Louis St-Laurent, initiateur d’une politique canadienne internationale

Par Bruno Sauvagnat

Le 25 juillet 2018 marquait le 45e anniversaire du décès de Louis St-Laurent, douzième premier ministre du Canada (1948-1957) et acteur très présent sur la scène internationale.

Louis St-Laurent naît le 1er février 1882 dans le petit village de Compton, au Québec, où il est élevé par ses parents Jean-Baptiste Moīse St-Laurent et Mary Ann Broderick. Durant sa jeunesse, il est initié à la politique par son père, candidat libéral défait aux élections provinciales. Mais il s’intéresse peu à ce domaine et préfère se consacrer au droit. En 1905, il termine ses études à l’Université Laval et entame une prestigieuse carrière d’avocat, qu’il poursuivra jusqu’en 1941.

Cette même année, à la demande du premier ministre canadien Mackenzie King, Louis St-Laurent accepte de quitter sa lucrative position pour devenir ministre de la Justice au sein du gouvernement libéral. Il participe alors de près à l’élaboration de plusieurs politiques pour appuyer l’effort de guerre durant la Deuxième Guerre mondiale. Il joue notamment un rôle crucial dans la mise en place de la Loi sur la mobilisation des ressources nationales, qui rend obligatoire l’enrôlement afin de répondre aux besoins en personnel de l’armée canadienne.

En 1946, il devient ministre aux Affaires extérieures, un mandat au cours duquel il se distingue notamment par son discours intitulé The Foundations of Canadian Policy in World Affairs (les fondements de la politique étrangère du Canada). Présenté aux élèves et aux professeurs de l’Université de Toronto, ce discours, s’il n’a rien de très révolutionnaire, est toutefois le premier qui articule clairement les politiques canadiennes sur la scène internationale.

Photo noir et blanc montrant Louis St-Laurent assis sur un canapé, lisant un journal à deux fillettes assises de chaque côté de lui.

Louis St-Laurent faisant la lecture à des enfants, 1947. Les photos comme celle-ci permettaient de renforcer son image d’homme aimable et accessible. Source : a125907

Deux ans plus tard, Louis St-Laurent succède au premier ministre Mackenzie King à la tête du pays. Il doit en partie sa réussite à un changement d’image : de l’avocat discret qu’il était, il est devenu un homme abordable, près du peuple canadien. C’est d’ailleurs durant cette période qu’il acquiert le surnom d’« Uncle Louis » (oncle Louis) dans les médias anglophones.

Photo noir et blanc de Louis St-Laurent entouré de militaires. Deux soldats sud-coréens se tiennent à sa gauche, et deux autres à sa droite. À l’arrière-plan, on distingue deux soldats canadiens. Au premier plan, à gauche, on aperçoit le profil partiel d’un soldat canadien portant des lunettes et un képi.

Le premier ministre Louis St-Laurent visite les troupes canadiennes du 3e Bataillon du Régiment Royal du Canada dans un champ de tir en Corée, mars 1954. Source : e011185001

Une fois au pouvoir, Louis St-Laurent s’emploie à faire du Canada un acteur important sur la scène internationale, décidant notamment d’appuyer les forces de l’Organisation des Nations Unies qui interviennent en Corée. C’est aussi durant son gouvernement que les Casques bleus verront le jour pour résoudre la crise politique dans le canal de Suez.

Louis St-Laurent n’hésite pas à faire appel aux institutions internationales capables de soutenir ses initiatives. Mais si ses décisions en matière de politique étrangère semblent parfois fondées sur une vision humanitaire, elles reposent plutôt sur une approche pragmatique. En effet, le Canada bénéficie économiquement et politiquement d’un monde plus stable, prêt à acheter ses surplus.

Louis St-Laurent a également à cœur de maintenir l’unité du pays. C’est durant son mandat que Terre-Neuve-et-Labrador rejoint la Confédération. Il cherche aussi à apaiser les tensions entre les communautés anglophones et francophones, très apparentes depuis la conscription.

En 1957, fatigué et âgé de 75 ans, Louis St-Laurent est défait aux élections par le conservateur John Diefenbaker. Il lègue aux Canadiens une nation capable de faire face aux défis de la guerre froide. Il prend alors sa retraite de la politique, mais renoue avec sa carrière d’avocat. Il rend l’âme en 1973.

Si vous désirez en apprendre plus sur Louis St-Laurent, vous pouvez consulter le fonds qui porte son nom à Bibliothèque et Archives Canada.

Sources :


Bruno Sauvagnat est étudiant archiviste à la Division des archives privées du monde de la science et de la gouvernance à Bibliothèque et Archives Canada.

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