Portrait d’une étoile de la médecine sportive et du mouvement paralympique

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Par Muhamed Amin

À l’occasion de son 40e anniversaire en 1994, le magazine Sports Illustrated a dévoilé sa liste des 40 personnalités ayant significativement transformé ou amélioré le monde du sport. Des noms comme Muhammad Ali, Michael Jordan, Roberto Clemente, Billie Jean King et Pelé se sont imposés d’eux-mêmes : non seulement ces icônes ont-elles dominé leurs disciplines sportives, elles les ont aussi redéfinies. Véritables archétypes du changement social, elles ont influencé la perception de l’athlète moderne au sein de la population.

Mais pourquoi Robert W. Jackson, un médecin et enseignant, figure-t-il sur cette liste? On le comprend vite lorsqu’on se penche sur son parcours : non content de révolutionner les domaines de la chirurgie et de la médecine sportive, il a été l’un des pionniers du mouvement paralympique au Canada et à l’étranger, en plus de jouer un rôle déterminant pour que les athlètes handicapés occupent la place qui leur revient dans l’univers du sport.

Portrait d’un homme vêtu d’un sarrau de laboratoire et utilisant des instruments médicaux.

Portrait du Dr Jackson, R17017, vol. 29, dossier 1 (no MIKAN 5965983). ©2024 par Danny Turner, photographe.

Né à Toronto (Ontario) en 1932, le Dr Robert W. Jackson obtient son diplôme de médecine en 1956. Il se consacre ensuite à la chirurgie orthopédique, perfectionnant ses compétences en chirurgie et en enseignement tout en étendant ses recherches et ses champs d’intérêt à la médecine sportive et aux sports paralympiques.

En 1964, alors qu’il accompagne l’équipe olympique canadienne à Tokyo, au Japon, il fait la rencontre du Dr Masaki Watanabe, chef du département de chirurgie orthopédique à l’hôpital Tokyo Teishin et inventeur du premier instrument de chirurgie arthroscopique. Sous sa supervision, il découvre les instruments arthroscopiques et l’intégration de techniques peu invasives aux interventions chirurgicales.

Une série de quatre photographies montrant un médecin et des instruments médicaux et chirurgicaux.

Le Dr Masaki Watanabe et le premier modèle d’instrument arthroscopique, R17017, vol. 20, dossier 24 (no MIKAN 5966007).

Une photographie montrant deux hommes assis à une table, face à l’objectif.

Le Dr Jackson (en veston foncé) en compagnie du Dr Masaki Watanabe, R17017, vol. 20, dossier 24 (no MIKAN 5966007).

À son retour au Canada, le Dr Jackson poursuit ses recherches, désireux d’en savoir plus sur cette approche novatrice. Rapidement, il intègre la méthode arthroscopique à la chirurgie nord-américaine conventionnelle, donnant lieu à l’une des plus grandes avancées du 20e siècle en orthopédie. Cet exploit débouchera sur des améliorations dans toutes les autres branches de la chirurgie, en plus de révolutionner le domaine de la médecine sportive.

Un chirurgien effectue une intervention avec l’aide d’un professionnel de la santé, sous le regard d’autres intervenants.

Le Dr Jackson effectuant une chirurgie arthroscopique, R17017, vol. 21, dossier 1 (no MIKAN 5966007).

Chirurgien de renommée internationale, le Dr Jackson nous inspire aussi par son dévouement comme enseignant, son apport à la littérature scientifique et sa passion pour le sport. Il a révolutionné le traitement des blessures sportives et la réadaptation chez les athlètes amateurs et professionnels, d’une part grâce à ses efforts pour créer des installations publiques de médecine du sport et des loisirs, et d’autre part grâce à son travail auprès d’athlètes professionnels de football, de basket-ball et d’athlétisme, pour ne nommer que ceux-là.

Trois personnes apprenant à utiliser de nouveaux instruments médicaux.

Le Dr Jackson avec l’ancienne sprinteuse olympique canadienne Angela Bailey au Centre d’apprentissage en arthroscopie, R17017, vol. 20, dossier 24 (no MIKAN 5966000).

Un groupe de personnes et de footballeurs sur un terrain de football.

Le Dr Jackson (en manteau foncé), médecin des Argonauts de Toronto, une équipe de la Ligue canadienne de football, R17017, vol. 21, dossier 9 (no MIKAN 5966007).

Considéré par plusieurs comme le fondateur du mouvement paralympique canadien, le Dr Jackson a fait preuve d’un dévouement, d’un engagement et d’un soutien immenses envers les athlètes handicapés, notamment en se concentrant sur l’essor des sports paralympiques. Fondateur et premier président de l’Association canadienne des sports en fauteuil roulant (1967), il a mené la première équipe canadienne d’athlètes en fauteuil roulant aux Jeux paraplégiques internationaux de 1968.

Un groupe de personnes en fauteuils roulants et deux hommes debout à l’arrière.

Le Dr Jackson (debout au centre) avec des membres de l’équipe paralympique canadienne aux Jeux de Stoke Mandeville de 1966, R17017, vol. 21, dossier 5 (no MIKAN 5966010).

Son travail pour les Jeux internationaux de Stoke Mandeville – l’organe directeur international du sport en fauteuil roulant (précurseur des Jeux paralympiques) – l’a mené à organiser et à présider les premières Olympiades pour handicapés physiques tenus en Amérique du Nord à Toronto, au Canada, en 1976. L’événement a réuni des athlètes paraplégiques, amputés et aveugles de partout dans le monde.

À gauche, un certificat de médaille d’or de l’Olympiade de Toronto; à droite, un programme de l’Olympiade de Toronto, trois types de billets d’entrée et un écusson arborant le logo de l’Olympiade.

À gauche, un certificat de médaille d’or de l’Olympiade de Toronto de 1976, R17017, vol. 12, dossier 11 (no MIKAN 5966009). À droite, un programme des Olympiades de Toronto de 1976, trois billets d’entrée et un écusson, R17017, vol. 12, dossier 18 (no MIKAN 5966009).

Une médaille commémorative arborant le logo de l’Olympiade de Toronto et portant au centre la mention « Everyone Wins » (Tout le monde gagne).

Médaille commémorative « Everyone Wins » (Tout le monde gagne) de l’Olympiade de Toronto de 1976, R17017, vol. 32, dossier 4 (no MIKAN 5966009).

On doit aussi au Dr Jackson l’inclusion de plusieurs épreuves aux Jeux paralympiques. Pensons à la course en fauteuil roulant (1 500 m pour les hommes, 800 m pour les femmes) et au ski pour personnes aveugles et amputées, des épreuves aujourd’hui courantes aux Jeux d’été comme d’hiver. Ces ajouts sont le fruit de négociations directes entre le Dr Jackson et Juan Antonio Samaranch, président du Comité international olympique de l’époque.

En 1997, le Comité a d’ailleurs décerné sa plus haute distinction au Dr Jackson, lui décernant l’Ordre olympique pour avoir révolutionné le traitement des blessures sportives dans le monde et favorisé l’essor du sport pour les athlètes handicapés sur la scène internationale. Ce même exploit lui a valu de recevoir l’Ordre paralympique dix ans plus tard.

Deux hommes et une femme, debout face à la caméra.

Le Dr Jackson (au centre) recevant l’Ordre olympique en 1996, accompagné de son épouse Marilyn Jackson et de l’ancien président du Comité international olympique Juan Antonio Samaranch, R17017, vol. 20, dossier 30 (no MIKAN 5966010).

Les nombreuses distinctions décernées au Dr Jackson parlent d’elles-mêmes. Parmi les plus prestigieuses, notons son intronisation au temple de la renommée de l’American Orthopædic Society for Sports Medicine en 2005; sa nomination à l’Ordre du Canada en 1997; son intronisation à titre posthume au Temple de la renommée des sports du Canada en 2017; et l’obtention de l’Ordre olympique (1997) et de l’Ordre paralympique (2007), comme nous l’avons dit plus haut.

Au-delà de tous ces honneurs, le Dr Jackson nous laisse un remarquable héritage, qui se traduit surtout par sa grande influence sur les personnes qui ont croisé sa route. Pensons aux patients qu’il a guéris, à la communauté médicale qui a bénéficié de ses recherches, aux athlètes dont la carrière sportive a été prolongée grâce à ses contributions à la médecine sportive, et aux athlètes handicapés qui brillent aujourd’hui aux côtés de leurs pairs sur la scène internationale à l’occasion d’événements comme les Jeux olympiques.

À gauche, un portrait de trois hommes, deux debout et un assis; à droite, un homme debout à côté d’une femme assise.

À gauche, tout au fond, le Dr Jackson avec Rick Hansen (à gauche) lors du dîner de bienfaisance organisé par ce dernier, R17017, vol. 20, dossier 34 (no MIKAN 5966010). À droite, le Dr Jackson avec Chantal Petitclerc, ancienne athlète paralympique canadienne devenue sénatrice, R17017, vol. 20, dossier 32 (no MIKAN 5966010).

Pionnier de la chirurgie arthroscopique et fondateur du mouvement paralympique canadien, le Dr Jackson a profondément marqué la médecine et le sport, ici et à l’étranger. Il s’impose sans contredit comme une personnalité influente méritant de figurer parmi les personnes ayant considérablement transformé ou amélioré le monde du sport.


Muhamed Amin est archiviste en sports et loisirs au sein de la Division des archives privées de Bibliothèque et Archives Canada.

Les Archives Web du gouvernement du Canada lancent la collection sur les Jeux olympiques et paralympiques de 2010 à Vancouver

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Doigts sur un clavier d'ordinateur.

Par Tom J. Smyth

À l’occasion du 15e anniversaire des Jeux olympiques et paralympiques de 2010 à Vancouver, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) est fier de lancer une collection d’archives en ligne qui documente ce grand événement de l’histoire du Canada.

Affiche pour les Jeux olympiques de Vancouver intitulée « Des plus brillants exploits ».

Image tirée de la page d’accueil du site des Jeux olympiques de Vancouver dans les archives Web.

L’archivage Web : qu’est-ce que c’est, et pourquoi c’est important?

L’archivage Web est une discipline spécialisée de la conservation numérique, axée sur la préservation. Il garantit l’accès futur à des ressources uniques publiées sur Internet. Il utilise du matériel informatique et des logiciels spécialisés pour cibler, télécharger, organiser, décrire, préserver et reconstituer le contexte original publié et interactif des ressources Web. Pour ce faire, il a recours à l’émulation dans un portail de découverte et d’accès public spécialisé.

Des bibliothèques et des archives nationales du monde entier utilisent l’archivage Web pour capturer et préserver des ressources généralement uniques, qui ne se trouvent sur aucun autre support. Préserver le patrimoine documentaire numérique provenant de notre domaine Internet national est donc capital pour l’histoire de notre pays.

L’acquisition de ressources Web fait officiellement partie du mandat de BAC depuis 2004, en vertu du paragraphe 8(2) de la Loi sur la Bibliothèque et les Archives du Canada. C’est le Programme de préservation du Web et des médias sociaux, au sein du Secteur des services numériques, qui s’en acquitte de façon quotidienne depuis le milieu de l’année 2005.

Le Programme conserve des données et des collections de recherche tirées de ressources Web uniques, qui documentent des thèmes et des événements historiques et culturels canadiens. La conservation se fait dans le respect des priorités et des cadres stratégiques de BAC; des exigences de l’utilisation informatique (p. ex., extraction de textes et de données, intelligence artificielle, apprentissage machine et grands modèles de langue); et des programmes d’étude modernes dans le domaine des sciences humaines numériques. Nous mettons ensuite ces ressources à la disposition du public pour les générations à venir, afin de soutenir la recherche internationale future sur le Canada par l’entremise des Archives Web du gouvernement du Canada.

L’archivage Web est appuyé par le Consortium international pour la préservation d’Internet, qui compte plus de 50 membres, dont BAC (membre fondateur et actuel président du Comité directeur).

Conserver des collections d’archives Web sur les Jeux olympiques

Depuis la création du Programme de préservation du Web et des médias sociaux, BAC rassemble des ressources sur les Jeux olympiques au fur et à mesure de leur déroulement, à commencer par les Jeux d’hiver de 2006 tenus à Turin, en Italie.

Au début, nos efforts étaient modestes : nous recueillions l’information publiée sur les sites officiels des Jeux olympiques et du Comité olympique canadien. Puis nous avons commencé à recueillir des renseignements sur les programmes de soutien fédéraux (« À nous le podium ») et sur les organismes sportifs olympiques, sans oublier les blogues d’athlètes.

À l’heure actuelle, les collections d’archives Web sur les Jeux olympiques et paralympiques de BAC comprennent ce qui suit :

  • Hiver 2006 : Turin, du 10 au 26 février 2006
  • Été 2008 : Beijing, du 8 au 24 août 2008
  • Hiver 2010 : Vancouver, du 12 au 28 février 2010
  • Été 2012 : Londres, du 27 juillet au 12 août 2012
  • Hiver 2014 : Sotchi, du 7 au 23 février 2014
  • Été 2016 : Rio de Janeiro, du 5 au 21 août 2016
  • Hiver 2018 : Pyeongchang, 9 au 25 février 2018
  • Été 2020 : Tokyo, du 23 juillet au 8 août 2020
  • Hiver 2022 : Beijing, du 4 au 20 février 2022
  • Été 2024 : Paris, du 26 juillet au 11 août 2024

Rappelons-nous que le Canada a accueilli trois Jeux olympiques : les Jeux d’été de 1976 à Montréal, les Jeux d’hiver de 1988 à Calgary et les Jeux d’hiver de 2010 à Vancouver.

Les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010 à Vancouver se sont déroulés du 12 au 28 février 2010 (1). Au total, 209 athlètes canadiens y ont participé : c’est le quatrième contingent canadien en importance de l’histoire. Le Canada s’est classé troisième au classement général des médailles, et premier pour le nombre total de médailles d’or, avec 14 médailles d’or, 7 médailles d’argent et 5 médailles de bronze (2).

Équipe de hockey féminin célébrant sa victoire sur la patinoire. Le filet de la gardienne est déplacé; autour des joueuses qui se font l’accolade, la glace est jonchée de casques, de gants et de bâtons de hockey.

Équipe Canada célèbre sa victoire à la finale de hockey féminin aux Jeux olympiques de Vancouver, en février 2010. Crédit : Jason Ransom. (MIKAN 5570828)

Les Jeux de 2010 ont été spéciaux pour le Canada; ils ont vu l’établissement de partenariats sans précédent avec certaines communautés autochtones. (Ces dernières ne parlent pas au nom de tous les groupes autochtones, et ne prétendent pas refléter leur opinion.) Ce sont aussi les plus récents Jeux olympiques organisés au Canada, et ceux ayant demandé le plus d’efforts. Pour le Programme de préservation du Web et des médias sociaux, ce fut un important jalon, tant sur le plan de l’élaboration du programme que sur celui des méthodes de collecte et de conservation thématiques.

Développement des collections et conservation numérique : l’évolution

Depuis Vancouver 2010, nous n’avons cessé de peaufiner nos méthodes et de constituer de vastes collections d’archives Web pour documenter les performances et les perspectives du Canada ainsi que les expériences des athlètes canadiens aux Jeux d’hiver et d’été et aux Jeux paralympiques.

Tout a commencé en juin 2009, quand un chercheur universitaire nous a contactés. Il s’intéressait à l’archivage Web, et en particulier à la promotion du tourisme et des activités sportives. Il nous a demandé ce qui était fait pour promouvoir le tourisme en Colombie-Britannique en vue des Jeux olympiques.

Nous avons dû nous rendre à l’évidence : nous n’en avions aucune idée! Mais cela nous a permis de lancer notre processus de conservation sans tarder, et ainsi, d’avoir amplement le temps de recueillir les ressources Web et celles des médias d’information documentant les préparatifs avant l’ouverture officielle des Jeux. Nous avons aussi pu prendre en compte des perspectives nouvelles et typiquement canadiennes, comme les points de vue autochtones.

Nous n’avions jamais délibérément ciblé et recueilli les données et les ressources Web sur le tourisme en tant que thème parallèle aux Jeux, d’autant plus que nous n’avions pas accueilli de Jeux olympiques depuis Calgary, en 1988. Nous nous sommes donc posé la question : quelles ressources et quels thèmes auxquels nous n’avions pas encore pensé pourraient intéresser les chercheurs dans nos archives Web?

Cette question a lancé une sorte de remise en question sur la façon de penser la conservation et de respecter les principes généraux du dépôt légal national. Puisqu’on ne peut pas prévoir tous les besoins des clients en matière de recherche, il faut recueillir les ressources de la façon la plus inclusive possible. Nous nous sommes aussi demandé comment conserver et organiser nos données pour aider les chercheurs de demain, tant en informatique qu’en sciences humaines numériques, à utiliser nos collections d’archives Web en tant que « mégadonnées ».

Nous avons commencé à envisager de nouveaux thèmes et sous-thèmes pour la conservation (comme l’aménagement des infrastructures et des installations, l’incidence environnementale, écologique et économique des Jeux, et même le sentiment anti-olympique). Élargir ainsi notre champ d’action a exigé davantage de recherches, mais le résultat en valait la peine : nous avons pu constituer des archives Web beaucoup plus riches et complètes pour les générations futures.

Tout cela a porté ses fruits : avant la fin de l’année 2009, le Secrétariat fédéral pour les Jeux olympiques et paralympiques à Patrimoine canadien (l’organisation d’accueil) a pris connaissance de notre projet et a voulu le promouvoir. C’est ainsi que le projet a été présenté dans un rapport de 2009-2019 intitulé Le rendement du Canada : La contribution du gouvernement du Canada (3), en tant que réalisation conjointe de BAC et du Secrétariat en vue des Jeux de Vancouver.

Notre méthode de collecte a beaucoup évolué depuis : aujourd’hui, nous disposons d’une « liste de base » raffinée pour de nombreux sujets (comme les Jeux olympiques, mais aussi la présence Web du gouvernement fédéral, les changements au sein du gouvernement ou du cabinet, les élections fédérales, etc.). Cette liste est composée d’URL considérés comme des ressources clés, qui ne sont pas susceptibles de changer et dont le contenu peut être recueilli rapidement, efficacement et fréquemment. Les spécialistes de l’archivage Web peuvent ainsi se concentrer sur la conservation et l’inclusion de ressources supplémentaires, générées en conséquence directe d’événements uniques et adaptées à ces derniers. Ce fut le cas, par exemple, des Jeux de 2024 à Paris.

Paris 2024 et accès à la collection sur Vancouver 2010

Pour les Jeux de 2024 à Paris, nous savions que de nouveaux sujets seraient abordés; des sujets qui n’étaient pas aussi pertinents ou qui n’existaient tout simplement pas en 2010. Par exemple, on a sérieusement envisagé d’inclure les sports électroniques dans les disciplines olympiques officielles, et le breakdance s’y est taillé une place. La sécurité fut aussi une préoccupation majeure; pour la première fois, elle a été classée parmi les thèmes principaux.

Au départ, nous comptions faire connaître nos travaux de conservation liés aux Jeux olympiques en lançant la collection sur les Jeux de 2024 à Paris. Mais nous nous sommes rendu compte que la majeure partie du travail connexe avait été effectué pour la collection d’archives Web de Vancouver 2010, lors de la préparation des métadonnées et des vocabulaires contrôlés. C’était donc la collection toute désignée pour donner le coup d’envoi de nos publications sur les Jeux olympiques; en effet, le modèle, plus complexe, peut mieux servir de « gabarit » pour organiser nos collections historiques sur les Jeux olympiques par l’entremise des Archives Web du gouvernement du Canada.

Nous avons aussi pensé que ce serait encore plus passionnant si nous lancions nos collections olympiques en en choisissant une qui est si chère à notre cœur, et qui a joué un rôle essentiel dans l’élaboration du programme!

Alors voilà : nous avons donc le plaisir de lancer notre collection sur les Jeux olympiques et paralympiques de 2010 à Vancouver, à quelques jours du 15e anniversaire de l’événement!

Pour faciliter la navigation et la découverte, la collection a été classée en sous-thèmes :

  • Blogues
  • À nous le podium
  • Commanditaires
  • Tourisme
  • Gouvernement – municipal
  • Gouvernement – provincial
  • Gouvernement – fédéral
  • Environnement
  • Points de vue autochtones
  • Organismes de sport
  • Organismes à but non lucratif
  • Éducation
  • Postes Canada
  • Sites officiels des Jeux olympiques
  • Communauté
  • Médias d’information
  • Autres perspectives et protestations
  • Sites olympiques
  • Athlètes
  • Jeux paralympiques
  • Entreprises
  • Commémoration
  • Rétrospective

En établissant ces sujets, ainsi que les vocabulaires contrôlés et l’architecture des métadonnées nécessaires pour soutenir, organiser et publier la collection, nous avons établi des bases qui nous permettront de bâtir, d’élargir, de compléter et de publier toutes nos autres collections historiques sur les Jeux olympiques, qui suivront en temps voulu.

Nous espérons que vous aimerez la collection sur Vancouver 2010!

Références

  1. Vancouver 2010 – Équipe Canada – Site officiel de l’équipe olympique
  2. Taille d’Équipe Canada par Jeux olympiques d’hiver – Équipe Canada – Site officiel de l’équipe olympique
  3. Rapport du président du Conseil du Trésor du Canada. Le rendement du Canada: La contribution du gouvernement du Canada – Rapport annuel au Parlement de 2009-2010, p. 79.

Tom J. Smyth est gestionnaire du Programme de préservation du Web et des médias sociaux et des Archives Web du gouvernement du Canada à Bibliothèque et Archives Canada. L’équipe du Programme comprend Elizabeth Doyle, Jason Meng, Kevin Palendat et Russell White.

Dans le même bateau : à la recherche de registres de navires dans les collections de BAC

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Par Elaine Young

Saviez-vous que, dès le 18e siècle, les navires canadiens d’une certaine taille devaient être immatriculés auprès des autorités gouvernementales? Bibliothèque et Archives Canada (BAC) possède divers types de documents liés à l’immatriculation des navires; il en a transcrit récemment près de 84 000, qui sont maintenant consultables.

Ces transcriptions comprennent le nom du navire, son port d’immatriculation (parfois appelé port d’enregistrement), ainsi que le numéro et l’année d’immatriculation : des renseignements essentiels pour appuyer la recherche et découvrir des histoires fascinantes (et parfois surprenantes!) sur les navires. C’est une ressource inestimable pour la recherche sur l’histoire maritime au Canada, ainsi qu’un outil généalogique pouvant servir à retracer les familles liées à ces navires.

BAC est devenu le gardien de ces documents – dont plusieurs grands livres ou registres – il y a un certain nombre d’années, quand Transports Canada (l’organisme de réglementation) a adopté la tenue de documents numériques. Ce projet de transcription fait partie des efforts de l’institution pour améliorer la recherche dans ses collections.

Pour favoriser l’accès en ligne, BAC a numérisé un certain nombre de registres, puis a travaillé avec des chercheurs du domaine pour cibler la meilleure information à transcrire.

Le contenu transcrit touche les navires qui ont été exploités puis mis hors service (immatriculation retirée) entre 1838 et 1983. Il vise des navires ayant navigué dans les eaux de l’Atlantique et du Pacifique ainsi que dans les eaux intérieures.

Les registres contiennent une mine de renseignements, y compris le type et la description des navires, leur taille, leur propriétaire et la date de leur construction. C’est une source d’information précieuse pour quiconque fait des recherches sur la construction navale, le transport maritime ou les industries côtières et océaniques. Par exemple, ils témoignent de la transition des navires à voiles aux navires à vapeur, et de l’arrivée des coques en fibre de verre et en matériaux composites. Ils contiennent aussi de l’information pertinente pour la recherche généalogique, car de nombreux navires ont été transmis de génération en génération au sein d’une même famille.

Voici un exemple d’immatriculation typique d’un navire :

Pages 1 et 2 du formulaire d’immatriculation du navire M.C.M. Le document a été rempli à la machine à écrire et à la main (en lettres attachées).

M.C.M., Port of Registry: NEW WESTMINSTER, BC, 9/1914 [Navire M.C.M., port d’enregistrement : New Westminster, C.-B., 9/1914], R184, RG12-B-15-A-i, no de volume : 3041. (e011446335_355)

La première page de ce registre concerne le navire M.C.M. immatriculé en 1914 à New Westminster, en Colombie-Britannique. Elle contient des détails sur le navire, notamment sur sa construction, sa taille, etc. La deuxième page recense les noms des propriétaires au fil du temps.

La légende sous l’image ci-dessus illustre bien la convention d’appellation que vous verrez dans l’outil Recherche dans la collection : nom du navire / port d’immatriculation / numéro consécutif attribué à chaque navire nouvellement immatriculé dans ce port au cours d’une année / année d’immatriculation.

Pour trouver des documents sur le site Web de BAC, dans l’outil Recherche dans la collection :

1. Allez à Recherche avancée.
2. Dans le menu déroulant « Collection », choisissez « Collections et fonds ».
3. Dans le menu déroulant « Sous-ensembles de collections et fonds », choisissez « Immatriculation des navires ».

Copie d’écran de la page de recherche avancée de l’outil Recherche dans la collection. On peut voir dans les encadrés orange les menus déroulants « Collection » et « Sous-ensembles de collections et fonds ».

Comment trouver des immatriculations de navires dans l’outil Recherche dans la collection. (Bibliothèque et Archives Canada)

4. Vous voulez chercher des mots précis dans la base de données? Entrez-les dans la barre de recherche au haut de l’écran. Vous pouvez aussi entrer une date ou une fourchette de dates dans le champ « Date » (pour refléter la date où le navire a été mis hors service). Si vous préférez parcourir toutes les immatriculations de navires, laissez les champs vides et cliquez sur « Rechercher ».

Copie d’écran de la page de recherche avancée de l’outil Recherche dans la collection. Le terme « Dora Mae » est saisi dans le champ « Tous les mots », et la période « 1940 à 1950 » est saisie dans les champs de fourchette de dates. Le tout est encadré en orange.

Comment préciser votre recherche à l’aide de mots-clés et de fourchettes de dates. (Bibliothèque et Archives Canada)

Pour faire une recherche plus précise, utilisez le champ « Tous les mots » situé au haut de l’écran. Vous pourrez alors faire une recherche par nom de navire, port d’immatriculation, numéro officiel et année d’immatriculation.

Nom :

  • Le nom du navire est attribué par son propriétaire au moment de l’immatriculation initiale. Il demeure généralement le même pendant toute la durée de vie du navire, mais peut parfois être modifié, par exemple si le navire change de propriétaire.
  • Quand un navire est mis hors service (c’est-à-dire que son immatriculation est retirée), une période d’attente s’applique avant que son nom puisse être réutilisé. Deux navires ne peuvent pas avoir le même nom en même temps.
  • Les navires peuvent avoir des noms semblables, mais ils doivent être différents (par exemple, Marie-Claire, Le Marie-Claire, Marie et Claire). On peut aussi créer un nouveau nom en ajoutant un chiffre romain après le nom d’un navire déjà immatriculé (par exemple, Radisson II).

Port d’immatriculation :

  • Il s’agit du port où le navire a été immatriculé.
  • Le navire peut avoir été immatriculé dans un port situé près de l’endroit où il a été construit ou exploité.
  • Cette information peut s’avérer utile pour connaître les activités de construction navale dans un secteur donné.
  • Un navire peut avoir été immatriculé dans différents ports au fil du temps. En effet, lorsqu’un propriétaire déménageait ou vendait son navire pour le transférer ailleurs, il devait en renouveler l’enregistrement selon le port d’immatriculation le plus près.

Numéro officiel :

  • Il s’agit d’un numéro unique attribué à un navire au moment de son immatriculation.
  • Le numéro officiel demeure le même pour la durée de vie du navire, même lorsque celui-ci est mis hors service ou détruit. De plus, il n’est jamais attribué à un autre navire.
  • Il peut vous aider à trouver des renseignements sur un navire dans d’autres types de documents :
    • registres de propriété : livres qui contiennent les numéros officiels attribués à divers ports d’immatriculation
    • registres de transactions : livres documentant les transactions supplémentaires lorsque les deux pages attribuées par navire dans un registre sont déjà remplies
    • registres de construction : livres documentant les navires en construction
    • dossiers de navires : dossiers individuels ouverts par les bureaux des ports d’immatriculation pour des navires particuliers

Année d’immatriculation

  • Il s’agit d’un numéro consécutif attribué, en commençant par 1, à chaque navire nouvellement immatriculé. Il est suivi d’une barre oblique (/), puis de l’année où le navire a été immatriculé. Par exemple, 22/1883 désignerait le 22e navire immatriculé dans un port donné en 1883.

On peut également consulter les registres des navires mis hors service au moyen de la liste de recherche « Enregistrements de navires, 1838-1983 – Personnel de BAC », qui donne un accès direct aux documents au niveau de la série. À partir de là, vous pouvez voir les documents d’immatriculation individuels des navires.

Bref, grâce à toutes ces nouvelles transcriptions, vous pouvez maintenant accéder à des dizaines de milliers de documents auparavant inaccessibles en ligne. Les usagers peuvent chercher plus facilement des renseignements sur la généalogie, la construction navale, le transport maritime et de nombreux autres domaines. Cette ressource précieuse met en lumière les histoires complexes et variées formant la trame du transport maritime et de la construction navale au Canada, ainsi que les collectivités bâties autour de ces activités et la vie des personnes qui possédaient ces navires.

L’équipe du projet et BAC tiennent à remercier Don Feltmate résidant en Nouvelle-Écosse et John MacFarlane résidant en Colombie-Britannique, qui ont fait valoir sans relâche l’importance de ces documents et de leur accessibilité.

Ressources complémentaires


Elaine Young est analyste à la Division des partenariats et de l’engagement communautaire de Bibliothèque et Archives Canada.