Conservatrice invitée : Vasanthi Pendakur

Bannière pour la série Conservateurs invités. À gauche, on lit CANADA 150 en rouge et le texte « Canada: Qui sommes-nous? » et en dessous de ce texte « Série Conservateurs invités ».

Canada : Qui sommes-nous? est une nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui marque le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Une série de blogues est publiée à son sujet tout au long de l’année.

Joignez-vous à nous chaque mois de 2017! Des experts de BAC, de tout le Canada et d’ailleurs donnent des renseignements additionnels sur l’exposition. Chaque « conservateur invité » traite d’un article particulier et en ajoute un nouveau — virtuellement.

Ne manquez pas l’exposition Canada : Qui sommes-nous? présentée au 395, rue Wellington à Ottawa, du 5 juin 2017 au 1er mars 2018. L’entrée est gratuite.


Femme sauvage du Canada, 1784

 Gravure en couleur d’une femme au teint pâle et aux cheveux blonds portant une robe jaune bordée de vert, un tablier blanc, un collier, des collants roses et des chaussons bleus.

Femme sauvage du Canada, gravure tirée de Mœurs et coutumes des sauvages du Canada, 1784 (MIKAN 3025442)

Les images du Canada publiées dans des encyclopédies sérieuses sont souvent surprenantes. Cette Autochtone ressemble à une Européenne avec ses cheveux blonds.


Parlez-nous de vous.

J’aime beaucoup les romans historiques. Plus j’en lis, plus je réalise l’ampleur du travail nécessaire pour trouver le cadre et le contexte qui en feront de bons livres. C’est la même chose pour les expositions : ça prend beaucoup de recherches pour créer de toutes petites légendes avec une tonne de renseignements. Pendant mes stages, j’ai travaillé sur des expositions et des livres; j’ai aussi fait de la recherche sur des objets historiques, et j’ai manipulé ces objets que le public allait voir. Maintenant que j’ai fini mes études, j’ai le privilège de continuer. Mon emploi à BAC me permet d’explorer plusieurs sujets et d’apprendre comment les grandes expositions sont conçues.

Les Canadiens devraient-ils savoir autre chose à ce sujet selon vous?

Pour les Européens, les encyclopédies (comme celle d’où provient cette gravure) étaient la seule source d’information sur le Canada. Écrits par des voyageurs, des commerçants ou des explorateurs, ces ouvrages décrivaient la vie quotidienne et les coutumes des Premières Nations. Cependant, les renseignements y étaient présentés de façon théâtrale afin de divertir un public avide d’information. De plus, les auteurs interprétaient leurs découvertes avec leur regard d’Européens, attribuant aux peuples autochtones les qualités valorisées par leur propre société. Leurs récits sont en grande partie véridiques, ce qui en fait de bonnes sources d’information, mais ils véhiculent aussi des mythes dont il faut tenir compte quand on les étudie.

Parlez-nous d’un élément connexe que vous aimeriez ajouter à l’exposition.

Les gravures de mode! Elles étaient très populaires au 19e siècle, alors que les progrès en imprimerie ont permis de publier de nombreux magazines grand public. Parmi les plus connus, mentionnons La Belle Assemblée, or Bell’s Court and fashionable magazine, publié à Londres, et Costumes parisiens, publié à Paris. Il y avait aussi des magazines canadiens comme Glass of Fashion (qui avait des liens avec une société new-yorkaise) et Ladies’ Pictorial Weekly de Toronto.

Même si les tendances vestimentaires et culturelles venaient surtout d’Europe et des États-Unis, on voit que les éditeurs canadiens s’efforçaient de créer leurs propres publications pour les lecteurs d’ici. Ces magazines, où l’on trouvait des chansons, des poèmes, des nouvelles sur le milieu du théâtre, des potins sur la noblesse ainsi que des gravures de mode, sont les ancêtres de nos magazines actuels sur la culture et la société.

À BAC, notre collection de magazines et de gravures de mode est une excellente source pour comprendre la culture populaire canadienne d’antan. Les chansons, les poèmes et les articles mondains nous montrent ce qui intéressait nos compatriotes, qui ils écoutaient et ce qu’ils lisaient.

Les gravures de mode sont de véritables œuvres d’art miniatures, conçues par des créateurs et des artistes pour présenter la mode du temps à un public avide de suivre les tendances (ce public étant surtout issu des classes moyenne et supérieure). Comme c’est le cas avec cette gravure sur la « femme sauvage du Canada », beaucoup de feuilles étaient détachées de leur magazine, et sont maintenant vendues telles quelles aux collectionneurs. Toutefois, certaines gravures publicitaires étaient imprimées individuellement.

Ces œuvres sont précieuses tant pour leur valeur artistique que documentaire. Elles nous renseignent sur ce que portaient les Canadiens d’autrefois; elles sont de précieuses sources d’information lorsque vient le temps de monter des expositions et des spectacles, ou de choisir des costumes pour des musées d’histoire vivante; et elles peuvent enrichir toutes sortes d’autres projets historiques.

Page d’une revue montrant des illustrations en noir et blanc de femmes portant différentes toilettes, notamment une robe pour l’heure du thé, des vêtements d’extérieur et une robe de soirée.

Page 6 sur la mode tirée du magazine Ladies’ Pictorial Weekly, février 1892 (AMICUS 7260082)

Gravure en couleur représentant des hommes et des femmes élégamment vêtus, devant les chutes Niagara.

Gravure des chutes Niagara, 1842. L’inscription « Property of Canada Steamship Lines » indique son appartenance à la société de transport maritime Canada Steamship Lines. (MIKAN 2876853)

Biographie

Vasanthi Pendakur est titulaire d’une maîtrise en histoire publique de l’université Western Ontario. En 2012, elle a fait un stage de premier cycle à BAC, dans le cadre duquel elle a participé au projet de numérisation des dossiers du personnel mort au combat pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle occupe maintenant le poste d’assistante aux expositions, où elle est chargée entre autres de la révision, de la rédaction et de la recherche de contenu pour les expositions, ainsi que de la coordination de blogues. Elle est aussi hôtesse au Musée canadien de l’histoire et donne des conseils d’expert sur la création d’expositions et la gestion de collections à l’Institut national canadien pour les aveugles.

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