Les auteurs inuit de la collection à l’honneur

À la gauche de l’image, Tatânga Mânî (le chef Walking Buffalo, aussi appelé George McLean) est à cheval dans une tenue cérémonielle traditionnelle. Au centre, Iggi et une fillette font un kunik, une salutation traditionnelle dans la culture inuite. À droite, le guide métis Maxime Marion se tient debout, un fusil à la main. À l’arrière-plan, on aperçoit une carte du Haut et du Bas-Canada et du texte provenant de la collection de la colonie de la Rivière-rouge.Sarah Potts

Bonjour! Je m’appelle Sarah et je suis bibliothécaire. Je travaille avec les éditeurs des Premières Nations, des Inuit et de la Nation métisse pour le programme de dépôt légal de Bibliothèque et Archives Canada. Dans le cadre de ce programme, nous travaillons avec les éditeurs et auteurs du pays pour créer une collection nationale à l’image de la société canadienne. Ce que je préfère de mon travail est que je lis les nouveautés et les grands classiques de mes auteurs préférés, en plus d’en découvrir de nouveaux. J’ai le plaisir aujourd’hui de vous présenter certains de mes coups de cœur d’auteurs inuit dont les œuvres font partie de la collection.

Quel est mon superpouvoir?

En 2019, Quel est mon superpouvoir?, un livre d’Aviaq Johnston, a été adapté pour le grand écran sous forme de film d’animation. Réalisé par Taqqut Productions, une société basée à Iqaluit, le film a été présenté en première au Festival international du film d’animation d’Ottawa. L’histoire est celle de Nalvana, une fillette qui croyait être la seule à ne pas posséder de superpouvoir.

Ce livre est une pièce maîtresse de la collection, car il s’adresse aux enfants de tous âges, moi y compris. Il évoque ce sentiment que nous connaissons tous un jour ou l’autre : celui de ne pas être unique, de n’être qu’ordinaire et ennuyeux. Il va de soi que ce n’est pas le cas! Nous avons tous un petit quelque chose qui nous rend uniques, un superpouvoir, aussi petit soit-il. Quel est mon superpouvoir? nous apprend que la bienveillance n’a pas de prix et que nous devrions tous témoigner d’un peu plus de bienveillance à l’égard des autres et de nous-mêmes. (OCLC 994209423; 4 ans et plus)

Mamaqtuq!

Mamaqtuq! est un livre bilingue que nous avons reçu récemment. Écrit par The Jerry Cans et illustré par Eric Kim, ce livre raconte, en français et en inuktitut, l’histoire d’une chasse au phoque. Le récit est facile à suivre et accessible à tous. Si vous ne le connaissez pas déjà, The Jerry Cans est un groupe de musique basé à Iqaluit qui marie chants de gorge inuit et folk rock. Mamaqtuq! est un ouvrage aux illustrations magnifiques qui tire son titre d’une chanson d’un des albums du groupe.

Ce livre, et ses auteurs, vont à l’encontre des idées reçues entourant la chasse au phoque. Mamaqtuq! vous entraîne dans une aventure des plus fascinantes. Entièrement plongée dans l’histoire, j’ai eu l’impression de faire partie de ce groupe d’amis. J’ai aussi immédiatement téléchargé le dernier album de Jerry Cans. J’espère que vous trouverez aussi le temps d’écouter leur musique. (OCLC 1090062562; 6 ans et plus)

Taaqtumi

Image en couleur de la tranche d’un livre noir avec une écriture rouge et argentée.Image en couleur de la tranche d’un livre noir avec une écriture rouge et argentée.

Photo du livre Taaqtumi

Un autre livre dont je veux vous parler est Taaqtumi, un titre qui se traduit par « L’obscurité ». Ce recueil de nouvelles met à l’honneur des auteurs reconnus comme Aviaq Johnston et Gayle Kabloona. Les récits mettent en scène plusieurs personnages en déplacement lors d’une tempête de neige. Après votre lecture, vous ne pourrez vous empêcher de jeter un œil par-dessus votre épaule ou de sursauter à chaque bruit! Si, comme moi, vous aimez l’horreur, mais à petites doses, ce livre est parfait pour vous. (12 ans et plus)

Photo en couleur d’un chat gris et blanc sur un tapis rouge à motifs.

Leia, ma chatte, est ma compagne de voyage de confiance. Elle veille à ce que je ne m’aventure pas trop loin dans l’obscurité et me ramène à la réalité quand elle sent que j’en ai besoin. (OCLC 1085967602)

The Diary of Abraham Ulrikab: Text and Context

Avertissement quant au contenu : actes extrêmes de violence coloniale; langage offensant pouvant choquer; images de défunts; mort

The Diary of Abraham Ulrikab a été écrit en 1880, mais n’a été largement diffusé qu’en 2005. Il s’agit de l’un des plus anciens documents écrits par un Inuk en inuktitut. Il relate l’expérience d’Abraham et de huit autres Inuit qui vivaient au Labrador avant d’être amenés en Europe pour être exposés dans un zoo humain. C’est l’un des rares récits d’une personne ayant vécu dans le zoo humain de Carl Hagenbeck. L’auteur et sa famille ne sont jamais rentrés chez eux : ils ont succombé à la variole en 1881. Ce livre réfute la croyance selon laquelle les Inuit étaient analphabètes avant de rencontrer les colons du Sud dans les années 1950, d’où son importance. (OCLC 61258817; 17 ans et plus)

Le harpon du chasseur

À l’époque de sa parution, en 1969, Le harpon du chasseur était l’un des rares livres écrits par un Inuk à être publié au Canada par une grande maison d’édition. Son auteur, Markoosie Patsauq, a mené une vie remarquable : il a été pilote, traducteur pour le gouvernement et gestionnaire d’un organisme communautaire, en plus de défendre activement les intérêts de sa communauté. Il est décédé en mai 2020.

Le harpon du chasseur est une histoire d’un passage à l’âge adulte dans laquelle le narrateur doit composer avec le deuil, la colonisation et les pensées suicidaires. C’est une lecture parfois difficile, car elle touche des sujets sensibles. Cependant, le récit montre la résilience des personnages et l’importance de la communauté pour surmonter l’adversité. Une nouvelle traduction anglaise (Hunter with Harpoon) est également offerte. (OCLC 710886602; 17 ans et plus)

Unikkaangualaurtaa : Raconte-moi une histoire. Voici 26 histoires et chansons du Nunavik accompagnées de suggestions d’activités pour les jeunes enfants.

Une photo en couleur de deux canards jouets faits à la main, un blanc et un brun, se faisant face devant un ciel bleu.

Deux canards jouets fabriqués à la main vers 1960. Ils font partie du fonds Rosemary Gilliat Eaton (e010799828)

Ce livre est essentiellement une ressource pédagogique pour les enseignants travaillant dans les communautés inuit au Canada. Il contient 26 histoires écrites par des aînés visant à instruire aussi bien les élèves que les professeurs. Chaque récit est considéré comme un classique et comprend des suggestions d’activités à faire après la lecture, comme de l’artisanat. (OCLC 1032020866; 3 ans et plus)

The Caribou taste different now : Inuit Elders Observe Climate Change

Bienvenue à Pond Inlet, Nain et Baker Lake, trois des nombreuses collectivités isolées de l’Arctique. Elles partagent un point commun : ce sont les endroits qui ressentent le plus les effets des changements climatiques. The Caribou taste different now diffuse le savoir de 145 aînés qui ont vu l’Arctique se transformer, le pergélisol fondre, une nouvelle flore commencer à émerger et, plus important encore, les habitudes migratoires des animaux sauvages changer. Ils parlent de l’impact des changements climatiques sur les modes de vie traditionnels et des mesures qui, selon eux, pourraient y mettre fin. (OCLC 945583292; 17 ans et plus)

Ce billet ne fait qu’effleurer l’étendue des connaissances que les auteurs diffusent dans leurs écrits. Vous voulez connaître les livres d’auteurs inuit offerts dans votre région? Consultez votre bibliothèque locale et, si vous êtes à Ottawa, prenez rendez-vous avec nous dès que les mesures sanitaires auront été assouplies! Vous pouvez également faire une recherche dans notre catalogue, Aurora.

Remarque : Ce billet n’aurait pu être rédigé sans la contribution et les commentaires de Heather Campbell, ancienne employée de Bibliothèque et Archives Canada, et de Jennelle Doyle, archiviste pour l’initiative Écoutez pour entendre nos voix. Heather travaille désormais pour l’Inuit Art Foundation. Heather et Jennelle sont originaires du Nunatsiavut, à Terre-Neuve-et-Labrador.


Sarah Potts est bibliothécaire des acquisitions au sein de l’équipe responsable du dépôt légal à la Direction générale du patrimoine publié de Bibliothèque et Archives Canada.