Conservatrice invitée : Taryn Dewar

Bannière pour la série Conservateurs invités. À gauche, on lit CANADA 150 en rouge et le texte « Canada: Qui sommes-nous? » et en dessous de ce texte « Série Conservateurs invités ».Canada : Qui sommes-nous? est une nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui marque le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Une série de blogues est publiée à son sujet tout au long de l’année.

Joignez-vous à nous chaque mois de 2017! Des experts de BAC, de tout le Canada et d’ailleurs donnent des renseignements additionnels sur l’exposition. Chaque « conservateur invité » traite d’un article particulier et en ajoute un nouveau — virtuellement.

Ne manquez pas l’exposition Canada : Qui sommes-nous? présentée au 395, rue Wellington à Ottawa, du 5 juin 2017 au 1er mars 2018. L’entrée est gratuite.


Affiche touristique « Canada : Vacances illimitées », vers 1947

Affiche colorée illustrant un orignal, un cerf, des ours, un lièvre, un écureuil, un castor, un pêcheur, un joueur de cornemuse, une femme filant de la laine, un officier de la police montée, une femme et un enfant autochtones, un garçon conduisant une charrette à chien ainsi qu’un mât totémique. Les mots « Canada » et « Vacations Unlimited » sont imprimés respectivement au haut et au bas de l’affiche.

Affiche touristique « Canada : Vacances illimitées » (Canada Vacations Unlimited), vers 1947 (MIKAN 3007692)

Cette campagne de publicité découlait d’une étude de marché révélant que les Américains préféraient le tourisme au camping. Cet amalgame de symboles culturels d’un goût douteux en est le résultat. Tous les stéréotypes sont au rendez-vous!


Parlez‑nous de vous

En 2015, je suis déménagée à Fort McMurray, en Alberta, pour travailler comme interprète au Oil Sands Discovery Centre (un centre d’études sur les sables bitumineux). J’ai grandi dans le canton d’Hamilton en Ontario, près du lac Ontario. Pendant nos vacances familiales, nous faisions beaucoup de camping et nous visitions plusieurs musées. Quand je suis déménagée de l’Ontario vers Fort McMurray, j’ai traversé une partie du Canada; ça m’a donné une meilleure idée de sa véritable étendue.

Y a‑t‑il autre chose que, selon vous, les Canadiens devraient savoir à propos de cet élément?

Trois détails de l’affiche : sur la première image, on voit un officier de la police montée en uniforme, debout à côté d’une femme autochtone portant un bébé sur son dos. La femme est vêtue d’une robe bleue et rouge à rayures. Un cerf et un lièvre se tiennent devant. Sur la deuxième image, on voit un pêcheur en imperméable jaune tenant un gros poisson, à côté d’un homme en habit bleu jouant de la cornemuse. Une femme aux cheveux blancs est assise entre eux. La troisième image montre un mât totémique coloré représentant un aigle aux ailes déployées, entouré d’animaux sauvages.

Ces détails de l’affiche montrent un officier de la police montée avec une femme et un enfant autochtones; un pêcheur avec un joueur de cornemuse et une femme aux cheveux blancs; et un mât totémique. (MIKAN 3007692)

L’affiche « Canada : Vacances illimitées » illustre différents stéréotypes associés au Canada d’est en ouest : le pêcheur, la police montée, la femme et l’enfant autochtones et le mât totémique. Quant au joueur de cornemuse, il fait référence aux colons venus s’établir au Canada. Il va sans dire que le Canada d’aujourd’hui est beaucoup plus diversifié qu’à l’époque représentée ici (qui témoigne de la réalité des années 1930 à 1950). Et bien que l’affiche rassemble des symboles marquants de ce temps, il faut garder en tête qu’on ne pouvait pas non plus inclure tous les « canadianismes » dans une seule image.

Détails montrant un petit écureuil brun; un ours brun accroupi, les pattes avant écartées; un petit castor brun debout, avec les pattes avant écartées; un canard en vol; et finalement, deux cerfs bruns (un mâle et une biche).

Détails de petits animaux présents sur l’affiche. (MIKAN 3007692)

On remarque, en arrière-plan de l’affiche, plusieurs animaux et une forêt. Même si le Canada regorge de beautés naturelles, ce ne sont pas tous ses habitants qui ont une vue sur les Rocheuses ou les rochers du Bouclier canadien. Selon Statistique Canada, 66 % de la population du pays vit à 100 kilomètres ou moins de la frontière avec les États-Unis, une zone qui représente seulement 4 % du territoire canadien. Cela veut dire que la population canadienne se concentre surtout dans les régions métropolitaines. Et certaines de nos plus grandes villes (comme Montréal, Toronto et Vancouver) sont aussi devenues des destinations touristiques.

Parlez‑nous d’un élément connexe que vous aimeriez ajouter à l’exposition.

Ce qui m’a frappé, en regardant l’affiche « Canada : Vacances illimitées », c’est qu’on n’y voit aucune allusion à l’hiver. Plusieurs autres articles de l’exposition Canada : Qui sommes-nous? sont liés à la saison froide, mais l’affiche, pourtant axée sur les stéréotypes canadiens, ne montre pas un seul flocon de neige. Or, la majorité d’entre nous côtoie l’hiver une bonne partie de l’année! Bien sûr, pelleter et conduire dans les tempêtes ne comptent pas nécessairement parmi nos activités préférées, mais mieux vaut tirer parti de toute cette neige et en profiter en attendant l’arrivée du printemps. Je pense que cette œuvre, qui date du milieu des années 1800, serait un bon complément à l’affiche pour donner un meilleur aperçu de ce
qui se passe au Canada pendant toute l’année.

Une série de vignettes sur fond bleu montrent un homme marchant dans la neige profonde, tombant par-devant ou derrière, ou ployant sous les rafales de neige. Une légende accompagne chaque image : S’il y a une période de l’année où le Canada est encore plus enchanteur / C’est lorsqu’un dégel / suit une importante chute de neige / parce que / la neige devient alors si belle et si molle / surtout pour tomber / et parce que c’est si beau de regarder la neige tomber des toits. / Et parce que vous êtes certain qu’après / vous être écrasé le nez par terre / vous tomberez sur le dos / en essayant de vous relever. [Traduction libre]

Une période de l’année où le Canada est encore plus enchanteur… (MIKAN 2837052)

L’œuvre montre un homme qui tente de marcher dans la neige. Elle est coiffée d’un titre plein d’esprit : « Une période de l’année où le Canada est encore plus enchanteur » (traduction libre de One time of year when Canada is more delightful than another). C’est une façon drôle de se moquer des désagréments de l’hiver : avancer difficilement dans la neige, essayer de ne pas tomber… Les légendes transforment cette expérience désagréable en vrai récit d’aventures.

Ensemble, ces deux affiches montrent différentes facettes de la vie des Canadiens, qu’ils soient entourés par la nature ou qu’ils tentent de faire face à l’hiver. Ce sont des symboles dont le Canada peut être fier. Et notre pays ne se résume pas qu’à ses beautés naturelles ou à sa météo : sa population profite pleinement de ce qu’il a à offrir, et elle en fait un endroit formidable à visiter et à habiter!

Biographie

Photo en couleur d'une femme souriante portant des lunettes Taryn Dewar est titulaire d’une maîtrise ès arts en histoire publique de l’Université Western Ontario. Elle travaille comme interprète au Oil Sands Discovery Centre de Fort McMurray, en Alberta.

Le Canada et la troisième bataille d’Ypres : Passchendaele

« Je suis mort en enfer (on l’appelait Passchendaele). » [traduction]

Siegfried Sassoon

Photographie en noir et blanc d’un paysage dévasté par les bombardements. Le sol boueux est parsemé de cratères remplis d’eau. À l’arrière-plan, une forêt détruite par le feu.

Passchendaele, après la bataille : maintenant un immense champ de boue. Photo prise par William Rider-Rider, en novembre 1917. (MIKAN 3194937)

En Belgique, la ville d’Ypres et la campagne qui l’entoure revêtent une importance particulière dans l’histoire du Corps expéditionnaire canadien. En 1917, il s’agit de la dernière région de la Belgique à ne pas être tombée aux mains des Allemands. Peu de choses y ont changé depuis la deuxième bataille d’Ypres, en avril 1915. Les forces britanniques tiennent la ville d’Ypres, alors que les Allemands contrôlent la crête de Messines-Wytschaete au sud, les crêtes plus basses à l’est, ainsi que le terrain plat au nord.

Le 31 juillet 1917, les forces britanniques, australiennes et néo-zélandaises lancent une offensive qui sera plus tard connue sous le nom de troisième bataille d’Ypres. Alors que les pluies diluviennes s’abattent sur le sol argileux et dense, les trous d’obus créés par les tirs nourris d’artillerie se remplissent d’eau. Les assaillants qui progressent péniblement dans une boue épaisse constituent des cibles faciles pour les mitrailleurs allemands. Certains disent qu’autant de soldats meurent noyés dans la boue qu’en raison de leurs blessures. Du 31 juillet au 20 novembre 1917, la troisième bataille d’Ypres aura fait de 300 000 à 400 000 victimes chez les Alliés, et autant chez les Allemands.

Photographie en noir et blanc d’un soldat marchant dans un champ couvert de boue et de flaques d’eau.

La boue épaisse et les barbelés ralentissent considérablement la progression des Canadiens pendant la bataille de Passchendaele. Photo prise par William Rider-Rider, en novembre 1917. (MIKAN 3623104)

Au début octobre, les quatre divisions du Corps expéditionnaire canadien sont transférées au saillant d’Ypres. On leur confie une mission presque impossible à accomplir : s’emparer de Passchendaele et de la crête en exécutant une offensive en trois étapes. Lors de la première étape, amorcée le 26 octobre 1917, la 3e Division canadienne prend Wolf Copse avant de rétablir la liaison avec la 5e Armée britannique. Les troupes canadiennes amorcent la deuxième étape le 30 octobre, parviennent à s’emparer d’un certain nombre d’objectifs et envoient des patrouilles à Passchendaele même. Lors de la dernière étape, du 3 au 5 novembre, les troupes des 1re et 2e divisions s’emparent du village de Passchendaele en moins de trois heures. L’assaut final donné le 10 novembre met fin à la campagne, alors que les Canadiens s’emparent des dernières positions élevées, au nord du village.

Bien que le Corps expéditionnaire canadien ait accompli une mission qu’aucune autre force alliée ne soit parvenue à remplir, plus de 4 000 hommes ont laissé leur vie au combat et 12 000 autres ont été blessés. La troisième bataille d’Ypres a contribué à accroître la renommée des troupes d’intervention canadiennes au rang des meilleures forces de combat sur le front occidental. Neuf Canadiens ont été décorés de la Croix de Victoria pour les actes extraordinaires qu’ils ont accomplis sur l’un des plus horribles champs de bataille de l’histoire.

Dans sa série Centenaire de la Première Guerre mondiale : hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, Bibliothèque et Archives Canada présentera, au cours des trois prochaines semaines, le profil de chacun de ces neuf Canadiens.

Images liées à l’alimentation à la vapeur maintenant sur Flickr

L’ébullition de l’eau crée de la vapeur, et cette vapeur chaude est composée de gouttelettes d’eau.

Photographie en noir et blanc d’un homme se tenant sur une petite plateforme et examinant le manomètre d’un groupe électrogène mû par turbine à vapeur.

Un ouvrier vérifie la pression de la vapeur sur la turbine du premier générateur de vapeur des installations de production de vapeur et d’électricité de l’usine Société Polymer Limitée (MIKAN 3626205)

Les inventeurs, les chercheurs et les ingénieurs ayant saisi la vapeur sous pression ont découvert que la force expansive de la vapeur pouvait servir à alimenter des machines ou être utilisée dans des processus chimiques. Le moteur à vapeur basique et ses variantes alimentaient des pistons, des manivelles et des pompes, ce qui permettait de faire fonctionner des voitures, des bateaux, du matériel agricole, des véhicules de construction et des locomotives.

Photographie en noir et blanc d’une pompe à incendie à vapeur sur un wagon plat. Des hommes utilisent la pompe pour combattre un incendie près d’une voie ferrée et de remises.

Une pompe à vapeur sur plateforme pour lutter contre un incendie aux hangars à marchandises de la rue Barton de la compagnie Grand Trunk Railway, Hamilton (Ontario) (MIKAN 3283663)

L’industrie et le transport canadiens ont beaucoup bénéficié de l’alimentation à la vapeur, la période d’utilisation de celle-ci ayant perduré jusqu’au 20e siècle. Ce type d’énergie est toujours utilisé aujourd’hui, mais bien moins souvent qu’auparavant.

Photographie en noir et blanc d’un petit bateau à vapeur sur le canal Rideau. Trois hommes y prennent place (à la poupe, au centre et à la proue).

Bateau à vapeur sur le canal Rideau, Ottawa (Ontario) (MIKAN 3392841)

Visitez l’album Flickr maintenant!

 

Images de tramways maintenant sur Flickr

Dans les villes canadiennes, les tramways, aussi appelés « trams », sont initialement tirés par des chevaux. Montréal et Toronto sont les premières zones urbaines à utiliser ces tramways (des traîneaux en hiver). D’autres villes, telles que Hamilton, Winnipeg, Halifax et Saint John, leur emboîtent le pas. L’avènement des machines fonctionnant à l’électricité révolutionne le transport par tramway, l’installation de mécanismes de guidage simples sur les rails permettant aux tramways électriques de traverser les villes rapidement et efficacement. Puis, les voies ferrées sont prolongées pour relier les municipalités avoisinantes. Au Canada, cette technologie simple a une incidence sur l’infrastructure de l’énergie électrique, le transport et les schémas de croissance des villes. Le transport sur rail électrique est récemment réapparu sous la forme du train léger.

Une photographie en noir et blanc d’un tramway tiré par des chevaux. Les rails sont situés au milieu de la route. Des bâtiments de trois étages se trouvent de chaque côté de la route.

Tramway tiré par des chevaux, rue St John, Québec (Québec) (MIKAN 3280834)

Une photographie en noir et blanc d’un tramway à ciel ouvert. Il y a un conducteur à l’avant et à l’arrière du tramway et trois passagers sont assis. Un garçon est debout sur la banquette latérale.

La voiture sans habitacle fermé no 8 de St Catharines (Ontario) (MIKAN 3614885)

Une photographie en noir et blanc montrant des hommes et des femmes faisant la queue à un point de ramassage pour monter à bord d’un tramway encloisonné.

Un groupe de personnes attend de monter dans le tramway, Winnipeg (Manitoba) (MIKAN 4328867)

Visitez l’album Flickr maintenant!

Nouveaux ajouts au Gramophone virtuel – Comédie

Margaret Ashburner

Les sketchs et les chansons humoristiques étaient très populaires auprès des Canadiens dans les années 1920 et 1930. Plusieurs maisons de disque ont produit ce type d’enregistrements. Cette collection met en vedette plusieurs comédiens canadiens populaires.

Interprètes en vedette

Juliette Béliveau

Photographie en noir et blanc d’une jeune femme.

Juliette Béliveau. Source : Denyse Martineau, Montréal, Les Éditions de l’Homme, 1970.

Juliette Béliveau débute sa carrière à l’âge de 10 ans. Artiste en demande, elle se spécialise dans les sketchs humoristiques au théâtre, sur disque et plus tard à la télévision.

Fannie Tremblay

Photo en noir et blanc d’une jeune femme portant un chapeau très large.

Fannie Tremblay. Source : Montréal qui chante; Montréal, Guénette et Senécal (etc.), ISSN 0702-102X.

Comme Juliette Béliveau, Fannie Tremblay est célèbre pour ses numéros humoristiques. Dans cet enregistrement, on peut l’entendre avec son époux, Joseph Robert Tremblay.

Fannie Tremblay et Juliette Béliveau ont joué ensemble au Théâtre national, en France.


Margaret Ashburner est bibliothécaire des collections spéciales de musique à Bibliothèque et Archives Canada.