Nouer des relations, enrichir la collection

Par Michael Kent

Les participants à mes ateliers sont souvent impressionnés quand ils découvrent l’ampleur du mandat d’acquisition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC). Saviez-vous que BAC s’efforce d’obtenir toutes les publications canadiennes existantes, qu’elles soient destinées à la vente ou non? Cela comprend les ouvrages publiés au Canada, rédigés par des Canadiens ou qui portent sur le Canada.

BAC acquiert les publications canadiennes au moyen du dépôt légal, un programme en vertu duquel les éditeurs doivent lui remettre deux exemplaires de chacune de leurs publications. Pour les documents publiés à l’extérieur du pays, c’est plus compliqué : BAC doit les rechercher de façon active. Et souvent, le plus grand défi, c’est tout simplement de savoir qu’ils existent! Ce n’est pas une mince tâche lorsqu’on sait que les auteurs canadiens écrivent sur tous les sujets, dans plusieurs langues, et sont publiés partout dans le monde. Et parfois, je découvre leurs œuvres grâce à des rencontres informelles.

Par exemple, j’ai récemment assisté à une conférence sur la littérature yiddish au Canada. Pendant le souper, j’ai entamé une conversation avec la femme assise en face de moi. Quelle agréable surprise de découvrir qu’il s’agissait de Goldie Morgentaler! Professeure de littérature à l’Université de Lethbridge et fille de l’auteure canadienne yiddish bien connue Chava Rosenfarb (une survivante de l’Holocauste établie à Montréal), Mme Morgentaler est aussi une éminente traductrice de littérature yiddish.

Chava Rosenfarb (à gauche) est assise près de sa fille Goldie Morgentaler, qui lui entoure les épaules de son bras.

Chava Rosenfarb (à gauche) et sa fille, Goldie Morgentaler. Photo : Gracieuseté de Goldie Morgentaler

Quand je lui ai parlé de mon travail à BAC, elle m’a demandé si nous conservions les livres de sa mère. J’ai répondu que nous avions probablement tous ceux qui avaient été publiés au Canada (car ils sont assujettis au dépôt légal); mais il se pouvait que nous n’ayons pas certains livres publiés à l’extérieur du pays. Or, Goldie Morgentaler tenait vraiment à ce que nous conservions l’œuvre intégrale de sa mère. Nous avons donc décidé de fouiller la question.

Après avoir échangé par courriel, nous avons ciblé certains livres de Chava Rosenfarb qui ne faisaient pas partie de la collection de BAC (notamment des traductions publiées aux États-Unis, en Pologne et en Espagne). Ces traductions d’ouvrages canadiens publiées à l’étranger sont précieuses, car elles témoignent de l’influence de la culture canadienne et montrent comment les Canadiens sont perçus à l’étranger.

En plus des œuvres de sa mère, Goldie Morgentaler a offert à BAC quelques périodiques yiddish publiés à l’étranger mais mettant en vedette des auteurs canadiens, comme des numéros de Di Pen et de Yiddishe Kulture. Ces écrits, publiés à l’étranger dans des langues autres que le français et l’anglais, aident à mieux comprendre la diversité culturelle du Canada.

Et ce n’est pas tout : Goldie Morgentaler nous a aussi fourni des renseignements bibliographiques importants sur ces périodiques. Elle avait collé sur chaque numéro un papillon adhésif précisant les pages ayant du contenu canadien et mentionnant la ville d’origine des auteurs.

Douze périodiques déposés sur une table. Chaque numéro comporte un papillon adhésif sur lequel Goldie Morgentaler a identifié le contenu canadien.

Quelques-uns des périodiques yiddish donnés par Goldie Morgentaler. Elle a inscrit sur des papillons adhésifs des renseignements bibliographiques pertinents pour BAC. Photo : Michael Kent

Bien sûr, même si je suis un bibliothécaire spécialisé en littérature judaïque, je ne connais pas tous les auteurs juifs. Ma rencontre avec Goldie Morgentaler m’a permis de découvrir de nouveaux auteurs et de nouvelles publications, et d’ajouter à notre collection nationale des documents rédigés dans d’autres langues que le français et l’anglais. Je suis toujours reconnaissant envers les personnes qui, comme elle, sont passionnées d’histoire et de culture canadiennes. Nouer des liens avec des gens de l’extérieur est essentiel pour enrichir la collection de BAC et les connaissances du public sur le Canada.

Ce fut un honneur pour moi de collaborer avec Goldie Morgentaler. Et j’ai déjà hâte à ma prochaine rencontre avec un étranger!


Michael Kent est le conservateur de la collection Jacob-M.-Lowy à Bibliothèque et Archives Canada.

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