Faut il absolument s’identifier comme Métis pour en être un?

Décrire les documents confiés à Bibliothèque et Archives Canada (BAC) est un travail qui demande beaucoup de rigueur. Des employés minutieux font tout en leur pouvoir pour rédiger des descriptions aussi utiles et complètes que possible à l’intention des chercheurs.

Les personnes qui cherchent des documents sur les Autochtones dans la collection de BAC s’attendent généralement à ce que le lieu, la date et le groupe visé soient mentionnés clairement pour tous les documents. Malheureusement, il n’est pas rare que ces renseignements manquent à l’appel lorsque BAC fait des acquisitions. L’institution s’efforce cependant de fournir des renseignements supplémentaires dans la mesure du possible.

Quand il s’agit des Métis, un autre défi se pose. Il est facile d’identifier un Louis Riel ou un Gabriel Dumont comme étant Métis, et de décrire les documents en conséquence. Mais qu’en est‑il des personnes qui ne déclarent pas ouvertement leurs origines?

De nos jours, l’auto‑identification est un des principaux moyens d’affirmer son identité métisse; elle fait même partie des démarches à accomplir pour obtenir une carte de Métis. Le recensement fédéral donne aux Métis une autre occasion de s’identifier comme tels. Celui de 2006 montre que la population métisse a crû plus rapidement que celle des autres groupes, autochtones ou non : leur nombre a presque doublé (en hausse de 91 %) entre 1996 et 2006. Cette croissance s’explique peut‑être par le fait que de nombreuses personnes ont décidé de s’identifier comme Métis.

À la lumière de ces faits, comment devrions‑nous décrire les documents pour les futurs chercheurs? La non‑affirmation de l’origine ethnique est un fait historique. À une certaine époque, s’afficher comme Métis entraînait son lot de difficultés. Les membres de la Nation métisse parlent d’une période sombre ayant débuté en 1870 et pendant laquelle ils ont subi de durs traitements de la part des autres Canadiens. La communauté a réagi en se repliant sur elle‑même, car l’auto‑identification pouvait limiter les perspectives économiques, voire menacer la sécurité des familles.

Louis Riel a écrit :

« Mon peuple s’endormira pendant 100 ans, mais il se réveillera, et ce sont les artistes qui lui redonneront vie. » [traduction]

Pour décrire les archives, il faut tenir compte des choix personnels des Canadiens. L’ajout de l’étiquette Métis à une description doit être un choix respectueux et réfléchi.

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