Lancement de la base de données liée aux dossiers du personnel de la Première Guerre mondiale

Nous sommes ravis d’annoncer l’implantation d’une nouvelle version de notre base de données « Soldats de la Première Guerre mondiale, 1914-1918 – CEC ». Cette nouvelle base de données, qui s’appellera dorénavant « Dossiers de service de la Première Guerre mondiale », permet d’accéder aux dossiers de service de militaires ayant servi au sein du Corps expéditionnaire canadien (CEC) ainsi qu’aux dossiers d’autres membres du personnel à l’époque de la Première Guerre mondiale.

La nouvelle base de données renferme des dossiers concernant les groupes suivants :

  • Corps expéditionnaire canadien (CEF)
  • Titulaires de l’Imperial War Service Gratuity
  • Milice active non permanente
  • Volontaires refusés par le CEC
  • Royal Newfoundland Regiment et Corps forestier

Découvrez dès aujourd’hui la collection sur les Dossiers de service de la Première Guerre mondiale!

N’oubliez surtout pas de consulter la page Première Guerre mondiale sous la rubrique Patrimoine militaire afin d’avoir un aperçu de tous nos documents portant sur la Première Guerre mondiale.

Nous tenons à souligner la participation de The Rooms, Archives provinciales de Terre-Neuve-et-Labrador, pour les liens vers leurs dossiers du personnel numérisés (en anglais seulement).

Le cornemuseur James Cleland Richardson, VC

Par Emily Monks-Leeson

Le blogue d’aujourd’hui dans le cadre de la série Centenaire de la Première Guerre mondiale : hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria relate l’histoire du cornemuseur James Cleland Richardson, à qui l’on a décerné la Croix de Victoria (VC) pour des actes de bravoure accomplis durant la bataille des hauteurs de l’Ancre, le 8 octobre 1916, à proximité de la tranchée Regina, à la Somme, en France.

Photographie en noir et blanc d’un jeune homme portant un kilt et un sporran, tenant un bâton dans la main gauche et appuyé sur une colonne sculptée.

Le cornemuseur James Cleland Richardson, VC, 16e Bataillon, Corps expéditionnaire canadien (CEC). (MIKAN 3192331)

Né à Bellshill, en Écosse, le 25 novembre 1895, M. Richardson immigre en Colombie-Britannique où il assumera la fonction de cornemuseur au sein du 72nd Seaforth Highlanders of Canada. En septembre 1914, il s’enrôle dans le Corps expéditionnaire canadien (CEC) et traverse l’océan en tant que membre d’un imposant contingent des Seaforth qui s’intégrera au 16e Bataillon (Canadian Scottish).

Le 8 octobre 1916, la compagnie de M. Richardson est ralentie par des fils barbelés et un tir nourri pendant une attaque contre des positions allemandes à la tranchée Regina. Le commandant de M. Richardson, le lieutenant-colonel Cyrus Peck, décrira par la suite le courage extraordinaire du musicien. Alors que l’unité s’est retrouvée piégée dans les cratères d’obus creusés dans le « no man’s land », M. Richardson, un adolescent qui accompagnait ses camarades en jouant de la cornemuse, a demandé au commandant la permission de se remettre à jouer de son instrument. Au vu et au su des troupes allemandes, il a, tout en jouant de sa cornemuse, parcouru de long en large le réseau de barbelés où attendaient, tapis, ses camarades. La citation lui décernant la Croix de Victoria publiée dans la Gazette de Londres (London Gazette) se lit comme suit : « L’effet a été instantané. Inspirés par son exemple glorieux, les membres de la compagnie se sont élancés vers les barbelés avec tellement de fureur et de détermination qu’ils ont surmonté l’obstacle et se sont emparés de l’objectif » [traduction libre] (London Gazette, no 30967, le 22 octobre 1918, en anglais seulement).
Fait surprenant, M. Richardson survit à l’attaque et l’on raconte qu’il a transporté un camarade blessé et plusieurs prisonniers jusqu’à l’arrière-garde. Quand il constate qu’il a laissé sa cornemuse derrière, il retourne la récupérer. On ne reverra plus jamais M. Richardson vivant.

Page manuscrite, noir sur blanc, décrivant les événements quotidiens ayant mené à la journée pendant laquelle le cornemuseur James Cleland Richardson a accompli l’acte qui lui a valu la Croix de Victoria.

Journal de guerre du 16e Bataillon couvrant la période du 1er au 8 octobre, décrivant les journées qui ont précédé l’attaque de la crête de Regina. (MIKAN 2034171)

Le corps de James Cleland Richardson a été retrouvé en 1920 et sa dépouille repose maintenant dans le cimetière militaire Adanac (en anglais seulement), situé près d’Albert, en France. Sa cornemuse, que l’on croyait depuis longtemps ensevelie dans la boue de la Somme, a été identifiée en 2002 comme étant en possession de l’école Ardvreck Preparatory School, en Écosse, qui l’aurait reçue en 1917 parmi divers dons offerts par le major Edward Yeld Bate, aumônier de l’Armée britannique. La cornemuse est maintenant exposée à l’Assemblée de la Colombie-Britannique.

Photographie en noir et blanc d’un jeune homme vêtu d’un uniforme militaire et tenant sa cornemuse.

Le cornemuseur James Cleland Richardson, VC, et sa cornemuse, 16e Bataillon d’infanterie canadien, CEC. (MIKAN 4922009)

Bibliothèque et Archives Canada garde le dossier des états de service au CEC du cornemuseur James Cleland Richardson. Le fonds James Richardson renferme le certificat lié à la Croix de Victoria ainsi qu’un cahier d’exercice datant de ses premières années de scolarité.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Soldat John Chipman Kerr, VC

Par Emily Monks-Leeson

Dans le cadre de la série Centenaire de la Première Guerre mondiale : hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, nous nous rappelons aujourd’hui la vie et le service militaire du récipiendaire canadien de la Croix de Victoria, John Chipman « Chip » Kerr de Fox River (Nouvelle-Écosse).

Photographie en noir et blanc de deux soldats en uniforme assis sur un banc. L’homme à droite regarde directement la caméra et arbore un sourire discret.

Soldat J.C. Kerr, VC, à droite. (MIKAN 3217379)

Avant la guerre, M. Kerr travaillait comme bûcheron près de Kootenay (Colombie-Britannique) et exploitait un lot de colonisation à Spirit River (Alberta), avec son frère, Charles Roland « Rollie » Kerr. Quand la guerre est déclarée en 1914, les frères Kerr, Chip et Rollie, se rendent à Edmonton pour s’enrôler et laissent une note sur la porte de leur cabane portant cette déclaration : « La guerre c’est l’enfer, mais qu’en est-il de l’exploitation d’un lot de colonisation? » [traduction] (« War is Hell, but what is homesteading? »)

Collage de trois pages dactylographiées noir sur blanc avec la date du 15 septembre notée dans la marge et un compte rendu, d’heure en heure, des actions qui se déroulent.

Compte rendu des opérations du 49e Bataillon d’infanterie canadien du 15 au 18 septembre 1916. (MIKAN 1883261)

Le 16 septembre 1916, M. Kerr est membre du 49e Bataillon d’infanterie du Corps expéditionnaire canadien (CEC) près de Courcelette, en France, non loin de l’endroit où Leo Clarke, du 2e Bataillon (Eastern Ontario Regiment), a mérité la Croix de Victoria la semaine précédente. Les actions posées par Kerr cette journée-là vont lui valoir sa propre Croix de Victoria. Pendant une attaque à la grenade menée par son bataillon, le soldat Kerr est le premier combattant à la baïonnette d’un détachement de bombardement qui se lance, grenades à la main, à l’assaut de positions allemandes. Quand il comprend que son unité est sur le point de manquer de bombes, Kerr court le long du crêt de la tranchée sous un tir nourri jusqu’à ce qu’il soit suffisamment près des troupes allemandes pour lancer ses projectiles à bout portant. Se croyant encerclés, les Allemands se rendent. La citation concernant le soldat Kerr dans la Gazette de Londres (London Gazette) renferme les détails suivants :

Soixante-deux prisonniers sont capturés et un gain de 250 verges de tranchées est réalisé. Avant de poser ce geste très courageux, une bombe avait arraché l’un des doigts du soldat Kerr. Plus tard, en compagnie de deux autres hommes, il escorte les prisonniers, sous les tirs, puis retourne ensuite à son poste avant de faire panser sa blessure. (London Gazette, no 29802, le 26 octobre 1916) [traduction]

Chip Kerr survit à la guerre, tandis que son frère Rollie, aussi membre du 49e Bataillon, est tué à la fin de décembre 1917. Au début de la Seconde Guerre mondiale, M. Kerr s’enrôle de nouveau dans l’armée, puis passe à l’Aviation royale du Canada avec le grade de sergent. Il s’éteint à Port Moody (Colombie-Britannique), le 19 février 1963.

On a donné son nom à un pic de 2 600 mètres s’élevant dans le parc national Jasper, ainsi qu’à un parc à Port Moody (Colombie-Britannique), soit le parc Chip Kerr.

Bibliothèque et Archives Canada garde le dossier des états de service du soldat John Chipman Kerr et celui de son frère, le soldat Charles Roland Kerr.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

La bataille de Flers-Courcelette

Par Alex Comber

Les batailles de la Somme qui ont pris fin en août 1916 ont donné bien peu de résultats malgré des objectifs ambitieux et un coût élevé en vies humaines et en ressources. La bataille de Flers-Courcelette, qui se déroule du 15 au 22 septembre 1916, est une autre tentative pour conquérir définitivement la Somme. Sous le commandement de sir Julian Byng, le Corps canadien, membre de l’armée de réserve britannique, fournit deux de ses divisions d’infanterie, qui prennent position sur l’aile gauche d’une vaste offensive.

Il s’agit d’une première grande offensive pour les Canadiens, et de leur toute première expérience des pertes humaines effroyables subies durant les combats de 1916. La bataille s’amorce par un intense bombardement d’artillerie contre les positions ennemies, semblable à celui effectué lors des précédentes batailles de la Somme. Toutefois, ce « barrage roulant » est mieux coordonné avec la progression des soldats, et ouvre la voie juste devant eux. La plupart des unités ennemies n’ont pas le temps de récupérer et de préparer leur défense avant l’arrivée des bataillons d’infanterie canadiens.

Image d’une carte de tranchée, datée de septembre 1916, montrant l’axe de progression prévu pour le 27e Bataillon, près de Courcelette, en France.

Cette carte de tranchée faisant partie des journaux de guerre du 27e Bataillon (Winnipeg) montre les axes de progression prévus pour les compagnies de tête du Bataillon, à partir des tranchées près de Pozières (en bas à gauche), jusqu’à « l’objectif ultime », situé juste au nord de la sucrerie. Les cartes de tranchée renferment une foule de détails. Celle-ci illustre le village de Courcelette, en haut, et donne de l’information sur les autres unités qui devaient avancer sur l’un ou l’autre flanc du 27e Bataillon. (MIKAN 1883247)

Parmi les faits saillants de la productive avancée des unités canadiennes, mentionnons la prise du village de Courcelette par le 25e Bataillon (Nova Scotia Rifles) et le 22e Bataillon (canadien-français) du lieutenant-colonel T. L. Tremblay, ainsi que la conquête de la sucrerie puissamment fortifiée à l’est du village par le 21e Bataillon (Eastern Ontario). Ailleurs, l’attaque piétine, ruinant les espoirs d’une victoire décisive. Les Allemands lancent de vigoureuses contre-attaques ou se replient dans leurs positions fortifiées. Environ 24 000 soldats membres des unités canadiennes sont blessés ou tués au cours de l’opération.

Photographie noir et blanc d’un bâtiment industriel en ruines dans un paysage dévasté.

Cette photographie officielle prise par le Bureau canadien des archives de guerre en octobre 1916, après le bombardement et l’avancée des Canadiens sur la position allemande fortifiée, montre les ruines de ce qui était, avant la guerre, une sucrerie. (MIKAN 3403776)

Surnommés « vaisseaux terrestres », les premiers chars d’assaut apparaissent sur les champs de bataille de Flers-Courcelette. Ils sont lents et encombrants, et la mécanique n’est pas très fiable. La plupart se brisent ou sont mis hors de combat avant même de pouvoir aider la progression des soldats. Toutefois, les rares engins demeurés fonctionnels détruisent des emplacements de tir fortifiés et provoquent le chaos dans les lignes ennemies. Le lieutenant William Ivor Castle, photographe officiel au service du Bureau canadien des archives de guerre, a filmé des chars d’assaut prenant leur position de départ. Les premières images de chars « au combat » ont suscité de vives réactions après leur publication en Angleterre.

Photographie noir et blanc d’un imposant char d’assaut britannique qui avance dans un terrain criblé de cratères.

Surnommé « Crème de menthe », ce char Mark 1 figure parmi les engins qui ont soutenu, de façon particulièrement efficace, l’attaque canadienne à Courcelette, le 15 septembre 1916. Les premiers chars d’assaut étaient colorés et recouverts de motifs de camouflage inspirés du peintre Solomon. (MIKAN 3397296)


Alex Comber est archiviste militaire au sein de la Division des archives gouvernementales à Bibliothèque et Archives Canada.

Sergent Leo Clarke, VC

Par Emily Monks-Leeson

Nous poursuivons notre série Centenaire de la Première Guerre mondiale : Hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria avec l’histoire du sergent Leo Clarke, le septième récipiendaire canadien de la Croix de Victoria lors la Première Guerre mondiale.

Une coupure de journal en noir et blanc représentant une photographie d’un jeune homme en uniforme.

Le sergent Leo Clarke, VC, décédé des suites de ses blessures, vers 1915-1916 (MIKAN 3214037)

Leo Clarke est né à Waterdown, en Ontario, le 1er décembre 1892; il était arpenteur pour la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada. Il s’enrôla en février 1915 dans le 27e bataillon et fut transféré au 2e bataillon (Eastern Ontario Regiment) après son arrivée en Angleterre.

Le 9 septembre 1916, Leo Clarke participa, avec le 2e bataillon, à une attaque des Alliés contre un réseau de tranchées allemandes qui s’étendait de Martinpuich à Courcelette dans le nord de la France. Le bataillon de Clarke devait capturer une zone de 50 verges entre la ferme Mouquet, une position tenue par les Canadiens, et Courcelette. Caporal intérimaire au moment de l’attaque, il mena un détachement de soldats ayant pour mission de nettoyer le flanc gauche d’une tranchée allemande et de construire un « bloc » pour renforcer la position canadienne. La tranchée était solidement défendue et, après un combat acharné au corps à corps, Clarke fut le seul de son groupe à ne pas avoir été tué ou blessé. Il se retrouva seul pour repousser une contre-attaque ennemie lancée par vingt soldats et officiers allemands.

Une page manuscrite en noir et blanc décrivant les actions quotidiennes du bataillon.

Extrait du journal de guerre du 2e bataillon d’infanterie canadien du 1er au 9 septembre 1916 décrivant les jours précédant et pendant l’offensive (MIKAN 1883206)

La citation de Clarke dans la London Gazette se lit comme suit :

Après que la plupart des membres de son détachement aient été blessés ou tués, il entreprit la construction d’un « bloc »; c’est alors qu’une vingtaine de soldats ennemis menés par deux officiers contre-attaquèrent. Il s’avança courageusement dans leur direction, vida sur eux son revolver, puis deux fusils ramassés dans la tranchée.

Un des officiers le chargea à la baïonnette, le blessant à une jambe, mais il riposta et le tua d’un coup de feu. Le reste de la troupe s’enfuit, poursuivie par le caporal intérimaire Clarke, qui tua quatre autres ennemis et en fit un prisonnier. Plus tard, on lui ordonna de se rendre au poste de secours, mais il retourna en service dès le lendemain. (London Gazette, no 29802, 26 octobre 1916)

Leo Clarke mourut au combat un mois plus tard, le 19 octobre 1916. Sa Croix de Victoria, décernée à titre posthume au printemps 1917, a été présentée à son père par le duc de Devonshire, gouverneur général du Canada, devant une foule de 30 000 personnes rassemblées au coin de Portage et Main à Winnipeg.

Une photographie en noir et blanc d’un groupe de soldats en uniforme dans un champ.

Peloton de grenadiers (2e bataillon, Corps expéditionnaire canadien) sur les lignes écossaises près de Poperinghe, pas très loin d’Ypres. Cette photo a été prise par Henry Edward Knobel, un photographe de guerre officiel, pendant que le 2e bataillon se reposait après s’être battu au Bois du Sanctuaire, à Maple Copse (batailles de la Somme). Leo Clarke, VC, est assis au premier rang à l’extrême droite. 16 juin 1916 (MIKAN 34005888)

Le sergent Leo Clarke vivait sur la rue Pine à Winnipeg, Manitoba, comme deux autres récipiendaires de la Croix de Victoria : Frederick William Hall et Robert Shankland. En 1925, la rue Pine a été renommée Valour Road (chemin de la Bravoure) en l’honneur de ces trois hommes.

Bibliothèque et Archives Canada conserve le dossier de service du sergent Leo Clarke.


Emily Monks-Leeson est archiviste dans la section des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Lieutenant Thomas Orde Lawder Wilkinson, VC

Aujourd’hui, notre série Centenaire de la Première Guerre mondiale : Hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria se souvient du lieutenant Thomas Lawder Wilkinson du 7e Bataillon du Loyal North Lancashire Regiment, Corps expéditionnaire britannique, à qui l’on a décerné la Croix de Victoria pour les actes de bravoure qu’il a accomplis dans les champs de bataille de la Somme il y a cent ans aujourd’hui, le 5 juillet 1916.

Le lieutenant Wilkinson est né dans le comté de Shropshire, en Angleterre, et il immigre au Canada avec sa famille avant la Première Guerre mondiale. Le 23 septembre 1914, il s’enrôle dans le 16e Bataillon, The Canadian Scottish, Corps expéditionnaire canadien (CEC), il sera ensuite muté au sein du Loyal North Lancashire Regiment en tant qu’officier d’artillerie. C’est avec cette unité que M. Wilkinson participera à la bataille de la Somme.

Photographie en noir et blanc d’un jeune homme portant une casquette et un uniforme, le regard projeté derrière le photographe.

Lieutenant Thomas Orde Lawder Wilkinson, VC, sans date (AMICUS 2715209)

Quatre jours après la journée de combat la plus dévastatrice dans toute l’histoire de l’armée britannique, M. Wilkinson et deux autres hommes se fraient un chemin jusqu’à une mitrailleuse avancée, que vient d’abandonner un groupe de soldats britanniques en battant en retraite. De leur propre initiative, ils réussissent à retenir des soldats allemands en attendant l’arrivée d’une autre unité en renfort. Plus tard dans la même journée, le lieutenant Wilkinson se portera à la défense de plusieurs hommes de différentes unités coincés par un amoncellement de terre que les troupes allemandes bombardent. La citation publiée dans la London Gazette décrit les événements comme suit :

[Wilkinson] installa promptement une mitrailleuse sur le parapet et dispersa les ennemis qui lançaient des grenades. Plus tard encore, il tenta à deux reprises de ramener un homme blessé. À la seconde tentative, il reçut une balle au cœur juste avant d’atteindre le soldat. Pendant toute cette journée, il fit preuve d’un courage et d’un dévouement exemplaires (traduction d’un extrait de la London Gazette, le 26 septembre 1916 [en anglais seulement]).

Photographie en noir et blanc de quatre soldats transportant une civière sur laquelle repose un corps recouvert d’une bâche, dans un paysage de désolation.

Transport d’un corps dans un champ de bataille de la Somme, juillet 1916, Bureau canadien des archives de guerre (MIKAN 3520928)

Le corps du lieutenant Thomas Orde Lawder Wilkinson n’a jamais été récupéré. Son nom figure sur le Mémorial de Thiepval, en France, un monument britannique érigé à la mémoire des disparus.

Bibliothèque et Archives Canada garde le dossier des états de service du lieutenant Thomas Orde Lawder Wilkinson alors qu’il est rattaché au CEC.

Jeremiah « Jerry » Jones

En ce mois de l’histoire des noirs, Bibliothèque et Archives Canada désire souligner le service des Canadiens noirs durant la Première Guerre mondiale. Alors que tous les Canadiens étaient emportés par le patriotisme du début de la guerre et les occasions offertes par le service militaire, les Canadiens noirs ont eu de la difficulté à s’enrôler en raison du racisme qui régnait à l’époque. Malgré l’inexistence d’une politique officielle ou énonçant explicitement l’exclusion, le service militaire canadien a laissé les décisions de recrutement à la discrétion de chaque commandant. Les Canadiens noirs volontaires et ceux appartenant à d’autres groupes minoritaires s’enrôlaient au régiment qui voulait bien les accepter. Une unité spéciale, le 2e Bataillon de construction, a été formée et regroupait des membres de la communauté noire de la Nouvelle-Écosse. Les membres de ce bataillon n’étaient pas envoyés au front, mais ils ont creusé des tranchées, réparé des routes et ont attiré des centaines de recrues provenant de partout au Canada et même des États-Unis.

Une photo sépia d’un homme en uniforme portant une ceinture et une casquette d’officier et tenant un bâton dans ses deux mains devant le haut de ses cuisses.

Jeremiah « Jerry » Jones, soldat de la Première Guerre mondiale dont la photo a été prise par un photographe inconnu. Celle-ci appartient à la collection personnelle de la famille Jones (Wikipedia).

Parmi les Canadiens noirs qui se sont portés volontaires et qui ont servi, on retrouve Jeremiah « Jerry » Jones, un soldat de la Nouvelle-Écosse qui a été recruté par le 106e Bataillon (Nova Scotia Rifles) en juin 1916. Né à East Mountain, en Nouvelle-Écosse, le 30 mars 1858, Jones était âgé de plus de 50 ans lorsqu’il s’est enrôlé et a menti au sujet de son âge afin de pouvoir joindre l’armée. Jones a été envoyé à l’étranger puis transféré au sein du Royal Canadian Regiment où il a combattu sur les lignes de front en France, notamment pendant la bataille de la crête de Vimy en avril 1917. Durant la bataille, alors que son unité a été prise sous le feu d’une mitrailleuse, Jones s’est avancé seul pour attaquer la position de l’ennemi allemand. Il réussit à s’approcher suffisamment pour pouvoir lancer une grenade tuant plusieurs soldats allemands. Les survivants se sont rendus à Jones qui leur a fait transporter la mitrailleuse à l’intérieur des limites canadiennes pour la déposer aux pieds de son commandant. Il semblerait que Jones ait été recommandé pour la Médaille de conduite distinguée, mais aucun registre n’indique qu’il ait reçu une telle distinction. Pendant les décennies qui ont suivi la guerre, le Truro Daily News et le sénateur Calvin Ruck ont souligné la bravoure de Jones et ont exercé des pressions pour que le gouvernement canadien reconnaisse officiellement sa contribution. Ruck a insisté sur le fait que le sentiment raciste qui existait à l’époque a empêché Jones et d’autres soldats noirs de recevoir une reconnaissance appropriée pour leur héroïsme.

Une liste nominative indiquant le numéro de régiment, le rang, le nom, le corps d’armée précédent, le nom du plus proche parent, le pays d’origine et le lieu et la date du recrutement.

Inscription de Jeremiah Jones sur la liste nominale des officiers, des sous-officiers et des militaires du rang du 106e bataillon (e011092698).

Jones a été blessé durant la bataille de la crête de Vimy. Il a été officiellement libéré à Halifax au début de l’année 1918 après avoir été jugé médicalement inapte. Il est décédé en novembre 1950. Jeremiah Jones s’est vu décerner à titre posthume le Médaillon des Forces canadiennes pour service distingué, le 22 février 2010.

 

Hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria : Lieutenant Frederick William Campbell, VC

On a décerné à Frederick William Campbell, lieutenant au sein du 1er bataillon (Ouest de l’Ontario) du Corps expéditionnaire canadien (CEC), la Croix de Victoria (VC) pour ses actions posées le 15 juin 1915, il y a 100 ans aujourd’hui. C’était aussi le jour du 48e anniversaire du lieutenant Campbell.

Photographie en noir et blanc d’un homme en uniforme faisant face directement à l’appareil photo

Portrait du lieutenant Frederick William Campbell, VC, sans date. Notons la superposition d’une autre photographie dans le coin inférieur droit (MIKAN 3213625)

Stationné en première ligne près de Givenchy, en France, le lieutenant Campbell dirige un assaut sur une tranchée allemande solidement fortifiée. Sous un feu nourri, il maintient sa position au cœur de l’assaut malgré le fait que presque tous ses hommes tombent au combat. De façon à couvrir la retraite des hommes encore capables de s’échapper, le lieutenant Campbell et un autre soldat gagnent une position exposée avec deux mitrailleuses Colt et réussissent à contenir une contre-attaque allemande.

Reproduction en noir et blanc d’une page manuscrite décrivant les événements du 15 juin 1915

Page des journaux de guerre du 1er bataillon d’infanterie du Canada en date du 15 juin 1915 (MIKAN 1883204)

La citation publiée dans le London Gazette décrit les actions du lieutenant Campbell :

« … arrive à la première ligne allemande avec une mitrailleuse et y maintient sa position sous le feu nourri de fusils, de mitrailleuses et de projectiles, même si la presque totalité des hommes de son détachement sont morts ou blessés.

Lorsque notre approvisionnement en bombes est épuisé, cet officier continue d’avancer jusqu’à une position exposée et, tirant un millier de coups environ, il réussit à contenir la contre-attaque ennemie » (London Gazette, no 29272, le 23 août 1915, en anglais seulement) [traduction].

Alors qu’il bat en retraite, un projectile atteint le lieutenant Campbell au fémur droit, qui s’égrène sur le coup. Le lieutenant mourra à l’hôpital quatre jours plus tard par suite d’une infection de sa blessure.

Frederick William Campbell est né à Mount Forest (Ontario) le 15 juin 1869. Il s’est engagé dans la Milice du Canada ainsi que dans une section de mitrailleuses du 2e bataillon, The Royal Canadian Regiment, durant la guerre d’Afrique du Sud. Sa dépouille repose dans le cimetière de l’Est de Boulogne, à Boulogne, en France.

Bibliothèque et Archives Canada a sous sa responsabilité le dossier des états de service du lieutenant Frederick William Campbell à l’époque où il était membre du CEC.

Bibliothèque et Archives Canada numérisera 640 000 dossiers de service

Dans le cadre de la commémoration du centenaire de la Première Guerre mondiale, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) a annoncé dans la section Nouvelles qu’il a entrepris de numériser 640 000 dossiers de service des membres du Corps expéditionnaire canadien (CEC), dans le but d’assurer la préservation à long terme de ces fragiles documents.

Transférée à BAC il y a une vingtaine d’années, la collection des dossiers de service du CEC est la plus fréquemment consultée. Victime de son succès, le nombre élevé de transactions auxquelles cette collection est soumise met à rude épreuve les documents – presque tous étant des documents papier – accélérant ainsi leur détérioration.

Les nombreux chercheurs qui ont eu l’occasion de tenir dans leurs mains ces précieux documents au cours des dernières années se souviendront à quel point certaines feuilles commencent à s’effriter. Si BAC n’agit pas immédiatement pour préserver ces dossiers, ceux-ci risquent de disparaître. Et une fois perdus, ils le seront à tout jamais.

Pour être en mesure de réaliser cet ambitieux projet, BAC devra fermer temporairement certaines portions des dossiers de service. La première tranche, soit les dossiers allant de la lettre A à la lettre D, sera fermée à partir de mars 2014. Ces dossiers seront à nouveau disponibles en ligne à partir de l’été 2014.

Bien que 75 % de la collection restera accessible en tout temps, BAC n’acceptera aucune demande de consultation de documents en personne, ni demande de reproduction en ce qui a trait à la portion de la collection en cours de numérisation, et ce, pour une durée de 4 mois.

Les dossiers qui doivent être numérisés s’ajouteront aux quelque 13 500 dossiers de service et aux plus de 620 000 documents d’attestation déjà accessibles sur le site Web de BAC. À la fin du projet, prévu en 2015, les Canadiens seront en mesure de consulter des copies numériques de haute qualité des 640 000 dossiers de service nouvellement numérisés dans le confort de leur foyer. De plus, ils n’auront plus à débourser de frais de reprographie.

BAC est heureux de participer aux projets du gouvernement du Canada visant à honorer la contribution et les sacrifices des femmes et des hommes de ce pays durant la Première Guerre mondiale. Nous tenons aussi à souligner la contribution de Travaux publics et Services gouvernementaux Canada à ce projet.

BAC vous remercie de bien vouloir faire preuve de patience et de compréhension tout au long de ce projet d’envergure.

Pour de plus amples informations concernant le projet, veuillez consulter la Fiche d’information : Numérisation des dossiers de service du Corps expéditionnaire canadien.

Résumé des commentaires reçus en anglais entre le 1er janvier 2014 et le 31 mars 2014

  • Plusieurs usagers félicitent BAC et expriment leurs anticipations pour trouver les dossiers de services de leurs ancêtres. Un usager voudrait que le projet soit organisé différemment, car les dossiers de services vont être hautement prisés avec le 100e anniversaire du début de la Première Guerre Mondiale qui approche rapidement; il indique que la numérisation aurait dû se faire plus tôt.

Les animaux à la guerre (1914-1918)

Affiche en couleur d’un paysage en combat avec un char tiré par des chevaux et des soldats, s'enfuyant de la canonnade.

Pendant la Première Guerre mondiale, les conditions du terrain au front – souvent boueux et sans routes pavées – rendaient difficile l’utilisation des véhicules motorisés. C’est pourquoi on a fait appel à une grande variété de bêtes de somme, dont les chevaux. Ceux-ci servaient principalement aux troupes  de cavalerie, mais aussi au transport des canons, des munitions et de la nourriture, en plus de tirer les ambulances non motorisées. Les chevaux étaient omniprésents dans le théâtre des opérations.Le premier contingent de troupes ayant quitté le Canada pour l’Angleterre en septembre 1914 a embarqué 7636 chevaux! Même s’ils appartenaient aux unités de cavalerie, la majorité d’entre eux avaient été achetés à des propriétaires privés par le gouvernement canadien, afin de combler les besoins de l’armée. Des centaines de milliers de chevaux supplémentaires ont, par la suite, été envoyés au front. À la fin de la guerre, l’armée avait perdu huit millions de chevaux au combat.D’autres animaux ont aussi été utilisés par l’armée pendant la Première Guerre mondiale. C’est le cas des mules, des ânes et des bœufs, qui transportaient principalement les matériaux, les munitions et la nourriture. Dans les régions orientales – comme en Égypte – on a aussi utilisé des chameaux.

Les conditions du terrain, continuellement bombardé dans certains secteurs, ou très montagneux, ne permettaient pas de communiquer facilement. On a alors utilisé des messagers ailés ou poilus. Il existait même des unités spéciales chargées d’entretenir une volée de pigeons voyageurs, prêts à être envoyés munis de messages attachés à leur patte. Les chiens ont également rempli ce rôle de messager.

Croquis en couleur d'un chien brun assis.

L’armée canadienne possédait alors un Corps vétérinaire, des unités de forgerons et de maréchaux ferrants. Tous veillaient aux soins des animaux au service de l’armée. Pendant le conflit, des hôpitaux vétérinaires et des unités vétérinaires mobiles ont été créés derrière le front, pour soigner les animaux et veiller à l’alimentation en fourrage.Les animaux ont aussi, de tout temps, accompagné les soldats au front comme compagnons d’infortune. Les mascottes militaires remplissent depuis toujours le rôle de symbole du groupe qui l’a adopté. Même les membres du Corps expéditionnaire canadien lors de la Première Guerre mondiale avaient leurs mascottes, dont on peut voir un exemple.

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