
Betty Chan, Jeux écossais, Winnipeg (Manitoba). [MIKAN 4314336]

Tissage d’un tartan, St. Ann’s, île du Cap-Breton (Nouvelle-Écosse). [MIKAN 4950258]

Deux fillettes vêtues de kilts, Jeux écossais, Antigonish (Nouvelle-Écosse). [MIKAN 4315734]

Betty Chan, Jeux écossais, Winnipeg (Manitoba). [MIKAN 4314336]

Tissage d’un tartan, St. Ann’s, île du Cap-Breton (Nouvelle-Écosse). [MIKAN 4950258]

Deux fillettes vêtues de kilts, Jeux écossais, Antigonish (Nouvelle-Écosse). [MIKAN 4315734]
Procédé surtout utilisé de 1855 aux années 1860.

Cinq femmes, un bébé, un homme et un chien sur un balcon. (MIKAN 4955139)
Inventé par Adolphe-Alexandre Martin (1853) et Hamilton A. Smith (1856).

Trois femmes assises. (MIKAN 4958586)
Image négative monochrome qui, formée sur une fine plaque de métal recouverte d’un vernis noir, apparaît comme un positif. Elle est souvent coloriée à la main. Les ferrotypes sont présentés dans des montages en papier leur permettant d’être glissés dans des albums; ils peuvent aussi être montés sous verre dans des écrins « américains ».

Joueur de bugle (clairon) avec son instrument, portant l’uniforme de l’harmonie locale. (MIKAN 3511014)

Une mère, ses trois filles, son fils et un chien (MIKAN 3262041)
La fabrication du fromage au Canada remonte au début des années 1600, lorsque des vaches laitières ont été amenées d’Europe dans des colonies, dont celle de Québec. Au fil du temps, de nouveaux colons sont arrivés, et avec eux, plus de bétail et de recettes familiales de fromage. De nos jours, la production canadienne s’inspire de deux procédés de fabrication apparus au 17e siècle : les fromages à pâte molle de la France et les fromages à pâte dure, comme le cheddar, du Royaume-Uni.

On extrait le fromage des bassins à la fromagerie de gruyère, La Malbaie (Québec) (MIKAN 3518025)
Au début du 19e siècle, le fromage produit quitte rarement la ferme familiale, et il n’y a que très peu d’exportations. C’est un Américain, Harvey Farrington, qui réussira à convaincre les agriculteurs locaux de lui vendre leur lait, ce qui lui permettra d’ouvrir la première fromagerie canadienne à Norwich, en Ontario, en 1864. Depuis la Confédération, un certain nombre de petits et grands producteurs de fromage ainsi que des écoles de fromagerie ont marqué le secteur alimentaire du Canada.

On contrôle la température du lait dans une fromagerie, comté de Prince Edward (Ontario) (MIKAN 3371580)
L’expression « vue à vol d’oiseau » représente la perspective d’un secteur ou d’un objet par rapport à d’autres éléments, par exemple une carte, un plan ou un paysage urbain. Souvent utilisée dans les dessins ou les photos, une vue à vol d’oiseau offre une observation en surplomb à partir d’un point très élevé.

Vue à vol d’oiseau des chutes Niagara et de diverses centrales électriques du côté canadien (Ontario) (MIKAN 3318089)

Vue à vol d’oiseau de Calgary (Alberta) (MIKAN 3302621)
Plusieurs synonymes existent : vue en plan, vue de dessus, vue plongeante, vue en plongée, vue d’avion, etc. Ces termes sont tous légèrement différents, mais ils représentent tous une vue d’en haut.

Vue à vol d’oiseau de Cabri (Saskatchewan) (MIKAN 3259496)

Vue à vol d’oiseau de Winnipeg (Manitoba) (MIKAN 4146329)
Je l’ai entendu à la radio —
La technologie derrière la radio permet de communiquer avec les masses sans utiliser de fils. En 1893, Nikolai Tesla a donné une conférence sur les communications sans fil à St. Louis, au Missouri, dans le cadre de l’exposition universelle. Ses théories ont jeté les bases scientifiques du développement de la radio telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Marconi (portant un chapeau pâle) et des membres de l’administration de Terre-Neuve, colline Signal, St. John’s (MIKAN 3380817)
Guglielmo Marconi est la personne la plus associée à la radio et il a des liens avec le Canada. Il a testé son équipement de transmission sur la colline Signal, à St. John’s, à Terre-Neuve, en 1901. Ses premiers succès ont stimulé l’utilisation de la radio pour la transmission de messages en code Morse sur de longues distances. La technologie ne permettait pas de transmettre la parole à l’époque. Cependant, les progrès réalisés pendant et après la Première Guerre mondiale ont permis aux militaires et aux civils d’avoir accès à des radios qui transmettaient des signaux sous forme de paroles reconnaissables.

Donald Manson, un employé de la compagnie Marconi (MIKAN 3624020)

Membres de la troupe de radiothéâtre RA (MIKAN 4313739)
Des stations locales et des organismes fédéraux, comme la Société Radio-Canada, furent créés et entrèrent dans le domaine des nouvelles, de la musique et du divertissement des années 1920 jusqu’aux années 1940. Les médias de masse étaient là pour de bon. La radio a laissé la place à la télévision, puis à Internet. Malgré les immenses progrès réalisés par ses technologies connexes, la radio est largement utilisée de nos jours puisqu’elle est fiable et facile d’accès.

Des employées de l’usine Dominion Arsenals se détendent en écoutant la radio dans leur appartement, Québec (Québec) (MIKAN 3625317)

Nancy Greene, gagnante de la médaille d’or au slalom géant, aux Jeux olympiques d’hiver (MIKAN 5029732)
Mme Greene Raine est officière de l’Ordre du Canada et de l’Ordre de la Colombie-Britannique, et membre du Panthéon des sports de la Colombie-Britannique, et du Panthéon des sports canadiens. Elle est consacrée athlète féminine canadienne du 20e siècle par la Presse canadienne et Broadcast News. Elle a remporté des médailles d’or et d’argent en ski alpin aux Jeux olympiques de Grenoble en 1968 et la victoire aux Coupes du monde de 1967 et de 1968. Son total de 14 victoires en Coupe du monde (y compris aux Jeux olympiques) demeure un record canadien. Au cours de ses neuf années de carrière, elle a remporté 17 championnats canadiens.

Photo de groupe de l’équipe canadienne de ski aux Jeux olympiques d’hiver (MIKAN 5029774)

Nancy Greene lors de sa descente pour la médaille d’or en slalom géant lors des Jeux olympiques d’hiver (MIKAN 5029785)

Nancy Greene lors de sa descente pour la médaille d’argent en slalom lors des Jeux olympiques d’hiver (MIKAN 5029788)
Voir aussi :
Allan Gilmour (1775–1849) était un associé principal au sein de l’entreprise Pollok, Gilmour and Co., dont sont issus bon nombre de partenariats et de filiales. Il a joué un rôle de premier plan dans les industries canado-écossaises de la construction navale et du bois. Ses frères et neveux ont ouvert de nombreuses filiales au Canada : à Miramichi, à Québec, à Montréal et ailleurs. Les activités à Bytown (Ottawa) commencent après l’établissement d’un partenariat à Montréal, en 1828, pour approvisionner le commerce de bois équarri sur la rivière des Outaouais. En 1841, son neveu Allan Gilmour fils prend la direction de cette entreprise avec James Gilmour, nomme la société Gilmour and Co., et ouvre la filiale de Bytown afin de fournir du bois de charpente et du bois de sciage au marché québécois. Avec le temps, la production de bois augmente considérablement.

Vue de la scierie Gilmour and Hughson (MIKAN 5006499)

Ouvriers chargeant du bois de charpente à la scierie Gilmour and Hughson (MIKAN 5006500)
Dans les années 1870, les filiales de Miramichi, de Québec et de Montréal ferment leurs portes, laissant le contrôle des activités forestières à Ottawa aux fils de John Gilmour. En 1891, John Gilmour fils s’associe à Ward Hughson, un bûcheron d’Albany, pour créer la compagnie Gilmour and Hughson, laquelle sera constituée en société en 1895 (58-59 Vic., Cap. 89). Au milieu des années 1920, on annonce la vente de l’entreprise à Riordon and Co., mais à la suite de la faillite de cette dernière, les propriétés et terrains de Gilmour and Hughson, de même que ses activités, passent aux mains de la Gatineau Company Limited, une filiale de la Canadian International Paper Co.

Hommes devant du vieux matériel de scierie (MIKAN 5006489)

Chantier de la Gilmour and Hughson (MIKAN 5006507)
Canada : Qui sommes-nous? est une nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui marque le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Une série de blogues est publiée à son sujet tout au long de l’année.
Joignez-vous à nous chaque mois de 2017! Des experts de BAC, de tout le Canada et d’ailleurs donnent des renseignements additionnels sur l’exposition. Chaque « conservateur invité » traite d’un article particulier et en ajoute un nouveau — virtuellement.
Ne manquez pas l’exposition Canada : Qui sommes-nous? présentée au 395, rue Wellington à Ottawa, du 5 juin 2017 au 1er mars 2018. L’entrée est gratuite.

Temples of Today, John Vanderpant, 1934. (MIKAN 3784205)
Pour le photographe John Vanderpant, les silos à grains du Canada n’étaient rien de moins que des temples. Ils s’inscrivaient dans sa vision utopique du pays, dont l’avenir reposait sur le commerce et l’industrie.
Je travaille à BAC depuis presque 20 ans! Mon travail à la Section de la photographie est aussi diversifié que les collections elles‑mêmes, et le temps a filé incroyablement vite depuis mon arrivée.
J’ai une formation en histoire de l’art, mais je me suis toujours intéressée au contexte de l’œuvre, et non seulement à ses qualités esthétiques. En étudiant le contexte social, culturel et historique d’une photo, on peut saisir sa raison d’être. Pourquoi telle photo a-t-elle été prise? Qui l’a demandée? Comment a-t-elle été diffusée par la suite? Toutes ces questions me fascinent. J’imagine que ça explique pourquoi je suis devenue archiviste : parce que les notions de contexte et de provenance sont à la base de toute collection d’archives.
Les photos anciennes de notre collection m’obligent à jouer au détective, ce que j’adore, tout comme ma collaboration avec des photographes contemporains pour trouver les motivations derrière la création d’une œuvre.
J’ai écrit et j’ai fait des exposés sur plusieurs photographes et collections de BAC. J’ai entre autres étudié les photos prises par John Vanderpant et Yousuf Karsh lors de leurs voyages au Canada, dans les années 1930 et au début des années 1950. Ces voyages m’intriguent vraiment. Encore aujourd’hui, ils me font penser à un rite de passage canadien; ils sont aussi très représentatifs de la notion toujours changeante d’identité canadienne.
L’œuvre de John Vanderpant, étudiée par plusieurs historiens de l’art depuis 30 ou 40 ans, a gagné en prestige. Et maintenant, le fonds John Vanderpant est l’un des plus importants fonds photographiques de BAC. Sa photo « Temples of Today » a été prise vers 1934 dans le secteur du port de Vancouver. Vanderpant était l’un des grands photographes pictorialistes du Canada; il pratiquait ce qu’on appelle la photographie pure (c’est-à-dire sans retouches). Sa série de photos sur des silos à grains de Vancouver est devenue emblématique.
John Vanderpant a quitté la Hollande pour s’établir au Canada en 1911. À ses yeux comme à ceux des autres Européens d’alors, notre pays était une vaste étendue sauvage. À l’époque où il a pris la photo « Temples of Today », en 1934, il croyait que l’énorme potentiel du Canada et toutes ses ressources inexploitées en feraient une grande puissance industrielle. Et il n’était pas le seul à penser ainsi : l’entre‑deux‑guerres a été marqué par une forte expansion urbaine et industrielle au pays.
Au fil du temps, Vanderpant a délaissé les effets de peinture et le flou artistique propres au pictorialisme au profit de la photographie pure, non retouchée. La photo « Temples of Today » en est un exemple éloquent. Le style de l’œuvre reflète une esthétique moderne et dépouillée; et, tout aussi important, le sujet devient représentatif d’une profonde conviction, celle que l’avenir serait dominé par la vie urbaine et industrielle.
« Temples of Today » met délibérément de côté la beauté, et insiste plutôt sur le caractère imposant des silos émergeant de l’ombre vers la pleine lumière. Au premier plan, les poteaux électriques viennent rappeler le concept des industries. La photo illustre à merveille l’émergence d’une philosophie populaire selon laquelle l’industrialisation permet la progression naturelle de l’humanité. Vanderpant souscrivait fermement à cette idée, et a écrit des articles et donné maintes conférences sur la question.
Mais Vanderpant, comme tant d’autres Canadiens à l’époque, envisageait le futur en faisant complètement abstraction des peuples autochtones. Il voyait le Canada comme une sorte de terra nullius, une terre inoccupée prête à être exploitée et mise en valeur au gré de la colonisation. Ses photos sont aujourd’hui reconnues, car elles témoignent à merveille d’un aspect de la vie canadienne jusqu’alors jugé inintéressant. Toutefois, elles ignorent complètement l’importance des premiers habitants du pays.
C’est très intéressant de comparer les idées que Vanderpant se faisait du Canada à celles du photographe allemand Felix Man, qui a visité notre pays au moment où la photo « Temples of Today » a été prise.
Man est un pionnier du photojournalisme et de l’essai photographique. En 1933, il a parcouru le Canada pendant six mois à la demande du magazine allemand Berliner Illustrirte. Sa mission : visiter le Canada et en photographier les choses les plus importantes. En 1985, BAC a acquis environ 200 photos de Felix Man pour documenter la façon dont les Européens percevaient le Canada pendant l’entre‑deux‑guerres. Tout comme Vanderpant, Man a été renversé et inspiré par l’étendue du pays. Il l’a sillonné de long en large, particulièrement charmé par les Prairies et les régions du Nord, allant jusqu’à Churchill (au Manitoba) et au Grand lac de l’Ours, dans les Territoires du Nord‑Ouest.
Toutefois, à bien des égards, la perception qu’avait Man du Canada différait beaucoup de celle de Vanderpant, même si les deux hommes partageaient une perspective romantique de notre pays.
Ainsi, Vanderpant dépeignait de façon romancée un futur Canada industrialisé et urbain, alors que Man, d’une façon typiquement européenne, voyait plutôt un Canada figé dans un passé idéalisé. Il faut dire que Man avait été très influencé par son compatriote allemand Karl May, un auteur connu pour n’avoir visité l’Amérique du Nord qu’après la publication de ses livres, et dont les récits fantaisistes et idéalisés à propos des « nobles Sauvages » sont encore populaires de nos jours, tant en Europe centrale que de l’Ouest. Les photos de Man dépeignent clairement cette vision du Canada.
De plus, alors que les œuvres de Vanderpant mettent l’accent sur le développement du Canada, celles de Man, comme l’a souligné l’historienne de la photographie Joan Schwartz, font largement abstraction du Canada urbain. Sa caméra s’est plutôt attardée ailleurs, par exemple sur les immenses étendues de neige et de glace autour de Churchill, en hiver; ou encore sur les « Banff Indian Days », une populaire attraction touristique lors de laquelle les Autochtones, moyennant rétribution, portaient des costumes traditionnels, construisaient des wigwams et démontraient leurs talents de chasseur et de cavalier.

« Une femme et un enfant indiens » [traduction de la légende originale], Felix Man; photo prise pendant les « Banff Indian Days, Banff (Alberta), 1933. (MIKAN 3333566)
Cette exclusion des Autochtones – ignorés dans l’œuvre de Vanderpant sur le Canada industrialisé et urbain, relégués à un passé mythique dans l’œuvre de Felix Man – trouve un écho dans d’autres photos de l’exposition Canada : Qui sommes-nous? : celles du photographe iroquois Jeff Thomas.
À l’aide de figurines photographiées dans divers décors (ici, devant les édifices du Parlement, ou devant un wagon de chemin de fer arborant le mot « Canada »), Thomas cherche à réintroduire les peuples autochtones dans la trame du Canada contemporain et passé. Ses photos soulèvent d’importantes interrogations sur le rôle que les peuples autochtones ont joué dans la construction du chemin de fer et de la nation‑État qu’est le Canada. Quant à ses figurines, elles jouent sur les stéréotypes perpétués par des photographes comme Man, et témoignent de l’omission des peuples autochtones dans les récits sur le Canada d’hier, d’aujourd’hui et de demain.
À première vue, il n’existe pas de lien entre la photo de Vanderpant et celle de Man présentées plus haut. Mais chacune reflète une vision stéréotypée du Canada, et lorsqu’on s’intéresse à leur contexte historique et à celui de leur création, on peut mieux les comprendre et comprendre le passé et le présent de notre pays.

Fête du Canada 2005, Brandon (Manitoba), au Canada, tiré de la série « The Delegate on Tour » (le « délégué » en tournée) par Jeff Thomas (MIKAN 4171016) ©Jeff Thomas

Colline parlementaire, Ottawa (Ontario), 2007. Photo tirée de la série « The Delegate on Tour » (le « délégué » en tournée), Jeff Thomas. (MIKAN 3932081) ©Jeff Thomas
L’archiviste Jill Delaney travaille à la Direction générale des archives privées, où elle est chargée de l’acquisition des photographies à la Section des archives visuelles, sonores et du paysage. Elle a également œuvré à la Section des documents sur l’architecture. Titulaire d’une maîtrise en études canadiennes de l’Université Carleton (1991) et d’un doctorat en histoire et en théorie de l’art et de l’architecture de la State University of New York à Binghamton (1997), elle s’est jointe à BAC en 1998 à titre d’archiviste des documents photographiques.
Les raquettes distribuent le poids d’une personne sur la neige. Cela lui permet de marcher sur celle-ci sans s’enfoncer profondément.

Femme autochtone fabriquant des raquettes, Pointe-Bleue (Québec) (MIKAN 3367092)
Les raquettes traditionnelles sont composées d’un cadre en bois avec lacis et de bandes de cuir pour les harnais. Les équivalents modernes sont faits de métal ou de matériaux synthétiques, mais leur conception est similaire à celle des modèles antérieurs. En Amérique du Nord, les anciennes raquettes sont utilisées partout où la neige tombe fréquemment. Leur forme et leur taille varient selon l’endroit. Il existe des raquettes rondes, triangulaires, ovales et très longues. Chaque type de raquettes est conçu pour différentes sortes de neige, qu’elle soit poudreuse, fondante ou glacée. Les Premières Nations et les communautés inuites sont reconnues pour leur fabrication et leur utilisation de raquettes.

Types de raquettes (MIKAN 3401671)

Types de raquettes (MIKAN 3401670)
Les colons européens ont rapidement adopté les raquettes pour voyager et chasser, ainsi qu’à des fins militaires. Il y a des clubs de raquette au Canada pour le sport et les loisirs depuis le milieu des années 1800. Ils ont permis à cette invention unique des Autochtones de devenir un élément immuable au sein de la société canadienne.

Voiture de transport scolaire de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada, Capreol (Ontario) (MIKAN 3381288)
Canada : Qui sommes-nous? est une nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui marque le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Une série de blogues est publiée à son sujet tout au long de l’année.
Joignez-vous à nous chaque mois de 2017! Des experts de BAC, de tout le Canada et d’ailleurs donnent des renseignements additionnels sur l’exposition. Chaque « conservateur invité » traite d’un article particulier et en ajoute un nouveau — virtuellement.
Ne manquez pas l’exposition Canada : Qui sommes-nous? présentée au 395, rue Wellington à Ottawa, du 5 juin 2017 au 1er mars 2018. L’entrée est gratuite.

Entrée de l’île Blacklead, dans le golfe de Cumberland, aux abords de l’île de Baffin, dans les Territoires du Nord-Ouest (le Nunavut actuel), par Albert Peter Low, 1903-1904 (MIKAN 3203732)
En 1904, le Canada affirme sa souveraineté dans l’Arctique : les forces de l’ordre migrent vers le nord, accompagnées d’arpenteurs étudiant le territoire. Le Canada se définit de nouveau comme un pays nordique.
Lorsque j’ai commencé à effectuer de la recherche historique en photographie dans le cadre de mon programme de maîtrise à l’Université Carleton, j’ai pratiquement vécu à Bibliothèque et Archives Canada. La collection est fantastique, et c’était pour moi l’expérience la plus fascinante que celle de regarder des photographies prises il y a plus de 150 ans. J’ai ensuite poursuivi ma recherche sur les photographies historiques, tout en étant conservatrice de la photographie contemporaine au Musée canadien de la photographie contemporaine et, maintenant, au Musée des beaux-arts du Canada. Je me suis toujours intéressée à la photographie de l’exploration ou aux utilisations gouvernementales de cette technique. Les photographies de Humphrey Lloyd Hime sont particulièrement intéressantes en ce qu’elles sont les premières connues, sur support papier, qui représentent l’intérieur de l’Amérique du Nord. L’appareil photo était un outil utile pour divers intérêts, mais également une façon d’englober de nombreuses préoccupations de l’époque, en particulier les virages dans le domaine de la religion à la suite de découvertes scientifiques. Beaucoup de photographies dites objectives de l’époque reflètent également des croyances spirituelles et la moralité. En outre, les valeurs esthétiques de l’Ouest jouent un rôle dans la communication des idéaux, et les meilleurs photographes d’alors, comme Alexander Henderson, sont très compétents pour manier le ton, la ligne, la forme et la texture, afin de combiner le sublime du paysage et la foi fervente de la période avec les progrès scientifiques et technologiques.
Bien que cette photographie présente un paysage aride et apparemment désert, l’endroit était loin de l’être. Albert Peter Low (1861-1942), agent principal de la Commission géologique du Canada, a pris cette photographie à l’entrée de l’île Blacklead lors d’une expédition en 1903-1904, financée par le gouvernement canadien. Il a publié le récit de son voyage dans son livre célèbre, The Cruise of the Neptune. Par le passé, l’île Blacklead était une importante station baleinière; toutefois, au temps de Low, la population de baleines avait presque complètement disparu du secteur. De plus, les stations baleinières avaient radicalement changé le style de vie, les cycles de chasse et l’économie des Inuits. La raison d’être de l’expédition de Low était d’établir la souveraineté canadienne dans le Nord, au moyen de proclamations et dans le respect de la primauté du droit. Toutefois, la photographie de Low ne révélait rien de ce programme politique. Elle présente plutôt un aperçu paisible, tirant avantage d’un panorama étendu et d’éléments classiques du paysage sublime. L’iceberg semble gigantesque et insurmontable, attrayant dans sa blancheur. Par contre, l’île est sombre et plus détaillée. Les deux sujets, glace et roc, semblent être en opposition, suspendus entre un ciel nuageux et une mer ondoyante et glacée.

La Prairie regardant vers l’ouest par Humphrey Lloyd Hime, 1858 (MIKAN 4631344)
La prairie, regardant vers l’ouest (1858), de Humphrey Lloyd Hime, est une des images les plus énigmatiques de l’histoire de la photographie canadienne. Elle montre un paysage austère, dans lequel paraissent un crâne et un os (humains?). La photographie a été prise près de la colonie de la rivière Rouge, maintenant la ville de Winnipeg. Hime travaillait pour l’expédition de l’Assiniboine et de la Saskatchewan, envoyée par le gouvernement afin d’évaluer le potentiel agricole de la région ainsi que la pertinence de celle-ci pour le peuplement. Elle contient le territoire désert, qui attend apparemment l’occupation humaine. Toutefois, la présence du crâne est provocatrice. Hime a fort probablement organisé la photographie en se servant du crâne d’une femme autochtone, trouvé plus tôt dans un secteur du Sud manitobain. Comme il l’écrivait dans son journal le 28 juin 1858, « […] trouvé un crâne près d’une tombe de la prairie – il avait été sorti par des loups – conservé le crâne […] » Cette rencontre permet d’expliquer l’image de diverses façons. La photographie peut évoquer l’expérience vécue par Hime ou être une façon d’ajouter un élément dramatique à un paysage par ailleurs vague. La présence du crâne est également liée à la fascination de la société du XIXe siècle pour les méthodes d’inhumation autochtones. Toutefois, comme la légende n’explique pas qu’il s’agissait d’un crâne autochtone, les personnes qui regardent peuvent comprendre avec angoisse que le territoire comporte la possibilité de leurs propres épreuves et décès. L’intérieur du pays était alors en grande partie inconnu, et nombreux étaient ceux qui pensaient qu’il s’agissait d’un désert aux proportions bibliques.
Andrea Kunard est conservatrice associée des photographies au Musée des beaux-arts du Canada. Elle a présenté plusieurs expositions collectives et monographiques axées sur la photographie contemporaine, notamment Mouvance et mutation (2000), Susan McEachern : Multiplicité de sens (2004), Regards d’acier : Portraits par des artistes autochtones (2008), Scott McFarland : La réalité aménagée (2009), Fred Herzog (2011), Collision : Le conflit et ses conséquences (2012), et Michel Campeau : Icônes de l’obsolescence (2013). Elle est actuellement co-conservatrice d’une rétrospective majeure sur une artiste qui vit et travaille à Terre-Neuve, Marlene Creates, ainsi que d’une exposition bilan, La photographie au Canada : 1960-2000, pour 2017. Elle a enseigné l’histoire de la photographie, l’art canadien et la théorie culturelle à l’Université Carleton et à l’Université Queen’s. De plus, elle a codirigé The Cultural Work of Photography in Canada, ouvrage publié par McGill-Queen’s University Press. Elle a présenté des exposés sur la photographie au Canada et rédigé des articles sur la photographie contemporaine et historique dans diverses publications, dont The Journal of Canadian Art History, International Journal of Canadian Studies, Early Popular Visual Culture, Muse, BlackFlash, ETC Montréal. Elle travaille actuellement à un projet Web majeur portant sur la photographie documentaire, projet qui est centré sur la collection du Service de la photographie de l’Office national du film, au Musée des beaux-arts et à Bibliothèque et Archives Canada.