Le jour de plus qui change tout

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Par Forrest Pass

Quand on connaît la rigueur des hivers canadiens, il peut sembler cruel de prolonger le mois de février. Pourquoi ne pas ajouter la journée bissextile aux vacances d’été, plutôt? Deux propositions ont déjà été formulées en ce sens et, comme le montrent les documents conservés à Bibliothèque et Archives Canada, le gouvernement fédéral était ouvert à l’idée.

La journée bissextile en février est la dernière trace d’une tradition ancienne : les jours intercalaires. Il s’agit de dates ajoutées au calendrier pour le faire correspondre aux observations astronomiques. Les premiers calendriers, basés sur le cycle lunaire de 28 jours, finissaient par devancer les solstices d’été et d’hiver et les équinoxes de printemps et d’automne. Les jours intercalaires venaient corriger ces écarts. Dans la Rome antique, les politiciens utilisaient cet outil à leur avantage. Après tout, qui n’appuierait pas un candidat qui promet de prolonger les vacances ou de donner quelques jours de plus pour rembourser une dette?

Jules César (100-44 avant J.-C.) décide d’améliorer le calendrier dans le but de mettre fin à de telles manigances. Le calendrier julien est fondé sur le modèle égyptien. Il suit les mouvements du soleil plutôt que le cycle lunaire, en alternant les mois de 30 et 31 jours. Son mois de février – le dernier mois de l’année romaine traditionnelle – a 28 jours et prévoit l’ajout d’un jour intercalaire, tous les trois ans d’abord, puis tous les quatre ans après une correction.

Plus de deux mille ans plus tard, nous utilisons encore ce calendrier, avec une petite modification : le calendrier grégorien, introduit par le pape Grégoire XIII en 1582 et adopté depuis dans une bonne partie du monde, élimine trois journées bissextiles tous les 400 ans pour corriger une erreur du calendrier julien, qui surestime de six minutes la durée de l’année solaire. Cependant, le nombre et la durée des mois demeurent inchangés, ce qui suscite les critiques de la part de réformateurs modernes du calendrier.

L’un d’entre eux est le comptable et pyramidologue britanno-canadien Moses Bruine Cotsworth (1859-1943). Il fait partie d’une communauté d’archéologues amateurs persuadés que les dimensions et l’orientation des pyramides égyptiennes révèlent des vérités scientifiques oubliées. À partir de ses recherches, il propose un nouveau calendrier qu’il décrit pour la première fois dans un livre publié en 1905, The Rational Almanac. Deux ans plus tard, il devient chef de la Commission de la fonction publique de la Colombie-Britannique. En 1910, il quitte l’Angleterre pour s’établir dans la région métropolitaine de Vancouver. Sa résidence à New Westminster devient le siège social de l’International Almanak Reform League (Ligue internationale pour la réforme de l’almanach).

Livre avec une page couverture bleue. Le titre est imprimé en lettrage doré, tout comme le prix de cinq shillings et le nombre d’illustrations, soit 180. Des symboles égyptiens ornent la couverture : deux pyramides, un sphinx, un cadran solaire et un pharaon sous un soleil.

Le livre de Moses Cotsworth intitulé The Rational Almanac: Tracing the Evolution of Modern Almanacs from Ancient Ideas of Time and Suggesting Improvements (OCLC 1006983102). Image courtoisie de l’auteur, Forrest Pass.

Le calendrier proposé par Cotsworth, baptisé Yearal, comprend 13 mois de 28 jours. Le 13e, appelé sol, vient s’insérer entre juin et juillet. Les dates tombent toujours le même jour de la semaine. Par exemple, le premier du mois est toujours un dimanche. Comme les 13 mois ne comptent au total que 364 jours, Cotsworth propose d’ajouter un jour à la fin de l’année, ainsi qu’une journée bissextile en été tous les quatre ans. Ces deux jours intercalaires sont des jours fériés (hors de la semaine de sept jours) qui maintiennent la régularité du Yearal.

Cotsworth trouve des appuis influents. Aux États-Unis, par exemple, le président de la société de photographie Eastman Kodak approuve sans réserve le Yearal, au point où Kodak utilise un calendrier de 13 mois pour sa comptabilité jusqu’en 1989. Au pays, le Canadien sir Sandford Fleming, inventeur des fuseaux horaires, accepte le poste de président honoraire de l’International Almanak Reform League. En 1925, un comité consultatif fédéral recommande l’adoption du calendrier de 13 mois. Quant au gouvernement, il demande discrètement à ses délégués d’appuyer le Yearal à la 4e conférence internationale de la Société des Nations sur les communications et le transport, réunie à Genève, en Suisse, en 1931. Cotsworth se joint à la délégation canadienne en tant que conseiller technique.

Page titre d’un livret en anglais proposant une année fixe grâce à l’ajout d’un jour intercalaire, hors de la semaine de sept jours, et d’un mois appelé sol. "Le pharaon et sa reine exigent que le nouveau mois soit créé en 1917 et inséré entre juin et juillet. Journées de la semaine à date fixe. Pâques et fêtes à date fixe. Le 31 décembre et la journée bissextile sont des jours fériés qui n’ont ni jour de la semaine ni date." Le mot "sol" apparaît dans un soleil au sommet d’une pyramide, entre un personnage de l’Égypte antique et un scarabée. Plus bas, un pharaon montre du doigt un calendrier appelé "mois modèle". De part et d’autre de ce mois se trouvent des personnages représentant les continents de l’Europe, de l’Afrique, de l’Amérique et de l’Asie. Deux obélisques, un de chaque côté, sont ornés de hiéroglyphes de l’Égypte antique.

Images antiques pour vendre l’idée d’un calendrier moderne. Dessins de Graham Hyde dans The Fixed ‘Yearal’ Proposed to Replace Changing Almanaks and Calendars, par Moses B. Cotsworth (New Westminster, Colombie-Britannique, International Almanak Reform League, 1914; e011783160).

Les illustrations dans les livrets de Cotsworth établissent un lien entre le projet Yearal et les enseignements de la grande pyramide et du sphinx. Les opposants réagissent avec des publications tout aussi soignées sur le plan visuel. En plus des documents de Cotsworth, le dossier du ministère de la Justice concernant le calendrier de 13 mois comprend un livret illustré en couleurs intitulé The Story of a Lost Day (L’histoire du jour perdu), rédigé par l’adventiste du septième jour Francis D. Nichol.

Une page couverture aux couleurs vives. Un homme portant des lunettes arrache la page "28 décembre" d’un calendrier et découvre une nouvelle page disant "Blank Day", c’est-à-dire "Jour vide". Une lampe avec un abat-jour à fleurs, typique de l’entre-deux-guerres, éclaire la pièce.

Réaction religieuse à la réforme du calendrier. Couverture du livre The Story of a Lost Day, par Francis D. Nichol (Mountain View, Californie, Pacific Press Publishing Association, 1930; e011783161).

La principale préoccupation de Nichol est de nature religieuse. L’insertion d’une journée entre le samedi 28 décembre et le dimanche 1er janvier fait en sorte que huit jours plutôt que sept s’écoulent entre le dernier sabbat d’une année et le premier de l’année suivante. Cette objection des adventistes du septième jour et d’autres groupes chrétiens et juifs orthodoxes engendre des réticences envers l’idée de Cotsworth sur la scène internationale.

Le Yearal a aussi un concurrent : le calendrier mondial, proposé pour la première fois en 1930 par Elisabeth Achelis, héritière d’un magnat du caoutchouc. Cette proposition conserve les 12 mois du calendrier grégorien, mais donne une longueur de 91 jours à chaque saison, ou trimestre, pour un total de 364 jours. Une fête internationale appelée « Journée mondiale » (Worldsday) est ajoutée entre décembre et janvier pour pallier le jour manquant. Dans le calendrier mondial, les dates tombent toujours le même jour de la semaine. Il préserve donc plusieurs caractéristiques du Yearal de Cotsworth, dont la journée bissextile estivale tous les quatre ans, mais il omet l’ajout controversé d’un 13e mois.

Au Canada, ce calendrier trouve un appui en la personne d’Arthur J. Hills (1879-1971), cadre aux Chemins de fer nationaux, spécialiste des relations de travail et président de la section canadienne de l’Association internationale pour le calendrier mondial. Profitant de son réseau professionnel, Hills obtient l’adhésion de nombreux hommes d’affaires et dirigeants syndicaux à cette proposition.

Quatorze pages de calendrier disposées en cercle autour d’un texte anglais disant : « Un cycle solaire dure 28 ans. L’image montre dans quel désordre surviennent les 14 calendriers grégoriens entre 1928 et 1955. Le calendrier grégorien comprend 14 calendriers possibles. Déséquilibré, irrégulier et instable. Des trimestres et des semestres de durées différentes. Des fêtes qui changent de jour. Vingt-huit types de mois possibles. » Sous ce texte se trouve un calendrier de 12 mois surmonté d’un globe terrestre avec les mots : « Équilibré, régulier, perpétuel. Le calendrier mondial. Douze mois. Des trimestres égaux. » Sous le calendrier, le texte précise : « Chaque année est identique. Les trimestres durent exactement 91 jours, 13 semaines ou 3 mois. Les quatre trimestres sont identiques. Chaque mois compte 25 jours de semaine, plus les dimanches. Chaque année commence le dimanche 1er janvier. Le premier jour ouvrable est toujours le lundi 2 janvier. Tous les trimestres commencent un dimanche et se terminent un samedi. Le calendrier mondial. » Des signatures encadrent l’image : « Conçu par A. J. Hills » et « Dessiné par H. J. Dodds ».

L’« ingénieux diagramme » d’Arthur J. Hills illustrant le calendrier grégorien qualifié de déséquilibré, irrégulier, instable et inégal. Il fait la promotion du calendrier mondial, un système perpétuel dans lequel chaque année est identique. (e011783162_s1)

Le gouvernement canadien se montre aussi ouvert à ce projet, du moins au début. En 1937, le statisticien du Dominion R. H. Coats recommande que le Canada retire son appui au Yearal de Cotsworth et défende plutôt l’adoption du calendrier mondial sur la scène internationale. En 1955, l’ONU demande aux États membres de prendre position au sujet du calendrier mondial. Un comité fédéral étudie donc la proposition de ses défenseurs, ainsi que les critiques de ses détracteurs.

De nouvelles objections sont formulées : une société patriotique féminine, la Ligue des filles canadiennes, s’inquiète de voir Noël tomber le lundi chaque année, car cela complique le magasinage et les déplacements avant la fête. Pour les groupes chrétiens et juifs, le calcul du sabbat demeure la principale préoccupation, car à l’instar du calendrier de Cotsworth, le calendrier mondial interrompt le cycle de sept jours. Le comité finit par défendre le principe de la réforme du calendrier, sans toutefois appuyer le calendrier mondial. Les autres gouvernements sont d’accord, et l’ONU abandonne discrètement son projet de réforme mondiale.

Près de 70 ans plus tard, le principal défi des personnes désireuses de réformer le calendrier consiste à corriger le manque de constance sans nuire aux calculs traditionnels pour les observances religieuses. Comme Moses Cotsworth et Arthur Hills l’ont constaté, c’est plus compliqué qu’il n’y paraît. Une question à méditer en dégustant un bon chocolat chaud par une longue journée bissextile de l’hiver canadien!


Forrest Pass est conservateur dans l’équipe des expositions de Bibliothèque et Archives Canada.

La liberté d’expression

Par Mary-Francis Turk

À Bibliothèque et Archives Canada (BAC), nous ne jugeons jamais un livre d’après sa couverture… ni son contenu! Nous tenons à ce que les lecteurs et les chercheurs aient accès à toutes les publications canadiennes. D’ailleurs, notre mandat établi dans le préambule de la Loi sur la Bibliothèque et les Archives du Canada met l’accent sur la préservation et la mise en accessibilité du patrimoine documentaire.

Les bibliothèques canadiennes sont chargées d’élaborer des politiques pour défendre la liberté de lire et de penser. En tant que bibliothèque nationale, BAC maintient une collection permanente de livres publiés, d’éditions anciennes et rares, et d’autres documents imprimés fort variés. Toute publication canadienne a sa place dans la collection nationale.

Grâce à son programme de dépôt légal, BAC se fait discrètement le champion de la lutte contre la censure. Ce programme vise à recueillir « tous les documents créés au Canada qui sont destinés à la vente ou à la distribution publique ». C’est un outil essentiel à notre disposition pour constituer une collection nationale inclusive, exhaustive et accessible. En collaborant avec les éditeurs, nous pouvons préserver les documents et les rendre accessibles aux générations futures.

Documents acceptés dans le cadre du dépôt légal

Les éditeurs et producteurs canadiens soumettent les documents suivants :

  • Livres (monographies)
  • Publications en série (revues, journaux, bulletins d’information, etc.)
  • Enregistrements de musique et vidéos
  • Livres audio
  • Partitions
  • Cartes
Affiche pour la Semaine de la liberté d’expression du 19 au 26 octobre 1986. Trois livres sont fermés par des étaux.

Affiche faisant la promotion de la lecture, produite par le Book and Periodical Development Council pour la Semaine de la liberté d’expression, en 1986. Bibliothèque et Archives Canada/Fonds Robert Stacey/e010758305. Crédit : Michael Hale / Susan Reynolds.

On pourrait penser que la censure est chose du passé. Pourtant, de nombreuses publications (site en anglais), dont certaines se trouvent dans la collection de BAC, ont été contestées au cours des dernières années :

  • En 2018, le livre Betty : The Helen Betty Osborne Story de David Alexander Robertson n’était pas recommandé pour les salles de classe en Alberta.
  • En 2016, le livre Pride : Celebrating Diversity and Community de Robin Stevenson a soulevé l’opposition lorsque l’auteure a visité des écoles au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique.
  • En 2011, une commission scolaire de l’Ontario a inclus le livre de Timothy Findley intitulé The Wars dans les cours d’anglais de 12e année. Cette décision a été remise en cause par des parents, mais la commission scolaire a finalement décidé de maintenir le livre dans le programme d’études secondaires.

Comme le démontre la liste d’ouvrages contestés (site en anglais) compilée par le Book and Periodical Council du Canada, la censure existe depuis toujours au pays. La Semaine de la liberté d’expression rappelle que l’accès aux publications ne doit pas être tenu pour acquis.

Il est essentiel de rendre les publications canadiennes accessibles au public et aux générations futures pour protéger leur liberté de pensée. C’est exactement ce que l’équipe du dépôt légal de BAC tâche de faire.

En cette période de réflexion sur la liberté d’expression et de pensée, il apparaît de plus en plus important de donner accès à toutes les publications canadiennes, partout au pays.

Pour en savoir plus sur la liberté d’expression et la censure au Canada, consultez les listes d’ouvrages en français et en anglais colligées par le Book and Periodical Council.

Autres ressources


Mary-Francis Turk est superviseure du dépôt légal à la Direction générale des archives privées et du patrimoine publié à Bibliothèque et Archives Canada.

Diversité et liberté d’expression : Qui manque à l’appel?

Par Liane Belway

Du 18 au 24 février, les lecteurs et les écrivains du Canada célébreront la Semaine de la liberté d’expression. Cet événement annuel est l’occasion de sensibiliser la population à l’accessibilité des livres pour tous les Canadiens et à la manière dont les ouvrages publiés peuvent être contestés, tout en soutenant le droit fondamental des Canadiens à la liberté d’expression. L’une des façons de prendre du recul par rapport au droit à la lecture est de se poser la question suivante : Qui manque à l’appel?

Les lecteurs ont la possibilité de lire des ouvrages qui sont le reflet de la diversité des auteurs, des lecteurs et des communautés du Canada, leur ouvrant du même coup la possibilité d’en découvrir plus encore. Aujourd’hui plus que jamais, nous célébrons et favorisons cette découverte. Saviez-vous, par exemple, que le Canada a son propre festival de la diversité littéraire (le Festival of Literary Diversity) qui célèbre les auteurs canadiens et internationaux? Ce festival propose même un défi mensuel qui incite les lecteurs à découvrir des auteurs et des livres de divers horizons. Attention : le défi de février consiste à lire un livre qui a été contesté dans les écoles canadiennes!

Les médias sociaux sont un autre endroit intéressant où constater la diversité des livres et de la lecture au Canada. Sur certaines plateformes, une recherche rapide à l’aide de mots-clés et de mots-clics qui se rapportent aux discussions sur tout ce qui touche aux livres permet d’obtenir une multitude de recommandations de lecture. Certaines vidéos et publications mettent en valeur des livres originaux et passionnants et soulèvent des discussions à leur égard, les faisant parfois connaître à un public plus large qui n’aurait peut-être pas eu l’occasion d’en entendre parler autrement. D’autres publications sur les médias sociaux présentent des discussions critiques et souvent animées sur les raisons pour lesquelles les gens aiment, ou n’aiment pas, certains livres. Tout cela dans le but de faire entendre les idées et les voix diverses et, bien sûr, d’encourager les gens à lire! La lecture d’ouvrages diversifiés est l’un des meilleurs moyens de se défendre contre la censure de certains livres, contre la désinformation, contre les malentendus. De façon plus générale, cela permet de profiter de nombreux livres intéressants, émouvants et souvent primés.

Des fauteuils disposés autour d’une table au centre d’une pièce bordée d’étagères garnies de livres.

Veiller à ce qu’il y ait suffisamment de places pour discuter de la diversité dans les livres canadiens (a064449).

Depuis toujours, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) joue un rôle particulier dans la protection de la liberté d’expression et dans la préservation des voix canadiennes. Cette diversité demande du travail, et BAC s’efforce de faire une place à toutes les voix et de les protéger, en veillant à conserver les réalités passées au profit du présent et de l’avenir. Un exemple de ce travail consiste à trouver ce qui aurait pu nous échapper ou ce qui n’est peut-être pas pleinement représenté historiquement, et à y remédier en améliorant au passage la collection et l’expérience des lecteurs et des chercheurs. En tant que bibliothèque nationale du Canada, BAC est appelé à jouer un rôle différent et élargi cette année puisqu’il devient un partenaire de la campagne de la Semaine de la liberté d’expression.

Depuis quarante ans, le Book and Periodical Council (BPC) se fait le porte-parole de la Semaine de la liberté d’expression. BAC, de concert avec le Conseil des bibliothèques urbaines du Canada et l’Ontario Library Association, se joint maintenant fièrement au BPC dans son important travail de soutien à la liberté de lire au Canada. De plus, BAC vise à faciliter la participation des communautés qui œuvrent à l’acquisition, la préservation et la diffusion du savoir au Canada.

BAC travaille également sans relâche à la préservation du patrimoine documentaire diversifié de tous les Canadiens. Nous recueillons et rendons accessibles les ouvrages publiés qui reflètent cette richesse et cette variété. Le mandat de BAC comprend la tâche monumentale d’acquérir des exemplaires des diverses publications canadiennes. Bien entendu, il y a une ou deux règles à respecter! La Loi sur la Bibliothèque et les Archives du Canada oblige BAC à recueillir les œuvres publiées au Canada. En vertu de cette loi, un éditeur qui met une publication à la disposition du public au Canada doit soumettre des exemplaires à BAC afin de rendre sa publication accessible à tous. Ce processus comprend des étapes comme la transmission à BAC de seconds exemplaires imprimés, au besoin, et de publications numériques dans des formats non exclusifs afin de veiller à leur préservation à long terme pour les générations futures. BAC tâche également de rassembler et de préserver les publications dans des formats qui sont accessibles à tous les lecteurs.

Saviez-vous que BAC recueille et conserve les livres qui ont été contestés au Canada? Il vous suffit de consulter la liste des Livres et auteurs contestés de notre collection pour le constater. Encore une fois, attention : certains des titres que vous y trouverez risquent de vous surprendre!

Il est plus important que jamais de lire des ouvrages diversifiés, à une époque où la contestation de publications peut venir entraver la liberté des lecteurs. Au Canada, fait souvent méconnu, on a tenté maintes fois au cours de l’histoire de contester des livres et de faire taire des voix. Partout au pays, des publications peuvent être contestées pour différentes raisons et par différents publics, y compris par les bibliothèques scolaires et les bibliothèques publiques, dont les mandats et les politiques diffèrent. La liberté d’expression demeure souvent difficile à protéger, en dépit d’être inscrite dans la Charte des droits et libertés. Les bibliothèques et les lecteurs se partagent la responsabilité de protéger et de soutenir la liberté d’expression et doivent toujours viser le même objectif : quand il est question d’auteurs que les Canadiens lisent, personne ne doit manquer à l’appel.

La Semaine de la liberté d’expression se déroulera du 18 au 24 février 2024. Pour en savoir plus au sujet de la campagne de cette année, consultez le site Web de la Semaine de la liberté d’expression.


Liane Belway est bibliothécaire chargée des acquisitions au sein de l’équipe de sensibilisation de l’industrie à la Direction des archives privées et du patrimoine publié de Bibliothèque et Archives Canada.

Un gâteau néerlandais aux pommes de 1943

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Bannière Cuisinez avec Bibliothèque et Archives CanadaPar Ariane Gauthier

Le livre de cuisine The Cook’s Recipe Manual, publié en 1943, contient 300 recettes à l’intention des cuisiniers dans la marine, l’armée de terre, l’armée de l’air, les usines de munitions, les camps et les écoles militaires. Il a été conçu dans un but bien précis : exploiter au maximum les rations militaires grâce à des recettes toutes simples, adaptées aux cuisines les plus modestes et ne nécessitant aucun appareil électrique. Chaque recette donne entre 100 et 125 portions, calculées en onces.

Ça vous intrigue? Sachez que vous pouvez emprunter ce livre par l’entremise d’Aurora, le catalogue des collections publiées de Bibliothèque et Archives Canada, sous le nOCLC 3231635.

L’automne était déjà bien avancé quand je l’ai moi-même parcouru. Je venais d’aller cueillir une quantité impressionnante de pommes, et je parcourais l’index à la recherche d’une recette pour les utiliser. C’est alors que je suis tombée sur un gâteau néerlandais aux pommes.

La recette du gâteau, incluant une liste d’ingrédients et la méthode de préparation.

Photo de la recette de gâteau néerlandais aux pommes tirée du Cook’s Recipe Manual (OCLC 3231635). Remarquons la division des ingrédients en trois catégories (A, B et C) ainsi que le rendement de la recette : 100 portions de quatre onces!

Et quelle quantité de pommes! J’étais très curieuse d’y goûter, ignorant tout de ce dessert néerlandais. La recette semblait simple, toutefois. Alors même si je n’avais aucune idée du résultat, je me suis lancée.

J’ai d’abord rassemblé les ingrédients.

Des pommes, des œufs, du beurre, de la poudre à pâte, du sel, de la farine, du sucre, du lait d’avoine, de la muscade et de la cannelle.

Les ingrédients employés par l’auteure pour cuisiner la recette de gâteau néerlandais aux pommes tirée du Cook’s Recipe Manual. Photo gracieuseté de l’auteure, Ariane Gauthier.

Je suis ensuite passée à l’étape du calcul, pour éviter de me retrouver avec 100 portions sur les bras. Je me suis plutôt contentée de 10, ce qui a donné les quantités suivantes :

Pâte
  • 2,6 tasses de farine
  • 25 ml de poudre à pâte
  • 4,5 ml de sel
  • 50 ml de beurre
  • 50 ml de sucre
  • 2 œufs
  • 150 ml de lait (j’ai pris du lait d’avoine)
Pommes
  • 900 grammes
Mélange de sucre et d’épices
  • 50 ml de sucre
  • Une pincée de cannelle
  • Une pincée de muscade
Beurre
  • 50 ml

Les ingrédients de la pâte sont présentés en trois sections : A, B, et C, selon l’ordre dans lequel ils doivent être incorporés. Il faut d’abord mélanger les ingrédients secs et le corps gras (j’ai choisi du beurre). On dit de procéder comme si on faisait une pâte à « tea biscuits » – des petits gâteaux secs pour le thé. Un peu nébuleux, tout ça! Clairement, cette recette ne s’adressait pas aux néophytes. J’ai donc ignoré cette remarque. Je n’ai pas compris davantage pourquoi il fallait ajouter le sucre séparément, mais j’ai fidèlement suivi les instructions.

Un fouet mélangeant des ingrédients secs dans un bol.

Tous les ingrédients secs des sections A et B mélangés au fouet. Photo gracieuseté de l’auteure, Ariane Gauthier.

Il faut ensuite mélanger les ingrédients humides (section C) avant de les incorporer aux ingrédients secs (sections A et B). Le fouet est à éviter, la pâte étant beaucoup trop dense : je parle par expérience! J’y suis plutôt allée avec mes mains. (Je me suis souvenue plus tard que le livre suggérait d’utiliser un mélangeur électrique lorsque possible.)

Deux photos côte à côte : un œuf cassé en deux au-dessus d’un bol, et une pâte pétrie à la main.

Mélange des ingrédients humides de la section C avec les ingrédients secs des sections A et B pour former la pâte. L’auteure a fait le tout à la main, mais recommande d’employer un batteur sur socle si possible. Photos gracieuseté de l’auteure, Ariane Gauthier.

J’ai versé la pâte dans un moule recouvert de papier parchemin, avant de passer à la prochaine étape : éplucher les pommes, les couper en huit morceaux et insérer chacun d’eux dans la pâte, en commençant par le côté le plus mince. J’ai trouvé ça vraiment étrange, mais encore là, j’ai suivi les instructions à la lettre.

Deux photos côte à côte. Sur la première, on voit la pâte dans le plat de cuisson couvert de papier parchemin. Sur la deuxième, les tranches de pommes ont été insérées dans la pâte. À côté du plat de cuisson, on voit des bols avec du beurre fondu et le mélange de sucre et d’épices.

La pâte dans un plat de cuisson couvert de papier parchemin, et les pommes insérées dans la pâte. Photos gracieuseté de l’auteure, Ariane Gauthier.

La dernière étape consiste à mélanger le sucre et les épices, puis à saupoudrer le tout uniformément sur les pommes. J’ai ensuite fait fondre 50 ml de beurre, que j’ai versé sur le gâteau avant de l’enfourner pendant 25 minutes à 400 ⁰F.

Deux photos côte à côte. Sur la première, un mélange de sucre et d’épices est saupoudré sur des tranches de pommes. Sur la seconde, du beurre fondu est versé sur les pommes.

Ajout du mélange de sucre et d’épices et du beurre fondu sur le gâteau. Cette étape donne à la recette une bonne partie de sa saveur. Photos gracieuseté de l’auteure, Ariane Gauthier.

Comme c’était une première, je ne savais pas à quoi m’attendre. J’avoue que lorsque j’ai sorti le gâteau du four, j’ai bien pensé avoir échoué. Le beurre et le jus de pommes bouillonnaient, un peu comme le sirop d’un pouding chômeur. (Si vous n’êtes pas familiers avec ce grand classique québécois, c’est un gâteau cuit dans du sirop.) Ce n’était peut-être pas normal? Mais le plaisir d’essayer de vieilles recettes vient avec certains risques, et le lendemain, j’ai organisé une dégustation avec mes collègues.

Deux photos côte à côte. La première montre le gâteau néerlandais aux pommes dans le moule. Sur la seconde, un morceau a été découpé pour montrer l’intérieur du gâteau.

Le produit final dans le moule, et une vue en coupe (avec un morceau enlevé). Photos gracieuseté de l’auteure, Ariane Gauthier.

Le verdict?

Hé bien, j’ai été agréablement surprise! Le gâteau était moelleux, parfaitement cuit et pas trop sucré, et les pommes avaient bien compoté. J’ai aussi servi le gâteau à d’autres collègues aux Services de référence. Conclusion : c’est confirmé une fois de plus, certaines recettes traversent avec brio l’épreuve du temps!

Si vous essayez cette recette, n’hésitez pas à partager les photos de vos résultats avec nous en utilisant le mot-clic #CuisinezAvecBAC et en étiquetant nos médias sociaux : Facebook, Instagram, X (Twitter), YouTube, Flickr et LinkedIn.

Autres ressources


Ariane Gauthier est archiviste de référence au sein de la Direction générale de l’accès et des services à Bibliothèque et Archives Canada.

Confidences de porteurs

Par Stacey Zembrzycki

Cet article renferme de la terminologie et des contenus à caractère historique que certains pourraient considérer comme offensants, notamment au chapitre du langage utilisé pour désigner des groupes raciaux, ethniques et culturels. Pour en savoir plus, consultez notre Mise en garde – terminologie historique.

Stanley Grizzle est né à Toronto en 1918, de parents jamaïcains ayant immigré séparément en 1911. Sa mère était une domestique tandis que son père travaillait comme chef à la Compagnie du Grand Tronc de chemin de fer (Grizzle, My Name’s Not George, p. 31). L’aîné d’une fratrie de sept enfants, Grizzle devient porteur au Chemin de fer Canadien Pacifique à 22 ans, contraint de quitter l’école pour aider ses parents à faire face à leurs obligations financières. Comme il le mentionne dans ses mémoires intitulées My Name’s Not George: The Story of the Brotherhood of Sleeping Car Porters in Canada (p. 37) : « En raison de leur emploi stable, les porteurs étaient respectés et même parfois admirés au sein de la communauté. Ils formaient en quelque sorte l’aristocratie des communautés noires au Canada. Ils étaient les célibataires les plus recherchés, et les parents encourageaient souvent leurs filles à marier un porteur. » [Traduction]

Un homme en uniforme devant un train. Sous l’image principale se trouve une photo d’un groupe d’hommes en uniforme, debout en rangée.

Page couverture du livre My Name’s Not George: The Story of the Brotherhood of Sleeping Car Porters in Canada: Personal Reminiscences of Stanley G. Grizzle (OCLC 1036052571). Image courtoisie de l’auteure, Stacey Zembrzycki.

Au début de sa vie, Grizzle suit cette trajectoire typique. Il faut dire que le métier de porteur est une des rares avenues ouvertes aux hommes noirs au milieu du 20e siècle. La Deuxième Guerre mondiale vient toutefois bouleverser les choses. Conscrit dans l’Armée canadienne en 1942 (une mesure à laquelle il s’est vigoureusement opposé toute sa vie), Grizzle passe beaucoup de temps loin de la famille qu’il vient de fonder. Son premier enfant, Patricia, naît le jour de son départ pour l’Europe. La petite fille verra son père pour la première fois lorsqu’il reviendra au pays, soit seulement trois ans plus tard. (Grizzle, My Name’s Not George, p. 57)

Grizzle est confronté à la pauvreté pendant son enfance et au racisme en tant que porteur et soldat. Ces expériences influenceront son cheminement professionnel : syndicaliste actif à la section torontoise de la Fraternité des porteurs de wagons-dortoirs, il devient ensuite le premier Canadien noir engagé comme commis à la Commission des relations de travail de l’Ontario, puis le premier Canadien noir nommé juge à la Cour de la citoyenneté canadienne. Elles orienteront certainement aussi les entrevues qu’il réalisera en 1986 et 1987, lesquelles sont maintenant conservées à Bibliothèque et Archives Canada (BAC).

Comme je l’expliquais dans un blogue précédent, ces 53 conversations amicales sont des « histoires de porteurs » (porter talk), pour reprendre les mots de Melvin Crump et de bien d’autres. Lors d’une rencontre dans le salon de Crump à Calgary, le 1er novembre 1987, les deux hommes passent l’après-midi à discuter de la situation complexe des porteurs. En plus d’analyser le sens de ce travail pour eux en tant qu’hommes noirs, ils expliquent comment leur métier a façonné leur identité et l’ensemble de la communauté noire qui les appuyait.

Crump provient d’un milieu très différent de celui de Grizzle. Il est né à Edmonton en 1916. Avant d’immigrer en 1911, ses parents étaient des homesteaders à Clearview, en Oklahoma. Les deux hommes ont vécu l’intense racisme auquel étaient confrontés les Noirs au Canada, qui les a tous deux menés à une carrière au Canadien Pacifique. Tout comme Grizzle, Crump préfère un emploi permanent dans cette compagnie à l’instabilité et aux salaires de misère offerts dans les abattoirs et les fermes de la région. Voyant là la seule manière d’améliorer son sort, il ment au sujet de son âge afin de pouvoir travailler même s’il lui manque deux ans pour atteindre les 21 ans requis.

À l’instar de Grizzle, Crump travaille 20 ans pour le Canadien Pacifique avant de quitter l’industrie ferroviaire. L’automatisation et la transition des locomotives à vapeur aux locomotives diesel modifient radicalement la taille, la nature et l’apparence de la main-d’œuvre, ainsi que l’expérience des passagers. Fidèles à leurs habitudes, les deux hommes recherchent un avenir plus sûr. Malgré leurs parcours plus ou moins divergents, ils sont fiers d’avoir bien travaillé et continuent d’insister sur l’importance de la syndicalisation, malgré les risques que cela comporte, près de 39 ans après avoir quitté le métier de porteur.

Un homme portant un complet et un chapeau marche sur le trottoir dans une rue bordée de bâtiments et de voitures stationnées.

Melvin Crump sur la 8e Avenue à Calgary (Alberta) vers 1940 (CU1117465).
Photo : Collections numériques de ressources culturelles et de bibliothèques, Université de Calgary.

La conversation se déroule dans une sorte de langage codé; tout y est implicite et naturel. Elle est presque impossible à comprendre pour qui n’a pas connu le racisme institutionnel et les politiques de ségrégation systémique, omniprésents dans la vie de ces hommes tant à proximité qu’à l’écart des chemins de fer (Mathieu, North of the Color Line). Les deux interlocuteurs sont chaleureux et rient de bon cœur. Leurs expériences se rejoignent de manières parfois complexes, mais ils n’ont pas besoin de donner beaucoup de détails pour se comprendre.

Les entrevues avaient pour but d’aider Grizzle à écrire ses mémoires. Celui-ci était bien décidé à documenter et à préserver l’histoire des porteurs au Canada, mais on peut se demander si ces conversations étaient faites pour être écoutées. Et pourtant, près de 40 ans plus tard, nous les écoutons dans le but d’en déchiffrer les codes.

Grizzle invite Crump à décrire son expérience à Calgary : les amitiés formées, entretenues et rompues; les efforts pour y établir une section du syndicat; et le rôle de l’ensemble de la communauté, qui réclame des changements pour aider les porteurs et leurs familles. Ce faisant, il démontre qu’il existe une correspondance entre les expériences des porteurs de tout le pays, qui pratiquent un métier exigeant et souvent dégradant.

On remarque de telles ressemblances dans toutes les entrevues de la collection, mais des divergences apparaissent quand Grizzle demande à Crump, comme il le fait avec tous ses interviewés, de raconter des anecdotes mémorables vécues sur les chemins de fer. On découvre alors comment chaque homme va de l’avant et tente de bâtir sa vie en tant que porteur. Ces aperçus extrêmement utiles nous aident à comprendre qui étaient ces hommes, comment ils percevaient le monde et pourquoi ils toléraient et surmontaient quotidiennement les abus.

Cette compréhension de la personnalité de chaque homme, quoique superficielle, nous renseigne sur leur résilience. On passe naturellement d’anecdotes sur certains passagers inoubliables à des discussions sur les autres hommes noirs qui avaient les mêmes responsabilités à bord des voitures de train. Les enregistrements prennent une valeur très particulière en raison de l’esprit de corps qui unit les porteurs et de ces conversations qui ont commencé à bord des trains et qui se poursuivent dans le cadre des entrevues. Les rires renforcés par le passage du temps, la réflexion et la reconnaissance du travail bien fait donnent lieu à de joyeux échanges qui constituent l’essence même des histoires de porteurs.

Quand Grizzle demande à Crump de lui parler des surnoms que se donnaient les porteurs, ce dernier rit à gorge déployée et déclare :

Les surnoms des porteurs? Oh oui, je sais de quoi tu parles. Entre eux, les porteurs se donnaient des noms que je ne voudrais pas répéter sur un enregistrement. Si je le faisais, les lecteurs et les auditeurs seraient probablement choqués. Je peux te dire que les porteurs avaient un langage bien particulier. Et les conversations qu’ils avaient entre eux… Je n’oserais jamais raconter ça. (Traduction de l’entrevue 417403, partie 2 [22:33])

Et pourtant, presque toutes les entrevues de Grizzle donnent une idée de ce type de conversations entre porteurs. C’est le cas de celle avec Crump : ce dernier dit qu’il n’ose pas parler, mais il finit quand même par le faire. Grâce à ces entrevues, nous entrons dans un monde aujourd’hui disparu, mais qui fait partie intégrante de l’identité canadienne.

Cette allusion au langage des porteurs a inspiré la création d’une série de courts balados sur Découvrez Bibliothèque et Archives Canada. Intitulée Voix dévoilées, cette série plongera dans la riche histoire orale conservée dans les collections de BAC. Confidences de porteurs sera le premier épisode.

Depuis quelques années, les porteurs occupent une place importante dans la culture populaire. Ce sera cependant la première fois que la parole sera donnée à ces hommes et à leurs épouses et leurs enfants. Parler de leurs expériences exceptionnelles n’est pas assez : il faut aussi les écouter raconter leurs propres histoires; distinguer leurs accents; rire et se mettre en colère avec eux; s’interroger sur les défis du métier de porteur et sur la résilience des communautés noires au Canada; s’imprégner de la puissance dans la voix de ces hommes; et comprendre leurs histoires.

Grizzle, Crump et toutes les personnes qui ont généreusement accordé une entrevue nous offrent une véritable visite guidée, dans leurs propres mots. Les entrevues montrent pourquoi nous devons absolument continuer d’écouter les porteurs et de perpétuer leur mémoire, surtout à une époque où nous devons relever les défis causés par le racisme et la discrimination systémiques et institutionnels, tant au Canada qu’à l’étranger. Les structures que ces hommes et leurs familles ont abattues au prix de tant d’efforts conservent leur importance aujourd’hui. Les voix des porteurs rappellent qu’il reste encore du travail à accomplir.

Pour écouter les épisodes de cette série, abonnez-vous gratuitement à Découvrez Bibliothèque et Archives Canada, sur le site de votre fournisseur de balados habituel.

Autres ressources


Stacey Zembrzycki est une historienne primée, spécialiste de l’histoire orale et publique portant sur les expériences des immigrants, des réfugiés et des minorités ethniques. Elle travaille actuellement comme spécialiste en création de balados à la Direction générale de la diffusion et de l’engagement à Bibliothèque et Archives Canada.