Ulus des Inuits : diversité, force et spiritualité

À la gauche de l’image, Tatânga Mânî (le chef Walking Buffalo, aussi appelé George McLean) est à cheval dans une tenue cérémonielle traditionnelle. Au centre, Iggi et une fillette font un kunik, une salutation traditionnelle dans la culture inuite. À droite, le guide métis Maxime Marion se tient debout, un fusil à la main. À l’arrière-plan, on aperçoit une carte du Haut et du Bas-Canada et du texte provenant de la collection de la colonie de la Rivière-rouge.

Par Ellen Bond

 

Photo couleur d’une femme inuk coupant de la viande à l’aide d’un ulu.

Rynee Flaherty nettoyant une peau d’animal avec un ulu (un petit couteau à lame en forme de croissant utilisé par les femmes inuites) sur une surface rocheuse à Ausuittuq (Nunavut) (e002394465)

Le terme ulu veut dire « couteau de la femme » en inuttut (une langue inuite); il désigne un couteau muni d’une lame semi-circulaire. Les ulus existent depuis environ 4 500 ans (2 500 avant J.-C.). La lame de ceux qui ont été fabriqués en 1880 et découverts sur l’île de Baffin adhérait au manche grâce à un composé d’argile, de poils de chien et de sang de phoque. Dans les années 1890, la lame et le manche de certains ulus fabriqués par les Inuits de l’Ouest étaient perforés. Les deux pièces étaient unies à l’aide de cuir brut, de fanon de baleine et de racine de pin. Les Inuits du cuivre de l’île Victoria (la huitième plus grande île du monde, faisant partie du Nunavut et des Territoires du Nord-Ouest) se servaient du cuivre qu’ils exploitaient pour fabriquer les lames. Si l’ardoise et le cuivre se faisaient rares, certains Inuits utilisaient plutôt des fanons de baleine ou de l’ivoire.

La lame en forme de croissant, autrefois en ardoise, est maintenant en acier, métal disponible depuis 1719 grâce à la Compagnie de la Baie d’Hudson. Les lames semi-circulaires ou triangulaires étaient attachées au manche avec une seule tige, éventuellement trouée au milieu. Les manches de l’ulu étaient parfois décorés de dessins et de gravures ayant une signification particulière pour la propriétaire. Ils étaient habituellement faits de bois, plus rarement d’os, de panache ou d’ivoire.

Photo noir et blanc d’une femme inuk se servant d’un ulu.

Taktu retirant la graisse de la peau d’un phoque à l’aide d’un ulu à Kinngait (Nunavut) (e010836269)

La taille de l’ulu dépend de la préférence de sa propriétaire ou de la région où il est fabriqué. C’est un outil qui peut être donné par un mari ou un proche parent, ou transmis de génération en génération.

Photo noir et blanc d’une femme inuk se servant de son ulu.

Sheouak Petaulassie se servant d’un ulu à Kinngait (Nunavut) (e010868997)

La puissance de coupe de l’ulu provient du manche, qui transfère la force de la lame sur l’objet à trancher. Les femmes parviennent ainsi à couper du matériel dur et dense, comme des os. Grâce à sa forme, l’ulu est facile à utiliser avec une seule main. Les ulus sont des outils multifonctionnels dont la forme varie selon les besoins. Les plus gros coupent le gibier ou le poisson alors que les petits sont utilisés pour retirer la graisse et raser la peau. D’autres, encore plus petits, peuvent couper la peau, tailler du poil ou trancher de petits morceaux. Les plus minuscules servent à coudre ou à tailler des pièces ornées incrustées dans les vêtements en peau de phoque.

Photo noir et blanc d’une femme inuk se servant de son ulu pour trancher de la viande.

Noanighok, mère de William Kakolak, Kugluktuk (Nunavut) (a143915)

Parmi tous les outils conçus par les humains, l’ulu est spécial : c’est l’un des seuls qui appartient à la femme et il s’agit d’un symbole culturel important. Les médailles de certaines compétitions, comme les Jeux d’hiver de l’Arctique, sont façonnées à leur image. C’est aussi un motif répandu dans l’art contemporain, les métiers d’arts et la mode inuits. De nos jours, les ulus sont exposés bien en vue dans de nombreuses résidences, comme des œuvres d’art. Utilisés depuis des milliers d’années dans les régions nordiques de l’Amérique du Nord, les ulus sont toujours fonctionnels, puissants et variés.


Ellen Bond est adjointe de projet au sein de l’équipe du contenu en ligne de Bibliothèque et Archives Canada.

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