Les feuillets autoadhésifs : attention, danger!

C’est indéniable, les feuillets autoadhésifs sont extrêmement pratiques… grâce à leurs formes et leurs couleurs variées, il est facile d’organiser nos notes et réflexions et de les placer exactement où nous le voulons. On les utilise partout, au bureau, à la maison, à l’école — ah, si seulement je détenais le brevet d’invention!

Pourtant, ces feuillets autoadhésifs ne sont pas les bienvenus dans les bibliothèques et les archives, et ce, pour d’excellentes raisons. En 1988-1989, des spécialistes en conservation de la National Archives and Records Administration aux États-Unis (en anglais seulement) ont effectué les premiers tests sur des feuillets autoadhésifs. Ils ont découvert que des résidus de colle demeuraient sur la surface de papier en contact avec le feuillet autoadhésif (même s’il était posé et retiré immédiatement); que l’adhésif pouvait arracher une partie des images électrostatiques (c.-à-d. l’encre d’imprimerie); et que la teinture contenue dans le feuillet autoadhésif pouvait couler si elle entrait en contact avec de l’eau. De nouveaux tests effectués récemment ont confirmé ces résultats; ils démontrent qu’avec le temps la plupart des feuillets autoadhésifs laissent des taches.

Les images suivantes illustrent les résultats d’un test — pas du tout scientifique — effectué par Bibliothèque et Archives Canada. Bien que les résultats soient saisissants, ils ne sont pas très surprenants.

1. « C’est un bon livre; je vais revenir un peu plus tard à ce chapitre pour noter la référence… »

Feuillet autoadhésif utilisé comme signet

Feuillet autoadhésif utilisé comme signet

2. « Eh bien, j’avais déjà entendu parler de ce que la lumière pouvait faire aux couleurs, mais ce feuillet rose a vraiment pâli en un temps record. »

Feuillet autoadhésif montrant des signes de décoloration à la lumière

Feuillet autoadhésif montrant des signes de décoloration à la lumière

3. « Oh… je ne m’attendais pas à ÇA… et il n’a même pas été mouillé. »

Trace de résidu de colle sur la page après que le feuillet autoadhésif ait été retiré

Trace de résidu de colle sur la page après que le feuillet autoadhésif ait été retiré

C’est exactement pour cela qu’il n’est pas permis d’utiliser les feuillets autoadhésifs sur les livres et les documents d’archives, même temporairement!

Rappelez-vous : en bannissant les feuillets autoadhésifs de nos collections, vous contribuerez à la préservation à long terme du patrimoine documentaire canadien.

Dans les coulisses de BAC : le Centre de préservation de pellicule de nitrate

Notre dernier article portait sur le Centre de préservation de Bibliothèque et Archives Canada (BAC). Nous aimerions aujourd’hui discuter du Centre de préservation de pellicule de nitrate de BAC.

Photographie en couleur d’un immeuble. À l’avant-plan : stationnement; à l’arrière-plan : entrée principale de l’immeuble.

Le Centre de préservation de pellicule de nitrate de BAC

Saviez-vous qu’une partie de la collection de pellicules et de négatifs photographiques de BAC comprend des matériaux à base de nitrate? Elle est constituée de 5 575 bobines de pellicule, dont certaines datent même de 1912, et de près de 600 000 négatifs photographiques. Comme l’inflammation des pellicules à base de nitrate de cellulose peut se produire si la température d’entreposage est trop élevée, les responsables de BAC ont décidé de conserver ces objets dans des installations qui constituent un milieu stable, froid et sec, soit des conditions essentielles pour en assurer la préservation adéquate.

Photographie en couleur de tables lumineuses sur une table. Des négatifs de nitrate sont disposés sur les tables lumineuses. À l’arrière-plan : trois personnes se tiennent près de la table.

Présentation de négatifs de nitrate sur des tables lumineuses, dont certains qui montrent des signes évidents de détérioration

La collection témoigne de certains des plus importants évènements de l’histoire canadienne, jusqu’aux années 1950, lorsque ce support est devenu désuet. Les œuvres préservées au Centre comprennent, entre autres, le film Back to God’s Country, un des premiers longs métrages canadiens, ainsi que des productions de l’Office national du film du Canada et des négatifs photographiques de Yousuf Karsh.

Photographie en couleur d’employés travaillant à un poste de travail où des négatifs de nitrate sont traités. À l’avant plan : une employée manipule un négatif de nitrate; à l’arrière plan : des personnes discutent de l’état ou du traitement d’un autre négatif de nitrate.

Poste de travail au Centre de préservation de pellicule de nitrate

Le Centre de préservation de pellicule de nitrate, qui a ouvert ses portes en 2011, est un bâtiment écologique comportant plusieurs caractéristiques durables, notamment un toit « vert », des murs bien isolés pour réduire la consommation d’énergie, des systèmes mécaniques à haute efficacité pour récupérer l’énergie, et une technologie permettant de réduire la consommation d’eau.

De plus, le bâtiment ultramoderne présente diverses innovations techniques qui répondent aux normes actuelles pour les milieux de préservation et à des normes strictes en matière de sécurité et de protection contre les incendies. Les installations comprennent également 22 chambres fortes distinctes, des dispositifs de surveillance perfectionnés et une zone tampon extérieure pour accroître la sécurité.

Pour voir d’autres photographies conservées au Centre de préservation de pellicule de nitrate, veuillez consulter le site Flickr!

Vous avez des questions ou des commentaires? N’hésitez pas à communiquer avec nous!

Résumé des commentaires reçus en anglais jusqu’au 30 septembre 2013

  • Un usager voulait savoir si le centre serait ouvert au public pour des visites guidées? BAC a eu le regret de l’informer qu’il n’y avait pas de visites guidées pour ce centre mais que cela était possible pour le Centre de préservation situé à Gatineau.

Dans les coulisses de BAC : le Centre de préservation à Gatineau

Carte de la région de la capitale nationale indiquant l’emplacement des édifices de BAC

Carte de la région de la capitale nationale indiquant l’emplacement des édifices de BAC

BAC fournit des services au public dans son immeuble situé au 395 de la rue Wellington, au centre‑ville d’Ottawa, où la plupart des  microformes et des documents publiés sont conservés. Une tâche importante dans la prestation de nos services au public est le transport de documents d’archives depuis cinq entrepôts pour consultation à Ottawa, dans les délais impartis. La meilleure solution pour assurer l’accessibilité de vos documents en temps voulu est de bien planifier votre visite et de commander vos documents à l’avance.

Saviez-vous que BAC possède d’autres installations au Canada? Certaines abritent des bureaux pour le personnel, alors que d’autres servent à la gestion et à la préservation des ressources documentaires de BAC . Commençons par explorer le Centre de préservation, situé à environ 25 km du centre‑ville d’Ottawa.

Inauguré en 1997, le Centre de préservation de BAC à Gatineau, au Québec, est « un édifice dans un édifice ». Sa structure extérieure de verre et d’acier crée une zone tampon qui protège la structure intérieure de béton, où se trouvent les chambres fortes, les laboratoires de préservation et d’autres services. Les installations mécaniques sont séparées des laboratoires et de l’aire d’entreposage, ce qui assure la protection de ces zones en cas d’incident.

Les laboratoires sont disposés à la manière d’un village, directement au‑dessus de la structure de trois étages contenant les chambres fortes. Tous les spécialistes de BAC en préservation, soit environ 70 personnes,  travaillent ainsi ensemble sous le même toit.

Photographie en couleur de l’antichambre de la chambre forte froide où sont entreposées les pellicules en couleurs et en noir et blanc. Devant : les portes de la chambre forte. En arrière : Un homme debout avec son dos tourné.

Antichambre de la chambre d’entreposage frigorifique pour les documents cinématographiques couleur et noir et blanc, où la température est de -18 degrés Celsius (+/- 2 oC) et l’humidité relative de 25 % (+/- 5 %).

Quarante-huit chambres fortes d’environ 350 mètres carrés chacune servent à l’entreposage et à la manutention des documents d’archives. Elles offrent quatre conditions ambiantes différentes et abritent une variété de documents d’archives. Chacune d’elle est conçue pour protéger les documents grâce à l’élimination de menaces potentielles,  à la présence d’un système sophistiqué de détection et d’extinction des incendies, et à un contrôle rigoureux de tous les matériaux utilisés à l’intérieur afin d’ éviter la présence de contaminants.

Photographie de l’intérieur de la chambre forte où les peintures et autres œuvres d’art sont entreposées.

Les peintures sont entreposées dans des penderies mobiles à une température de 18 degrés Celsius (+/- 2 °C) et à une humidité relative de 50 % (+/- 5 %).

Vous avez des questions ou des commentaires? N’hésitez pas à communiquer avec nous!