Les cahiers de dessins de William Redver Stark : quelques détails

Au cours des prochains mois, le blogue présentera une série d’articles visant à faire découvrir le travail de conservation qui se fait en coulisse. Grâce à cette activité, la collection de Bibliothèque et Archives Canada est conservée, préservée et mise à la disposition des générations futures qui pourront continuer d’en jouir. Ce faisant, nous accompagnerons l’équipe de conservation alors qu’elle s’affairera à préserver les cahiers de dessins de William Redver Stark. Cette année, nous avons eu un premier aperçu de la restauration des cahiers de dessins ainsi qu’un balado sur William Redver Stark. Au cours des prochains mois, l’équipe s’emploiera à la conservation des cahiers et à la documentation du processus de conservation sur le blogue, Facebook et Twitter.

Examen des cahiers de dessins : le travail préparatoire

Le papier utilisé dans les 14 cahiers de dessins est soit du papier vélin pour aquarelle soit du papier vélin à dessin. Le papier vélin est fabriqué au moyen d’un laminoir à fil tissé serré ou d’un moule arborant un modèle de tissage délicat. Comme on pouvait s’y attendre, les huit cahiers de dessins composés de papier à dessin ne comportent pas de filigrane. Les filigranes sont un motif ou un symbole, comme le nom du fabricant, imprimé sur un morceau de papier et que l’on peut voir quand on tient le papier devant une source lumineuse. Trois des six cahiers de dessins faits de papier pour aquarelle ont des filigranes de différents fabricants de papier britanniques.

Une photographie en couleur illustrant le dessin à l’aquarelle d’un cheval. Au bas de la feuille, on peut voir l’impression délicate du filigrane « 1915 England » (1915 Angleterre).

Filigrane indiquant « 1915 England » (1915 Angleterre) dans l’un des cahiers de dessins.

Les dimensions des cahiers de dessins varient de 84 x 126 mm à 145 x 240 mm, ce qui correspond approximativement à la taille d’un téléphone intelligent ou d’un jeu de cartes. Aucun des cahiers n’est paginé, mais en les regardant de plus près, on peut voir l’ordre dans lequel l’artiste a utilisé les cahiers; certains ont été utilisés du début à la fin, d’autres à partir de la fin jusqu’aux premières pages ou encore dans une séquence totalement aléatoire.

Une photographie en couleur de trois cahiers de dessins tachés déposés sur une table blanche à côté d’un téléphone intelligent afin de comparer la taille des objets.

Trois cahiers de dessins déposés à côté d’un téléphone intelligent afin de comparer la taille.

Un examen plus approfondi révèle d’autres éléments d’information importants. Certains des livres arborent encore l’étiquette du libraire, des étiquettes des coloristes ou des estampes à l’encre. On peut en retirer d’autre information sur la composition du papier, le format et la provenance du livre. Certaines étiquettes indiquent le nombre de pages, ce qui est particulièrement utile pour déterminer si des pages sont manquantes. L’examen a permis de conclure qu’il manquait de nombreuses pages dans ces cahiers de dessins. Les renseignements sur la provenance montrent aussi que les livres ont été acquis de divers relieurs, de libraires à Londres et en France et que certains étaient vendus à des consommateurs britanniques, français et allemands.

Photographie en couleur d’une étiquette jaune renfermant de l’information sur le relieur du cahier de dessins.

Exemple d’une étiquette d’un coloriste indiquant le fabricant, la provenance du cahier de dessins, le nombre de pages et la qualité du papier.

Les blocs de feuillets (le corps principal du livre) forment un cahier composé de quatre à huit in-folio. Un cahier est un groupe d’in-folio. Un in-folio est une seule page, pliée une fois. Tous les cahiers de dessins, sauf deux, ont été reliés de manière traditionnelle, l’un étant doté au dos de deux anneaux de métal et l’autre d’une reliure agrafée. Ces deux structures à reliure simple ont été fabriquées à la main et n’ont pas été conçues au moyen des méthodes de fabrication commerciale et industrielle communément utilisées dans la conception des livres à l’époque. Tous les cahiers de dessins sont dotés de couvertures de carton rigide. Les reliures sont unies et ont un aspect utilitaire, les couvertures et le dos n’arborant aucune décoration, à l’exception des notes manuscrites à l’encre ou au graphite, possiblement rédigées par l’artiste. Le dos de deux cahiers de dessins est fait de cuir, du tissu recouvrant le carton. Les autres livres ont des reliures de canevas beige dotées d’un fermoir à élastique. La plupart des cahiers de dessins sont munis d’un porte-crayon.

Les cahiers de dessins n’ont jamais fait l’objet de réparation ni de travaux de conservation, et ils présentent de multiples problèmes mineurs ou graves menaçant la stabilité, notamment :

  • des pages qui se détachent du dos
  • du papier déchiré et des morceaux de papier détachés
  • des pages manquantes
  • des pages placées dans un ordre autre que celui à l’origine
  • des fils de reliure brisés
  • un joint faible ou brisé reliant les blocs de feuillets aux couvertures
  • du ruban adhésif sur les couvertures
  • des zones fragilisées sur la couverture de tissu et du carton

Le prochain article de la série, intitulé « The William Redver Stark sketchbooks: page mapping », portera sur les méthodes employées par l’équipe de conservation pour déterminer l’ordre des pages dans les cahiers de dessins.

Visitez Flickr pour consulter d’autres images illustrant l’examen aux fins de la conservation.

Le grand jeu de la guerre

Les vedettes du hockey au Canada n’ont pas été épargnées par l’appel aux armes quand la Première Guerre mondiale a éclaté en 1914. En fait, ces jeunes hommes solides constituaient une population de choix à inciter au service. Ils ont, entre autres, contribué à la promotion de la guerre comme jeu ultime pour un athlète.

Créée en partenariat avec le Temple de la renommée du hockey, à Toronto, la nouvelle exposition Hockey Marching as to War : The First World War and a Century of Military Ties to the Game (en anglais seulement (les hockeyeurs au front : la Première Guerre mondiale et un siècle de liens militaires avec le hockey) porte sur les répercussions de la Première Guerre mondiale sur les joueurs de hockey, et raconte comment le hockey organisé a été transformé pendant et après cette guerre.

Affiche de guerre dépeignant un soldat qui voit dans la fumée de son fusil une aréna remplie d’amateurs de hockey regardant des joueurs sur la glace.

“Why don’t they come?” Join the 148th Battalion (« Pourquoi ne viennent-ils pas? » Devenez membres du 148e Bataillon), campagne de recrutement, ca. 1914–1918 (MIKAN 3635547)

Une équipe de hockey qui avait joué pour l’Association nationale de hockey (ANH) s’est intégrée au 228e bataillon, les Northern Fusiliers, formé en 1916. Le bataillon comptait 12 joueurs de hockey professionnels ou semi-professionnels. En fin de compte, cette équipe a fini par être un coup de publicité et a servi à promouvoir le recrutement, remonter le moral des troupes et parer à la pénurie de joueurs dans l’ANH pendant la guerre.

Toutefois, un scandale a éclaté lorsque le bataillon a été appelé à servir au front : on a découvert que certains joueurs s’étaient fait promettre qu’ils n’auraient jamais à aller à la guerre. Ces joueurs ont donc été envoyés à l’étranger, mais ont été affectés à la construction de rails pendant les deux années suivantes.

Photographie panoramique en noir et blanc présentant quatre groupes de soldats se tenant debout, dehors, en hiver.

228e bataillon, CEC, 1916 (MIKAN 4474052)

Conn Smythe

La légende du hockey, Conn Smythe, s’enrôle en 1915, une semaine après avoir gagné le championnat de l’Association de hockey de l’Ontario. Smythe sert dans l’artillerie canadienne et reçoit la Croix militaire avant d’être transféré à la Royal Flying Corps, en 1917. Il occupe un poste d’observateur jusqu’à ce qu’il soit blessé par des tirs ennemis et fait prisonnier. Malgré deux tentatives d’évasion, il passe plus d’un an dans un camp allemand de prisonniers de guerre. Smythe deviendra plus tard le principal propriétaire des Maple Leafs de Toronto.

Photographie en noir et blanc d’un homme en uniforme regardant directement l’appareil photo.

Portrait du Lt Conn Smythe, ca. 1914–1919 (MIKAN 3221254)

Frank McGee le borgne

Frank McGee « le borgne », comme on l’appelait, s’enrôle dans l’armée en 1914, même s’il ne voit plus de son œil gauche depuis plus de 10 ans. Il aurait passé son examen médical avec succès en mémorisant les éléments du test d’acuité visuelle observés avec son bon œil. Dans son rapport, le médecin note que la vision de l’œil droit est bonne, mais il n’écrit rien concernant la vision de l’œil gauche, peut-être parce qu’il ne voulait pas dire au meilleur compteur de la ligne qu’il ne pouvait pas combattre pour son pays.

Image numérisée d’un formulaire présentant de l’information médicale et dont les champs sont à l’encre noire et les réponses écrites à l’encre noire également.

Certificat médical du Lt Frank Clarence McGee (tiré du dossier du CEC sur McGee, PDF, p. 28)

En août 1916, McGee participe à la bataille de la Somme. Il meurt un mois plus tard, atteint par un éclat d’obus. Voici un extrait de sa notice nécrologique :

« Les Canadiens, qui savaient de quoi était fait Frank McGee n’ont pas été surpris lorsqu’il a enfilé un autre type d’uniforme, maintenant plus populaire, et qu’il a choisi de prendre part au jeu plus grave et plus sombre qu’est la guerre. Et tout comme dans sa carrière sportive on pouvait toujours le trouver au milieu de la mêlée, il n’y a pas de doute que sur le champ de bataille, le lieutenant McGee ne connaissait pas la peur et n’a jamais fui devant le danger. »

(Ottawa Citizen, 23 septembre 1916)

Si vous vous trouvez à Toronto, allez voir l’exposition, qui sera présentée par le Temple de la renommée jusqu’en février 2015 !

Photos de la Première Guerre mondiale, partie II : Comment trouver des photos de la Première Guerre mondiale

La première partie de cette série portait sur le Bureau canadien des archives de guerre (le Bureau). Voici maintenant quelques stratégies pour vous aider à trouver des photos de la Première Guerre mondiale produites par le Bureau.

Explorer

Vous pouvez explorer les archives de niveau inférieur en cliquant sur les entrées en hyperlien qui apparaissent sous les titres « sous-série » ou « sous-sous série se compose de ». Par exemple, une recherche dans les archives du préfixe O (« O » prefix) débouche sur 4 134 descriptions de niveau inférieur. (Comme des archives sont continuellement ajoutées, ce nombre peut changer.)

Exploration dans la sous-série du préfixe « O ».

Exploration dans la sous-série du préfixe « O ».

Cette stratégie vous permet de voir les photos dans l’ordre dans lequel elles sont classées. C’est une bonne approche si vous n’êtes pas certain de ce que vous cherchez, mais que vous avez une idée du genre de photos qui composent la collection et de la façon dont elles sont décrites.

Recherche

Vous voulez une stratégie plus poussée pour trouver des photos précises à l’intérieur de chaque série? Utilisez la fonction Recherche de fonds d’archives – Recherche avancée. Vous pouvez effectuer votre recherche en utilisant le préfixe « O-? » (avec les guillemets) ou le numéro d’acquisition original (« 1964-114 »), le tout accompagné d’un nom ou d’un mot-clé. En utilisant les guillemets, vous obligez le moteur de recherche à trouver les mots demandés dans le même ordre que celui dans lequel vous les avez tapés. L’utilisation du point d’interrogation (?) vous permet de faire une recherche non limitative. L’astérisque (*), quant à lui, permet d’inclure dans votre recherche les variantes d’un mot; ainsi, si vous entrez « nurs* », vous verrez les résultats comportant nursing, nurse et nurses. (Les documents de la Première Guerre mondiale existent principalement en anglais; les recherches dans cette langue donneront de meilleurs résultats.)

Écran « Recherche de fonds d’archives – Recherche avancée » montrant une recherche de photos liées aux soins infirmiers (nursing) dans la série du préfixe « O ».

Écran « Recherche de fonds d’archives – Recherche avancée » montrant une recherche de photos liées aux soins infirmiers (nursing) dans la série du préfixe « O ».

Si vous ne savez pas dans quelle série se trouvent les photos qui vous intéressent, essayez d’entrer le numéro d’accès « 1964-114 » et un terme précis, comme « Vimy » (349 résultats) ou « Bishop » (21 résultats).

L’image ci-dessous montre les résultats obtenus avec le mot-clé « nurs* » : une liste de photos sur les soins infirmiers et les infirmières militaires.

Résultats de recherche pour « nurs* ».

Résultats de recherche pour « nurs* ».

Parfois, certains résultats sembleront être affichés en double. Il s’agit souvent de fichiers bilingues créés par les archivistes pour aider les Canadiens à trouver plus facilement des éléments dans la langue de leur choix. De plus, dans le cas des photos panoramiques, la photo finale peut provenir de multiples négatifs, chacun étant archivé dans un dossier différent.

Explorez les images du Bureau canadien des archives de guerre, et découvrez sur pellicule ce témoignage officiel de la participation du Canada à la Première Guerre mondiale.

Liens connexes :

Photos de la Première Guerre mondiale, partie I : Le Bureau canadien des archives de guerre

L’année 2014 marque le centenaire du début de la Première Guerre mondiale. Pour l’occasion, les archivistes de Bibliothèque et Archives Canada ont fait le ménage dans les archives officielles des photos de guerre canadiennes. Elles sont maintenant mieux décrites et regroupées par thèmes dans notre base de données en ligne, donc plus facilement repérables pour les Canadiens.

Ces efforts s’inscrivent dans un projet de plus grande envergure : organiser et décrire toute la collection de photos du ministère de la Défense nationale que détient Bibliothèque et Archives Canada. L’objectif est de s’assurer que ces archives sont exactes, complètes et accessibles au grand public.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, en 1914, la plupart des photographes et des journalistes reçoivent l’ordre de ne pas s’approcher du front. L’année suivante, la Première division canadienne foule le sol de l’Europe. En 1916, le millionnaire et baron de la presse Max Aitken reçoit l’autorisation de fonder le Bureau canadien des archives de guerre (le Bureau). Celui-ci transmet au pays des rapports en provenance du front, devenant en quelque sorte, pour le Canada, un témoin oculaire de la guerre. Rapidement, ces rapports sont accompagnés de photos et de peintures.

Tout au long de la guerre, en plus de se procurer des photos auprès de diverses sources, le Bureau emploie trois photographes (le capitaine Henry Edward Knobel, William Ivor Castle et William Rider-Rider), qu’il envoie en France pour capter sur pellicule les batailles, la vie au front et d’autres activités. Ces photos peuvent être consultées dans le fonds du Bureau canadien des archives de guerre. Elles ont été classées par le Bureau en fonction des préfixes suivants :

Le préfixe « O » désigne le fonds le plus volumineux. Ce dernier contient quelque 4 705 photos prises entre mai 1916 et mai 1919. On y retrouve quelques-unes des plus célèbres représentations canadiennes de la Première Guerre mondiale, dont deux photos de William Ivor Castle : Going over the Top (Soldats canadiens franchissant une tranchée) et 29th Battalion advancing over No Man’s Land during the Battle of Vimy Ridge (Le 29e Bataillon d’infanterie avançant en zone neutre lors de la bataille de la crête de Vimy).

Photo noir et blanc composite montrant des soldats sortant d'une tranchée.

Soldats canadiens partant à l’assaut lors d’un entraînement pour les mortiers de chantier. (MIKAN 3206096)

On a plus tard réalisé que les deux photos avaient été en quelque sorte manipulées : la première représente non pas une scène de bataille, mais bien un exercice militaire, et la deuxième a été forgée à partir de deux photos afin d’inclure dans la scène des cadavres et des bouffées de fumée.

Photo noir et blanc composite montrant des soldats avançant dans un paysage complètement détruit avec de la fumée dans l'arrière plan et des cadavres dans l'avant plan.

Le 29e Bataillon d’infanterie avançant en zone neutre, à travers les barbelés et sous le feu nourri des Allemands, lors de la bataille de la crête de Vimy. (MIKAN 3192389)

Dans la deuxième partie de cette série, nous vous expliquerons comment trouver des photos de la Première Guerre mondiale dans le fonds du Bureau canadien des archives de guerre.

Liens connexes :

120e anniversaire de la naissance de William George Barker, as de l’aviation et récipiendaire de la Croix de Victoria

Le trois novembre marqua le 120e anniversaire de naissance de William George Barker, as de l’aviation canadienne au cours de la Première Guerre mondiale et récipiendaire de la Croix de Victoria. Pilote de guerre parmi les plus renommés au pays et militaire le plus décoré de l’histoire du Commonwealth britannique, Barker a abattu 50 avions ennemis au cours de la Première Guerre mondiale.

Le major William G. Barker, 1918

Le major William G. Barker, 1918 (MIKAN 3623168)

W. Barker naît à Dauphin (Manitoba) le 3 novembre 1894. En décembre 1914, il s’enrôle dans le First Canadian Mounted Rifles (le 1er bataillon canadien de fusiliers à cheval), et arrive en France en septembre 1915 pour servir comme mitrailleur. Au début de 1916, Barker est affecté au 9e escadron de le Royal Flying Corps et passe au grade de sous-lieutenant. Il se joint au 15e escadron en juillet et abat pour la première fois un avion ennemi de l’arrière d’un B.E.2. Il reçoit la Croix militaire aux dernières étapes de la bataille de la Somme pour avoir détecté des troupes allemandes se regroupant pour contreattaquer et pour avoir dirigé une attaque d’artillerie qui a mis en déroute une force de 4 000 hommes. Blessé en août 1917, Barker sert alors en tant qu’instructeur de pilotage au Royaume-Uni. Après avoir beaucoup insisté pour servir en première ligne, il se joint au 28e escadron avant la fin de l’année. Pilote exceptionnel, Barker s’est fait remarquer pour son agressivité au combat, son adresse exceptionnelle au tir et sa propension à ignorer les ordres et à effectuer des patrouilles aériennes non officielles.

Le major W. G. Barker, C.V., (5e à partir de la gauche) posant devant un Fokker D.VII à l'aérodrome Hounslow, avril 1919

Le major W. G. Barker, C.V., (5e à partir de la gauche) posant devant un Fokker D.VII à l’aérodrome Hounslow, avril 1919 (MIKAN 3523053)

Le 27 octobre 1918, Barker est affecté au 201e escadron de la Royal Air Force. Un jour qu’il effectue une excursion en solo au-dessus de la forêt de Mormal, il rencontre une formation de Fokker D.VII du Jagdgruppe 12. Dans la bataille qui s’ensuit, au-dessus des lignes canadiennes, Barker abat quatre avions ennemis, avant d’atterrir en catastrophe à l’intérieur des lignes alliées. Il est grièvement blessé mais, en mars 1919, il a récupéré tout juste assez pour faire quelques pas à la cérémonie de remise de sa Croix de Victoria, au palais de Buckingham.

Le majeur W. G. Barker, C.V., devant le Fokker D.VII capturé à l'aérodrome Hounslow, avril  1919.

Le majeur W. G. Barker, C.V., devant le Fokker D.VII capturé à l’aérodrome Hounslow, avril 1919 (MIKAN 3214719)

On attribue à Barker, militaire le plus décoré du Commonwealth britannique, la capture d’un ballon et la destruction de deux ballons (en plus de sept ballons détruits avec d’autres pilotes), la destruction de 33 avions (plus deux avec d’autres pilotes) et la mise hors contrôle de cinq avions.

Après la guerre, avec William « Billy » Bishop, un autre as du pilotage, il fonde Bishop-Barker Aeroplanes Limited. Barker se joint à la toute jeune Aviation canadienne en 1922 à titre de lieutenant-colonel, dont il est nommé directeur par intérim en 1924. Il aura souffert physiquement de ses blessures toute sa vie.

Barker meurt le 12 mars 1930, à 35 ans, après avoir perdu le contrôle de son biplan Fairchild KR-21 au cours d’un vol de démonstration à la station aérienne de Rockliffe. Ses funérailles sont les funérailles d’État les plus imposantes qu’aura connues Toronto.

Bibliothèque et Archives Canada possède le dossier de service du CEC du major William George Barker.

Pour en apprendre davantage au sujet du passé militaire du Canada, visitez le site : Patrimoine militaire.

Les premières victimes canadiennes de la Première Guerre mondiale

C’est un fait bien connu que George Lawrence Price, tué par un tireur d’élite deux minutes avant l’Armistice, le 11 novembre 1918, est le dernier soldat canadien mort au combat pendant la Première Guerre mondiale. Mais qui est le premier?

La question est plus complexe qu’elle n’en a l’air. Le 4 août 1914, la Grande-Bretagne déclare la guerre à l’Allemagne, ce qui déclenche l’entrée en guerre des dominions de l’Empire britannique, dont le Canada. Les membres du Corps expéditionnaire canadien n’arrivent sur les champs de bataille français et belge qu’au début de 1915. Toutefois, des Canadiens sont déjà en Europe lors du déclenchement des hostilités; certains s’engagent dans les forces britanniques et entrent en service plus tôt. Ainsi, des unités britanniques combattent en France et en Belgique dès le début d’août 1914. Les affrontements intenses qui font rage à Mons, dans la Marne et à Ypres ont déjà causé 500 000 pertes en octobre 1914.

Les Livres du Souvenir du Canada et le Mémorial virtuel de guerre du Canada fournissent les noms de plus de 118 000 combattants canadiens morts à la guerre depuis la Confédération. Les Livres du Souvenir s’intéressent surtout aux soldats tués au sein d’unités canadiennes, mais ils mentionnent aussi ceux qui sont morts en combattant dans des régiments britanniques. Sont également nommés les Canadiens morts en service à la suite d’une maladie, d’un accident ou d’une blessure, morts au combat, ou ayant succombé à des blessures subies au combat.

Mort en service, mais pas au combat

Le soldat Harry B. Little, du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry, s’enrôle le 10 août 1914 à l’âge de 26 ans. Il meurt quatre jours plus tard des suites d’une insuffisance cardiaque pendant qu’il voyage à bord d’un train de troupes, en Alberta. Il est enterré au cimetière de Czar, en Alberta.

Mort au combat, mais pas sous le drapeau canadien

Le caporal Charles Raymond fait partie de l’infanterie britannique, plus précisément du 2e Bataillon du King’s Royal Rifle Corps. Né à Windsor, en Ontario, il meurt au combat le 14 septembre 1914, à 32 ans. Il est enterré au cimetière de La Ferté-sous‑Jouarre, en Seine‑et‑Marne (France).

Morts au combat sous les couleurs du pays

Les premiers Canadiens qui meurent en combattant au sein d’une unité canadienne pendant la Première Guerre mondiale sont Malcolm Cann, John Hatheway, William Palmer et Arthur Silver. Ils font partie de la première cohorte de diplômés du nouveau Royal Naval College of Canada. Commandés par le contre‑amiral britannique sir Christopher Cradock, à la base navale de l’Amérique du Nord et des Antilles de la Royal Navy, ils embarquent à bord du HMS Good Hope, qui fait partie de l’escadron de navires chargé de défendre les routes commerciales britanniques contre les attaques de la marine allemande dans l’est du Pacifique. Les quatre hommes participent à la bataille de Coronel, dans l’océan Pacifique, à environ 80 kilomètres au large des côtes du Chili. Le 1er novembre 1914, le combat s’engage contre un escadron allemand commandé par l’amiral Graf Maximilian von Spee, près de la côte chilienne. Au cours de ce qui allait s’avérer la pire défaite navale britannique depuis un siècle, plus de 1 600 marins alliés meurent au combat, y compris ces quatre aspirants de marine canadiens, dont le navire coule corps et biens.

Ressources connexes

État actuel de la numérisation des dossiers de service du Corps expéditionnaire canadien

En janvier 2014, nous avons annoncé un projet visant à numériser 640 000 dossiers de service du Corps expéditionnaire canadien dans le cadre des activités commémoratives entourant la Première Guerre mondiale organisées par le gouvernement du Canada. Le projet a pour but d’offrir un accès gratuit à des versions PDF numérisées d’excellente qualité de tous les dossiers de service, et ce, en tout temps et en tout lieu.

Ces dossiers, qui datent de presque 100 ans, sont très friables. De surcroît, les dossiers de service ont été consultés à maintes reprises au fil des ans, ils sont donc devenus extrêmement fragiles. Le temps était venu de prendre des mesures concrètes pour s’assurer de leur conservation pour les générations à venir.

Afin d’atteindre cet objectif, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) devra fermer des portions de cette collection afin qu’on puisse procéder à leur préparation, à la conservation et à la numérisation. L’ensemble du processus est complexe, car chaque dossier doit faire l’objet d’un examen : il faut retirer les agrafes, les trombones et la colle, et certains dossiers doivent être traités contre la moisissure. Après cette préparation, on passe à la numérisation en commençant par la boîte no 1. Une fois les dossiers numérisés, ils seront entreposés dans un environnement sûr, de façon permanente. Selon notre estimation, 32 000 000 pages pourront être consultées en ligne une fois la numérisation terminée.

Nous sommes heureux de vous informer que nous avons commencé à afficher en ligne des fichiers numérisés. Ils sont accessibles à partir de notre base de données Soldats de la Première Guerre mondiale : 1914‑1918. À ce jour, 76 330 dossiers des 640 000 peuvent être consultés en ligne. Toutes les deux semaines, environ 5 000 dossiers seront téléchargés. Il est possible de faire des recherches dans tous les dossiers numérisés, par nom, par numéro de régiment et par grade. Nous communiquerons avec vous lorsque d’autres dossiers numérisés seront ajoutés à la base de données.