En avance d’un siècle : Les Jeux olympiques de Paris de 1924

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Par Sali Lafrenie

Imaginez la scène.

Paris, 1924.

Vous êtes aux Jeux olympiques d’été, entouré de quelque 3 000 autres athlètes.

Quel sport pratiquez-vous? Le tennis? Peut-être le soccer? Le basketball? Oh, attendez. Est-ce un sport aquatique? L’athlétisme, peut-être? Non? La boxe? Quoi qu’il en soit, je parie que vous êtes enthousiasmé. Et, avec raison! L’équipe canadienne n’a envoyé que 65 athlètes, et c’est la première fois que les Jeux seront diffusés en direct à la radio!

Photographie panoramique en noir et blanc d’un stade extérieur dans lequel se trouvent des centaines d’athlètes.

Vue générale du stade de Colombes au début des Jeux olympiques de 1924 (e011783298).

Considérés comme le plus grand succès des Jeux olympiques modernes, les Jeux d’été de 1924 à Paris sont très différents des Jeux tels que nous les connaissons aujourd’hui. Tout d’abord, seuls 17 sports y sont représentés. Cinq sports ont été retirés depuis l’édition précédente de 1920, et d’autres ne sont inclus qu’à titre de sport de démonstration.

En 2024, 338 athlètes du Canada participeront aux compétitions à Paris, qui accueillera les Jeux pour la troisième fois. Les Jeux compteront 32 sports, soit deux fois plus que lors des Jeux olympiques de 1924.

En l’honneur de ce centenaire, plongeons dans les Jeux olympiques de 1924!

Jeux olympiques d’hiver de 1924

Saviez-vous que, lorsque la France s’est portée candidate pour accueillir les Jeux olympiques d’été de 1924, elle a accidentellement lancé une nouvelle tendance? Cette tendance, c’était les Jeux olympiques d’hiver.

En effet, la pratique consistant à tenir les Jeux d’été et d’hiver la même année, et parfois dans le même pays, s’est poursuivie jusqu’en 1992, lorsque le Comité international olympique a décidé d’alterner les Jeux tous les deux ans.

Avant 1924, les Jeux olympiques ne comprenaient que des sports d’été et il n’y avait pas d’équivalent pour les sports d’hiver. Cependant, cette situation allait bientôt changer. Organisés à Chamonix, en France, du 25 janvier au 5 février 1924, les premiers Jeux d’hiver accueillent 260 athlètes qui participent à 16 épreuves. Cela signifie que 2024 marquera également le 100e anniversaire des Jeux olympiques d’hiver.

Bien que le Canada n’ait envoyé que 12 athlètes à ces Jeux et n’ait remporté qu’une seule médaille, l’histoire ne s’arrête pas là. Les Jeux olympiques de Chamonix ont marqué le début d’une nouvelle ère pour ces athlètes et pour l’équipe olympique canadienne d’hiver, qui regroupait 215 athlètes en 2022.

Charles « Charlie » Gorman, Néo-Brunswickois et vétéran de la Première Guerre mondiale, figurait parmi ces athlètes. Il fait ses débuts aux Olympiques à l’épreuve du patinage de vitesse, alors que le sport n’en est encore qu’à ses balbutiements. Bien qu’il obtienne un résultat décevant aux Jeux de 1924, Charlie remporte des médailles pour l’équipe canadienne dans plusieurs autres compétitions, notamment les championnats des États-Unis, ceux du Canada et les championnats du monde.

Photographie en noir et blanc d’un homme faisant du patinage de vitesse et regardant directement l’appareil photo.

Photo de Charles Gorman faisant du patinage de vitesse (a050382).

Cecil Smith Hedstrom passe également à l’histoire lors de ces Jeux en devenant la première femme à représenter le Canada aux Jeux olympiques. Elle participe à trois Jeux olympiques en patinage artistique et réalise plusieurs exploits inédits qui propulsent le patinage artistique canadien sur la scène mondiale. Pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, Smith est intronisée au Temple de la renommée de Patinage Canada en 1991.

En remportant la seule médaille de l’équipe canadienne aux Jeux de Chamonix, les Granites de Toronto obtiennent la première médaille d’or du Canada aux Jeux olympiques d’hiver. Les Granites poursuivent ainsi la série de médailles olympiques décrochées par le Canada au hockey sur glace, lancée en 1920 par les Falcons de Winnipeg, qui avaient remporté l’or aux Jeux d’Anvers. Le hockey sur glace avait fait ses débuts aux Jeux olympiques d’Anvers, mais ce fut la première et la dernière fois que ce sport allait faire partie des Jeux d’été. Le Canada est donc le seul pays à avoir remporté une médaille d’or au hockey sur glace aux Jeux olympiques d’été et d’hiver.

Photographie en noir et blanc d’une équipe de hockey masculine tenant des bâtons de hockey, debout sur la glace.

Les Falcons de Winnipeg, champions olympiques (a049622).

Jeux olympiques d’été de 1924

Si tous les Jeux olympiques sont importants, les Jeux d’été de 1924 rayonnent particulièrement : ils sont diffusés en direct à la radio, ils se dotent pour la première fois du Village olympique et lancent la devise olympique « Plus vite, plus haut, plus fort ». Les Jeux modernes annoncent une ère nouvelle de compétitions sportives internationales qui, depuis 1924, ne cessent de prendre de l’ampleur et du panache.

L’une des plus grandes réussites des Jeux olympiques de 1924 est attribuée à un groupe d’athlètes qui, techniquement, ne participait pas aux Jeux : les Grads d’Edmonton. Bien qu’à l’époque, le basketball n’était pas officiellement inclus dans les Jeux olympiques (le basketball masculin le sera en 1936 et le basketball féminin, en 1976), la Fédération sportive féminine internationale (FSFI) décide d’organiser ses propres parties en marge des Jeux d’été.

À domicile comme à l’étranger, c’est une équipe difficile à battre. Elle remporte environ 95 % de toutes les parties qu’elle joue et gagne les tournois de basketball féminin de la FSFI en 1924, en 1928 et en 1936.

Deux photographies en noir et blanc d’un groupe d’athlètes féminines. La première photographie représente neuf femmes en file, dont l’une tient un ballon de basketball. La seconde photographie montre neuf femmes placées en deux rangs, un homme se tenant au milieu du rang arrière.

Photos de l’équipe des Grads d’Edmonton en 1924 et 1936 (a050440) et (a050442).

Lors de sa première participation aux Jeux olympiques, le coureur de haies canadien Warren « Monty » Montabone se hisse sur la scène mondiale à Paris en 1924, puis à Amsterdam en 1928. Entre deux participations aux Jeux olympiques, Monty établit également un record canadien, qui reste imbattu pendant 58 ans, à l’épreuve du 110 mètres haies. Sa carrière sportive, qui a débuté bien avant les Jeux olympiques, commence à l’époque où il est étudiant-athlète à Loyola et athlète amateur au sein de la Montreal Amateur Athletic Association.

Victor Pickard, sauteur à la perche et lanceur de javelot, est un autre athlète qui fait ses débuts aux Jeux olympiques de 1924. Il représente le Canada à deux éditions des Jeux olympiques (1924 et 1928) et remporte une médaille d’or en saut à la perche aux Jeux de l’Empire britannique en 1930. C’est aux Jeux olympiques que Pickard réussit le meilleur saut de sa carrière sportive : 3,45 mètres. Son record personnel est toutefois de 4,15 mètres. Aujourd’hui, le record canadien de saut à la perche est de 6,00 mètres et le record mondial est établi à 6,24 mètres.

Deux photographies en noir et blanc d’un sauteur à la perche. La première montre un homme sautant par-dessus une barre à l’aide d’une perche. La seconde montre un homme tenant une perche à l’horizontale avant de se mettre à courir.

Victor Pickard aux Jeux olympiques de 1924 (a151000) et (a151014).

Même si tous les Jeux olympiques diffèrent, deux choses s’y retrouvent à tout coup : l’enthousiasme et l’excellence. Qu’il s’agisse d’établir de nouveaux records, d’annoncer son soutien pour une cause politique ou d’encourager un athlète dans le besoin, tout le monde trouve son compte aux Jeux olympiques. De nos jours, les Jeux symbolisent bien plus que l’esprit sportif, l’athlétisme et l’identité nationale. Il s’agit d’un phénomène culturel. Les Jeux réunissent les gens dans les restaurants, dans les salons et dans les écoles. Leur histoire est en train de s’écrire et ce n’est que le début.

Ressources complémentaires


Sali Lafrenie est archiviste de portefeuille à la Direction générale des archives privées de Bibliothèque et Archives Canada.

Des secrets bien gardés : les Jeux olympiques de Montréal en 1976

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Par Brittany Long

Les années 1960 et 1970 ont connu des turbulences à l’échelle mondiale, alors que des attaques terroristes, des détournements d’avions et des enlèvements faisaient régulièrement les manchettes. Dans ce climat d’incertitude, la planification de la sécurité des Jeux olympiques d’été de 1976, à Montréal, a constitué un défi de taille pour les organismes canadiens chargés de la sécurité. La Gendarmerie royale du Canada (GRC), les Forces armées canadiennes et les autorités locales ont uni leurs forces pour protéger les athlètes et le public venus des quatre coins du monde.

Photographie en noir et blanc d’un groupe de personnes dansant au Stade olympique de Montréal lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’été de 1976.

Cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Montréal, 17 juillet 1976. Photo : Paul Taillefer. (e004923376)

En plus de la reine Elizabeth II grandement attendue pour l’ouverture officielle des Jeux, Montréal devait accueillir 6 084 athlètes olympiques de 92 pays. Personne ne souhaitait voir se répéter la tragédie des Jeux olympiques de Munich en 1972, où 11 athlètes avaient été tués lors d’un attentat terroriste.

Comme les Jeux de 1976 se déroulaient en pleine guerre froide, les organismes de sécurité ont dû redoubler d’efforts pour évaluer les menaces possibles, cibler les vulnérabilités et assurer la sécurité de tous les sites. Les mesures de sécurité ont dû être planifiées dans les moindres détails et gardées confidentielles avant et pendant l’événement afin de protéger la population canadienne, les visiteurs internationaux et les athlètes. Absolument tout, jusqu’au déplacement de la Reine de son lieu d’hébergement au stade, devait être rigoureusement planifié.

Les préparatifs ont commencé des mois avant les Jeux, alors que le niveau d’alerte était à son maximum, surtout pour le ministère des Affaires étrangères, la GRC et la Défense nationale. Les organismes et ministères fédéraux impliqués ont créé des montagnes de documents qui reflètent les efforts déployés pour assurer la sécurité dans le cadre de cet événement d’envergure.

Par la suite, certains de ces documents ont été transférés à Bibliothèque et Archives Canada. Plusieurs fonds d’archives contiennent des documents sur les Jeux olympiques de 1976. Le fonds du ministère des Affaires étrangères, par exemple, contient au moins neuf boîtes de documents à ce sujet et les archives de la GRC en contiennent environ 170.

Photo en noir et blanc montrant une foule de personnes descendant une rampe au Stade olympique de Montréal.

Foule descendant la rampe d’accès au stade lors des Jeux olympiques de Montréal en 1976. Photo : Paul Taillefer. (e004923378)

Comme les documents touchent à la sécurité, la plupart d’entre eux ont été classés confidentiels, secrets et parfois très secrets à leur création et cette classification a été maintenue lors de leur transfert à BAC. Bon nombre de ces documents sont encore classifiés près de 50 ans après la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de 1976, ce qui empêche leur consultation depuis tout ce temps. Pire encore : il n’y a aucun moyen de savoir exactement quels documents sont classifiés. Pourquoi?

À cette époque, les protocoles de conservation et de transfert de documents étaient très différents. Les listes des documents transférés à BAC ne comportaient souvent aucune indication quant à leur classification de sécurité. Ainsi, pour déterminer s’il y a lieu de maintenir la classification des documents sur les Jeux olympiques de Montréal, nous devons d’abord les repérer dans nos collections. Une fois que c’est fait, nous devons les examiner pour vérifier leur classification. C’est un processus fastidieux.

À l’été et au début de l’automne 2023, nous avons analysé le contenu de neuf boîtes de documents concernant les Jeux olympiques de Montréal dans le fonds du ministère des Affaires étrangères, une sélection de documents relativement petite par rapport à d’autres séries qui font partie des collections dont BAC a la garde. Il a fallu des jours pour passer au peigne fin le contenu de ces boîtes et ainsi déterminer la portion qui demeurait classifiée. Ce processus a révélé qu’environ un tiers des documents de cette série sont encore classifiés.

Photo en noir et blanc d’un groupe de femmes dansant en robe blanche lors de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques d’été de Montréal. Un homme nu traverse le terrain.

Cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Montréal. Quelque 500 jeunes femmes dansent alors qu’un homme nu court parmi elles, 1er août 1976. Photo : Paul Taillefer. (e004923381)

Après examen des boîtes et des renseignements contenus dans les documents, un rapport d’analyse a été rédigé. Selon le principe fondamental de la déclassification, l’auteur ou l’autrice d’un document est la seule personne à pouvoir modifier la classification. Nous avons donc soumis les résultats de notre analyse aux ministères concernés, à qui la décision revient.

Les documents classifiés concernant les mesures de sécurité lors des Jeux olympiques de Montréal en 1976 ne sont pas les seuls à conserver leur classification des décennies après leur création. L’équipe de déclassification de la Direction générale de l’accès à l’information et de la protection des renseignements personnels de BAC collabore étroitement avec d’autres ministères pour faciliter l’accès de toute la population canadienne aux documents historiques. Nous souhaitons ainsi mettre en lumière notre passé collectif et transmettre au public de précieux renseignements historiques.

Ressources complémentaires


Brittany Long est une archiviste qui s’occupe de la déclassification au sein de la Direction générale de l’accès à l’information et de la protection des renseignements personnels de Bibliothèque et Archives Canada.

Conseils pour les généalogistes en herbe

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Vous voulez découvrir vos racines et dresser votre arbre généalogique, mais vous ne savez pas par où commencer? Aucun souci : nous sommes là pour vous aider! Sur notre page Comment débuter votre recherche généalogique, vous trouverez :

Ce sera peut-être le début d’un passe-temps des plus agréables. Qui sait, vous développerez peut-être une véritable passion qui vous amènera à étudier le Canada et son histoire tout au long de votre vie!

Trois personnes à pied, vues de dos. L’homme à gauche marche derrière une poussette tandis qu’un petit enfant au centre tient la main de la femme à sa droite.

La famille, Toronto (Ontario), vers 1928. Photographe : John Pearson Morris. Bibliothèque et Archives Canada/PA-126728

Poursuivez votre apprentissage dans la section Généalogie et histoire familiale de notre site Web. N’hésitez pas à revenir, car ces ressources sont mises à jour régulièrement. Les plus aventureux consulteront nos outils et guides de A à Z, qui abordent de nombreux sujets liés au Canada.

Si vous arrivez dans une impasse ou avez simplement besoin de conseils, posez-nous une question en généalogie à l’aide de notre formulaire en ligne.

Bonne recherche!

Fonds The Green Interview

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Par Dalton Campbell

En 2008, le communicateur et auteur Silver Donald Cameron et le vidéaste Chris Beckett lancent la série The Green Interview. Ils mènent plus de cent entrevues et produisent six documentaires sur le développement durable, les changements climatiques et d’autres enjeux environnementaux.

Silver Donald Cameron est mort en juin 2020. Les enregistrements et les dossiers de recherche de The Green Interview sont remis à Bibliothèque et Archives Canada (BAC) en 2023. Les transcriptions numérisées sont à la disposition du public en recherchant dans le catalogue de BAC. (Tous les documents sont en anglais.)

Parmi les personnes interviewées figurent Jane Goodall, Chris Turner, Robert Bateman, David Suzuki, Margaret Atwood, Sarika Cullis-Suzuki, James Lovelock et des dirigeants autochtones tels que Edmund Metatawabin, Todd Labrador, Albert Marshall et John Borrows.

Un homme peint un tableau.

Robert Bateman (photographié ici en 1979) participe à The Green Interview en 2010. Fonds du Musée canadien de la poste. Bibliothèque et Archives Canada/Fonds du ministère des Postes/e001217390. Crédit : Norm Lightfoot.

La dernière entrevue, avec nul autre que Silver Donald Cameron, constitue en fait une excellente introduction à la série : M. Cameron y parle de la conception de The Green Interview, de la manière dont il a réalisé les entrevues et de ce qu’il a appris tout au long des enregistrements.

Il explique qu’avec les entrevues on souhaitait montrer comment une personne avec une idée en tête peut arriver à changer les choses, et qu’on voulait présenter un large éventail de solutions aux problèmes environnementaux. M. Cameron dit que la plupart des interviewés se réjouissaient à l’idée de faire une entrevue de fond. Quand quelqu’un a consacré des années à un projet, il est heureux de pouvoir en parler en long et en large.

M. Cameron raconte que l’une des choses les plus importantes qu’il a apprises en réalisant The Green Interview, c’est comment les gens se servent du système juridique et des tribunaux pour résoudre des questions environnementales. En 2012, il s’entretient avec David Boyd, qui a littéralement jeté les bases du droit environnemental. M. Cameron s’est rendu compte qu’il s’agissait là de « la clé. […] Si, en tant que Canadiens, nous avons le droit d’aller en justice et d’attaquer quiconque porte atteinte à nos droits environnementaux, [alors quelqu’un] peut dire : “Je peux prouver que ceci porte atteinte à mon droit à un environnement sain, et vous devez donc y mettre un terme” » (traduction).

Citant Tony Oposa, M. Cameron affirme que devant les tribunaux on raconte une histoire en suivant la procédure légale et en apportant des preuves. Si on n’est pas satisfait de la décision, on peut interjeter appel et reprendre son histoire du début. En un sens, Donald Cameron dit que même si on perd, on a gagné, puisqu’on a pu raconter son histoire dans un cadre formel; l’histoire fait partie des dossiers publics, et quelqu’un d’autre peut s’en inspirer.

M. Cameron a constaté que le droit est un outil qui peut s’appliquer à presque tous les enjeux environnementaux. De nombreuses entrevues portent sur le recours au système juridique dans divers buts : pour mettre fin à la pollution dans la Première Nation Aamjiwnaang près de Sarnia, en Ontario, et à Buenos Aires, en Argentine; pour protéger l’Amazonie; pour mettre en œuvre des politiques de lutte contre les changements climatiques; pour assurer la défense juridique des environnementalistes; pour ajouter les droits environnementaux à la constitution; pour explorer les conséquences juridiques de l’élévation du niveau de la mer dans les nations insulaires qui risquent de disparaître; etc. M. Cameron dit que ces entrevues ont été source d’inspiration et matière première pour la rédaction du livre Warrior Lawyers et la conception du documentaire Green Rights.

Timbres à l’effigie d’un faucon pèlerin.

Pli Premier Jour d’un timbre canadien de 12 cents (1978) montrant une peinture d’un faucon pèlerin. L’œuvre est de Robert Bateman, qui participe à The Green Interview en 2010. Collection philatélique de la Société canadienne des postes. Bibliothèque et Archives Canada/Fonds du ministère des Postes/e002071274.

Le droit et le système juridique ne sont pas les seuls thèmes explorés dans The Green Interview. Dans ce court billet de blogue, on ne peut qu’en mentionner quelques-uns : les changements climatiques et le déni de ces changements; les entreprises durables; la coupe à blanc des forêts; les scientifiques qui étudient les oiseaux et les parcours migratoires, les populations de poissons et la santé des océans; les dirigeants autochtones qui enseignent le savoir traditionnel; les écrivains qui mettent l’accent sur l’espoir et les artistes qui tentent de capturer la beauté du monde naturel.

Dans l’introduction de la dernière entrevue, Chris Beckett raconte que les personnes qu’ils ont interviewées les ont amenés, Don et lui, à « réfléchir à des solutions environnementales d’une manière inédite et novatrice ». Il ajoute : « Nous espérions que The Green Interview resterait une ressource utile et un outil éducatif longtemps après notre départ » (traduction). Les enregistrements, les transcriptions et les dossiers de recherche font désormais partie de la collection permanente de BAC. Les enregistrements sont en cours de traitement puis seront mis à la disposition du public. En attendant, les vidéos sont disponibles sur le site Web et la chaîne YouTube de The Green Interview. Les transcriptions peuvent être consultées en effectuant une recherche dans la collection de BAC.

Recherche complémentaire :

Fonds The Green Interview (MIKAN 5869828)

Fonds d’archives sur l’environnement

  • Fonds Rosalie Bertell (MIKAN 5785830)
  • Fonds James P. Bruce (MIKAN 6260420)
  • Fonds James MacNeill (MIKAN 5673182)
  • Fonds Greenpeace Canada (MIKAN 163472)
  • Fonds du Sierra Club du Canada (MIKAN 185222)
  • Fonds du ministère de l’Environnement (MIKAN 774)
  • Table ronde nationale sur l’environnement et l’économie (MIKAN 3634452)

Livres de Silver Donald Cameron

  • The living beach: life, death and politics where the land meets the sea (OCLC 957581431)
  • The education of Everett Richardson: the Nova Scotia fishermen’s strike, 1970-71 (OCLC 855272616)
  • Getting wisdom: the transformative power of community service-learning (OCLC 662578649)
  • Ideas, energy, ambition, dreams: stories of community-driven economic initiatives from across Canada (OCLC 50022657)
  • Wind, whales, and whiskey: a Cape Breton voyage (OCLC 28799807)

Dalton Campbell est archiviste à la section Science, environnement et économie de la Division des archives privées de Bibliothèque et Archives Canada.

Un gâteau au chocolat de 1961

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Bannière Cuisinez avec Bibliothèque et Archives CanadaPar Rebecca Murray

Un bon gâteau au chocolat, ça plaît à tout le monde. C’est ce que je me suis dit quand j’ai décidé de relever le défi de préparer une recette tirée d’un livre de cuisine de l’Armée canadienne, paru en 1961.

Livre bleu marine légèrement usé portant le titre « Canadian Army Recipe Book » écrit en lettres majuscules sous les insignes de l’Armée canadienne : la couronne de saint Édouard, un rameau à trois feuilles d’érable et deux épées croisées. Le titre et l’insigne sont d’un gris argenté.

Couverture d’un livre de cuisine de l’Armée canadienne publié par le ministère de la Défense nationale, vers 1961. (OCLC 299227447)

Quand je parcourais les recettes, dont plusieurs ne m’étaient pas inconnues, trois choses m’ont frappée.

D’abord, les quantités. La plupart des recettes offrent un rendement de 100 portions ou plus! J’ai l’habitude de doubler mes recettes ou de les couper de moitié, mais pas de calculer si je dois les diviser par quatre ou par cinq. En général, ma décision dépend du nombre d’œufs, car ils sont plutôt difficiles à diviser en deux! Par ailleurs, tous les ingrédients, dans les recettes, sont donnés en poids plutôt qu’en volume, ce à quoi je suis beaucoup plus habituée. Manifestement, les auteurs de ce livre de cuisine n’étaient pas aux prises avec le rationnement, comme c’était le cas dans le livre de 1943 consulté par ma collègue.

Ensuite, la clarté. Je n’ai jamais vu un livre de cuisine aussi bien organisé. Les descriptions sont détaillées sans être verbeuses. Le chapitre d’introduction définit certains termes, fournit des tables de conversion et explique comment choisir des coupes de viande ou préparer certains ingrédients pour de meilleurs résultats. Comme vous pourrez le constater dans les directives de mon gâteau, il y a aussi des références à d’autres recettes du livre pour éviter les répétitions. La chose n’est pas exceptionnelle, mais dans ce livre, tout est numéroté pour simplifier au maximum les renvois.

Enfin, la simplicité. Ça ne devrait peut-être pas m’impressionner, mais à notre époque où de nombreuses vidéos en ligne présentent des recettes élaborées du type « comment fabriquer un volcan en patates pilées avec de la lave en sauce et des dinosaures », j’étais agréablement surprise de trouver des recettes de base (dans le registre « steak, blé d’Inde, patates », pour les amateurs de La petite vie). On cherche vraiment à optimiser le fruit de nos efforts!

Gâteau au chocolat

 Pain brun

 Fèves au lard

 Beignes

Je pourrais continuer longtemps, mais vous comprenez l’idée. De nombreuses recettes ont des variantes pour les changements de saison ou les fêtes. J’ai aussi copié une section très pratique proposant des « repas à mettre dans un sac à dos », car une mère n’a jamais trop d’idées pour les boîtes à lunch. Mais je m’écarte.

Venons-en à la pièce de résistance : le gâteau au chocolat!

Une page de texte comprenant des notes, des directives et une liste d’ingrédients.

Recette de gâteau au chocolat tirée du livre de cuisine de l’Armée canadienne. (OCLC 299227447)

Il me fallait d’abord choisir un rendement approximatif et ajuster les ingrédients en conséquence. Les plus attentifs remarqueront que j’ai commis une erreur de calcul : la recette prévoit des quantités de sucre et de farine différentes, mais elles sont identiques après ma conversion.

J’ai seulement remarqué l’erreur après avoir mélangé les ingrédients et mis le gâteau au four. Heureusement, cette petite faute n’a eu aucun impact sur le goût. C’est tout de même un bon rappel qu’il vaut mieux vérifier plusieurs fois avant de commencer!

Ingrédient Recette entière Quart de recette
Gras 3 livres, 8 onces ⅞ livre (396 grammes)
Sucre 7 livres 1 ¾ livre (793 grammes)
Œufs 4 ⅔ tasses (environ 24) 6
Vanille 3 cuillères à soupe ¾ cuillère à soupe
Farine à pâtisserie non tamisée 6 livres, 4 onces 1 ¾ livre (793 grammes)
Cacao 1 livre ¼ livre (113 grammes)
Poudre à pâte 5 onces 1 ¼ once
Sel 1 once ¼ once
Lait 2 ½ pintes 2 ½ tasses

Je me suis ensuite lancée dans la préparation des ingrédients. C’était plutôt simple, car ceux-ci sont tout à fait classiques. Pour le corps gras, j’ai choisi du beurre. Je n’ai malheureusement rien vécu qui pourrait justifier la rédaction d’un second billet de blogue sur les emballages de beurre

Ingrédients secs et humides d’un gâteau dans divers récipients sur une nappe verte.

Les ingrédients préparés, de gauche à droite : la farine, la vanille, le sucre, les œufs, le beurre, le mélange de cacao, de poudre à pâte et de sel, et le lait. Photo gracieuseté de l’auteure, Rebecca Murray.

J’ai mélangé certains des ingrédients selon les instructions, puis j’ai incorporé le tout graduellement. Je dois admettre que je n’ai pas l’habitude de suivre rigoureusement les recettes. J’ai tendance à vouloir aller trop vite et j’omets parfois certaines étapes, au début. Je devais aussi composer avec un sous-chef qui n’aimait pas s’arrêter pour prendre des photos et relire la recette! Mais grâce à l’expérience acquise après de nombreux essais et erreurs, je parviens généralement à réussir des recettes simples en atteignant un bon équilibre entre le respect des directives et la petite touche personnelle que j’aime ajouter à mes plats.

J’ai versé la pâte dans trois (oui, trois!) moules à gâteau et j’ai cuit le tout à 350 °F. Ça sentait TRÈS bon! La recette prévoit une cuisson de 30 à 45 minutes. Le gâteau rond était cuit après environ 40 minutes, tandis que le carré a pris près de trois quarts d’heure. Pour le gâteau Bundt, il a fallu attendre entre 50 et 55 minutes. Chaque four est différent, et la présence de trois gâteaux a sûrement eu un effet sur la durée de la cuisson.

Trois gâteaux brun pâle sur des grilles.

Les trois gâteaux cuits en train de refroidir sur le comptoir. Photos gracieuseté de l’auteure, Rebecca Murray.

Sur un des gâteaux, nous avons mis un glaçage maison composé de sucre à glacer, de beurre, d’une touche de lait, d’extrait de menthe et de colorant alimentaire.

Le gâteau sur un plateau en verre.

Vue en coupe du gâteau avec son glaçage. Verdict : il est délicieux! Photo gracieuseté de l’auteure, Rebecca Murray.

Mes cobayes s’entendent pour dire que la recette a bien traversé l’épreuve du temps. J’utilise généralement des préparations du commerce, mais j’ai constaté avec ce gâteau que des recettes à la fois simples et savoureuses ne sont pas beaucoup plus longues à préparer. La prochaine fois, j’essaierai un glaçage plus conventionnel, même si celui à la menthe faisait très bien l’affaire!

Si vous essayez cette recette, n’hésitez pas à partager les photos de vos résultats avec nous en utilisant le mot-clic #CuisinezAvecBAC et en étiquetant nos médias sociaux : FacebookInstagramX (Twitter)YouTubeFlickr et LinkedIn.


Rebecca Murray est conseillère en programmes littéraires au sein de la Direction générale de la diffusion et de l’engagement à Bibliothèque et Archives Canada.