Quel est le poids de votre collection? – Deuxième partie

Par Lisa Hennessey

La construction du Centre de préservation de pellicule de nitrate de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) a été parachevée en 2011. Le plan de l’édifice suit la Norme sur l’entreposage et la manipulation des pellicules de nitrate (NFPA 40; en anglais seulement) de l’Association américaine de protection contre les incendies. BAC a donc respecté certaines règles, dont celle qui limite à 305 mètres (1 000 pieds) la quantité de pellicule de nitrate pouvant être entreposée dans chaque compartiment ignifuge.

Les longueurs fixées par la norme font clairement référence aux pellicules cinématographiques, qui se mesurent facilement en mètres ou en pieds. Mais la longueur des documents est plus difficile à évaluer lorsqu’il s’agit d’entreposer 600 000 négatifs de divers formats rangés dans 1 600 contenants. Que représentent 305 mètres dans un contenant rempli de négatifs mesurant 4 po X 5 po? Pour contourner ce problème, BAC a plutôt décidé de s’attarder au poids. Selon les estimations, 305 mètres de pellicule cinématographique pèsent 4,5 kilos (10 livres) de nitrate. Voilà donc la limite qui a été fixée pour chaque compartiment.

La plupart des négatifs en nitrate de BAC se trouvent dans des enveloppes de papier (comprenant parfois plusieurs négatifs) rangées dans des boîtes de carton. Pour déterminer le poids des pellicules de nitrate conservées dans un contenant, il fallait d’abord peser un contenant vide. Le personnel de BAC a pesé un exemplaire de tous les types de contenants que l’on retrouve dans la collection, par exemple des enveloppes de tous les formats. Puis, une équipe a parcouru l’ensemble de la collection, pesant chaque contenant et estimant le nombre d’enveloppes de chaque taille qui s’y trouvait. Une fois ces données recueillies, il suffisait de soustraire le poids du contenant et des enveloppes de papier du poids total pour obtenir une estimation très précise de la quantité de nitrate rangée dans chaque contenant. Quand le poids d’un contenant dépassait la limite de 4,5 kilos, son contenu était réparti dans deux contenants.

Photo couleur d’une femme portant des gants de nitrile qui retire un négatif d’une enveloppe. La table devant elle est couverte d’enveloppes et de boîtes d’archives.

Pellicules de nitrate placées dans de nouveaux contenants.

Ce travail a permis d’établir une liste des contenants et d’estimer la quantité de nitrate qui s’y trouvait. Quoique précieuse, cette information n’était guère utile pour le grand jour. BAC devait déménager toute la collection de nitrate dans le nouvel édifice en quelques jours seulement. Deux équipes furent formées : une, à Rockcliffe, chargeait les contenants dans des chariots, tandis que l’autre, au Centre, déchargeait les camions, amenait les documents dans les chambres fortes et plaçait les contenants sur les étagères. La température des chambres fortes est maintenue à 2 °C, alors tout le monde avait intérêt à déménager aussi efficacement que possible. Ce n’était pas le temps de vérifier le poids des contenants à partir de leurs codes à barres et d’effectuer des opérations mathématiques pour respecter la limite de 10 livres dans chaque cube.

Des étiquettes portant un chiffre de 1 à 10 écrit en gros indiquaient la quantité de nitrate dans chaque contenant. Le chiffre représentait une catégorie de poids : moins d’une livre, de deux, etc.

Étiquette grise portant les acronymes français et anglais du Centre de préservation de pellicule de nitrate à gauche (CPPN et NFPF), et le chiffre 5 à droite.

Exemple d’une étiquette pour cinq livres de nitrate.

Grâce à ces étiquettes, il était facile de respecter la limite de 10 livres sur chaque étagère et d’optimiser l’utilisation de l’espace. Étaient rangés ensemble les contenants d’une et neuf livres, de deux et huit, etc. (les compartiments de dix livres occupant un cubicule à eux seuls). Pour simplifier encore les choses, les chiffres dont la somme donne 10 étaient imprimés dans la même couleur. Les employés n’avaient donc qu’à jumeler les étiquettes de même couleur!

Image en couleur montrant deux colonnes de cinq étiquettes portant les acronymes CPPN et NFPF ainsi qu’un chiffre de 1 à 10.

Étiquettes indiquant le poids des contenants à l’aide d’un code de couleur en vue du déménagement au Centre.

Tout s’est bien passé : en à peine deux jours, BAC a déménagé 5 575 bobines et plus de 1 600 contenants de négatifs au Centre. Les pellicules de nitrate sont maintenant entreposées dans des compartiments dont la température est maintenue à 2 °C, ce qui permettra de les préserver à long terme.

Photo couleur montrant quatre personnes debout au milieu d’une allée, entre deux rayons, plaçant des boîtes sur des étagères.

Employés de BAC déménageant la collection de nitrate au Centre de préservation de pellicule de nitrate.


Lisa Hennessey est coordonnatrice de projet à la Direction générale de la préservation de Bibliothèque et Archives Canada.

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