anglais).

Bibliothèque et Archives Canada conserve le dossier de service numérisé du caporal Joseph Kaeble.


John Morden est étudiant émérite en histoire à l’Université Carleton et stagiaire à la Division des expositions et du contenu en ligne de Bibliothèque et Archives Canada.

Lieutenant Gordon Muriel Flowerdew, VC

Par Emily Monks-Leeson

Aujourd’hui, dans la série Centenaire de la Première Guerre mondiale – hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, nous rendons hommage au lieutenant Gordon Muriel Flowerdew. Il a reçu la Croix de Victoria, décoration militaire la plus prestigieuse du Commonwealth reconnaissant la bravoure devant l’ennemi, pour ses actions lors de la bataille du bois de Moreuil qui se déroulait en ce jour il y a 100 ans.

Une photographie en noir et blanc d’un soldat légèrement de profil.

Lieutenant Gordon M. Flowerdew, récipiendaire de la Croix de Victoria (MIKAN 3521609)

Flowerdew naît à Billingford, en Angleterre, le 2 janvier 1885. Il immigre en Saskatchewan en 1903, puis devient éleveur en Colombie-Britannique. Il s’enrôle dans le Lord Strathcona’s Horse, une brigade de cavalerie, en septembre 1914 et reçoit sa commission d’officier en 1916. En 1918, Flowerdew est lieutenant (capitaine par intérim) de l’Escadron « C » du Lord Strathcona’s Horse. Les brigades de cavalerie, qui ne participent presque plus au combat direct vu la nature stationnaire des guerres de tranchées, reprennent du travail au printemps 1918 grâce au retour des mesures de guerre ouvertes et rapides. Le 30 mars 1918, les Strathconas s’engagent dans de violents affrontements dans le bois de Moreuil, en France. Les soldats doivent empêcher les Allemands de traverser la rivière Avre et de s’approcher d’Amiens.

Alors que des soldats allemands gagnent le bois de Moreuil, le capitaine par intérim Flowerdew aperçoit deux lignes de position d’infanterie allemandes soutenues par des mitrailleuses. Il ordonne une charge de cavalerie. Son escadron franchit les deux lignes allemandes, donnant des coups d’épée, puis fait demi-tour, se ruant de nouveau sur l’ennemi. Les Allemands sont forcés de battre en retraite. Selon la citation de la Croix de Victoria de Flowerdew, l’escadron avait alors perdu soixante-dix pour cent de ses hommes, morts ou blessés, et lui-même était gravement blessé aux deux cuisses. Néanmoins, Flowerdew ne cesse d’encourager ses hommes, leur ordonnant de mettre pied à terre.

Les survivants, menant maintenant un combat corps à corps, réussissent à conserver les positions allemandes jusqu’à l’arrivée de l’unité du lieutenant Frederick Maurice Watson Harvey, venu à leur rescousse. Harvey avait reçu la Croix de Victoria en 1917 pour son rôle dans l’attaque contre les Allemands à Guyencourt, en France. Flowerdew et ses hommes empêchent l’armée allemande de prendre le bois de Moreuil et d’obtenir une position stratégique importante.

Une description du jour de combat écrite à la main.

Une page du journal de guerre du Lord Strathcona’s Horse, comprenant une description des actions de Flowerdew ce jour-là. Page 422 (MIKAN 2004721)

Le lieutenant Gordon Muriel Flowerdew succombe à ses blessures le 31 mars 1918. Il est enterré au cimetière britannique Namps-au-Val, en France. Bibliothèque et Archives Canada possède le dossier de service numérisé du lieutenant Gordon Muriel Flowerdew.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Lieutenant Alan Arnett McLeod

Par Emily Monks-Leeson

Aujourd’hui, dans sa série d’articles du Centenaire de la Première Guerre mondiale : hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, Bibliothèque et Archives Canada se souvient du lieutenant Alan Arnett McLeod, récipiendaire de la Croix de Victoria pour ses actes de bravoure.

McLeod naît en 1899 à Stonewall, au Manitoba. En 1913, à l’âge de 14 ans, il tente de s’enrôler dans le 34e Régiment Fort Garry Horse. À la suite de la déclaration de la guerre, il essaie plusieurs fois de s’engager dans l’armée à Winnipeg, puis dans le Royal Flying Corps (RFC) à Toronto. Il est toutefois rejeté à maintes reprises. Dès qu’il célèbre son dix-huitième anniversaire, il s’enrôle dans le RFC et suit une formation de pilote à Long Branch, en Ontario. Il termine son cours avec 50 heures d’expérience de vol et part pour la France le 20 août 1917.

Une photographie en noir et blanc d’un officier assis, prenant la pose pour un portrait officiel. Il tient ses gants dans une main et un bâton dans l’autre.

Lieutenant Alan Arnett McLeod, VC, 51e et 2e Escadrons du RAF (© Imperial War Museums, Q 67601)

McLeod est tout d’abord affecté au 82e Escadron, mais se voit confier des activités de défense territoriale de nuit, à bord d’un B.E. 12, dès que son commandant découvre qu’il n’a que 18 ans. En décembre 1917, il effectue son premier vol opérationnel au-dessus d’Hesdigneul, en France, au sein du 2e Escadron. En janvier 1918, McLeod et son artilleur détruisent un Fokker Dr.I et un ballon d’observation, actes qui lui valent une citation à l’ordre du jour.

Le 27 mars 1918, McLeod, maintenant sous-lieutenant, et son observateur, le lieutenant Arthur Hammond, survolent Albert (France) à bord d’un Armstrong Whitworth F.K.8. Ils détruisent un triplan allemand, puis sont immédiatement attaqués par une formation de huit autres aéronefs. McLeod et Hammond abattent trois d’entre eux avant que leur propre réservoir de carburant soit touché et s’enflamme. McLeod s’efforce d’éloigner les flammes de son observateur en effectuant une glissade abrupte alors que l’avion continue de tomber et qu’il ne cesse de tirer sur les aéronefs ennemis. Lorsque l’avion s’écrase en zone neutre, McLeod, blessé, traîne Hammond hors des flammes et le transporte jusque dans un endroit sûr en évitant les tirs nourris. Les deux hommes sont gravement blessés, mais survivent. Le lieutenant Hammond, atteint de six balles, perd sa jambe et reçoit une barrette pour sa Croix militaire.

Une photographie en noir et blanc d’un jeune homme souriant dans un lit.

Lieutenant Alan Arnett McLeod, VC, 1918 (MIKAN 3219066)

Ce jour même, le lieutenant Alan Arnett McLeod reçoit la Croix de Victoria pour ses actes. Après un séjour à l’hôpital, il retourne au Canada pour terminer sa convalescence. Le 6 novembre 1918, il succombe à la grippe espagnole à Winnipeg (Manitoba). La rue McLeod, à Stonewall (Manitoba), lui rend d’ailleurs hommage.

Bibliothèque et Archives Canada ne possède pas le dossier de service du lieutenant Alan Arnett McLeod, VC. Les hommes souhaitant faire partie du service aérien s’enrôlaient dans le Royal Flying Corps, le Royal Air Force ou le Royal Naval Air Service. Les dossiers du personnel de ces unités britanniques appartiennent aux Archives nationales de l’Angleterre.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Lieutenant-colonel Harcus Strachan, VC

Par Emily Monks-Leeson

Cette semaine, dans son blogue, Bibliothèque et Archives Canada rend hommage au lieutenant-colonel Harcus Strachan, récipiendaire de la Croix de Victoria pour ses actions pendant la Première Guerre mondiale, lors de la bataille de Cambrai qui se déroulait en ce jour il y a 100 ans.

Photographie en noir et blanc d’un officier assis qui porte un couvre-chef et tout l’équipement d’un officier.

Lieutenant Harcus Strachan, VC, sans date (MIKAN 3221434)

Né à Borrowstounness, en Écosse, en 1887, Harcus Strachan immigre au Canada en 1908. En 1915, il s’enrôle dans le régiment Fort Garry Horse, basé à Winnipeg, au Manitoba, où il est élevé au grade de lieutenant. Le 20 novembre 1917, il prend le commandement d’un escadron à cheval du régiment Fort Garry Horse à Masnières, en France. Lorsque le chef de l’escadron est tué, le lieutenant Strachan dirige l’escadron pour franchir les positions de mitrailleuses allemandes. Selon sa citation :

« Il mène une charge contre la batterie ennemie, tuant sept des artilleurs avec son épée. [Puis, il coupe les lignes téléphoniques 3 kilomètres derrière les lignes allemandes, et] il rassemble ses hommes et lutte pour retraverser la ligne ennemie, ramenant en lieu sûr tous les hommes non blessés, en plus de 15 prisonniers. [Cette opération] n’a été rendue possible que grâce à cet acte de bravoure exceptionnel et au leadership audacieux de cet officier. » [Traduction, Défense nationale]

London Gazette no 30433, 18 décembre 1917 (en anglais)

Photographie en noir et blanc de soldats à cheval traversant un village.

Le lieutenant Strachan, VC, et un escadron du Fort Garry Horse traversant un village au front de Cambrai, décembre 1917 (MIKAN 3405685)

Un rapport tapé à la machine relatant les événements de la journée.

Journal de guerre du Fort Garry Horse, 20 novembre 1917, page 2 du rapport du lieutenant Strachan (MIKAN 2004724)

Le lieutenant-colonel Strachan est promu capitaine et le roi George V lui remet la Croix de Victoria le 6 janvier 1918. Pour souligner l’anniversaire de la remise de la Croix de Victoria à Harcus Strachan, les « Garrys » (surnom donné aux membres du régiment Fort Garry Horse) tiennent un défilé chaque année. Strachan survit à la guerre et dirige, pendant la Deuxième Guerre mondiale, le 1er bataillon des fusiliers d’Edmonton. Il meurt à Vancouver le 1er mai 1982. Récemment, il a été honoré par la mise en place d’une plaque historique sur les berges du lac Harcus Strachan, à 250 kilomètres à l’est de Thompson, au Manitoba.

Bibliothèque et Archives Canada possède le dossier de service du Lieutenant-colonel Harcus Strachan dans la base de donnés des Dossiers du Personnel de la Première Guerre mondiale.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

 

Major-général George Randolph Pearkes, VC

Par Emily Monks-Leeson

Le major-général George Randolph Pearkes a vu le jour en 1888 à Watford, en Angleterre, puis a émigré en Alberta en 1906. En 1915, il s’est enrôlé dans le 2e régiment canadien de fusiliers à cheval. À partir de septembre 1916, il a dirigé le 5e bataillon canadien de fusiliers à cheval. Il a obtenu la Croix de Victoria pour les actes de bravoure qu’il a accomplis à la bataille de Passchendaele.

Photographie noir et blanc d’un officier assis portant une casquette et une ceinture Sam Browne (large ceinture en cuir entourant la taille à laquelle est attachée une bande plus étroite placée en diagonale et qui passe sur l’épaule droite); il y a des galons sur les manches de sa veste.

Le major George Randolph Pearkes, VC, arborant la Croix militaire (il n’avait pas encore reçu la Croix de Victoria). Remarquez les quatre galons de blessé sur sa manche. Photographie prise en décembre 1917 par William Rider-Rider. (MIKAN 3219828)

George Randolph Pearkes, major à l’époque, obtient la Croix de Victoria en reconnaissance de son aptitude à commander ses troupes lors de la prise et du maintien d’une position stratégique et de la progression de son bataillon à Passchendaele, en Belgique, les 30 et 31 octobre 1917. Blessé à la cuisse avant la progression de ses troupes, le major Pearkes dirige son bataillon pendant toute l’attaque. Selon sa citation :

Lorsque la progression de son bataillon « est menacée par un emplacement fortifié qui fait partie des objectifs du bataillon à sa gauche, mais que celui-ci n’a pas réussi à prendre. […] il capture la position et la tient, ce qui lui permet de pousser un peu plus loin son avance.

C’est grâce à sa détermination et à sa personnalité intrépide qu’il a pu maintenir son objectif, avec le peu d’hommes qui lui restait, et malgré les contre-attaques ennemies répétées, alors que ses flancs sont restés sans protection pendant un bon moment. » [Traduction, Défense nationale]

London Gazette, no 30471, 11 janvier 1918 (en anglais)

Avant la fin de la guerre, George Randolph Pearkes est blessé cinq fois et promu lieutenant-colonel. Il reçoit la Croix de Victoria, la Croix militaire et l’Ordre du service distingué. Après l’armistice, il devient officier de carrière, est affecté au Princess Patricia’s Canadian Light Infantry, et sert comme officier d’état-major au Collège militaire royal du Canada. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, le brigadier Pearkes commande la 2e Brigade d’infanterie canadienne. Il devient plus tard l’officier général commandant du Commandement du Pacifique, chargé de surveiller la défense sur la côte Ouest du Canada. Après avoir pris sa retraite de l’armée, il fait son entrée en politique sur la scène fédérale en tant que conservateur et est élu député de Nanaimo, en Colombie-Britannique, en 1945. Il est ministre de la Défense nationale de 1957 à 1960, puis est nommé lieutenant-gouverneur de la Colombie-Britannique en octobre 1960.

Le major-général Pearkes s’éteint à Victoria, en Colombie-Britannique, le 30 mai 1984. L’immeuble abritant le quartier général de la Défense nationale à Ottawa a été nommé Édifice Major-général George RPearkes en son honneur, tout comme le mont Pearkes, dans la partie continentale sud de la Colombie-Britannique. On peut maintenant consulter le dossier de service numérisé complet du major-général Pearkes dans les dossiers du personnel de la Première Guerre mondiale de Bibliothèque et Archives Canada.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Le sergent Holmes, le major O’Kelly et le lieutenant-colonel Shankland, récipiendaires de la Croix de Victoria

Par Emily Monks-Leeson

Le sergent Thomas William Holmes est le plus jeune récipiendaire canadien de la Croix de Victoria. Né à Montréal le 14 octobre 1898, il ment sur son âge pour s’enrôler dans le 147e Bataillon du régiment Grey, détaché outre-mer : il affirme être plutôt né le 17 août 1897. Il sert au sein du Bataillon canadien de fusiliers à cheval et participe au premier assaut contre les forces allemandes à Passchendaele, il y a cent ans. Quand le flanc droit de l’armée canadienne est arrêté par les tirs de mitrailleuses et de fusils en provenance d’une casemate allemande, infligeant de lourdes pertes aux Canadiens, le sergent Holmes se lance à l’assaut plusieurs fois, bombardant seul les mitrailleurs allemands et finissant par capturer les 19 occupants de la casemate. Il survit à la guerre et rentre au Canada, où il meurt le 4 janvier 1950. Sa dépouille est enterrée au cimetière Greenwood d’Owen Sound, en Ontario.

Photo noir et blanc d’un jeune homme souriant, en uniforme, la casquette légèrement de travers.

Le soldat Thomas William Holmes, récipiendaire de la Croix de Victoria, janvier 1918 (MIKAN 3216873)

Le major Christopher Patrick John O’Kelly, né le 18 novembre 1895 à Winnipeg, au Manitoba, commence sa carrière militaire au sein du Corps expéditionnaire canadien comme sous-lieutenant. À 21 ans, il devient capitaine remplaçant du 52e Bataillon (96e Régiment du lac Supérieur), dirigeant ses hommes à l’assaut des défenses allemandes à l’éperon de Bellevue, près de la crête de Passchendaele. Sans soutien de l’artillerie, il mène son unité près d’un kilomètre derrière les lignes ennemies, et réussit à prendre les positions allemandes. Il organise et dirige ensuite les attaques contre les casemates allemandes, faisant 100 prisonniers et s’emparant de 10 mitrailleuses. Son grand leadership lui vaut la Croix de Victoria; il sera promu plus tard au rang de major. Il survit à la guerre, mais meurt quelques années plus tard dans un accident de bateau près de Red Lake, en Ontario, le 15 novembre 1922.

Photo noir et blanc d’un soldat couvert de boue, appuyé au mur d’une tranchée, tenant une cigarette et regardant le photographe.

Le major Christopher Patrick John O’Kelly (alors capitaine), récipiendaire de la Croix de Victoria et de la Croix militaire, décembre 1917 (MIKAN 3219566)

Page de texte serré où sont décrits soigneusement les événements du 26 octobre 1917. On y mentionne le capitaine O’Kelly et le lieutenant Shanklin [sic].

Page 19 du journal de guerre du 52e Bataillon d’infanterie canadien, 26 octobre 1917 (MIKAN 1883263)

Le lieutenant-colonel Robert Shankland est né à Ayr, en Écosse, en 1887. Il immigre au Canada en 1910 et s’installe à Winnipeg, au Manitoba. Il s’enrôle comme soldat dans le 43e Bataillon d’infanterie, où on lui décerne la Médaille de conduite distinguée pour son courage pendant la bataille du Bois du Sanctuaire en juin 1916. Promu au rang de lieutenant-colonel, Shankland, aidé de 40 hommes, prend l’éperon de Bellevue le 26 octobre 1917, malgré l’effondrement des lignes alliées et les tirs nourris des Allemands. Les deux flancs étant exposés, Shankland laisse le commandement de l’unité à un autre officier et se rend seul au quartier général du Bataillon, où il expose son plan pour la contre-attaque. Il revient ensuite avec des renforts pour mener la charge. Dans son numéro du 14 décembre 1917, le London Gazette relate ainsi l’exploit :

« S’étant emparé d’une position, il rassemble le reste de son peloton et des hommes d’autres compagnies, les dispose de manière à ce qu’ils puissent se rendre maître[s] du terrain devant, puis inflige[nt] des pertes importantes à l’ennemi en retraite. Plus tard, il disperse une contre-attaque et permet ainsi aux troupes de soutien d’avancer sans encombre. » [Traduction de la Défense nationale]

Liste tapée à la machine des événements du 26 octobre 1917, et en particulier, de ce qui est arrivé au 43e Bataillon d’infanterie canadien entre 10 h et 10 h 30.

Journal de guerre du 43e Bataillon d’infanterie canadien, octobre 1917, page 14 (MIKAN 1883254)

Le lieutenant-colonel Shankland survit à la guerre. Il servira à l’étranger pendant la Deuxième Guerre mondiale, à titre de commandant de camp au quartier général de l’Armée canadienne en Angleterre. Comme deux autres récipiendaires de la Croix de Victoria, Leo Clarke et Frederick William Hall, il a vécu sur la rue Pine, à Winnipeg. En leur honneur, cette rue est rebaptisée Valour Road en 1925.

Bibliothèque et Archives Canada possède les dossiers de service du sergent Holmes, du major O’Kelly et du lieutenant-colonel Shankland.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Sergent Filip Konowal, VC

Par Emily Monks-Leeson

Le dernier soldat ayant participé à la bataille de la côte 70 que nous présentons dans le cadre de la série Centenaire de la Première Guerre mondiale : hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria est le sergent Filip Konowal, un canado-ukrainien très décoré qui est né le 15 septembre 1888, à Kutkivtsi, en Ukraine.

Photographie en noir et blanc d’un soldat portant un couvre-chef à visière orné d’une feuille d’érable. Il se tient au garde-à-vous devant une grande barrière menant au terrain du palais.

Le caporal Filip Konowal au palais de Buckingham pour la remise de la Croix de Victoria (MIKAN 3217851)

Filip Konowal sert dans l’armée impériale russe avant d’immigrer au Canada, en 1913. Formé pour enseigner le maniement de la baïonnette, il se joint au Corps expéditionnaire canadien en 1915 et sert avec le 47e Bataillon (Colombie-Britannique), au sein duquel il est promu caporal. Filip Konowal se trouve avec son bataillon à la côte 70, près de Lens, en France, lorsque sa bravoure et sa détermination pendant les trois jours de la bataille, du 22 au 24 août, lui font obtenir la Croix de Victoria.

Alors qu’il dirige sa section à travers les défenses allemandes en liquidant les caves, les cratères et les emplacements de mitrailleuse, le caporal Konowal protège ses hommes et se bat avec un certain nombre de soldats allemands. Ses efforts ne s’arrêtent pas là. Selon sa citation :

[Traduction libre]

« Arrivé à l’un de ses objectifs, le caporal Konowal constate qu’une mitrailleuse tient en échec le flanc droit et cause de nombreuses pertes. Il s’élance et envahit cet emplacement; il tue les soldats du détachement et ramène la mitrailleuse ennemie jusqu’à nos lignes.

Le lendemain, il attaque, seul, un autre emplacement et tue trois combattants; il détruit la mitrailleuse et l’emplacement avec des explosifs.

Ce sous-officier a éliminé à lui seul au moins 16 ennemis et, au cours des deux jours de combats […], il a poursuivi son travail jusqu’à ce qu’il soit grièvement blessé. »

London Gazette, no 30400, 26 novembre 1917 (en anglais)

George V remet la Croix de Victoria à Filip Konowal, qui est promu sergent. Une fois remis de ses blessures, il sert comme attaché militaire à l’ambassade de Russie à Londres. Plus tard, il s’enrôle dans le Corps expéditionnaire canadien de Sibérie.

Le sergent Filip Konowal meurt à Hull, au Québec, en 1959. Il est enterré au cimetière Notre-Dame-de- Lourdes, à Ottawa.

Bibliothèque et Archives Canada possède le dossier de service de Filip Konowal.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Lieutenant Robert Hill Hanna, VC

Par Emily Monks-Leeson

Aujourd’hui, dans la série de blogues Centenaire de la Première Guerre mondiale : hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, nous soulignons l’anniversaire de la bataille de la côte 70, victoire décisive pour le Corps canadien et lieu de deuil pour des milliers de familles canadiennes et allemandes. Six Canadiens ont reçu la Croix de Victoria pour les actes de bravoure qu’ils ont accomplis pendant la bataille de la côte 70, ou peu de temps après. L’un d’eux est Robert Hill Hanna, né à Kilkeel, en Irlande, le 6 août 1887, et ayant émigré au Canada en 1905.

Photographie en noir et blanc d’un jeune homme en uniforme, debout sur un balcon à l’extérieur, les mains derrière le dos.

Le cadet R. Hanna, VC, date inconnue (MIKAN 3216531)

Hanna s’enrôle dans le 29e Bataillon (British Columbia Regiment). Le 21 août 1917, à l’âge de 30 ans, il est promu sergent-major de compagnie. Lors d’une bataille pour capturer une position fortifiée allemande hautement protégée près de la côte 70 à Lens, en France, sa compagnie subit de lourdes pertes; tous les officiers haut gradés de Hanna y perdent la vie. Face à cette situation, Hanna rassemble un groupe d’hommes et les mène dans une attaque contre la position allemande, se précipitant à travers les barbelés et tuant les soldats allemands qui manœuvrent une mitrailleuse.

Description détaillée des événements qui ont valu à Hanna la Croix de Victoria.

Deuxième page de l’annexe 6 du rapport sur les opérations décrivant les actions du sergent-major Hanna. (MIKAN 1883249)

Voici sa citation dans The London Gazette :

Cette action extrêmement courageuse, soit la démonstration d’un héroïsme et d’une bravoure personnelle du plus haut niveau au moment le plus critique de l’attaque, a donné lieu à la capture d’une position tactique très importante. Sans son intervention audacieuse et la détermination dont il a fait preuve lors d’une situation désespérée, l’attaque n’aurait pu réussir et la position tactique n’aurait pu être capturée. [traduction]

The London Gazette, no 30372, le 8 novembre 1917

Hanna a plus tard été promu au grade de lieutenant. Il a survécu à la guerre et a pu rentrer au Canada. Le lieutenant Robert Hill Hanna est décédé à Mount Lehman, en Colombie-Britannique, le 15 juin 1967.

Bibliothèque et Archives Canada détient le dossier de service du lieutenant Robert Hill Hanna, du Corps expéditionnaire canadien.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.