Un ajout récent à la collection de livres rares

Une collection de 500 livres publiés avant 1800 a été récemment relocalisée dans la chambre forte des livres rares à Bibliothèque et Archives Canada pour y être conservée en permanence. Cette chambre forte offre des conditions environnementales optimales garantissant la préservation adéquate de cette collection très spéciale au bénéfice des générations futures. Avant leur transfert à Bibliothèque et Archives Canada, ces livres appartenaient à la Bibliothèque du Parlement. La majeure partie de la collection est constituée d’ouvrages publiés en Angleterre ou en France, et beaucoup de ces oeuvres comprennent plusieurs volumes. Les sujets traités vont de la géographie à l’histoire, en passant par le théâtre et les essais.

Photographie couleur montrant des rangées de livres sur une étagère. Chaque livre est identifié par une bande de papier portant une cote topographique.

Emplacement permanent dans la chambre forte des livres rares.

À propos de la collection

La plupart des livres possèdent une reliure du 18e siècle, entièrement ou partiellement en cuir, fabriquée à la main. La collection comprend également certains ouvrages reliés en papier, en tissu ou en parchemin. Les livres sont ornés de dorures et de titres complexes, et sont souvent rehaussés de papier marbré aux motifs originaux et très étonnants, utilisé généralement comme page de garde.

Photographie couleur d’un livre ouvert montrant un somptueux papier marbré servant de page de garde.

Détail d’un papier marbré.

Collage photographique en couleur de quatre estampilles représentant un castor, illustrant les différents styles d’estampilles que l’on retrouve sur les livres.

Le « castor » de la Bibliothèque du Parlement estampillé sur le dos de plusieurs livres. Le style et les motifs complexes du castor ont évolué au fil des ans, mais la marque bien connue demeure facilement identifiable.

État de conservation des livres

Avant d’être ajoutés à la collection de livres rares, plusieurs de ces ouvrages ont subi des dommages dus à différents facteurs tels que l’humidité, la température, la lumière et la poussière. Quelques livres sont en excellent état, avec une reliure et un bloc de feuilles parfaitement intacts, mais plusieurs sont endommagés et montrent des signes de détérioration. Certains volumes ont été abimés par l’eau et le feu, ou contiennent des traces d’infestation d’insectes ou de rongeurs nuisibles, alors que d’autres sont affaiblis et détériorés par des siècles de manipulation.

Pourriture rouge et détérioration du cuir

Un fort pourcentage de la collection (environ 90 %) présente une détérioration du cuir plus ou moins grave. Dans certains cas extrêmes, les conservateurs l’identifient à de la pourriture rouge. Ce genre de détérioration est un problème qui touche fréquemment les cuirs de cette époque, car les tanins utilisés dans leur processus de fabrication contiennent des produits chimiques qui, avec le temps et au contact de l’oxygène, subissent une transformation chimique qui détruit la structure moléculaire du cuir. Ce phénomène provoque un affaiblissement du cuir qui s’effrite et se transforme en poudre.

Photographie couleur d’une main gantée tenant un livre portant des signes évidents de pourriture rouge. Le gant et la manche sont couverts d’une fine poussière brun-rouge.

Un exemple de pourriture rouge — cette expression décrit la poudre rougeâtre qui apparaît à la surface d’une reliure de cuir gravement endommagée.

Prochaines étapes pour cette collection

Il y a tant à apprendre de cette collection de magnifiques livres anciens. Ne manquez pas nos prochains billets portant sur l’inventaire physique de la collection, comprenant une description détaillée de son état de conservation, des divers traitements de conservation requis, de la composition matérielle des livres, des types de décorations, etc. Consultez aussi le blogue suivant, qui explique en détail les étapes à entreprendre pour préserver cette remarquable collection.

Un trésor de la Collection Lowy : la Bible polyglotte de Walton (1657)

Vous pensez pouvoir trouver Brian Walton sur Google ou Linkedln? Vous changerez vite d’idée en voyant son portrait dans la Bible polyglotte de 1657 : pur produit de son époque, Walton y apparaît, une plume à la main, très digne dans ses vêtements épiscopaux. C’est lui qui nous a laissé en héritage cette magnifique bible multilingue comportant des textes en langues d’origine et d’anciennes traductions.

Deux versions de la Bible polyglotte ont été imprimées. La plus ancienne, connue sous le nom de version républicaine, comporte une dédicace remerciant Cromwell d’avoir supprimé la taxe à l’importation du papier. La plus récente – la version loyale – a été imprimée après la restauration de la monarchie. Bibliothèque et Archives Canada a le privilège de les conserver toutes les deux dans la Salle Jacob M. Lowy, au 395, rue Wellington, à Ottawa. Grâce à sa prévoyance ainsi qu’à celle de monsieur Lowy, les chercheurs et le grand public peuvent s’y rendre pour y consulter de nombreux trésors.

Photographie couleur d’un livre richement décoré à la feuille d’or, portant sur son dos l’inscription Bibla Polyglotta Walton.

La Bible polyglotte de 1657 (AMICUS 940077)

Si ce n’était de cette œuvre qui porte son nom, le visage et l’histoire de Walton ne seraient jamais parvenus jusqu’à nous, sa tombe ayant été détruite lors du grand incendie de Londres. Walton était un ecclésiastique des années 1600. Personnage énergique et controversé, il s’opposa à certains de ses paroissiens puritains ainsi qu’à un comité de la Chambre des communes sur la question de la dîme. Contraint de prendre une retraite prématurée à Oxford, il en profita pour perfectionner sa maîtrise des langues anciennes, concevoir un plan pour publier une bible polyglotte, vendre l’idée à d’éminents universitaires et solliciter les services de collègues orientalistes.

Photographie couleur d’une page avec l’image d’un homme vêtu d’habits épiscopaux, tenant une plume à la main et regardant le lecteur.

Gravure représentant Brian Walton, tirée de l’introduction de la Bible polyglotte de 1657.

Au moins trois bibles polyglottes avaient déjà été publiées en Europe dans les années 1600, mais Walton voulait en produire une moins coûteuse et plus facile à vendre. Et il y parvint : sa bible – le premier ouvrage vendu par abonnement en Angleterre – connut un véritable succès commercial. Au prix de 50 £, ce titre était tout de même le plus dispendieux que possédaient plusieurs chercheurs et gentilshommes. Au moment de mettre sous presse, Walton avait déjà recueilli plus de 9 000 £.

Photographie couleur montrant des textes en plusieurs langues disposés côte à côte.

Photo de pages intérieures de la Bible polyglotte de 1657, montrant toutes les langues et les formes d’écriture sur une même page.

La bible de Walton fut aussi la première à présenter sur une même page toutes les versions du texte dans différentes langues, un exploit technologique pour l’époque. Ce n’est là qu’une des incroyables caractéristiques de cet ouvrage en six volumes, qui donne un nouveau sens au mot « tome ». Lorsqu’on voit ces anciens textes bibliques imprimés côte à côte en neuf langues (dont l’hébreu, le grec, le syriaque, l’arabe, l’éthiopien et le persan), avec la traduction latine pour chacune, on regrette de ne pas avoir appris plus de langues étrangères à l’école!

La Bible polyglotte de Walton est unique, tant par son contenu que par son histoire : elle a survécu à un périple de quatre siècles qui l’a menée de Londres jusqu’à la résidence de Jacob M. Lowy, à Montréal. En 1977, monsieur Lowy l’a léguée à Bibliothèque et Archives Canada en même temps que tous ses livres hébraïques rares et anciens, qui forment une collection de calibre international.

Pour en savoir plus sur la Collection Lowy, rendez-vous au www.collectionscanada.gc.ca/collection-lowy/index-f.html.

Une page dans chaque livre canadien : catalogage avant publication

Toujours pressés de plonger dans un nouveau livre, vous avez peut-être déjà remarqué le verso de la page titre — un amalgame étrange de mots et de chiffres portant le titre « Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada ».

Image montrant la première page rector d’un livre avec l’information de catalogage.

Exemple de l’information de catalogage avant publication pour le livre The Night Before Christmas (AMICUS 41951076)

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi et comment Bibliothèque et Archives Canada (BAC) met son sceau sur votre matériel de lecture et sur presque toutes les publications publiées au Canada? La réponse est simple. Le catalogage avant publication (aussi connu sous l’acronyme CIP) est préparé par les bibliothécaires avant la date de lancement d’un livre. Le CIP permet aux bibliothèques canadiennes de précommander un livre, de le cataloguer et de le classer rapidement, ce qui signifie que les usagers des bibliothèques peuvent y avoir accès beaucoup plus vite que si chaque bibliothèque devait effectuer tout le travail de catalogage et de classement individuellement.

Presque 9 000 nouvelles publications canadiennes sont cataloguées annuellement par l’équipe de catalogage avant publication, un groupe d’environ dix bibliothécaires au catalogage qui travaillent au sein de la Division de la description des ressources de BAC. L’équipe travaille en étroite collaboration avec des dizaines d’éditeurs partout au Canada afin de partager les métadonnées de livres canadiens à l’échelle internationale. Le programme canadien de catalogage avant publication existe depuis les années 1970. Il s’agit d’une grande réussite dans l’histoire de BAC qui se répète à chaque livre.

Pour en apprendre davantage sur ce programme, veuillez consulter la page Catalogage avant publication.