Allons au Nord, Monsieur!

En 1894, le gouvernement du Canada commence à s’intéresser au Yukon. L’arrivée de citoyens américains dans la région inquiète, d’autant plus que la frontière est contestée à certains endroits. Le maintien de la loi et de l’ordre et le commerce de l’alcool chez les mineurs sont aussi de plus en plus préoccupants.

L’inspecteur Charles Constantine, de la Police à cheval du Nord-Ouest, est donc dépêché au Yukon. Sa mission : faire appliquer la loi, surveiller la frontière, contrôler les échanges commerciaux et déterminer l’effectif requis pour faire régner l’ordre dans la région.

Au bout de quatre semaines de travail, l’inspecteur Constantine retourne dans le Sud et présente son rapport au gouvernement. Il recommande l’envoi d’une plus grande force policière au Yukon : des hommes chevronnés, robustes, sobres et âgés de 22 à 32 ans. L’année suivante, en 1895, un contingent de 20 policiers quitte donc Regina sous son commandement. Direction : la frontière Yukon-Alaska. En juillet, les hommes atteignent la ville de Forty Mile, où ils érigent le fort Constantine. Défrichement, lutte contre les éléments et les insectes, construction de leurs quartiers : voilà les faits marquants de leur première année au Yukon. (Fait remarquable, les crimes sont rares à l’époque dans la région.)

Deux photos en noir et blanc apposées sur une page d’album, illustrant chacune un groupe de la Police à cheval du Nord-Ouest, dehors, dans la neige.

Le détachement du fort Constantine (maintenant Forty Mile) aux abords de la rivière Yukon, en 1895. C’est le premier groupe de la Police à cheval du Nord-Ouest établi au Yukon. (MIKAN 3715394)

En 1896, la situation change du tout au tout lorsqu’on découvre de l’or près de la rivière Klondike. La nouvelle se répand comme une traînée de poudre. La région, qui ne comptait jusque-là que 1 600 âmes, voit déferler jusqu’à l’été 1897 des dizaines de milliers de prospecteurs, de joueurs, de spéculateurs et d’individus ayant des intentions criminelles, la majorité en provenance des États-Unis.

La Police à cheval du Nord-Ouest, toujours sous le commandement de l’inspecteur Constantine, a fort à faire pour veiller au respect de la loi dans une région envahie par les chercheurs d’or. On installe des postes de douane aux cols Chilkoot et White, et on commence à réclamer des droits et à imposer des tarifs divers. Les prospecteurs qui n’ont pas assez d’argent pour se rendre à Dawson City et y passer l’hiver sont retournés chez eux.

En 1898, les 51 membres de la Police à cheval du Nord-Ouest et les 50 membres de la milice canadienne assurent la souveraineté du Canada sur le territoire du Yukon. Même s’ils sont en infériorité numérique, à court de matériel et de personnel, ils continuent de faire régner la loi et l’ordre aux passages frontaliers et dans les régions minières.

Trois officiers de la Police à cheval du Nord-Ouest au repos, en uniforme, les mains croisées sur l’extrémité de leurs fusils.

Police à cheval du Nord-Ouest au Yukon, 1898-1899 (MIKAN 3379433)

La ruée vers l’or au Klondike se poursuit jusqu’en 1899, année où l’on découvre aussi de l’or en Alaska. La route des prospecteurs bifurque alors vers cet État, plus précisément vers la région de Nome. L’épopée au Klondike laisse toutefois des traces : des infrastructures pour l’approvisionnement, les services de soutien et la gouvernance qui favoriseront le développement du Yukon, au point où il deviendra un territoire canadien le 13 juin 1898. La Police à cheval du Nord-Ouest, demeurée sur le territoire, continuera à y faire régner la paix et l’ordre.

Photo en noir et blanc de deux hommes en uniforme de la Police à cheval du Nord-Ouest, assis sur des lits de camp dans une tente.

La Police à cheval du Nord-Ouest au Yukon, 1898-1910 (MIKAN 3407658)

Bibliothèque et Archives Canada conserve une grande variété de documents en lien avec la Police à cheval du Nord-Ouest, sa présence sur le territoire du Yukon et la ruée vers l’or au Klondike. Cherchez d’abord dans le fonds Charles Constantine, en utilisant la fonction « Recherche de fonds d’archives ». En faisant une recherche de base à partir du nom de M. Constantine, vous trouverez aussi des documents du ministère de la Justice.

Lancez également des recherches avec les mots-clés suivants pour trouver d’autres documents de cette époque. (Pour obtenir le maximum de résultats, utilisez également les mots-clés anglais, car plusieurs documents n’existent que dans cette langue.)

Lac Bennett (Bennett Lake)
Chilkoot
Dawson City Yukon
Dyea
Forty Mile
Ruée vers l’or (Gold Rush)
Rivière Klondike (Klondike River)
Skagway
White Pass
Rivière Yukon (Yukon River)

Sites connexes

La Gendarmerie royale du Canada, forte de ses 140 ans d’histoire

L’année 2013 marque le 140e anniversaire de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). La Loi permettant l’instauration d’une force policière dans le Nord-Ouest canadien a reçu la sanction royale de la reine Victoria le 23 mai 1873 (pour lire le texte de cette loi [en anglais seulement], sélectionner la page 110 dans le menu déroulant). La Police à cheval du Nord-Ouest (PCNO) a été créée officiellement par un décret du Dominion du Canada le 30 août de la même année (RG2, Bureau du Conseil privé, série A-1-a, volume 314, Décret 1873-1134). En 1919, le Parlement canadien a voté la fusion de ce qui avait depuis été renommé la Royale Gendarmerie à cheval du Nord-Ouest et de la Police du Dominion, un service de police fédéral qui exerçait son autorité dans l’Est du Canada. Ainsi, lorsque cette loi est entrée en vigueur le 1er février 1920, les deux services de police combinés ont formé la Royale Gendarmerie à cheval du Canada. Enfin, c’est le 7 octobre 1949 que l’organisme a pris le nom de Gendarmerie royale du Canada, en usage aujourd’hui.

Photo en noir et blanc d’un officier à cheval, en uniforme et coiffé d’un Stetson de style western, avec les Rocheuses canadiennes à l’arrière-plan.

Officier de la Royale Gendarmerie à cheval du Canada (silhouette) Source

Photographie en couleur d’un officier de la GRC en compagnie d’un chien, dans un champ.

Officier de la GRC photographié en compagnie d’un chien Source

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) conserve de nombreux documents qui témoignent des nombreux défis que la GRC a dû affronter pour maintenir la loi et l’ordre dans l’immense territoire canadien.

Les documents suivants peuvent être consultés en ligne sur le site de Bibliothèque et Archives Canada :

Pour consultation sur place

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