Le récit de François-Hyacinthe Séguin, idéal pour un défi Co-Lab!

Aquarelle montrant deux grands arbres et une vaste maison en pierre au premier plan et, plus loin, une ville.

Terrebonne, 1810 (e000756681)

La généalogie est utile à bien des égards; elle est aussi bien un passe-temps qu’un moyen d’établir des liens avec ceux qui nous ont précédés. Elle nous aide aussi à renforcer notre identité au sein de notre communauté, à mesure que nous découvrons nos ancêtres et leurs origines. Mais attention, elle peut créer une dépendance!

Autant la recherche sur l’histoire de sa famille peut être amusante et importante, autant elle s’avère parfois très frustrante. Au sein de l’équipe de généalogie de Bibliothèque et Archives Canada, l’un des défis que j’ai rencontrés en répondant aux demandes du public était de trouver de l’information contextuelle sur des gens qui ont vécu dans le passé. S’il est raisonnablement facile d’obtenir l’information de base sur nos ancêtres, notamment les date et lieu de naissance ou les noms des témoins qui ont signé l’acte de mariage, ces renseignements ne révèlent pas grand-chose sur leur quotidien ou leur collectivité.

Par exemple, les certificats de naissance, de mariage et de décès donnent habituellement le nom complet, l’année et le lieu de naissance, ainsi que le nom des parents. Les recensements contiennent un peu plus de renseignements, notamment la confession religieuse, l’origine ethnique et la profession. Cette information est utile, mais elle ne complète pas le tableau. De même, un titre professionnel comme celui de manœuvre ou de domestique est certes intéressant, mais il n’indique ni le lieu de travail de la personne, ni le nombre d’heures qu’elle travaille par jour, ni ce qui l’attend à la maison le soir.

En faisant mes propres recherches, j’ai découvert qu’une vue d’ensemble est nécessaire pour comprendre pourquoi nos ancêtres ont pris certaines décisions. À cet égard, le journal du notaire François-Hyacinthe Séguin, de la région de Terrebonne, au Québec, s’est révélé une ressource généalogique inusitée, mais ô combien utile pour comprendre l’histoire canadienne de la première moitié du 19e siècle.

François-Hyacinthe Séguin reçoit sa commission de notaire le 15 octobre 1808 et ouvre un bureau à Terrebonne, où il sert la communauté toute sa vie. En plus de prendre des notes détaillées sur les naissances, les mariages et les décès qui surviennent dans la petite ville, il consigne des détails sur les activités sociales, politiques et environnementales de la région.

Le journal couvre la période du 7 février 1831 au 2 mars 1834. Il s’agit d’un récit fascinant de la vie religieuse et sociale à Terrebonne. M. Séguin y raconte une variété d’événements, comme les charivaris après les mariages locaux, l’épidémie de choléra dans la collectivité, une éclipse solaire et le premier orage de l’année.

Une page manuscrite tirée d’un journal.

Une page du journal de M. Séguin où il raconte que, à la suite du décès d’Antoine Collard et de Louis Turgeon, même les sceptiques doivent maintenant admettre qu’une épidémie de choléra sévit dans la collectivité. L’auteur décrit les deux hommes et n’hésite pas à poser des jugements à leur sujet, fournissant ainsi des données utiles pour les généalogistes. (e004158805)

Une autre partie importante du journal de M. Séguin est son récit du mouvement des patriotes. L’auteur relate avec diligence la situation politique de l’époque et parle des politiciens locaux qui n’ont pas été admis au sein de la Chambre d’assemblée après avoir été élus. Il décrit aussi le climat de tension au cours des dernières élections et la violence que les électeurs ont subie.

Séguin se penche également sur la vie dans la localité. Il exprime librement ses sentiments à l’égard de ses amis, de ses voisins et de sa famille en des termes qui ne sont pas toujours flatteurs. Dans l’une des entrées, il explique comment un de ses élèves a récemment été arrêté et précise qu’il n’a aucune compassion pour lui, même s’il devrait en avoir. Dans une entrée où il évoque la mort d’une veuve de la localité, il critique ses tendances frugales et son manque d’interactions sociales. En évoquant la mort du prêtre d’une ville voisine, il glisse une critique sur l’apparence de l’ecclésiastique.

Une page manuscrite tirée d’un journal.

Une page du journal de M. Séguin, où les sujets varient d’un orage hivernal au décès de résidents locaux. (e004158841)

Vous voulez en savoir plus sur les bons et moins bons côtés de Terrebonne en 1831? Participez à notre défi Co-Lab, consacré au fascinant journal de François-Hyacinthe Séguin. Chaque page est remplie d’observations captivantes et souvent critiques, qui nous aident à mieux comprendre à quoi ressemblait la vie dans une petite ville du Québec au milieu du 19e siècle. Vous pouvez aider à transcrire ou à traduire le journal de M. Séguin pour que tout le monde puisse en savourer les récits sans compromis.

Pour en savoir plus sur vos propres ancêtres, visitez nos pages sur la généalogie et l’histoire familiale.


Sara Chatfield est chef de projet à la Division des expositions et du contenu en ligne à Bibliothèque et Archives Canada.

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