Oscar Peterson

Ces photographies d’Oscar Peterson et de sa famille ont été prises en 1944. À la fin de l’adolescence, il est déjà un musicien professionnel expérimenté. Depuis 1942, il joue régulièrement avec le Johnny Holmes Orchestra, un orchestre de danse populaire qui fait danser les gens à Montréal et aux alentours. Oscar quitte l’orchestre en 1947 et s’installe à demeure à l’Alberta Lounge, un cabaret près de la gare Windsor, où il dirige son propre trio pendant deux ans.

Une photographie en noir et blanc montrant Oscar Peterson jouant du piano dans un cabaret.

Oscar Peterson, photographié par DC Langford [1944] (MIKAN 4167283)

Étant donné la scène jazz dynamique de la ville, ce ne sont pas les possibilités de jouer qui manquent pour Oscar : il joue professionnellement, joue en direct pour des émissions radiophoniques de la CBC et rencontre des musiciens en visite dans la ville pour donner des concerts avec qui il fait des séances musicales improvisées. Il s’est gagné l’admiration de Count Basie, Woody Herman, Ella Fitzgerald, Coleman Hawkins, Dizzy Gillespie et d’autres. Oscar demeure au Canada jusqu’en 1949, lorsque Norman Granz le convainc de se joindre à la série de concerts « Jazz at the Philharmonic » à Los Angeles. Cela marque le début de sa carrière internationale.

Les parents d’Oscar sont des immigrants au Canada. Daniel Peterson, le père d’Oscar, vient des îles Vierges britanniques et travaille comme manœuvrier sur un navire marchand. Sa mère, Kathleen Olivia John, est originaire de Saint-Kitts dans les Antilles britanniques, et travaille comme cuisinière et aide ménagère. Ils se rencontrent et se marient à Montréal, puis s’installent dans la Petite-Bourgogne/St-Henri, quartier majoritairement habité par des Noirs. Comme beaucoup d’hommes qui demeurent dans ce quartier, Daniel obtient un emploi à la gare Windsor comme porteur sur les trains de passagers pour le Chemin de fer Canadien Pacifique.

Une photographie en noir et blanc montrant Oscar Peterson avec son père Daniel. Les deux hommes sont assis au piano, leurs mains sur le clavier, souriant et regardant le photographe vers le haut.

Oscar Peterson et son père Daniel, au piano [1944] (MIKAN 4542845)

Grâce à l’enseignement et aux encouragements de leurs parents, les enfants Peterson deviennent des musiciens accomplis.

Fred, l’aîné des enfants, initie Oscar au ragtime et au jazz quand il en joue sur le piano familial. Fred meurt dans les années 1930, alors qu’il est encore adolescent. Oscar a déjà dit de Fred qu’il était le musicien le plus talentueux de la famille.

Une photographie en noir et blanc montrant Oscar Peterson assis, jouant du piano. Son frère Charles, vêtu de l'uniforme de l'Armée canadienne, est debout à côté de lui et joue de la trompette.

Oscar Peterson au piano, avec son frère Chuck, l’accompagnant à la trompette [1944] (MIKAN 4542843)

Un autre frère, Charles, qui sert dans une batterie d’artillerie de l’Armée canadienne pendant la Seconde Guerre mondiale, joue dans la fanfare du régiment. Après la guerre, il continue comme trompettiste professionnel, travaillant en studio et se produisant dans plusieurs boîtes de nuit de Montréal dans les années 1950 et 1960. Comme ses frères et sœurs, il joue également du piano, mais est contraint d’y renoncer après avoir subi un accident de travail dans une usine à Montréal après la guerre.

Une photographie en noir et blanc d'Oscar Peterson et de sa sœur Daisy, assis au piano avec leurs mains sur le clavier. Ils regardent vers le photographe et sourient.

Oscar Peterson et sa sœur Daisy, au piano [1944] (MIKAN 4542840)

Daisy, la sœur aînée d’Oscar, est aussi une pianiste virtuose. Elle obtient un diplôme en musique de l’Université McGill et a une carrière longue et influente comme professeure de musique à Montréal. Elle est la première professeure de piano de ses frères et sœurs et présente Oscar à son propre professeur de piano, Paul de Marky, un pianiste de concert qui joue dans la tradition de Franz Liszt. Daisy enseigne à Montréal pendant plusieurs années; ses élèves comprennent les futurs musiciens de jazz Milton Sealey, Oliver Jones, Reg Wilson et Joe Sealy.

Ressources connexes :

La tournée de l’Ouest canadien de sir Arthur Conan Doyle : une visite au parc national Jasper

Le 11 juin 1914, sir Arthur Conan Doyle et son épouse se trouvaient à bord d’un train de la Grand Trunk Pacific Railway Company, en route vers la ville de Jasper dans le parc national Jasper, en Alberta. Plus tard, M. Conan Doyle décrira son expérience dans son autobiographie intitulée Memories and Adventures (disponible en anglais seulement) comme suit :

« Le parc de Jasper est l’un des formidables parcs de récréation et de santé que le gouvernement canadien, dans sa grande sagesse, a constitués au bénéfice de ses citoyens. Quand le Canada sera plus densément peuplé, sa population bénira la vision de ces administrateurs qui ont pris possession de larges portions de ces magnifiques territoires pour les préserver à tout jamais de l’avidité des spéculateurs fonciers. » [Traduction libre]

Cette prise de position s’est avérée une véritable mine d’or pour les agents de tourisme du gouvernement! Durant la visite de M. Conan Doyle, le commissaire des parcs nationaux canadiens, J. B. Harkin, a lui-même contribué à la promotion des parcs nationaux en publiant une brochure intitulée « Just a Sprig of Mountain Heather. » [Une brindille de bruyère de montagne] (disponible en anglais seulement)

La visite du parc Jasper dura huit jours. M. Conan Doyle fut reçu par un vieil ami, le colonel Rogers, directeur du parc Jasper. L’auteur nota ceci : « Durant une semaine, nous y avons vécu une vie simple et naturelle. » [Traduction libre]

Une photographie en noir et blanc montrant une galerie avec des sièges pour profiter du panorama. Le style architectural est rustique, avec des pierres de rivière et des billots en bois rond sommairement dégrossis.

La galerie du bâtiment administratif du parc Jasper, en Alberta, par William Topley, 1914 (MIKAN 3587685)

M. Conan Doyle décrit ainsi ses impressions de la ville de Jasper : « La vie à Jasper m’a intéressé, car j’y ai découvert la toute première phase de développement d’une ville canadienne. Elle deviendra sans aucun doute une place importante, mais à l’époque, exception faite de la résidence du colonel Rogers et de la gare, on n’y trouvait que des cabanes en bois rond et de petites maisons de bois. » [Traduction libre] M. Conan Doyle et son épouse ont visité de nombreux sites aujourd’hui célèbres, dont le lac
Pyramide, le lac Edith, la rivière Maligne et son canyon.

Une photographie en noir et blanc montrant un homme et une femme avec un cheval près d’un lac. L’homme est assis et la femme tient la bride du cheval. Il y a de grands conifères derrière eux.

Un couple avec un cheval au lac Pyramide, en Alberta, par William Topley, 1914 (MIKAN 3587697)

Une photo en noir et blanc, montrant un groupe de personnes devant une cabane rustique en bois rond.

Le groupe de sir Arthur Conan Doyle préparant son dîner à l’extérieur (MIKAN 3587725)

Une photo en noir et blanc montrant une personne à pied et cinq autres à cheval, traversant un cours d’eau sur un pont en bois rond; il y a des montagnes en arrière-plan.

Le groupe de sir Arthur Conan Doyle traversant la rivière Athabasca, en Alberta (MIKAN 3303264)

Un train spécial a été affrété pour amener sir Arthur Conan Doyle, sa femme, et des amis visiter la région du mont Robson. Cette montagne, située en Colombie-Britannique tout près de la frontière avec l’Alberta, est l’une des plus hautes et des plus symboliques montagnes des Rocheuses canadiennes. William Topley, le célèbre photographe d’Ottawa, a pris ces photos.

Une photographie en noir et blanc montrant un train arrêté près d’une rivière.

Le train près de Lucerne, en Colombie-Britannique, par William Topley, 1914 (MIKAN 3587749)

Une photographie en noir et blanc montrant un homme marchant sur la voie ferrée, en direction du mont Robson, qu’on distingue au loin.

Un homme marchant sur la voie ferrée, avec le mont Robson en arrière-plan, par William Topley, 1914 (MIKAN 3587770)

Aujourd’hui, cent ans après, le paysage n’a à peu près pas changé. Le mont Robson est toujours aussi difficile à photographier, car son sommet est la plupart du temps obscurci par les nuages; Topley a été extrêmement chanceux de pouvoir réaliser une photo d’une telle clarté. Après cette excursion, M. Conan Doyle a eu l’occasion d’examiner les plans du premier terrain de golf de Jasper (comme on peut le lire dans l’édition 1914 de Golf Illustrated [disponible en anglais seulement]). Il a aussi joué un rôle important durant une partie de baseball opposant les équipes de Jasper et de Edson : c’est lui qui a lancé la première balle! Même si M. Topley a raté ce moment historique, un photographe local a eu cette chance.

Le voyage de retour de Conan Doyle

Nous n’avons aucune photo du retour de Conan Doyle vers l’est du pays, peut-être parce que l’intention de ce voyage était de faire la promotion de l’Ouest canadien et de son tout nouveau parc national. Nous savons que les époux Conan Doyle ont quitté Jasper le 19 juin et qu’au retour, ils sont passés par Winnipeg, pour ensuite longer la rive nord du lac Supérieur, traverser le parc Algonquin jusqu’aux chutes du Niagara et terminer leur périple à Ottawa, à temps pour la fête du Dominion (fête du Canada). Ils sont repartis pour l’Angleterre le 4 juillet. Ce voyage les a certainement marqués, car ils sont revenus avec leurs enfants pour visiter de nouveau le parc Jasper durant les années 1920.

La Première Guerre mondiale éclata un mois plus tard, ce qui accentue le caractère poignant du poème de sir Arthur Conan Doyle, The Athabasca Trail (disponible en anglais seulement), un véritable rêve éveillé.

Dans le dernier article de cette série de blogues, nous examinerons de plus près la collection de photos relatives au voyage de sir Arthur Conan Doyle; nous explorerons le mystère qui entoure certaines d’entre elles. Par exemple, pourquoi y trouve-t-on des images de lieux en Colombie-Britannique que M. Conan Doyle n’a jamais visités?

Lorsqu’un paysage va au-delà d’un décor: exposition de la toile Les membres de l’expédition de la rivière Rouge près des chutes Kakabeka de Bibliothèque et Archives Canada

Peinture illustrant diverses activités menées par les membres de l’expédition de la rivière Rouge du colonel Garnet Wolseley (1870), alors qu’ils transportent, par portage, canots et approvisionnements, aux abords des chutes Kakabeka, sur la rivière Kaministiquia, en Ontario, ainsi qu’une vue imprenable de la gorge de Kaministiquia avec, en arrière-plan, des rapides et des montagnes.

Les membres de l’expédition de la rivière Rouge près des chutes Kakabeka, par Frances Anne Hopkins, 1877 (MIKAN 2836614)

En 1870, le colonel britannique Garnet Wolseley (1833–1913) arrive avec ses hommes aux chutes Kakabeka (Ontario), un portage majeur faisant partie intégrante du réseau de rivières et de lacs que les voyageurs devaient emprunter en route vers Fort Garry (aujourd’hui Winnipeg [Manitoba]). Investis de la mission consistant à réprimer la rébellion des Métis (résistance des Métis) au sein de la Colonie de la Rivière-Rouge, plus de 1 000 hommes ont fabriqué des chemins de rondins pour transporter les canots, les provisions, l’équipement et même des canons lors de portages, comme celui de Kakabeka. Le commandement efficace exercé par Wolseley durant l’un des voyages les plus difficiles et les plus pénibles de l’histoire militaire a été reconnu comme un haut fait impressionnant en matière de leadership tactique dans les débuts du Canada.

Œuvre d’une artiste connue pour son réalisme concret étonnant, la peinture à grande échelle et richement détaillée documentant l’accomplissement est une des pièces maîtresses de la collection de Bibliothèque et Archives Canada (BAC). Commandée par le colonel Wolseley lui-même en 1877, la peinture sera l’unique toile dépeignant un véritable événement historique que la peintre britannique Frances Anne Hopkins (1838–1919) aura réalisée.

Encore aujourd’hui, le portrait de l’expédition de Wolseley demeure, selon Georgiana Uhlyarik, conservatrice adjointe de l’art canadien au Musée des beaux-arts de l’Ontario (MBAO), une reconstitution perspicace.

Mme Uhlyarik est la co-conservatrice canadienne d’une nouvelle exposition ambitieuse lancée aujourd’hui au MBAO. La première exposition exclusivement réservée aux peintures de paysages panaméricains du XIXe et du début du XXe siècle, Picturing the Americas, se penche sur les influences possibles des représentations de paysages nord-américains, comme celle-ci de Mme Hopkins, en tant que symboles de l’émergence d’identités nationales. Le sujet de l’œuvre de la peintre Hopkins est, après tout, une opération militaire entreprise surtout pour lutter contre l’expansionnisme américain éventuel.

On sait depuis longtemps que Mme Hopkins a volontairement modifié certains détails du paysage de Kakabeka afin d’insuffler plus de puissance à sa composition. Il est probable qu’elle n’ait jamais eu l’intention d’inclure l’entièreté des chutes, qui sont assez impressionnantes, car elles auraient attiré l’attention, qui devait plutôt être tournée vers les hommes de Wolseley. Les rapides de la rivière sont un produit de l’imagination de la peintre, tout comme les collines en arrière-plan qui s’étendent presque jusque dans les montagnes.

Détail des collines, dans la gorge de Kaministiquia, que l’artiste a illustrées comme des montagnes. Détail des rapides de la rivière Kaministiquia, inventés par l’artiste sur cette peinture.Les observateurs du XIXe siècle auraient-ils perçu un segment du périlleux territoire comme représentant l’ensemble de la route de l’Ouest canadien? Si c’est le cas, la transformation par Mme Hopkins du paysage réel de la région pourrait avoir servi, en partie, à renforcer ce message.

L’exposition Picturing the Americas demeure au MBAO jusqu’au 7 septembre 2015. Ensuite, on la transportera au Crystal Bridges Museum of American Art à Bentonville, en Arkansas (É.‑U.) et au Pinacoteca do Estado de São Paulo (Brésil), dont l’ouverture concordera avec le début des Jeux olympiques d’été de 2016, à Rio de Janeiro.

Vos ancêtres viennent-ils de l’Islande?

Vous aimeriez savoir qui était votre premier ancêtre islandais, et quand il ou elle a quitté l’Islande et est arrivé au Canada? Êtes-vous curieux de connaître vos origines islandaises?

Si oui, le site Web de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) est un endroit idéal pour commencer votre recherche. Vous y trouverez une page consacrée à la recherche généalogique sur les Islandais. Cette page vous offre de l’information historique, du matériel publié et des documents d’archives préservés à BAC, ainsi que des liens vers d’autres sites Web et organismes.

Si votre ancêtre est arrivé entre 1865 et 1935, vous trouverez peut-être son nom dans les listes de passagers.

Numérisation des dossiers du Corps expéditionnaire canadien – Mise à jour de juin 2015

À ce jour, 162 570 des 640 000 dossiers sont accessibles à partir de notre base de données Soldats de la Première Guerre mondiale : 1914‑1918. S’il-vous plaît visitez la page sur la numérisation des dossiers de service du Corps expéditionnaire canadien pour plus d’information sur ce projet de numérisation.

BAC numérise les dossiers de service systématiquement, à partir de la première boîte à la boîte no 10 686, ce qui correspond à peu près à l’ordre alphabétique. Veuillez noter qu’au fil des années, le contenu de certaines boîtes a dû être déplacé. Ainsi, un nom censé avoir été numérisé se trouve peut-être maintenant dans une autre boîte qui n’a pas encore été numérisée. La plus récente boîte numérisée est la no 3655, ce qui correspond au nom « Gore ». Veuillez s’il vous plaît vérifier la base de données régulièrement pour voir les nouveaux ajouts. Si vous avez encore des questions après avoir regardé dans la base de données, vous pouvez nous contacter directement au 1-866-578-7777 pour obtenir plus d’aide.

Hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria : Lieutenant Frederick William Campbell, VC

On a décerné à Frederick William Campbell, lieutenant au sein du 1er bataillon (Ouest de l’Ontario) du Corps expéditionnaire canadien (CEC), la Croix de Victoria (VC) pour ses actions posées le 15 juin 1915, il y a 100 ans aujourd’hui. C’était aussi le jour du 48e anniversaire du lieutenant Campbell.

Photographie en noir et blanc d’un homme en uniforme faisant face directement à l’appareil photo

Portrait du lieutenant Frederick William Campbell, VC, sans date. Notons la superposition d’une autre photographie dans le coin inférieur droit (MIKAN 3213625)

Stationné en première ligne près de Givenchy, en France, le lieutenant Campbell dirige un assaut sur une tranchée allemande solidement fortifiée. Sous un feu nourri, il maintient sa position au cœur de l’assaut malgré le fait que presque tous ses hommes tombent au combat. De façon à couvrir la retraite des hommes encore capables de s’échapper, le lieutenant Campbell et un autre soldat gagnent une position exposée avec deux mitrailleuses Colt et réussissent à contenir une contre-attaque allemande.

Reproduction en noir et blanc d’une page manuscrite décrivant les événements du 15 juin 1915

Page des journaux de guerre du 1er bataillon d’infanterie du Canada en date du 15 juin 1915 (MIKAN 1883204)

La citation publiée dans le London Gazette décrit les actions du lieutenant Campbell :

« … arrive à la première ligne allemande avec une mitrailleuse et y maintient sa position sous le feu nourri de fusils, de mitrailleuses et de projectiles, même si la presque totalité des hommes de son détachement sont morts ou blessés.

Lorsque notre approvisionnement en bombes est épuisé, cet officier continue d’avancer jusqu’à une position exposée et, tirant un millier de coups environ, il réussit à contenir la contre-attaque ennemie » (London Gazette, no 29272, le 23 août 1915, en anglais seulement) [traduction].

Alors qu’il bat en retraite, un projectile atteint le lieutenant Campbell au fémur droit, qui s’égrène sur le coup. Le lieutenant mourra à l’hôpital quatre jours plus tard par suite d’une infection de sa blessure.

Frederick William Campbell est né à Mount Forest (Ontario) le 15 juin 1869. Il s’est engagé dans la Milice du Canada ainsi que dans une section de mitrailleuses du 2e bataillon, The Royal Canadian Regiment, durant la guerre d’Afrique du Sud. Sa dépouille repose dans le cimetière de l’Est de Boulogne, à Boulogne, en France.

Bibliothèque et Archives Canada a sous sa responsabilité le dossier des états de service du lieutenant Frederick William Campbell à l’époque où il était membre du CEC.

Les écritures syllabiques autochtones

Avant la création des systèmes d’écriture syllabiques, les peuples autochtones transmettaient leurs connaissances culturelles de diverses manières : oralement, par des ceintures wampum, des mâts totémiques, des gravures sur pierre, des peintures ou des hiéroglyphes (des symboles dessinés sur des morceaux d’écorces de bouleau ou des peaux d’animaux et représentant des mots ou des concepts). L’écriture syllabique est la première forme d’écriture autochtone grâce à laquelle tout ce qui était exprimé verbalement dans une langue autochtone pouvait l’être aussi par écrit.

Le révérend James Evans, un missionnaire méthodiste, a souvent été crédité de l’invention de la première forme d’écriture syllabique autochtone, vers 1839-1840, lors de son séjour à Norway House, dans ce qui est maintenant le Manitoba. Avant l’introduction d’un système d’écriture syllabique, les missionnaires et les linguistes traduisaient les textes religieux en diverses langues autochtones, en utilisant l’alphabet romain. Le révérend Evans souhaitait que ses paroissiens cris puissent apprendre à lire et à écrire, mais il trouvait que l’alphabet romain présentait des lacunes à cet égard. En conséquence, il entreprit de concevoir un système d’écriture qui serait plus représentatif des sons et des mots de la langue crie.

Une photo en couleur montre une main tenant un livre par le coin inférieur gauche. Le livre est ouvert à la page frontispice, où l’on voit un portrait dessiné du missionnaire méthodiste James Evans; celui-ci porte des vêtements typiques du 19e siècle et regarde directement le lecteur.

Portrait de James Evans, créateur de l’écriture syllabique crie, tiré du livre de 1890 « James Evans: Inventor of the Syllabic System of the Cree Language » (AMICUS 6941574)

Pour concevoir son écriture syllabique, Evans s’est inspiré des caractères sténographiques d’Isaac Pitman (un système phonétique utilisant des symboles pour représenter des sons) et du braille (une écriture tactile pour les malvoyants constituée de points en relief). Evans utilise neuf formes géométriques pour représenter les consonnes, les orientations de celles-ci suggérant les voyelles qui suivent. L’écriture syllabique créée par Evans constitue non seulement la première forme d’écriture autochtone, mais aussi le premier système canadien d’écriture et le premier caractère typographique inventé au Canada. Pour ses fontes de caractères, il a recyclé du métal garnissant l’intérieur des caisses de thé de la Compagnie de la Baie d’Hudson; il a aussi modifié des presses à fourrures, servant à aplatir les ballots de fourrures, afin de les transformer en presses à imprimer. Evans et ses paroissiens ont utilisé l’écriture syllabique pour imprimer des textes religieux sur des écorces de bouleau, sur des peaux de chevreuil et sur du papier.

Photographie en couleur de deux pages d’un livre en écriture syllabique crie, donnant des exemples de caractères syllabiques. La première page montre des caractères syllabiques initiaux ou primaires, et des exemples de syllabes. La deuxième page montre des exemples de caractères syllabiques finaux ou terminaux, et des exemples de formation de mots.

Images du livre de 1890 « James Evans: Inventor of the Syllabic System of the Cree Language »  (AMICUS 6941574). On y voit les formes géométriques syllabiques représentant des consonnes et leurs différentes orientations représentant les voyelles.

Conçue à l’origine pour diffuser des documents religieux, l’écriture syllabique a ensuite été largement utilisée par les Cris pour leurs propres besoins. Cette écriture est devenue partie intégrante de l’identité crie, même si elle a été créée par un missionnaire non autochtone; elle est encore en usage au Canada.

L’écriture syllabique de James Evans a été adaptée pour d’autres langues autochtones, notamment pour l’inuktitut. D’abord répandue par le missionnaire Edmund Peck, l’écriture syllabique est encore utilisée aujourd’hui par des milliers de personnes parlant l’inuktitut.

Lors de la création du Nunavut en 1999, le gouvernement territorial a mandaté William Ross Mills de la société Tiro Typeworks, pour concevoir des polices de caractères syllabiques numériques. Le produit final comprend notamment les polices Pigiarniq et Euphemia. La police Euphemia comprend tous les systèmes d’écriture syllabiques pour la plupart des langues autochtones parlées au Canada. Ceci explique pourquoi Microsoft et Apple ont obtenu les licences appropriées; ces polices sont aujourd’hui accessibles de manière standard sur tous les ordinateurs. Ceci permet donc aux locuteurs de l’inuktitut d’utiliser à peu près n’importe quel ordinateur partout dans le monde et de communiquer par écrit dans leur propre langue.

Image en couleur d’un livre écrit en caractères syllabiques inuktitut. Le livre est ouvert pour montrer les deux premières pages. Celle de gauche présente le syllabaire inuktitut et celle de droite présente un texte rédigé en syllabique inuktitut.

Le premier livre en inuktitut imprimé en caractères syllabiques, « Selections from the Gospels in the Dialect of the Inuit of Little Whale River », imprimé par John Horden entre 1855 et 1856, à Moose Factory, Ontario (AMICUS 13853827).

Pour plus d’informations concernant les systèmes d’écriture syllabiques autochtones canadiens, veuillez consulter les ouvrages suivants. La plupart sont disponibles en librairie ou en ligne.

  1. Banks, Joyce M. (2004), « And not hearers only: Books in Native Languages », History of the Book in Canada, volume 1, éd. Patricia Lockhart Fleming et coll., Toronto : University of Toronto Press. (AMICUS 29599541)
  2. Bringhurst, Robert (2008), « The Invisible Book », The Surface of Meaning: Books and Book Design in Canada, Vancouver, Canadian Centre for Studies in Publishing Press (AMICUS 33832941).
  3. « Écriture syllabique crie », Encyclopédie Canadienne (2015).
  4. Edwards, Brendan Frederick (2005), « To put the talk upon paper: Aboriginal Communities », History of the Book in Canada, volume 2, éd. Patricia Lockhart Fleming et coll., Toronto : University of Toronto Press. (AMICUS 29599541)
  5. McLean, John (1890), James Evans: Inventor of the Syllabic System of the Cree Language, Toronto : Methodist Mission Rooms. (AMICUS 6941574)
  6. Pirurvik Centre for Inuit Language, Culture, and Wellbeing (en anglais et Inuktitut seulement).

Photographie libre-service

Autrefois, le seul moyen d’obtenir des copies de documents d’archives était un processus plutôt fastidieux. Il fallait noter les pages à faire photocopier, remplir le formulaire, donner l’information au personnel du service de Consultation et ensuite, attendre 30 jours ouvrables pour que les photocopies soient effectuées. Si vous n’étiez pas de la région d’Ottawa-Gatineau, il fallait de plus attendre que les photocopies soient envoyées par la poste. Si vous résidiez dans la région de la capitale nationale, mais n’étiez pas un visiteur régulier, vous pourriez devoir vous rendre au 395 rue Wellington afin de ramasser vos photocopies.

Maintenant, le processus peut être beaucoup plus rapide si vous le désirez. Si vous avez un appareil photo ou un téléphone intelligent, vous pouvez prendre des images numériques de notre collection, si les droits et les restrictions le permettent. Une fois que vous avez le matériel que vous voulez photocopier, vous pouvez simplement vous adresser à un membre du personnel du service de Consultation qui vous donnera un formulaire rapide à remplir. Vous devrez fournir le numéro de référence complet de la boîte ou du volume désiré, le numéro de votre carte d’utilisateur ainsi que votre nom. Le personnel vérifiera les restrictions liées aux documents et vous donnera par la suite une copie verte du formulaire approuvé.

Voici quelques points importants à retenir concernant les détails techniques de votre appareil photo ou téléphone intelligent.

  • Vous devez utiliser une dragonne, une courroie de cou ou un trépied.
  • Vous ne pouvez pas utiliser de flash.
  • Vous ne pouvez pas prendre de photo avant d’en avoir eu la permission.
  • Votre formulaire de permission (copie verte) doit être visible en tout temps.
  • Vous pouvez demander un poids ou des coins à livres pour vous aider à prendre les plus gros items en photo, plutôt que de forcer l’ouverture de ces derniers.

Il y a aussi quelques trépieds qui sont disponibles pour être utilisés avec une monture d’appareil photo ou de téléphone intelligent, mais ils sont prêtés selon le principe du premier arrivé, premier servi. Vous pouvez également demander au personnel du service de Consultation de vous les prêter.

Si vous n’êtes pas en mesure de vous rendre durant les heures de service, mais que vous désirez tout de même prendre des photos, vous pouvez envoyer vos demandes dûment remplies par télécopieur au 613-992-5921 ou encore les numériser et les envoyer à l’adresse de courriel suivante : consultationtext@bac-lac.gc.ca. N’oubliez pas d’indiquer la date de votre visite et quels casiers vous ont été assignés. Vous pouvez obtenir une copie du formulaire en personne durant les heures de service ou en écrivant au personnel du service de Consultation à l’adresse indiquée ci-dessus.

Ce service est également offert pour les Services de généalogie et de référence pendant les heures de service.

Maintenant sur Flickr : Les chemins de fer : photos du début du XXe siècle

Bibliothèque et Archives Canada détient une collection unique d’objets liés aux chemins de fer allant des années 1880 aux années 1950. On y trouve notamment des photos de trains, de gares et d’hôtels appartenant aux compagnies de chemins de fer, ainsi que des photos relatant des voyages sur rails aux quatre coins du pays.

La tournée de l’Ouest canadien de sir Arthur Conan Doyle, juin 1914

Imaginez si le gouvernement canadien invitait un célèbre auteur britannique à parcourir le Canada en train et à séjourner dans un tout nouveau parc national, et ce, aux frais des contribuables! Croyez-vous cela possible? Eh bien! C’est ce qui est arrivé il y a un peu plus de cent ans. Au printemps 1914, sir Arthur Conan Doyle (connu pour son personnage Sherlock Holmes) a été invité à voyager à bord d’un train de la Grand Trunk Pacific Railway Company qui venait tout juste de commencer à assurer la liaison entre Montréal et le parc national Jasper. M. Conan Doyle a accepté l’invitation, et lui et sa femme, Jean Leckie, ont effectué le voyage entre mai et juillet 1914. Le photographe officiel du voyage n’était nul autre que l’homme bien connu, William James Topley, un coup d’éclat sur le plan des relations publiques! Le beau-fils de M. Topley, R.C.W. Lett, occupait une place importante au sein de la Grand Trunk Pacific Railway Company et il l’a persuadé de photographier Conan Doyle pendant son voyage.

De Montréal à Winnipeg

Le voyage de M. Conan Doyle en train jusqu’à Jasper était, comme ce l’est encore de nos jours, la quintessence des expéditions au Canada. Plus tard, M. Conan Doyle décrira son expérience dans son autobiographie intitulée Memories and Adventures (disponible en anglais seulement) comme suit :

« … Nous avons accepté une invitation du gouvernement canadien à inspecter la Réserve nationale du parc Jasper dans les Rocheuses du Nord. La Grand Trunk Railway (canadienne) nous a facilité les choses en mettant généreusement à notre disposition un wagon privé qui allait circuler sur son réseau. En fait, il s’agissait d’une maisonnette agréablement confortable consistant en un salon, une salle à manger et une chambre à coucher. Le wagon appartenait à M. Chamberlin, le président de la voie ferrée, qui nous a permis d’en faire usage. Exaltés, nous avons entrepris notre longue et agréable expédition en mai. » [TRADUCTION LIBRE]

En conséquence, l’auteur de grand renom et sa femme montent à bord d’un navire en Angleterre pour se rendre à New York à la fin de mai 1914, puis ils prennent le train jusqu’à Montréal, où ils arrivent le 3 juin 1914.

Une carte postale en noir et blanc reproduisant trois photographies de bâtiments situés à proximité de la gare de train à Montréal.

Une carte postale imprimée par la société Albertype avec trois illustrations : la gare de la Grand Trunk Railway Company, les bureaux de la Grand Trunk Railway Company et la gare-hôtel Viger du CP (Chemin de fer Canadien Pacifique) (MIKAN 3335217)

Conan Doyle visite les lieux d’intérêt de la ville et en profite pour se rendre à Trois-Rivières. De plus, l’auteur parle de l’avenir de la littérature canadienne (The Future of Canadian Literature [en anglais seulement]) devant le Cercle canadien de Montréal. Il va reprendre le même discours à Winnipeg, à Edmonton et à Ottawa. Entre le 5 et le 8 juin, Conan Doyle se rend de Montréal à Winnipeg par train et par bateau. D’abord, par train jusqu’à Sarnia (Ontario), puis à bord du navire à vapeur Harmonic en direction de Fort William (près de Thunder Bay). De cette portion du voyage, il fait l’observation suivante : « Puis, apparaît l’immense étendue des Grands Lacs, ces magnifiques mers intérieures sillonnées par des navires à vapeur océaniques. » [TRADUCTION LIBRE]

Pour ce qui est du Nord-Ouest de l’Ontario, il écrira : « La véritable division entre l’Est et l’Ouest du Canada ne se fait pas à partir des Grands Lacs, si précieux en tant que voie navigable, mais elle se fait plutôt quelque part le long des 500 milles qui séparent les Grands Lacs de Winnipeg. » [TRADUCTION LIBRE] Ils séjournent une nuit à l’auberge Minaki près de Sioux Lookout, à leur arrivée à Winnipeg (Manitoba), le 8 juin en fin de journée.

Une photographie en noir et blanc illustrant l’entrée d’un imposant édifice. Des automobiles et des carrioles tirées par des chevaux attendent en file, et des gens sont debout près de l’entrée.

Entrée de la gare de la Grand Trunk Pacific Railway Company et des Chemins de fer nationaux du Canada à Winnipeg, par William Topley, 1914 (MIKAN 3587592)

Une photographie en noir et blanc d’une large rue achalandée; on y voit des tramways, des automobiles, des carrioles tirées par des chevaux, des cyclistes et des piétons. Les édifices bordant la rue semblent récents et dénotent une certaine prospérité.

Le magasin Eaton, sur l’avenue Portage, à Winnipeg, par William Topley, 1914 (MIKAN 3587605)

Ces images documentent superbement bien l’effervescence de la ville des Prairies. L’arrêt à Winnipeg est de courte durée, mais M. Conan Doyle souligne : « Je crois que le Britannique moyen n’a pas la moindre idée des commodités qu’offre Winnipeg. Il serait probablement fort surpris d’apprendre que l’hôtel Fort Garry qui s’y trouve est presque aussi moderne et luxueux que tout hôtel à Northumberland. » [TRADUCTION LIBRE]

De Winnipeg à Edmonton

Le 9 juin, M. Conan Doyle arrive à Edmonton après avoir traversé les Prairies.

Une photographie en noir et blanc d’une gare de train, prise de l’autre côté de la voie ferrée. On y voit une affiche arborant le mot « Biggar », et une note au bas de la photographie qui indique qu’il s’agit de la gare G.T.P., à Biggar (Saskatchewan).

La gare de la Grand Trunk Pacific Railway Company, à Biggar (Saskatchewan) (MIKAN 3393480)

Et il aurait traversé le pont en contre-haut à l’entrée d’Edmonton.

Une photographie en noir et blanc d’un pont ferroviaire en contre-haut surplombant une rivière.

Le pont en contre-haut à Edmonton, par William Topley, 1914 (MIKAN 3587671)

Le couple reste deux jours à Edmonton. Conan Doyle constate la nature brute de la ville, il la compare à Winnipeg : « En 1914, Edmonton n’offre pas un tel luxe. La ville était dans un étrange état de mi-figue mi-raisin, grossière et brute, elle dégageait néanmoins une atmosphère pleine d’énergie et d’activité, et laissait entrevoir une magnificence à venir. Grâce aux jonctions des voies ferrées et aux voies navigables, cette ville deviendra sans conteste une grande ville. » [TRADUCTION LIBRE]

Une photographie en noir et blanc prise à partir d’une colline surplombant une ville; on y voit des cyclistes qui se reposent couchés dans l’herbe et, à proximité, d’autres hommes sont assis.

La ville d’Edmonton vue de la « Summer House », par William Topley, 1914 (MIKAN 3587646)

Une photographie en noir et blanc d’une large avenue, grossièrement pavée, où des tramways, des carrioles tirées par des chevaux et des automobiles se côtoient. Il s’agit de l’image d’une rue bourdonnant d’activité.

Edmonton, vue d’une rue dans cette ville frontalière, par William Topley, 1914 (MIKAN 3587667)

Les deux villes des Prairies, Winnipeg et Edmonton, contrastaient vivement avec le paysage époustouflant des montagnes du parc national Jasper. Dans le prochain blogue, nous nous pencherons sur le séjour prolongé de sir Arthur Conan Doyle à Jasper, un lieu qui l’inspirera pour un poème revêtant une certaine importance…