Hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria : capitaine Francis Alexander Caron Scrimger, VC

Aujourd’hui, notre série Centenaire de la Première Guerre mondiale  hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria rappelle à notre mémoire le quatrième médaillé de la Croix de Victoria du Canada de la Première Guerre mondiale, le capitaine Francis Alexander Caron Scrimger, VC.

Il y a cent ans, le 25 avril 1915, le capitaine Francis Alexander Caron Scrimger était le médecin qui supervisait les traitements pour la 2e Ambulance de campagne dans une maison de ferme près de Wiltje, en Belgique, sur la route St. Julien-Ypres. Cela faisait trois jours que les Allemands avaient percé une brèche importante dans le front allié. L’artillerie allemande bombardait avec intensité le secteur et on pouvait voir l’infanterie ennemie du poste de secours. Le capitaine Scrimger, qui a mérité une Croix de Victoria pour les actions qu’il a posées ce jour-là, est resté, malgré le feu nourri, pour diriger l’évacuation des blessés du poste de secours. Dernier à partir, il a transporté un homme gravement blessé, le capitaine Macdonald, de la maison de ferme jusqu’à la route, où les bombardements l’ont obligé à s’arrêter et à protéger avec son propre corps le capitaine Macdonald en attendant une accalmie.

Photographie en noir et blanc montrant un jeune homme, en uniforme militaire, avec une moustache et des lunettes, regardant directement le photographe.

Capt F.A.C. Scrimger, VC (SSAC) (MIKAN 3220991)

La citation du capitaine Scrimger parue dans le London Gazette relate le reste de l’histoire :

Lorsque [le capitaine Scrimger] ne peut aller plus loin avec [le capitaine Macdonald], il reste avec lui, sous la pluie de tirs, jusqu’à l’arrivée des renforts. Au cours des combats très violents qui se sont déroulés entre le 22 et le 25 avril, le capitaine Scrimger a fait preuve jour et nuit d’un grand sens du devoir auprès des blessés, au front. (London Gazette, no 29202, le 23 juin 1915) [traduction].

Le capitaine Francis Alexander Caron Scrimger est né à Montréal (Québec), le 10 février 1881 et a obtenu son doctorat en médecine de l’Université McGill en 1905. Durant la Première Guerre mondiale, il a servi comme médecin-capitaine au sein du Corps de santé royal canadien (CSRC), 14e Bataillon, Royal Montreal Regiment. Le capitaine Scrimger a survécu à la guerre et, plus tard, a œuvré comme aide-chirurgien, puis comme chirurgien en chef à l’hôpital Royal Victoria de Montréal. Il meurt à Montréal le 13 février 1937.

Photographie en noir et blanc montrant quatre hommes debout devant la porte d’un édifice. À l’arrière-plan, on voit une infirmière et un homme regardant la scène.

Un groupe de délégués participant au Clinical Congress of Surgeons of America (dont le colonel Scrimger, VC, deuxième à partir de la gauche, en avant-plan), 1920 (MIKAN 3260187)

Bibliothèque et Archives Canada a la garde du dossier de service du Corps expéditionnaire canadien pour le capitaine Francis Alexander Caron Scrimger.

Autres ressources

 

Hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria : lieutenant Edward Donald Bellew et sergent-major de compagnie Frederick William Hall

Le second épisode dans le cadre du centenaire de la Première Guerre mondiale : la série Hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria rappelle les actions du lieutenant Edward Donald Bellew et du sergent-major de compagnie Frederick William Hall.

Lieutenant Edward Donald Bellew, VC

Le 24 avril 1915, le lieutenant Edward Donald Bellew, un officier âgé de 32 ans faisant partie du 7e (1st British Columbia) Bataillon, combattait près de Keerselaere, en Belgique, sur le saillant d’Ypres pour repousser les assauts des Allemands contre le front allié après que l’armée allemande ait utilisé le gaz toxique pour la première fois avec succès.

Alors que ses frères d’armes tombaient tout autour, soit tués soit blessés, et sans l’espoir d’une relève, le lieutenant Bellew opérait une des deux mitraillettes du bataillon. Lui et le sergent Hugh Pearless sont restés aux commandes de leur mitraillette, positionnés en hauteur et surplombant les troupes allemandes qui avançaient, même s’ils étaient presque complètement encerclés par l’ennemi.

La citation visant à décerner la croix de Victoria au lieutenant Bellew parue dans le London Gazette décrit que même si le sergent Pearless était tombé au combat et que le lieutenant Bellew était blessé, ce dernier « a soutenu le tir jusqu’à épuisement des munitions et que l’ennemi se rue sur sa position. Le lieutenant Bellew s’est alors emparé d’un fusil, a détruit la mitraillette et s’est battu jusqu’à la fin, avant d’être fait prisonnier » [traduction] (London Gazette, no 31340, le 15 mai 1919) (en anglais seulement). Pour ses actions, on a décerné au sergent Pearless la Médaille de conduite distinguée à titre posthume.

Reproduction en noir et blanc d’un compte rendu dactylographié du 7e Bataillon d’infanterie du Canada durant la période à laquelle le lieutenant Bellew a posé les actions qui lui ont mérité la croix de Victoria.

Extrait du journal de guerre – 7e Bataillon d’infanterie du Canada (MIKAN 1883213)

Le lieutenant Bellew sera prisonnier de guerre en Allemagne jusqu’en décembre 1917, lorsque, à cause des effets permanents du gaz à Ypres, il sera transféré en Suisse. Peu de temps après la fin de la guerre, en décembre 1918, il sera rapatrié en Angleterre, où il restera deux mois dans un hôpital avant de revenir au Canada. Il retourne en Colombie‑Britannique et œuvre comme ingénieur civil. Il meurt à Kamloops le 1er février 1961.

Sergent-major de compagnie Frederick William Hall, VC

Dans la nuit du 23 avril, au cœur des combats féroces qui se déroulent sur le saillant d’Ypres, le sergent-major de compagnie Hall du 8e Bataillon, Corps expéditionnaire canadien, comprend que plusieurs hommes de sa compagnie manquent à l’appel. Deux fois cette nuit-là, alerté par les plaintes des blessés, il s’avance dans le « no man’s land » afin de récupérer les blessés. Tôt le matin du 24, lorsqu’un soldat blessé appelle à l’aide à 15 verges de sa tranchée, le lieutenant Hall et deux autres personnes, le caporal suppléant John Arthur Kenneth Payne et le soldat John Rogerson, rampent jusqu’à sa hauteur. Lorsque les militaires Payne et Rogerson sont tous deux blessés, le sergent-major de compagnie Hall persévère afin de sauver les blessés.

Photographie en noir et blanc d’un jeune soldat, en uniforme militaire, arborant une moustache et assis sur une chaise.

Sergent-major Frederick W. Hall, VC (MIKAN 3216472)

La citation du sergent-major de compagnie Hall parue dans le London Gazette (en anglais seulement) relate qu’après l’échec de sa première tentative, « le sergent-major de compagnie Hall s’est repris une seconde fois faisant preuve d’une grande bravoure et, alors qu’il soulevait l’homme blessé pour le ramener, Hall s’est effondré, frappé mortellement à la tête » [traduction]. Le soldat que Hall tentait de sauver a aussi été tué.

Dessin d’une carte des tranchées où le 8e Bataillon d’infanterie du Canada s’était engagé lors de la première bataille d’Ypres.

Carte tirée du journal de guerre du 8e Bataillon d’infanterie du Canada. (MIKAN 1883215)

Frederick William Hall et les deux autres médaillés de la croix de Victoria, Leo Clarke et Robert Shankland, vivaient sur la rue Pine à Winnipeg (Manitoba) avant la guerre. En 1925, la rue Pine est renommée « Valour Road » pour honorer les trois hommes.

Bibliothèque et Archives Canada a la garde du dossier des états de service du Corps expéditionnaire canadien pour le lieutenant Edward Donald Bellew et le sergent-major de compagnie Frederick William Hall.

 

Centenaire de la Première guerre mondiale – hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria : caporal suppléant Frederick Fisher, VC

Le premier profil de la série Centenaire de la Première guerre mondiale – hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria rend hommage au caporal suppléant Frederick Fisher, de St. Catharines (Ontario).

Coupure de journal d’une photographie à l’aspect granuleux du caporal suppléant Fisher accompagnée de la légende suivante : « Le caporal suppléant F. Fisher (13e Bataillon du Canada) qui a reçu la VC. Sa bravoure lui a coûté la vie. Deux de ses frères sont dans l’Armée » [TRADUCTION LIBRE].

Caporal suppléant F. Fisher, V.C. (MIKAN 3215642)

À l’âge de 20 ans, le caporal suppléant Fisher était affecté à la section de mitrailleuses du 13e Bataillon, Royal Highlanders of Canada, lorsque la seconde bataille d’Ypres a débuté le 22 avril 1915.

Affiche en couleur de l’Union Jack (drapeau de l’Union royale) présenté de côté et accompagné d’un avis de recrutement pour les 13e, 42e  et 73e bataillons, connus comme le Royal Highlanders of Canada et alliés avec la Black Watch.

Affiche servant à recruter des membres du Royal Highlanders (MIKAN 3635556)

Ce jour-là, l’armée allemande avait répandu du chlore gazeux sur un front de plus de 6,5 kilomètres, surtout dans une portion tenue par des troupes françaises coloniales et territoriales. Lors de cette attaque, les Français, qui étaient sur le flanc gauche des Canadiens, ont essuyé 6 000 pertes en 10 minutes et bon nombre des militaires qui n’avaient pas été importunés sur le fait se sont enfuis. Les troupes canadiennes de la 1re Division se sont déplacées pour refermer l’immense brèche qui s’était ainsi formée sur le front.

Reproduction d’une page dactylographiée décrivant les activités des troupes durant la période du 22 avril au 30 avril 1915.

Extrait des journaux de guerre du 13e Bataillon d’infanterie du Canada entre le 22 avril et le 30 avril 1915 (MIKAN 1883219)

Le jour suivant, alors que les mesures de défense autour de lui avaient été anéanties, le caporal suppléant Fisher et six autres hommes ont foncé avec une mitrailleuse et ont empêché l’infanterie allemande d’avancer en les maintenant sous un feu nourri. Ce faisant, on a pu retirer les canons de campagne canadiens de 18 livres. Quatre des défenseurs sont morts durant cette opération. Plus tard le même jour, le caporal suppléant Fisher et quatre hommes du 14e Bataillon sont encore sortis pour faire feu sur les troupes allemandes qui avançaient. Le médaillé sera le seul homme à survivre à l’engagement. Il mourra plus tard le même jour, alors qu’il tentait une fois de plus de repousser l’attaque allemande.

La citation dans le London Gazette, parue le 23 juin 1915, relate que le caporal suppléant Fisher « a avec beaucoup de chevalerie aidé à couvrir la retraite d’une batterie » [TRADUCTION LIBRE] (London Gazette, no 29202) [en anglais seulement]. Tout comme de nombreux soldats canadiens qui sont morts dans les premiers jours de la seconde bataille d’Ypres, le corps du caporal suppléant n’a jamais été récupéré. Son nom figure sur le mémorial de la Porte de Ménin rendant hommage aux disparus à Ypres, aux côtés du nom de plus de 54 000 autres soldats de la Bretagne, de l’Australie, du Canada et de l’Inde qui n’ont pas de sépulture connue. Sa croix de Victoria est conservée au Canadian Black Watch Museum (en anglais seulement), à Montréal.

Bibliothèque et Archives Canada a la garde du dossier des états de service du Corps expéditionnaire canadien pour le caporal suppléant Frederick Fisher.

Images du Canada à Ypres maintenant sur Flickr

Ypres, la dernière grande ville belge contrôlée par les Alliés pendant la Première Guerre mondiale, protège les ports français sur la Manche et doit à ce titre être défendue à tout prix. Les Forces canadiennes jouent un rôle crucial au cours de nombreux combats qui se déroulent dans la ville et les environs.

Centenaire de la Première guerre mondiale – hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria : la deuxième bataille d’Ypres

Au cours de la première semaine d’avril 1915, des membres de la 1re Division canadienne, qui comprend bon nombre des tout premiers volontaires de la guerre, quittent Béthune (France) pour se déployer plus au nord, sur la partie active du front, près d’Ypres. Cette ville belge fondée au Moyen‑Âge est le théâtre de l’une des premières et des plus sanglantes batailles de 1914 en raison de sa grande importance stratégique. Quand le front se stabilise en novembre 1914, les Alliés progressent autour de la ville et forment dans les lignes allemandes un saillant entouré de terrains surélevés de trois côtés.

Le 22 avril 1915, les Allemands, déterminés à éliminer le saillant, utilisent les premières armes chimiques de l’histoire lorsqu’ils lancent 160 tonnes de chlore gazeux sur le front allié. Les membres de la 1re Division canadienne, arrivés dans leur tranchée il y a à peine une semaine, tentent désespérément de défendre un trou de 6,5 kilomètres dans les lignes alliées, car la division française située à leur gauche succombe devant la nouvelle arme allemande. Le chlore gazeux s’imprègne dans le sol et remplit les tranchées, obligeant les troupes à faire une sortie et à s’exposer au feu des mitrailleuses et de l’artillerie.

Photo noir et blanc d’une ville ravagée par la guerre. Une colonne de troupes composée majoritairement d’hommes à cheval traverse la ville.

Photo de la ville d’Ypres détruite, avec la cathédrale, les Halles aux Draps et des troupes canadiennes qui circulent, en novembre 1917 (MIKAN 3194491)

Photo noir et blanc d’un édifice gothique richement décoré et des édifices adjacents.

La cathédrale et les Halles aux Draps à Ypres avant la Grande Guerre (MIKAN 3329077)

Les troupes allemandes progressent, mais elles n’ont prévu qu’une offensive limitée et ne sont pas assez protégées contre leurs propres armes chimiques pour profiter de la percée réalisée sur le front. Tout au long de la nuit et pendant plusieurs jours, les troupes canadiennes et britanniques combattent pour tenir le front. Les Canadiens organisent une contre‑attaque à Bois‑des‑Cuisinières et participent à de terribles combats à Saint‑Julien : leurs fusils fabriqués au Canada s’enrayent dans la boue, et les soldats, très malades, manquent d’air. Ils réussissent pourtant à résister jusqu’à l’arrivée des renforts, le 28 avril. Les pertes sont épouvantables : la 1re Division canadienne perd 6 035 soldats, soit le tiers de son effectif, avant l’arrivée de la relève. Presque tous étaient des civils quelques mois auparavant.

C’est à la deuxième bataille d’Ypres que les Canadiens font connaissance avec les horreurs de la guerre moderne. Ils continueront pourtant à se développer au point de gagner l’admiration des Forces alliées.

Du 23 au 25 avril, dans le cadre de la série Centenaire de la Première guerre mondiale – hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, nous raconterons les histoires du caporal suppléant Frederick Fisher, du lieutenant Edward Donald Bellew, du sergent‑major de compagnie Frederick William Hall et du capitaine Francis Alexander Caron Scrimger.

Explorer l’album Flickr – Canada à Ypres

Les carnets de croquis de William Redver Stark : marques et papier

Dans cette partie de l’examen des carnets de croquis, nous examinerons deux facettes additionnelles de l’ordre des pages. La première partie observera les marques laissées par les instruments de l’artiste sur le papier à dessin; la seconde examinera le papier et les techniques de reliure dans les carnets de croquis.

Marques laissées par les outils

Lorsqu’un artiste dessine ou fait des esquisses, ses outils laissent fréquemment des marques profondes sur les pages. Ces marques sont de précieux indicateurs visuels qui permettent de remettre dans l’ordre des pages mélangées. Les empreintes que l’on aperçoit sur la surface du papier apparaissent comme le modèle répétitif d’une marque d’une page à la suivante.

Photographie en couleur montant un carnet de croquis qui a des marques profondément enfoncées sur l’une des pages.

Marques du crayon de l’artiste; vue du verso du dessin.

D’autres exemples de marques laissées sur la surface d’un papier sont les types de reliures qui sont utilisés par le relieur. Par exemple, lorsqu’un bloc de feuillets est cousu, le relieur appliquera une colle sur le dos. Il est possible qu’il applique trop de colle et celle-ci déborde alors de certains des trous percés pour la reliure et forme une goutte de colle à l’intérieur du feuillet au centre. Lorsqu’elle a séché et durci, la goutte peut faire une marque sur la page adjacente.

Photographie couleur montrant l’intérieur d’un feuillet; la goutte de colle est parfaitement visible avec la marque correspondante sur la page suivante.

Le résidu de colle de la structure de la reliure qui a débordé sur le feuillet du centre en laissant une marque en miroir.

Les rubans et les fils de couture utilisés dans une reliure peuvent également laisser des marques sur les pages. Les rubans de couture sont collés sous le papier des contreplats. Ils laissent souvent une marque miroir répétitive du ruban, ce qui permet de déterminer l’ordre des pages près du début ou de la fin d’un carnet de croquis. Les marques de fil de couture que l’on retrouve sur les pages détachées peuvent également fournir un bon indice pour déterminer les feuilles de papier qui se trouvent dans le feuillet au centre d’une section.

Photographie couleur montrant le dos détaché d’un carnet de croquis. La marque du ruban de couture est parfaitement visible sur la garde collée et la première page du feuillet.

Détail d’un ruban de couture situé sous la garde collée et de la marque laissée sur la page suivante.

Photographie couleur montrant un carnet de croquis ouvert posé à plat sur une table. Une alène indique les marques du fil à coudre sur le papier.

Transfert visible de la marque du fil de couture sur le papier.

Analyse des pages et du papier

Un bon nombre des carnets de croquis de Stark ont une légère déformation qui est graduelle, convexe et concave et qui s’étend à travers ou le long du bord des pages. Ce gondolage se produit lorsque des carnets de croquis sont dans un environnement très humide. Ici, l’humidité cause une distorsion permanente des pages.

Photographie couleur montrant une vue verticale d’un carnet de croquis; les sections du bas sont clairement déformées et ondulées alors que celles du haut sont parfaitement plates.

Un exemple de gondolage et d’ondulation de la première des trois sections du carnet de croquis que l’on ne retrouve pas dans les deux dernières sections.

L’un des carnets de croquis était déformé le long du bord de trois sections. Les bords ondulés s’adaptaient parfaitement les uns aux autres uniquement lorsque les pages étaient placées dans la bonne position. Ceci nous a donné la vérification requise pour l’orientation et l’ordre adéquats des pages.

Techniques de reliure

Le papier peut également révéler d’autres indices permettant de déterminer l’ordre des pages. Une façon de confirmer l’ordre des pages est d’examiner de près les techniques de reliure, ce qui fournit des preuves très utiles.

Lorsque les pages sont d’abord pliées en sections, des groupes de trois à huit feuilles de papier sont pliées ensemble. Le folio à l’intérieur de la section a naturellement un pli plus aigu que chaque feuillet subséquent dans la section. Les plis deviennent moins aigus et progressivement plus larges au fur et à mesure que le nombre de feuillets par section augmente. Un examen du pli de chaque moitié de feuillet ou de feuillet complet peut permettre de déterminer l’endroit probable dans les sections : première position, ou au centre du feuillet, deuxième, troisième, quatrième position, etc. Une mesure exacte de chaque page confirme également la position.

La technique d’arrondissure et d’endossure est une autre technique de reliure qui donne une indication de l’ordre des pages. La technique est habituellement accomplie en utilisant un marteau pour façonner un dos préalablement cousu et collé. L’arrondissure et l’endossure causent une légère courbure des sections proches du dos; les sections proches du début du livre s’incurvent légèrement vers le recto; les sections centrales sont relativement plates; et les sections proches de la fin du livre s’incurvent légèrement vers le verso. L’arrondissure et l’endossure étaient parfaitement visibles dans les carnets de croquis de Stark et donnaient ainsi une indication utile de l’ordre des sections et des pages.

Photographie couleur montrant une vue en angle d’un carnet de croquis qui met en évidence la courbure produite par la technique de reliure.

Vue de la légère courbure de la section proche du début du bloc de feuillets qui indique les effets de la technique de reliure qui peuvent permettre de déterminer l’ordre exact des pages.

Dans notre prochain volet sur l’ordre des pages, nous examinerons les dates qui sont dispersées dans les différents carnets de croquis et la façon dont elles correspondent à d’autres sources d’information à Bibliothèque et Archives Canada.

Visitez nos albums Flickr ou Facebook pour voir d’autres images de l’examen de la conservation.

Numérisation des dossiers du Corps expéditionnaire canadien – Mise à jour d’avril 2015

À ce jour, 143 613 des 640 000 dossiers sont accessibles à partir de notre base de données Soldats de la Première Guerre mondiale : 1914‑1918. S’il-vous plaît visitez la page sur la numérisation des dossiers de service du Corps expéditionnaire canadien pour plus d’information sur ce projet de numérisation.

BAC numérise les dossiers de service systématiquement, à partir de la première boîte à la boîte no 10 686, ce qui correspond à peu près à l’ordre alphabétique. Veuillez noter qu’au fil des années, le contenu de certaines boîtes a dû être déplacé. Ainsi, un nom censé avoir été numérisé se trouve peut-être maintenant dans une autre boîte qui n’a pas encore été numérisée. La plus récente boîte numérisée est la no 2057, ce qui correspond au nom « Cussons ». Veuillez s’il vous plaît vérifier la base de données régulièrement pour voir les nouveaux ajouts. Si vous avez encore des questions après avoir regardé dans la base de données, vous pouvez nous contacter directement au 1-866-578-7777 pour obtenir plus d’aide.

 

 

Centenaire de la Première Guerre mondiale : hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria

Dans le cadre de la commémoration du centenaire de la Première Guerre mondiale, nous présenterons, au cours des trois prochaines années, un profil de chacun des récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria. Nous publierons le profil des récipiendaires 100 ans, jour pour jour, après qu’ils aient réalisé l’action à la source de la distinction.

Photographie en couleur d’une médaille. Le ruban est cramoisi. La médaille cruciforme en bronze arbore un lion surplombant une couronne et une bannière, où l’on peut lire For Valour (pour bravoure).

Croix de Victoria (MIKAN 3640361)

La Croix de Victoria (VC) est la décoration militaire la plus prestigieuse du Commonwealth et a préséance sur l’ensemble des médailles, décorations et ordres. Reconnaissance de la bravoure devant l’ennemi, la VC peut être décernée à une personne, peu importe son grade militaire, et à des civils sous commandement militaire. Jusqu’à maintenant, 98 Canadiens ont reçu la Croix de Victoria , le premier étant Alexander Roberts Dunn qui, en 1854, a participé à la bataille de Balaclava durant la guerre de Crimée. Des Croix de Victoria ont été décernées à 71 soldats canadiens durant la Première Guerre mondiale, et à 16 durant la Seconde Guerre mondiale. Les autres médailles ont été remises à des Canadiens par suite de la Rébellion indienne de 1857 (au cours de laquelle William Hall de la Nouvelle-Écosse est devenu le tout premier noir à mériter la VC) et de la guerre d’Afrique du Sud (1899–1902).

En 1993, la Croix de Victoria canadienne a été adoptée en remplacement de la VC britannique. La médaille est identique à la VC britannique, mais l’inscription est en latin — Pro Valore —, une langue à l’origine du français et de l’anglais. Aucune Croix de Victoria canadienne n’a encore été attribuée.

La série de profils renfermera aussi des liens vers des photographies, des états de service militaire, des journaux de guerre et d’autres artefacts numérisés que l’on retrouve dans les collections de Bibliothèque et Archives Canada. Ces collections aident à raconter les récits des Canadiens qui ont connu la Première Guerre mondiale sur de nombreux fronts, y compris le front intérieur, et dont les actions et les souvenirs influencent les Canadiens d’aujourd’hui, de même que leur vision et leur compréhension du premier véritable conflit mondial.

Nous amorcerons la présentation des profils des récipiendaires de la Croix de Victoria en lien avec la Première Guerre mondiale avec le caporal suppléant Frederick Fisher.

Numérisation des dossiers du Corps expéditionnaire canadien – Mise à jour de mars 2015

À ce jour, 129 271 des 640 000 dossiers sont accessibles à partir de notre base de données Soldats de la Première Guerre mondiale : 1914‑1918.

Les cahiers de dessins de William Redver Stark : taches et parties manquantes

Ce nouvel article sur les cahiers de dessins de William Stark s’intéresse plus particulièrement aux taches et aux parties manquantes. Dans le contexte, une tache est une décoloration des fibres du papier, alors qu’une partie manquante désigne un morceau de papier détaché ou manquant.

Imaginez William Stark glissant un cahier de dessins dans son sac militaire ou dans la poche de son manteau, par tous les temps et dans toutes sortes de situations. Comme il n’était pas un peintre de guerre officiel, Stark a probablement exécuté ses dessins durant ses temps libres ou lorsqu’il était en permission. Grâce à ses cahiers, nous pouvons l’accompagner dans une visite au jardin zoologique de Londres, lors d’une promenade à la campagne ou au bord de la mer. Ses dessins représentent généralement des personnes, des paysages ou des scènes de la vie quotidienne.

Ces cahiers montrent de nombreux signes de détérioration physique due aux manipulations et déplacements effectués par Stark durant son service de guerre, mais aussi à la longue période de 75 ans qui s’est écoulée entre la fin de la guerre et leur acquisition par BAC. Comme vous pouvez l’imaginer, en raison des terribles conditions de vie au front, les dommages causés par l’eau sont très importants. L’eau fait non seulement gondoler le papier, mais elle peut aussi y laisser une ligne brune. Le phénomène se produit lorsqu’un liquide dépose des matières dissoutes, telles que poussières, colorants ou autres produits en bordure de la partie humide, laissant apparaître une ligne plus foncée que le reste de la tache lorsque le papier sèche.

Les lignes brunes trouvées sur deux ou plusieurs pages consécutives sont l’un des nombreux indices visuels utilisés pour établir l’ordre original des pages d’un cahier.

Photographie couleur de la face interne du dos d’un livre montrant une tache d’humidité bordée d’une ligne plus foncée

Détail d’une tache d’humidité bordée d’une ligne brune plus foncée le long du dos.

On remarque également quelques taches graisseuses ou huileuses et des gouttes d’encre sur le bord des pages. Ces taches prennent souvent la forme de motifs qui se répètent d’une page à l’autre de manière croissante ou décroissante. Elles sont aussi de très bons indices pour nous aider à remettre en ordre les pages d’un cahier.

Photographie couleur d’un des côtés d’un livre ouvert montrant des pages ventilées et un outil pointant une tache graisseuse qui se répète sur le bord de chaque page.

Taches graisseuses trouvées sur le bord de plusieurs pages.

Photographie couleur d’un cahier de dessins, prise en plongée, montrant des taches d’encre sur le bord des pages

Tache d’encre dont le motif se répète sur le bord de chaque page.

Un morceau de papier manquant selon un motif qui se répète sur plusieurs pages est un autre indice visuel très utile dans ce travail de détective. Ce peut être, par exemple, plusieurs pages qui ont été déchirées ou indentées au même endroit.

Photographie couleur d’un cahier de dessins montrant un morceau de papier de forme triangulaire qui manque au même endroit sur plusieurs pages

Exemple d’un morceau de papier manquant dont le motif se répète sur le bord des pages d’un cahier de dessins.

Visitez notre album Flickr sur la conservation des cahiers de dessins pour consulter d’autres photos de ce travail de détective. Vous pouvez aussi voir les articles précédents dans la série les mercredis de la conservation sur le blogue, Facebook et Twitter.