Gardiens de phare recherchés!

De la fin du 19e siècle au début du 20e siècle, les phares faisaient partie intégrante de la vie dans le Canada atlantique : la région en comptait à elle seule plus de 135. C’est au gardien de phare qu’incombait la tâche de garder la lumière allumée coûte que coûte – un engagement qui reposait souvent sur les épaules de toute sa famille.

Dans son centre de services régionaux de l’Est du Canada, à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, Bibliothèque et Archives Canada conserve des dossiers sur de nombreux phares érigés dans le Canada atlantique.

L’un deux, le phare de Cape Bear, sur l’Île-du-Prince-Édouard, est particulièrement intéressant. Il est situé tout près du poste de radiotélégraphie Marconi qui a reçu l’un des premiers signaux de détresse transmis par le Titanic.

Mais qui sont donc les gardiens qui ont séjourné au phare de Cape Bear, veillant sur sa lumière?

Ils sont au nombre de six, et chacun possède une histoire unique. Les documents de Transports Canada nous permettent d’explorer des pans de leur carrière et de leur vie personnelle.

Nous n’avons que quelques documents sommaires concernant les premiers gardiens du phare. Ainsi, nous savons que le tout premier, Thomas Hugh Munn, a commencé à travailler le lendemain de Noël 1881. En revanche, nous n’avons aucun document sur le second gardien, William Harris.

Martin Luther Jordan a gardé le phare du début du 20e siècle jusqu’au 15 juillet 1912. Dans une lettre adressée au surintendant des phares, il explique s’être endormi après avoir veillé, un soir de tempête; à son réveil, le phare était éteint. Comme il l’écrit, « le diable avait pris possession de la lumière ». Jusque là, il croyait à tort que la lumière pouvait briller toute la nuit.

Hiram Hyde fut le cinquième gardien du phare. Vers la fin de sa carrière, il décide de quitter son poste pour se lancer dans l’hôtellerie. Mais ses plans ne se réaliseront jamais : il décède un mois plus tard, trois jours après avoir déclaré souffrir de sévères maux de gorge.

Document textuel en noir et blanc. En gros caractères noirs : Civil Service of Canada Position Vacant Lightkeeper (poste vacant de gardien de phare au sein de la fonction publique du Canada).

Offre d’emploi pour le poste de gardien du phare de Cape Bear. (no MIKAN 4842029)

Le gardien de phare suivant, Clarence White, un ancien combattant de la Première Guerre mondiale, connaît un destin encore plus tragique. Homme d’une grande sobriété, travaillant et ambitieux, il commence à travailler la veille de Noël de l’an 1925, mais meurt de tuberculose moins d’un an plus tard, laissant dans le deuil sa femme de 23 ans, un jeune enfant et un bébé.

Le dernier gardien du phare, Ewart Keeping, considéré comme l’un des meilleurs en raison de l’excellence de son service, reste en poste à Cape Bear pendant 33 ans. Ancien combattant ayant servi en France et en Égypte, il est aussi pêcheur et enseignant.

Devant les ouragans, les bancs de brouillard, les tempêtes hivernales et les vents du nord, les habitants des provinces de l’Atlantique ont toujours été reconnaissants envers les gardiens de phare et leur famille. Ils savaient que grâce à leur ardeur au travail, les phares continueraient de briller, guidant marins et pêcheurs vers le rivage en toute sécurité.

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