Tempérance, réformes sociales et droit de vote des femmes

Au début du 19e siècle, beaucoup de gens voyaient l’industrialisation et l’urbanisation comme la source de tous les maux. Cette vision donna naissance au mouvement de tempérance, qui prônait la sobriété en raison des effets néfastes de l’alcool sur la société.

Des associations de tempérance virent le jour, militant pour l’abolition de la consommation d’alcool afin d’assurer l’harmonie des foyers. Dans leur lutte contre la pauvreté, le travail des enfants et les inégalités, elles appuyaient aussi plusieurs réformes sociales : éducation, services sociaux et droit de vote des femmes. Parmi ces associations figurait l’Union chrétienne des femmes pour la tempérance, qui avait compris l’importance d’influencer les politiques gouvernementales (et donc d’obtenir le droit de vote) pour être un moteur de changements sociaux.

Le mouvement de tempérance incita les femmes à prendre leur place dans la sphère publique et à s’engager dans les réformes politiques et sociales. Ce fut entre autres le cas de Nellie McClung, qui s’intéressa d’abord à la politique au sein de l’Union chrétienne des femmes pour la tempérance, et qui joua par la suite un rôle crucial dans l’obtention du droit de vote pour les femmes manitobaines, en 1916.

Photo en noir et blanc d’une femme assise, accoudée sur une table, la tête appuyée sur sa main droite, un livre dans sa main gauche. Elle regarde l’objectif.

Nellie McClung, par Jessop Cyril (MIKAN 3622978)

La collection de Bibliothèque et Archives Canada contient des documents témoignant des efforts continus de l’Union chrétienne des femmes pour la tempérance en vue de favoriser les progrès sociaux. Ainsi, dans une lettre de 1908 adressée au ministre de la Justice et procureur général du Canada, sir Allen Bristol Aylesworth, la section québécoise de l’Union demandait que le gouvernement du Dominion du Canada modifie le Code criminel afin d’y inclure des sanctions plus adéquates concernant les voies de fait contre les femmes et les enfants. La section manitobaine de l’Union envoya aussi à sir Aylesworth une lettre accompagnée d’une pétition demandant que le Code criminel soit modifié afin de faire passer l’âge du consentement de 14 à 18 ans.

Par ailleurs, le Sénat reçut en 1894 une pétition de la section canadienne de l’Union dans laquelle celle-ci demandait, au nom de ses 500 000 membres (des femmes de 21 ans et plus), que le droit de vote soit accordé aux femmes. Signée entre autres par les administratrices et la présidente de l’Union, Ella F. M. Williams, elle témoigne du pouvoir rassembleur de ce regroupement.

Lettre dactylographiée signée par les dirigeantes canadiennes de l’Union chrétienne des femmes pour la tempérance, expliquant pourquoi les femmes devraient avoir le droit de vote.

Pétition signée par les dirigeantes de la section canadienne de l’Union chrétienne des femmes pour la tempérance (dont la présidente, Mme Ella F. W. Williams) demandant le droit de vote pour les femmes, 1894. (MIKAN 1600659)

La route vers l’admission des femmes au suffrage fut longue. C’est au Manitoba que les Canadiennes obtinrent d’abord le droit de vote, en 1916. Même si le gouvernement fédéral emboîta le pas deux ans plus tard, plusieurs femmes durent attendre jusque dans les années 1960 pour pouvoir se rendre aux urnes. Bref, l’obtention du droit de vote ne marquait pas la fin de la lutte pour l’égalité des sexes au Canada. C’était néanmoins une étape importante des premiers efforts vers cet objectif.

Pour célébrer le centenaire du droit de vote des femmes, Bibliothèque et Archives Canada, en partenariat avec le Musée canadien pour les droits de la personne, présentera une exposition de portraits intitulée Laissez-les hurler : 100 ans de lutte pour les droits de la femme, mettant en vedette des femmes ayant lutté pour l’égalité et le droit de vote. L’exposition sera présentée au Festival du voyageur à Winnipeg, du 12 au 21 février, ainsi que sur la patinoire du Canal Rideau, à Ottawa, du 28 janvier au 15 février.

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