William Redver Stark : La restauration des cahiers

Différentes approches ont été privilégiées au cours des années pour la conservation des cahiers de dessins ou des œuvres reliées. Pendant longtemps, on détachait simplement les œuvres pour se débarrasser de la reliure. Maintenant, la valeur historique et archivistique de la reliure est largement reconnue. Bibliothèque et Archives Canada (BAC) ne fait pas exception, et les traitements de conservation visent désormais à préserver l’intégrité des œuvres, incluant leur reliure.

Dans un article précédent, nous vous avons présenté l’œuvre du soldat William Redver Stark. Les cahiers faisant partie du fonds William Redver Stark n’avaient jamais été réparés ou préservés, et commençaient à montrer des signes d’usure :

  • Déchirures et trous
  • Pages détachées, manquantes ou dans le mauvais ordre
  • Fils de reliure brisés
  • Couvertures pas solidement reliées aux pages ou carrément détachées

Les cahiers font donc l’objet de différents traitements de conservation, entrepris par une équipe de conservateurs hautement spécialisés œuvrant dans le domaine de la conservation et de la restauration de livres, au sein de BAC. Ces conservateurs ont travaillé de concert avec les gestionnaires de collections et les archivistes pour respecter l’intégrité de l’œuvre de Stark, et lui rendre pleinement ses heures de gloire.

Quant aux dessins et aux aquarelles de ce fonds, ils sont en très bon état. Dans certains cas, on croirait mêmes qu’ils ont été réalisés il y a quelques jours à peine. Il faut dire que les cahiers sont restés fermés pendant pratiquement cent ans, et que les pages ont rarement été exposées à l’air ou à la lumière. Ainsi, contempler une œuvre de Stark, c’est faire un voyage dans le temps qui permet de voir le travail d’un artiste tel qu’il a été fait il y a cent ans, au cours d’une des guerres les plus meurtrières et cruciales de notre temps.

En somme, le travail de restauration de l’équipe de Conservation et de restauration de BAC permettra de stabiliser l’état des cahiers afin de s’assurer qu’ils traverseront avec succès l’épreuve du temps, et permettront aux générations futures d’avoir accès à une importante partie de notre histoire.

Exemple d’un traitement de restauration requis : le ruban adhésif doit être retiré.

Exemple d’un traitement de restauration requis : le ruban adhésif doit être retiré.
© Bibliothèque et Archives Canada

Autre exemple de traitement de restauration requis : la couverture doit être recousue.

Autre exemple de traitement de restauration requis : la couverture doit être recousue.
© Bibliothèque et Archives Canada

Voir aussi :

William Redver Stark, artiste soldat

À partir de 1916, des artistes embauchés officiellement, comme A.Y. Jackson et David Milne, documentent l’expérience du Canada durant la Première Guerre mondiale, grâce au Fonds de souvenirs de guerre canadiens. Toutefois, de nombreux autres artistes, amateurs ou professionnels, racontent leur expérience de la guerre lors du combat, de la construction de routes, du transport de biens ou des soins prodigués à d’autres, trouvant le temps de créer des images saisissantes du monde qui les entoure.

Le fonds William Redver Stark, conservé par Bibliothèque et Archives Canada (BAC), fait partie des rares dossiers qui documentent la vie d’un artiste non officiel de l’Armée. Quatorze cahiers de dessins et d’aquarelles particulièrement bien préservés nous font découvrir la vie d’un soldat qui a vu l’action de beaucoup plus près que les artistes officiels, et qui donne une idée plus spontanée et intime de la vie quotidienne dans ce contexte.

Les cahiers de croquis présentent des images de soldats en pleine action ou au repos, des pièces d’artillerie et des soldats allemands capturés, des paysages traversés par les bataillons, et même des attractions du zoo de Londres, où Stark s’est rendu pendant une permission. Les illustrations complètent admirablement bien le dossier militaire de l’artiste, l’historique de son bataillon et notre compréhension visuelle de la vie d’un militaire durant la Première Guerre mondiale.

William Redver Stark avec un chat.

William Redver Stark avec un chat. Avec la permission d’Anciens combattants Canada.

Bibliothèque et Archives Canada a reçu le fonds William Redver Stark en 2005, à titre de don de la part de son neveu, Douglas Mackenzie Davies, et de sa famille : son épouse, Sheila Margaret Whittemore Davies, et leurs deux fils, Kenneth Gordon Davies et Ian Whittemore Davies.

Comment faire des recherches dans les cahiers de croquis

Les pièces des 14 cahiers de croquis du fonds William Redver Stark ont été décrites et numérisées pour faciliter la recherche par sujet ou par type de paysage. Par exemple, vous pouvez chercher toutes les images du fonds qui représentent des ponts ou des constructions.

Pour faire une recherche dans les cahiers de croquis, allez sur le site des recherches avancées de fonds d’archives. Dans le menu déroulant, choisissez « Tout mot clé » et entrez le numéro de référence archivistique (R11307) ou le numéro MIKAN (616998). Pour préciser votre recherche, ajoutez un mot clé comme « ponts » dans le deuxième champ.

Documents connexes

Ne manquez pas l’article William Redver Stark : La restauration des cahiers pour en savoir plus sur le travail réalisé par les restaurateurs de BAC.

Qu’est ce que l’héraldique?

La Société royale héraldique du Canada définit l’héraldique comme « l’étude, la conception, la réglementation et l’utilisation des armoiries ». L’héraldique fait son apparition au Canada le 24 juillet 1534, à Gaspé, quand Jacques Cartier plante une croix ornée des armes de François 1er, roi de France.

Plus de 450 ans plus tard, le 4 juin 1988, le gouverneur général du Canada est nommé chef de l’Autorité héraldique du Canada et reçoit le pouvoir d’accorder des emblèmes héraldiques au Canada. L’Autorité a le mandat de concéder des armoiries, des drapeaux et des insignes à des citoyens et des organismes canadiens. Jusqu’en 1988, les Canadiens souhaitant obtenir des armoiries devaient envoyer une requête au College of Arms de Londres (Angleterre) ou à la Cour de Lord Lyon à Édimbourg (Écosse).

Armoiries de la famille Molson.

Armoiries de la famille Molson. Source

Les ouvrages de référence suivants fournissent plus d’information sur l’héraldique :

  • L’abécédaire canadien de l’héraldique par Kevin Greaves, traduction française revue et augmentée par Auguste Vachon ; illustré par Bruce Patterson et Gordon Macpherson (AMICUS 27787737)
  • La concession et l’enregistrement d’emblèmes héraldiques au Canada : armoiries, drapeaux et insignes, marche à suivre par l’Autorité Héraldique du Canada (AMICUS 25541152)
  • Armorial du Canada français par Régis Roy (AMICUS 4262413)
  • Vos armoiries complétées et expliquéespar Victor Morin (AMICUS 27071179)

Bibliothèque et Archives Canada possède des fonds sur cette fascinante tradition :

  • Le fonds de la Société royale héraldique du Canada, 1966 2001, qui comprend des documents textuels, des photographies, des œuvres d’art et des images en mouvement documentant les programmes et les activités de la Société (MIKAN 206959)
  • Le fonds Alan B. Beddoe, 1869 1979 (MIKAN 104827) : M. Beddoe fut le premier président de la Société royale héraldique du Canada, qui a été fondée en 1966.

Vous aimeriez en savoir davantage sur les emblèmes et les symboles du Canada?

Pour mieux connaître les emblèmes et les symboles du Canada comme le castor, la fleur de lis et la feuille d’érable, consultez la section Identité canadienne du site Web de Patrimoine canadien.

Images héraldiques maintenant sur Flickr

L’héraldique s’intéresse aux emblèmes en tant que moyens d’identification. Elle a fait son apparition en Europe au XIIe siècle, lorsque des chevaliers peignaient leurs boucliers pour s’identifier quand ils étaient revêtus de leur armure. Ces armoiries révélaient l’identité du guerrier sur le champ de bataille. Le pouvoir d’administrer et de faire le suivi des armoiries appartiendra plus tard aux monarques. L’attribution des moyens d’identification héraldiques constitue maintenant une récompense ou un honneur accordé à des personnes ou à des groupes.

L’Autorité héraldique du Canada est supervisée par le gouverneur général; elle accorde des armoiries aux Canadiens. Le Canada devient ainsi le premier pays du Commonwealth à rapatrier les pouvoirs de l’autorité héraldique.

Regarder les images héraldiques sur Flickr.

Lancement du site Collection de journaux

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) a le plaisir d’annoncer le lancement d’une nouvelle version de son site Web Collection de journaux. Ce site fournit un aperçu de la collection de journaux de BAC, incluant une liste de journaux disponibles sur microfilm, un index de journaux canadiens dans notre collection et un échantillon de ressources de nouvelles canadiennes en ligne provenant de sites externes.

Les points saillants de cette nouvelle version consistent en des liens vers d’autres sites qui offrent gratuitement des copies numérisées de journaux; des liens directs vers les descriptions dans le catalogue AMICUS; ainsi que d’autres améliorations visant à rendre le site plus facile à naviguer.

Sommes-nous parents? Découvrez vos racines canadiennes-françaises par l’entremise d’une association de familles

Une association de familles est un organisme qui regroupe des personnes issues d’un ou de plusieurs ancêtres portant le même nom de famille. Il s’agit principalement de familles canadiennes-françaises. Une association de familles a comme but premier de perpétuer la mémoire de ces ancêtres et de préserver le patrimoine culturel qui leur est associé, comme la terre qui leur a été concédée en Nouvelle-France ou bien la maison ancestrale, si elle existe encore.

Les membres de l’association organisent des réunions, petites ou grandes, et publient des revues et des bulletins; plusieurs associations possèdent même un site Web. Ce milieu créé par le regroupement de personnes portant le même nom de famille est propice à la recherche généalogique. De nombreuses associations ont ainsi publié le fruit de leurs recherches dans leur bulletin ou bien sous la forme d’un « dictionnaire généalogique ». Si vous éprouvez des difficultés à retracer un de vos ancêtres, nous vous conseillons fortement de communiquer avec une association.

Les premières associations de familles

Les Trudel-Trudelle auraient été parmi les premiers à créer une association de famille en 1909. Au début des années 1940, de nombreuses associations de famille se forment pour souligner le 300e anniversaire de l’arrivée des ancêtres des familles Poulin, Gravel, Bellemare, et Gagnon, entre autres. Lors du 300e anniversaire de l’Île d’Orléans en 1979, 19 associations de famille sont créées et le phénomène prend alors de l’ampleur. Au mois de février 1983, les associations des familles Asselin, Cloutier, Dion, Langlois et Lemieux fondent la Fédération des familles souches du Québec, aujourd’hui la Fédération des associations de familles du Québec, une coopérative de services qui regroupe aujourd’hui plus de 200 associations. Certaines associations de famille ne font pas partie de la Fédération.

Pour en savoir plus

Pour savoir si une association existe pour votre nom de famille, consultez le site du Centre de généalogie francophone d’Amérique ou effectuez une recherche sur Internet en utilisant des mots-clés comme le nom de famille recherché et les mots « association » ou « famille ». Pour les familles acadiennes, visitez le site de la Fédération des Associations de familles acadiennes.

Le 350e anniversaire de la paroisse Notre-Dame de Québec

L’année 2014 marque le 350e anniversaire de fondation de la paroisse Notre-Dame de Québec, la plus ancienne paroisse catholique en Amérique du Nord. Monseigneur François de Laval, arrivé à Québec en 1659 en tant que vicaire apostolique, signe le décret d’érection de la paroisse le 15 septembre 1664 sous le vocable de « l’Immaculée-Conception-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie ». Cependant le nom usuel de « Notre-Dame », en référence à la Vierge Marie, s’impose rapidement parmi les habitants de la ville. L’église, ouverte au culte en 1650, est localisée sur le promontoire du Cap aux Diamants. Au fil des ans, elle subira de nombreuses modifications, notamment des rénovations, des agrandissements, et des reconstructions.

Cathédrale Notre-Dame et place du marché, Québec, 1850

Cathédrale Notre-Dame et place du marché, Québec, 1850 (MIKAN 2896974)

En 1674, le diocèse de Québec est créé et Monseigneur de Laval est consacré évêque d’un immense diocèse couvrant une très large partie de l’Amérique du Nord. L’église paroissiale devient alors une cathédrale et sera l’unique siège de la foi catholique en Amérique du Nord jusqu’en 1817, année de création des diocèses d’Halifax et de Kingston.

Ce 350e anniversaire est célébré d’une façon tout spéciale avec l’ouverture d’une porte sainte, symbole d’humilité, un privilège exceptionnel accordé par le Saint-Siège. Il s’agit de la septième porte sainte au monde, et de la première en Amérique du Nord. Celle-ci demeurera ouverte jusqu’au 28 décembre 2014.

Bibliothèque et Archives Canada possède des documents historiques sur la paroisse Notre-Dame de Québec, dont de nombreuses représentations iconographiques de son église à diverses époques. Le Fonds de la paroisse catholique Notre-Dame (Québec) contient des registres de baptêmes, de mariages et de sépultures ainsi que divers recensements paroissiaux réalisés en 1744, et entre 1792 et 1815.

Photographies du bal costumé de William James Topley

Une des photos les plus célèbres du photographe ottavien William James Topley (1845 1930) est une image composite du premier grand bal costumé canadien, qui est organisé par le comte de Dufferin et son épouse le 23 février 1876. Dans les mois qui suivent l’événement, des photographies individuelles sont découpées et collées sur un décor peint représentant la salle de bal de Rideau Hall pour recréer un moment vécu lors de ce prestigieux événement social. Examinez l’image attentivement et tentez de reconnaître les divers costumes…

Image composite du grand bal costumé donné par le comte de Dufferin à Rideau Hall, le 23 février 1876. L’image produite au cours des mois qui ont suivi l’événement a probablement été terminée en mai ou en juin.

Image composite du grand bal costumé donné par le comte de Dufferin à Rideau Hall, le 23 février 1876. L’image produite au cours des mois qui ont suivi l’événement a probablement été terminée en mai ou en juin. (Source : Mikan 3260601)

Le bal costumé est une activité privée qui gagne en popularité au Canada du XIXe siècle. Pour leur déguisement, les invités choisissent souvent un personnage historique ou littéraire, ou puisent dans les pièces de Shakespeare, la mythologie, les légendes, les comptines, les contes de fées ou même les pays « exotiques ». Bien que les invités à un bal costumé doivent respecter certaines conventions sociales, ils peuvent se permettre quelques libertés.

Par exemple, pendant le bal, les femmes peuvent laisser leurs cheveux détachés, alors qu’ils doivent généralement être noués. Elles peuvent aussi porter un costume qui révèle une plus grande partie de leurs jambes que les robes de bal typiques de l’époque. En tout cas, mademoiselle Minnie Smart, qui a pris l’habit des héroïques « vivandières » au grand bal Dufferin, montre une bonne partie de ses bas dans ce portrait photographique!

Mademoiselle Minnie Smart déguisée en « vivandière », une auxiliaire féminine de l’armée française chargée de vendre des aliments et des boissons aux soldats.

Mademoiselle Minnie Smart déguisée en « vivandière », une auxiliaire féminine de l’armée française chargée de vendre des aliments et des boissons aux soldats. (Source : MIKAN 3421162)

Les costumes des hommes comprennent souvent des collants serrés, ce qui incite probablement certains invités à se sentir un peu mal à l’aise dans leur corps, qui est généralement dissimulé sous un habit sombre traditionnel.

Monsieur Newby déguisé en « fou du roi ». Il porte le même costume à l’occasion d’un carnaval de patinage qui se déroule en 1881.

Monsieur Newby déguisé en « fou du roi ». Il porte le même costume à l’occasion d’un carnaval de patinage qui se déroule en 1881. (Source : MIKAN 3477362)

Certains se déguisent en personnage d’un autre pays. Ils adoptent souvent des attitudes très stéréotypées, et leurs costumes ne sont pas toujours fidèles à l’identité choisie. M. Waddell, qui est déguisé en « barbare hindou », semble avoir peint son visage en brun avec de l’iode. Il a gardé cette teinte plusieurs jours après l’événement.

Monsieur Waddell déguisé en « barbare hindou ».

Monsieur Waddell déguisé en « barbare hindou ». (Source : MIKAN 3477518)

Ces photographies ne sont pas seulement des documents divertissants sur les hommes et les femmes qui ont assisté à cet événement exclusif. Elles sont aussi des souvenirs visuels du passé qui témoignent du contexte social, politique et économique dans lequel elles ont été prises.

Pour approfondir les recherches

Images de bals costumés maintenant sur Flickr

Les gens de toutes les classes sociales de l’époque victorienne aimaient revêtir des costumes ou des déguisements pour participer à des jeux de société, des pièces de théâtre ou des bals. Se mettre dans la peau d’un personnage imaginaire le temps d’une soirée leur permettait de s’évader pour un moment des conventions strictes qui régissaient la vie de l’époque. Les Canadiens ne faisaient pas exception à la règle.

Les personnages choisis se sont inspirés à la fois de divers aspects de la culture victorienne et de différentes périodes historiques.

Regarder les images de bals costumés.

15 juillet 1870 : le Manitoba rejoint la Confédération

Originally posted on Le blogue de Bibliothèque et Archives Canada:

Avant de devenir une province, le Manitoba a été le théâtre de nombreux événements et de moments décisifs dans l’histoire du Canada. En attendant la cession de la terre de Rupert au Canada, le gouvernement envoie des équipes d’arpenteurs dirigées par le Lieutenant-gouverneur William McDougall et chargées d’établir la cartographie de la région de la Rivière Rouge, en 1869. Les Métis s’inquiètent de la redistribution des terres aux futurs colons et de ses effets sur leurs propres terres.

Le leader des Métis, Louis Riel, dénonce la menace que ces activités de recensement font peser et forme un « Comité national » dont il devient secrétaire et John Bruce, président. Sommé de s’expliquer devant l’Assemblée législative d’Assiniboia, le 25 octobre 1869, Louis Riel déclare que le « Comité national » empêchera l’arrivée de McDougall ou de tout autre gouverneur dans la colonie de la Rivière-rouge tant que l’union…

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